Nu­prime STA9 + DAC9

Voi­là un couple bien as­sor­ti avec son look mo­derne et ses di­men­sions ré­duites grâce à des châs­sis tout en mé­tal aux pans cou­pés du plus bel ef­fet. Mais pru­dence, le pré­am­pli­fi­ca­teur nu­mé­rique DAC-9 et son fi­dèle com­pa­gnon, l’am­pli STA-9 sont is­sus de tech

On Magazine - - SOMMAIRE - par Pierre-yves Ma­ton

De­puis la créa­tion de sa marque Nu­prime, Ja­son Lin et son équipe d’in­gé­nieurs vont de suc­cès en suc­cès grâce à des ap­pa­reils tout à fait dans l’air du temps al­liant une grande er­go­no­mie, un de­si­gn mo­derne et une so­no­ri­té très au­dio­phile. Il faut croire que la scis­sion avec Nu­force (ra­che­té par Op­to­ma) et la créa­tion de Nu­prime a don­né des ailes aux concep­teurs de ces pro­duits ; une en­vo­lée vers un type d’ap­pa­reil tou­jours très « Life style » mais pen­sés de fa­çon au­dio­phile.

Un concen­tré de tech­no­lo­gie et d’er­go­no­mie

Com­men­çons par le pré­am­pli­fi­ca­teur DAC-9 qui pour­rait être consi­dé­ré comme un dac/pré­am­pli s’il ne pos­sé­dait pas une vé­ri­table en­trée ana­lo­gique. Il dis­pose au to­tal de 5 en­trées nu­mé­riques : USB B asyn­chrone, USB A, op­tique au stan­dard Tos­link, co­axiale RCA, et en­fin une toute der­nière qui se­ra à uti­li­ser de pré­fé­rence si nous vou­lons ob­te­nir le meilleur de l’ap­pa­reil, une sy­mé­trique AES/EBU via une XLR. Et comme nous ve­nons de le pré­ci­ser, une sixième en­trée, ana­lo­gique cette fois, ter­mine l’énu­mé­ra­tion de la con­nec­tique du DAC-9. Nous no­tons éga­le­ment la pré­sence d’une double sor­tie sur RCA et XLR (asy­mé­trique et sy­mé­trique) et même une sor­tie op­tique afin de pro­fi­ter des qua­li­tés de l’in­ter­face nu­mé­rique. La prise USB A peut quant à elle ac­cep­ter un dongle Blue­tooth Aptx ou, mieux en­core, une vé­ri­table pas­se­relle ré­seau (WR-100 à 220 €), connec­table en Wi­fi ou Ether­net, et com­pa­tible avec les fi­chiers Hires jus­qu’à 24 bits/96 khz.

Er­go­no­mique et évo­lu­tif

Ce DAC-9 re­prend les grandes lignes tech­niques de son grand frère le DAC-10 avec le­quel il par­tage un étage de gain équi­pé des tran­sis­tors à très faible bruit JFET et le contrôle de vo­lume. D’autre part, et ce se­ra l’une des dis­tinc­tions avec les pro­duits Nu­force, le DAC-9 est do­té d’une vé­ri­table ali­men­ta­tion li­néaire avec un gé­né­reux trans­for­ma­teur to­rique sui­vi par des conden­sa­teurs de qua­li­té es­tam­pillés Nu­prime (et non les ali­men­ta­tions à dé­cou­page). Au coeur de l’ap­pa­reil, nous trou­vons une puce de conver­sion Asa­hi Ka­sei AK4490 EQ ca­pable de tra­vailler sur 32 bits jus­qu’en 384khz (PCM). Le cof­fret qui abrite tout ce pe­tit monde est tout en alu­mi­nium que le futur ac­qué­reur pour­ra choi­sir en fi­ni­tion ar­gen­tée ou noire. Sa­chez que les pieds amor­tis­sants ont fait

l’ob­jet d’un bre­vet et que sur le dis­play de la face avant af­fiche le vo­lume sou­hai­té et le taux d’échan­tillon­nage des fi­chiers trai­tés par l’ap­pa­reil.

