Jo­han­bo­tha 1965-2016

OPERA MAGAZINE - - In Memoriam -

Né à Rus­ten­burg, le 19 août 1965, le té­nor sud-afri­cain s’est éteint à Vienne, le 8 sep­tembre 2016. Com­men­çant ses études de chant à l’âge de 10 ans, Jo­han Botha se forme, après la mue, à Pre­to­ria, d’abord en tant que ba­ry­ton-basse, puis té­nor. Il fait ses dé­buts pro­fes­sion­nels en 1989, dans son pays na­tal, en Max dans Der Frei­schütz, à Roo­de­poort. En­tré dans les choeurs de Bay­reuth, l’an­née sui­vante, il ob­tient plu­sieurs en­ga­ge­ments en Al­le­magne, avant de s’im­po­ser à l’attention in­ter­na­tio­nale dans Ma­da­ma But­ter­fly, à l’opé­ra Bas­tille, en 1993. Sa car­rière s’en­vole, avec des re­tours réguliers à Paris (Flo­res­tan dans Fi­de­lio et Lo­hen­grin au Châ­te­let, en 1995 et 1997, Pol­lione dans Nor­ma à la Bas­tille, en 2000...) et des dé­buts sur les scènes les plus pres­ti­gieuses : Covent Gar­den de Londres (Ro­dol­fo dans La Bo­hème, en 1995), Me­tro­po­li­tan Opera de New York (Ca­nio dans Pa­gliac­ci, en 1997), Fes­ti­vals de Salz­bourg ( Flo­res­tan, en 1998) et Bay­reuth (Sieg­mund dans Die Walküre, en 2010), Baye­rische Staat­so­per de Mu­nich, Sca­la de Mi­lan... Son théâtre de pré­di­lec­tion n’en de­meure pas moins le Staat­so­per de Vienne, où il donne, après ses pre­miers pas in lo­co, en 1996 (Ma­rio Ca­va­ra­dos­si dans Tos­ca), quelque 220 re­pré­sen­ta­tions. Jo­han Botha y in­carne l’en­semble de ses rôles fa­vo­ris, par­mi les plus lourds et hé­roïques du ré­per­toire : Ra­da­mès dans Ai­da, Otel­lo, Ca­laf dans Tu­ran­dot, Tannhäu­ser, l’em­pe­reur dans Die Frau ohne Schat­ten, Bac­chus dans Ariadne auf Naxos, Apol­lo dans Daphne... Sa dis­co­gra­phie n’a rien de né­gli­geable. En CD, d’abord : Lo­hen­grin avec Se­myon By­ch­kov (Hänss­ler), Tie­fland avec Ber­trand de Billy (Oehms), Elek­tra avec Da­niel Ba­ren­boim (Tel­dec), Das kla­gende Lied de Mah­ler avec Pierre Bou­lez et le Sta­bat Ma­ter de Dvo­rak avec Giu­seppe Si­no­po­li (Deutsche Gram­mo­phon)... aux­quels on ajou­te­ra un ré­ci­tal d’airs de Wa­gner, di­ri­gé par Si­mone Young (Oehms). En DVD, en­suite : Ai­da avec Vio­le­ta Ur­ma­na et Otel­lo avec Re­née Fle­ming, au Met (Dec­ca), Die Meis­ter­sin­ger von Nürn­berg sous la ba­guette de Ch­ris­tian Thie­le­mann, à Vienne (Me­di­ci Arts), Die Walküre avec le même Thie­le­mann, à Bay­reuth (Opus Arte), Tu­ran­dot avec Ga­briele Sch­naut et le fi­nale de Lu­cia­no Be­rio, à Salz­bourg (Ar­thaus Mu­sik)... Lut­tant contre un can­cer, Jo­han Botha au­ra chan­té jus­qu’au der­nier mo­ment, don­nant son ul­time concert le 16 août, trois se­maines avant sa dis­pa­ri­tion.

