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En­dant compte du CD au­dio, pa­ru chez CPO, de la pro­duc­tion de Chem­nitz qui, en 2008, nous avait ré­vé­lé l’oeuvre, Pierre Ca­dars sou­hai­tait la voir confiée un jour à Juan Die­go Flo­rez et Joyce Di­do­na­to ( voir O. M. n° 48 p. 76 de fé­vrier 2010). Sou­hait ente

OPERA MAGAZINE - - Recontres -

Avec, pour ré­sul­tat, une Ce­ci­lia Bartoli qui ne chante que de brefs pas­sages, no­tam­ment pour « To­night » et « So­mew­here ». Si­non, elle de­meure as­sise dans un coin du pla­teau, s’in­té­res­sant plus ou moins à l’ac­tion, es­quis­sant quelques pas de danse, ou mon­tant et des­cen­dant les raides es­ca­liers de se­cours new-yor­kais, par­ti qui plombe l’en­semble et frustre sé­rieu­se­ment les ad­mi­ra­teurs de la di­va. Pour le reste, George Tsy­pin a ins­tal­lé, avec son au­to­ri­té cou­tu­mière, dans le vaste es­pace du Ma­nège des ro­chers (Fel­sen­reit­schule), un de ces grands dé­cors ar­chi­tec­tu­rés dont il a la spé­cia­li­té, pour le meilleur et pour le moins bon – un pre­mier rang de scènes mo­biles, sur trois étages, pou­vant glis­ser sur les cô­tés pour dé­cou­vrir un se­cond rang, et les choeurs oc­cu­pant ce qui reste vi­sible des ga­le­ries du fond, le tout re­cou­vert de graf­fi­ti lar­ge­ment tra­cés et aux cou­leurs agres­sives. Éclai­ré avec des contrastes vio­lents, mais non sans mo­no­to­nie, l’en­semble n’offre au­cun mo­ment de bon­heur pour l’oeil. Broad­way ou le Châ­te­let nous ont of­fert mieux, et plus raf­fi­né ! Avec un en­semble per­for­mant de chan­teurs­dan­seurs, mais dans la cho­ré­gra­phie mi­ni­male de Liam Steel – on cherche en vain ce qui fai­sait toute la poé­sie ins­pi­rée de celle de Je­rome Rob­bins, dans le film co­réa­li­sé avec Ro­bert Wise (1961) –, on peut ap­pré­cier le ta­lent des deux vraies hé­roïnes, bel­le­ment en­ga­gées. L’une et l’autre sont ac­trices de ci­né­ma et de té­lé­vi­sion : la jo­lie et vive Ma­ria II de Mi­chelle Vein­ti­mil­la, qui peut évo­quer, de très loin, le sou­ve­nir de Na­ta­lie Wood ; et la vol­ca­nique Ani­ta de Ka­ren Oli­vo. Vu a u C h â t e l e t d a n s Sin­gin’ in the Rain, Dan Bur­ton donne une for­mi­dable pré­sence à Riff. Et, d a n s l e r ô l e d e To n y, Nor­man Rein­hardt, chan­teur clas­sique bien connu, ap­porte toute la qua­li­té pos­sible de phra­sé à « Ma­ria », pour ce que l’on peut en per­ce­voir. Car c’est aus­si que la so­no­ri­sa­tion, au­jourd’hui mal­heu­reu­se­ment d’usage, ni­vèle im­pi­toya­ble­ment les voix, avec un vo­lume qu’on peine sou­vent à sup­por­ter, cha­cun por­tant bien vi­sible, au mi­lieu du front, la pas­tille des mi­cros. Même c h o s e p o u r u n Or­chestre Si­mon Bo­li­var par­fai­te­ment ano­nyme, au­quel Gus­ta­vo Du­da­mel, son di­rec­teur mu­si­cal, confie le rôle pu­re­ment fonc­tion­nel d’as­sé­ner im­pi­toya­ble­ment la per­cus­sion et les rythmes syn­co­pés. Et l’on re­grette de voir ré­duit au même ni­veau l’ex­cellent Salz­bur­ger Ba­ch­chor. Le pu­blic, qui ne pa­raît pas souf­frir de l’ab­sence de sur­ti­trage dans les in­ter­mi­nables dia­logues, ni s’of­fen­ser de plus d’un trait gros­sier du spec­tacle, no­tam­ment un viol crû­ment réa­liste d’ani­ta à l’avant- scène, fait un beau suc­cès à l’en­semble.

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