Double jeu pour le bloc de puis­sance

Sous ses airs de par­fait pe­tit in­no­cent, le bloc STA-9 n’en cache pas moins une puis­sance as­sez consé­quente puis­qu’il af­fiche sans rou­gir 2 x 120 watts en mode sté­réo et 290 watts en mode mo­no pon­té. Nu­prime a sur­ement pen­sé que si l’uti­li­sa­teur vou­lait, soit évo­luer vers en­core plus de mu­si­ca­li­té avec une bi-am­pli­fi­ca­tion, soit don­ner plus de puis­sance à ses en­ceintes acous­tiques, il de­vrait pou­voir le faire en conser­vant son bloc STA-9. Il lui suf­fit pour ce­la d’en ajou­ter un se­cond pour com­plé­ter son ins­tal­la­tion. Et pour lui fa­ci­li­ter la tâche, deux pe­tits in­ter­rup­teurs per­mettent de bas­cu­ler du mode sté­réo ou mode mo­no. Ils sont si­tués à l’ar­rière près de la double en­trée sy­mé­trique par XLR et asy­mé­trique par RCA. Le sché­ma de bran­che­ment est même sé­ri­gra­phié sur le dos de l’ap­pa­reil pour évi­ter toute er­reur de bran­che­ment. Sous le ca­pot de l’ap­pa­reil, l’agen­ce­ment des com­po­sants par­ti­cu­liè­re­ment propre, op­ti­mi­sé et lo­gique. Nous pou­vons ti­rer notre cha­peau à l’équipe Nu­prime, le mon­tage est ra­tion­nel et au­cune place n’est per­due. La pre­mière chose qui saute aux yeux, c’est la taille du trans­for­ma­teur to­rique, un mo­dèle de chez Webb Elec­tric de 400 VA tan­dis que les conden­sa­teurs de fil­trage sont fa­bri­qués pour Nu­prime sur ca­hier des charges (4 x 2200 µF/80V). Pour la par­tie am­pli­fi­ca­tion, le STA-9 res­semble au mo­dèle ID-8 avec un étage d’en­trée à tran­sis­tors JFET fonc­tion­nant en Classe A (un peu comme un am­pli­fi­ca­teur à tubes et ses triodes en en­trée) à haute im­pé­dance.

Une classe D op­ti­mi­sée

Les plus tech­ni­ciens de nos lec­teurs savent que la classe D n’a pas bonne ré­pu­ta­tion au­près des au­dio­philes, qui consi­dèrent qu’il s’agit d’une sorte d’am­pli­fi­ca­teur de type nu­mé­rique. La marque fran­çaise De­via­let avec son sys­tème ADH a de­puis quelque peu bou­gé les lignes. Les cir­cuits du STA-9 tra­vaillent à des fré­quences très éle­vées, 500 khz, c’est-à-dire bien au-de­là du taux d’échan­tillon­nage de 44.1 khz d’une source en dé­fi­ni­tion stan­dard alors que la plu­part des cir­cuits concur­rents en classe D ne dé­passent pas les 300khz. À ces fré­quences, les trans­for­ma­teurs et les conden­sa­teurs tra­vaillent beau­coup plus ef­fi­ca­ce­ment, ce qui rend pos­sible de ré­duire leur taille. Nu­prime re­ven­dique pour son am­pli­fi­ca­teur une bande pas­sante ex­trê­me­ment large, un fac­teur d’amor­tis­se­ment très haut, un taux de dis­tor­sion très bas et une to­tale ab­sence de dé­pha­sage. Pré­ci­sons pour fi­nir que pour le DAC-9 comme pour le bloc d’am­pli­fi­ca­tion STA-9, un fil­trage du cou­rant sec­teur est dé­jà ins­tal­lé dès la prise sec­teur fe­melle d’en­trée, il est donc par­fai­te­ment in­utile d’en ajou­ter un se­cond, ex­terne cette fois, cette opé­ra­tion ris­que­rait de nuire à la qua­li­té so­nore de l’en­semble. Voi­là un couple qui tranche avec les autres ap­pa­reils de ce guide. Il re­pré­sente, d’une cer­taine fa­çon, une nou­velle gé­né­ra­tion d’am­pli­fi­ca­tion où le nu­mé­rique est mis par­ti­cu­liè­re­ment à l’hon­neur tout comme l’en­com­bre­ment qui doit res­ter faible. Cet en­semble DAC-9 et STA-9 est fa­ci­le­ment pi­lo­table de­puis sa té­lé­com­mande, certes, som­maire, mais bien utile.