à Great Bar­ring­ton (Mas­sa­chu­setts), le 4 juin 2016. For­mée à Wel­les­ley et au New En­gland Con­ser­va­to­ry, Phyl­lis Cur­tin fait ses dé­buts en 1946, à Bos­ton, en Ta­tia­na d’eu­gène Oné­guine. En 1953, elle re­joint le New York Ci­ty Opera, où elle in­carne aus­si bien Alice Ford dans Fal­staff que Frau Fluth dans Die lus­ti­gen Wei­ber von Wind­sor de Ni­co­lai. En 1961, elle fait son en­trée au Me­tro­po­li­tan Opera de New York, en Fior­di­li­gi dans Co­si fan tutte. Par la suite, elle y chan­te­ra, jus­qu’en 1973, des hé­roïnes aus­si dif­fé­rentes que Vio­let­ta dans La tra­via­ta, Ro­sa­linde dans Die Fle­der­maus, la Com­tesse dans Le nozze di Fi­ga­ro, Eva dans Die Meis­ter­sin­ger von Nürn­berg et El­len Or­ford dans Pe­ter Grimes. Pa­ral­lè­le­ment, elle se pro­duit à Glyn­de­bourne (Don­na An­na dans Don Gio­van­ni, en 1959), Londres, Mi­lan, Paris, Vienne... Pour ce qui concerne l’opé­ra, Phyl­lis Cur­tin est sur­tout connue pour sa dé­fense du ré­per­toire de son époque. Créa­trice de Su­san­nah, Wu­the­ring Heights, The Pas­sion of Jo­na­than Wade et Flo­wer and Hawk de Car­lisle Floyd, elle as­sure éga­le­ment la pre­mière de La Mère cou­pable de Mil­haud (Ge­nève, 1966), ain­si que les créa­tions amé­ri­caines de Pe­ter Grimes (Tan­gle­wood, 1946, dans le rôle d’une des deux Nièces) et du War Re­quiem de Brit­ten (Tan­gle­wood, 1963). En plus de Su­san­nah (VAI), sa dis­co­gra­phie com­prend no­tam­ment la Sym­pho­nie n° 9 de Bee­tho­ven, avec Fritz Rei­ner, et Luon­no­tar de Si­be­lius, avec Leo­nard Bern­stein ( Sony), ain­si que Sam­son de Haen­del, avec Mau­rice Abra­va­nel (Van­guard Clas­sics).

1951-2016

Né à Ere­van, alors en URSS, le 29 jan­vier 1951, le té­nor ar­mé­nien s’y est éteint, le 23 mars 2016. For­mé à Ere­van, Ge­gam Gri­go­rian y fait éga­le­ment ses dé­buts, en 1971. En 1975, il in­tègre la troupe du Théâtre Na­tio­nal d’opé­ra et de ballet d’ar­mé­nie, où il se pro­duit no­tam­ment dans Lu­cia di Lam­mer­moor ( Ed­gar­do), Faust ( rôle- titre) et Il bar­biere di Si­vi­glia (Al­ma­vi­va). En 1978, il part se per­fec­tion­ner au sein de l’école de la Sca­la de Mi­lan, théâtre qui lui ouvre ses portes pour Ma­da­ma But­ter­fly, Bo­ris Go­dou­nov et Tos­ca. En­tra­vée en­suite par le ré­gime so­vié­tique, la car­rière in­ter­na­tio­nale de Ge­gam Gri­go­rian ne prend vé­ri­ta­ble­ment son en­vol qu’au dé­but des an­nées 1990, grâce aux tour­nées du Ma­riins­ky de Saint-pé­ters­bourg, où il oc­cupe le poste de premier té­nor, à la de­mande de Va­le­ry Ger­giev. Entre ces tour­nées et ses en­ga­ge­ments en tant qu’ar­tiste in­vi­té, il de­vient ain­si un ha­bi­tué du Covent Gar­den de Londres, du Me­tro­po­li­tan Opera de New York, de la Sca­la de Mi­lan, du Tea­tro Co­lon de Bue­nos Aires... En France, on le voit à Paris, à Mont­pel­lier... et, sur­tout, aux Cho­ré­gies d’orange ( Ai­da en 1995, La for­za del des­ti­no en 1996). En 2000, Ge­gam Gri­go­rian de­vient di­rec­teur ar­tis­tique du Théâtre

d’opé­ra d’ere­van, où il signe éga­le­ment des mises en scène. Sa dis­co­gra­phie est liée au Ma­riins­ky et à Va­le­ry Ger­giev, chez Phi­lips : Guerre et paix, La Dame de pique, Io­lan­tha, Le Prince Igor, Sad­ko, La for­za del des­ti­no. Au disque, Mau­rice Maievs­ki a en­re­gis­tré le rôle du Re­men­da­do, dans la lé­gen­daire in­té­grale de Car­men réunis­sant Ma­ria Cal­las et Ni­co­lai Ged­da, sous la ba­guette de Georges Prêtre (War­ner Clas­sics).

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