GUIDE 74 cd 78 dvd 84 Livres 86 agen­da coup de coeur dar­da­nus en­fin en dvd

Fran­co Fa­gio­li à l’as­saut des contral­tos ros­si­niens. Les trois opé­ras ache­vés de Rach­ma­ni­nov pour la pre­mière fois réunis. Erik Sa­tie et Ro­bert Car­sen sous les feux de l’ac­tua­li­té. Le ca­len­drier des prin­ci­paux fes­ti­vals et scènes ly­riques jus­qu’au 31 déce

OPERA MAGAZINE - - Recontres -

Ch­ro­ni­quant cette nou­velle pro­duc­tion dans Opé­ra Ma­ga­zine, en 2015, j’an­non­çais, non sans plaisir, une cap­ta­tion en vue d’un fu­tur DVD ( voir O. M. n° 107 p. 44 de juin). Le voi­ci. Que re­trouve- t- on avec bon­heur ? Le cadre en­chan­teur du Grand-théâtre de Bor­deaux, idéal pour une telle oeuvre. Une équipe de chan­teurs ex­cep­tion­nelle : le style, la dic­tion, la beau­té vo­cale et, sur­tout, un in­ves­tis­se­ment dra­ma­tique qui font de chaque minute un évé­ne­ment. Et un or­chestre jeune, vif, gé­né­reux, di­ri­gé par un chef dont la re­nom­mée ne cesse de croître. Sans doute Ra­phaël Pi­chon pour­rait-il joindre à sa fougue un soup­çon de ri­gueur sup­plé­men­taire ; mais la luxu­riance de cou­leurs qu’il ob­tient de son en­semble Pyg­ma­lion, sans perdre de vue la li­si­bi­li­té et la sou­plesse du dis­cours, ain­si que la net­te­té des lignes mu­si­cales sont une fête pour l’oreille, et l’on se doute que les épi­sodes cho­ré­gra­phiques en bé­né­fi­cient lar­ge­ment. À no­ter que c’est la pre­mière ver­sion de 1739 qui a été choisie, avec quelques ajouts de la ré­vi­sion de 1744, alors que dans sa gra­vure au­dio pour Al­pha, en 2012, ef­fec­tuée sur le vif à Ver­sailles, le chef avait op­té pour cette ré­vi­sion. Le soin que Ra­phaël Pi­chon ap­porte au tra­vail avec les chan­teurs trouve son écho dans la mise en scène de Michel Fau. On avait ai­mé, à l’opé­ra Na­tio­nal de Bor­deaux, l’exu­bé­rance des dé­cors et des cos­tumes, un dé­lire sa­vam­ment or­ches­tré où le kitsch du mu­sic-hall flir­tait avec le fan­tas­tique, dans une vi­sion qui af­fi­chait ou­ver­te­ment son hu­mour mais ne se li­vrait à au­cune dis­tor­sion du li­vret de Charles-an­toine Le­clerc de La Bruère, ins­pi­ré des Mé­ta­mor­phoses d’ovide. Mais les di­men­sions pour­tant très in­times de la salle bor­de­laise ne per­met­taient pas d’ap­pré­cier com­plè­te­ment la di­rec­tion d’ac­teurs de Michel Fau, dont la précision n’a d’égale que la fi­nesse. Et c’est là l’un des atouts de la réa­li­sa­tion vi­déo. Grâce au tra­vail sen­sible et in­tel­li­gent de Sté­phane Vé­ri­té, par­ti­cu­liè­re­ment ha­bile dans l’usage des gros plans, celle-ci pro­voque une vé­ri­table em­pa­thie entre le spec­ta­teur et les per­son­nages. On par­tage réel­le­ment les souf­frances d’iphise, pro­mise à An­té­nor qu’elle n’aime pas, celles de ce der­nier, dé­vo­ré par la pas­sion qu’il porte à la jeune fille, celles de Dar­da­nus, amou­reux crai­gnant de voir celle qu’il aime lui échap­per. Sans voyeu­risme, la ca­mé­ra ne cache rien du re­gard apeu­ré et sen­tant par­fois s’ap­pro­cher les larmes de Gaëlle Ar­quez, tendre Iphise, des ex­pres­sions tour­men­tées de Flo­rian Sem­pey, for­mi­dable An­té­nor, dé­ses­pé­ré de de­voir la vie à son ri­val, de la jeunesse un rien naïve de Rei­noud Van Me­che­len, che­va­le­resque Dar­da­nus ; ni du sou­rire ré­con­for­tant de la Vé­nus de Ka­ri­na Gau­vin. Cette in­cur­sion dans les coeurs des hé­ros, on la doit à Michel Fau. Com­plé­tée par un do­cu­men­taire fil­mé lors des ré­pé­ti­tions (dis­po­nible sur le Blu-ray seule­ment, Blu-ray et DVD voi­si­nant côte à côte dans le cof­fret), cette cap­ta­tion porte la fan­tai­sie de Jean-phi­lippe Ra­meau à son plus haut ni­veau. La plon­gée dans ce monde ima­gi­naire n’en est que plus cap­ti­vante.

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La pé­riode vic­to­rienne est ré­pu­tée mu­si­ca­le­ment pauvre. Quelques noms sur­nagent, pour­tant, dont ce­lui de William Vincent Wal­lace et ce­lui de Michael William Balfe. Tou­jours en quête de ra­re­tés, Naxos ne les a pas ou­bliés : du pre­mier, la firme a pu­blié Ma­ri­ta­na et Lur­line ; du se­cond, au­teur du fa­meux The Bo­he­mian Girl, elle pro­pose au­jourd’hui Sa­ta­nel­la. Quatre actes sur un li­vret de Har­ris et Fal­co­ner, très loin­tai­ne­ment ins­pi­ré du Diable amou­reux de Jacques Ca­zotte, et dont on peut dire sans hé­si­ter qu’il est pas­sa­ble­ment far­fe­lu. Un amou­reux qui perd sa for­tune au jeu, une su­jette du roi des dé­mons, Sa­ta­nel­la, qui s’éprend de lui, des pi­rates qui en­lèvent la fian­cée pour la vendre comme es­clave, et, pour fi­nir, la dé­mone re­pen­tie qui, sur fond d’orgue obli­gé, monte au ciel avant le ma­riage des pro­ta­go­nistes : on est là en pleine fan­tai­sie ! Manque de chance : la mu­sique de Balfe est tout sauf fan­tai­siste. Bien trous­sée, élé­gante, pro­digue en mé­lo­dies fa­ciles qui se gravent aus­si­tôt dans la mé­moire, mais ne ré­ser­vant pas la moindre sur­prise,

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