Ecoute : un ren­du so­nore trés «tu­buesque»

Cet en­semble Nu­prime a été tes­té en liai­son sy­mé­trique et asy­mé­trique, la pre­mière des deux so­lu­tions of­frant il est vrai une meilleure sé­pa­ra­tion des ca­naux, une meilleure construc­tion de l’image sté­réo­pho­nique ; une confi­gu­ra­tion qui se­ra à pré­fé­rer avec un câble de haute qua­li­té donc bien plus cher. Et si ce n’est pas le cas, une liai­son asy­mé­trique de haute qua­li­té per­met­tra à ces deux ap­pa­reils de par­fai­te­ment s’ex­pri­mer.

Si l’in­té­gré IDA-8 nous avait sé­duits par sa so­no­ri­té suave mais en même temps do­té d’une poigne as­sez im­pres­sion­nante pour un ap­pa­reil de ce prix, l’écoute de l’en­semble DAC-9 et STA-9 va exac­te­ment dans le même sens. Il semble bien que le concept Nu­prime qui consiste à mixer un étage de pré­am­pli­fi­ca­tion en Classe A avec un étage de sor­tie en Classe D de son cru lui per­met d’ob­te­nir une so­no­ri­té qui conjugue une cha­leur des timbres digne de la plu­part des am­pli­fi­ca­teurs à tubes avec une te­nue en puis­sance as­sez éton­nante, sur­tout pour un am­pli­fi­ca­teur de cette taille soit dit en pas­sant. Bon, les chiffres sont là : les 120 watts an­non­cés ne sont pas vo­lés, le STA-9 ar­rive à te­nir par­fai­te­ment de grandes co­lonnes haut de gamme. Comme in­di­qué plus haut, les timbres sont pré­cis, mais sans brillance par­ti­cu­lière. C’est bien le contraire qui se passe. Nous ob­ser­vons une so­no­ri­té très « tu­besque » mais sans tom­ber non plus dans une cer­taine mol­lesse, ni as­som­bris­se­ment des timbres. L’écoute de la vio­lo­niste Anne-so­phie Mut­ter jouant le « Kon­zert Für Vio­line Und Or­ches­ter D-dur op.61, joué par l’or­chestre du Phil­har­mo­nic de New York et di­ri­gé par Kurt Ma­sur nous le prouve. Le son condense des qua­li­tés de dou­ceur mais aus­si de fi­lé dans le haut du spectre. L’image sté­réo­pho­nique étale bien les plans so­nores et centre par­fai­te­ment Anne-so­phie Mut­ter entre les en­ceintes. Nous res­sen­tons une im­pres­sion de fa­ci­li­té comme si cet en­semble se ba­la­dait dans les par­ti­tions sans au­cune dif­fi­cul­té. Lorsque l’or­chestre dé­marre à l’unis­son, le DAC-9 + STA-9 suit les écarts de ni­veaux et de dy­na­mique sans mon­trer une quel­conque fai­blesse. La tes­si­ture du vio­lon est bien re­pré­sen­tée, sans qu’au­cune brillance ou co­lo­ra­tion ne viennent en per­tur­ber la re­pro­duc­tion. Même si l’on ob­tient un meilleur mor­du avec cer­taines élec­tro­niques à tran­sis­tors ou à tubes, c’est as­sez fouillé et pré­cis ici. L’ai­gu res­pire et s’ar­ti­cule au­tour d’un mé­dium bien construit, tan­dis que le bas du spectre est te­nu avec une ex­cel­lente fer­me­té.

Con­clu­sion

L’en­semble Nu­prime Dac-9 + STA-9 est un des rares sys­tèmes d’am­pli­fi­ca­tion en élé­ment sé­pa­rés à ce prix, la plu­part des autres fa­bri­cants pro­posent dans cette gamme des mo­dèles in­té­grés. Cette ar­chi­tec­ture offre à l’ac­qué­reur plus de pos­si­bi­li­tés d’évo­lu­tion sans perdre la mu­si­ca­li­té. Cet en­semble est donc une va­leur sûre dans le do­maine de l’am­pli­fi­ca­tion sté­réo. Comme avec le Nu­prime IDA-8, nous au­rions sou­hai­té une se­conde en­trée ana­lo­gique, mais cet en­semble DAC-9 + STA-9 va dans le sens des ap­pa­reils d’une nou­velle gé­né­ra­tion où le nu­mé­rique règne en maître ab­so­lu comme sources d’écoute.

NU­PRIME 1300 €

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