Pé­dales douces

En trente ans, les cadres et les pé­dales de l’en­tre­prise LOOK ont peu à peu conquis le coeur du pe­lo­ton. Et chan­gé à ja­mais la ma­nière de faire du vé­lo. Ni plus ni moins.

Pédale! - - Prologue -

1984

Sur le Tour de France, les cou­reurs ont les pieds fixés aux pé­dales par une la­nière, en­gon­cés. Pour mettre le pied à terre, ils doivent tendre la main, sai­sir la sangle et la dé­ta­cher. Tous, sauf Ber­nard Hi­nault. Le Blai­reau teste alors la pé­dale au­to­ma­tique. Une pe­tite ré­vo­lu­tion pen­sée par une en­tre­prise de la Nièvre, LOOK, alors spé­cia­li­sée dans les fixa­tions de ski. Pour s’ar­rê­ter, plus be­soin de s’em­bê­ter à des­ser­rer l’af­faire à la main. Un pe­tit mou­ve­ment de jambe sur le cô­té suf­fit à li­bé­rer la patte du cou­reur.

2002

C’est le re­tour aux sources pour Laurent Ja­la­bert, qui court sur le KG381i. Avec un “i” pour “in­té­gra­tion”. Pour cause, le vé­lo in­tègre le jeu de di­rec­tion pour un gain de poids et d’aé­ro­dy­na­misme. Là-des­sus, Ja­ja rem­porte sa pre­mière vic­toire de la sai­son en dis­tan­çant Alexandre Vi­no­kou­rov lors du Tour du Haut-Var. Sur Pa­ris-Nice, il l’em­porte à Saint-Étienne de­vant Di­dier Rous. Le len­de­main, il par­vient une nou­velle fois à le dis­tan­cer dans l’as­cen­sion du Mont-Fa­ron, avant d’être bat­tu par Vi­no­kou­rov. Pas grave, il mul­ti­plie les longs raids en mon­tagne lors du Tour de France et rem­porte sans pro­blème son deuxième maillot à pois.

2004

95 grammes. Soit la pé­dale la plus lé­gère du mar­ché à l’époque. Tous les grands cham­pions en se­ront équi­pés: Thor Hu­shovd, Rob­bie McE­wen, Si­mon Ger­rans, Ca­del Evans ou Alexandre Vi­no­kou­rov. Le mo­dèle Kéo im­pose des nou­veaux stan­dards pour le poids des pé­dales mais aus­si pour les axes de pé­da­lage. “Ça nous a per­mis de ré­duire le vo­lume des pé­dales donc le poids tout en gar­dant une sur­face d’ap­pui iden­tique voire su­pé­rieure et d’of­frir une li­ber­té an­gu­laire in­ter­mé­diaire de 4,5° entre le 0° et 9° exis­tant”, dit Gilles Mou­tarde, avant d’ajou­ter : “Ce­la nous a per­mis de ré­duire de 2 mm la hau­teur entre la sur­face de la pé­dale et son axe afin d’avoir une meilleur sta­bi­li­té et trans­fert de puis­sance.”

2009

Lors de la 15e étape du Tour de France re­liant Pon­tar­lier à Ver­bier, Al­ber­to Con­ta­dor at­taque à 5 km du som­met, s’im­pose en so­li­taire et s’em­pare du maillot jaune. Une vic­toire pour la pé­dale Kéo 2 Max de LOOK, plus lé­gère et avec une plus grande sur­face d’ap­pui. Pas un ha­sard si Con­ta­dor a rem­por­té le Tour, se­lon Gilles Mou­tarde. Entre 2009 et 2013, à rai­son de 200 vic­toires par sai­son, une autre pé­dale, la Kéo Blade, rem­por­te­ra toutes les plus grandes épreuves de la pla­nète: Tour de France, Vuel­ta, Gi­ro, Tour des Flandres, Pa­ris-Rou­baix, Liège-Bas­togne-Liège, Am­stel Gold Race et Flèche wal­lonne.

2011

En­core une ré­vo­lu­tion. Cette an­née-là, LOOK sort la pre­mière pé­dale avec lame de ten­sion en Car­bone. La pre­mière pé­dale à me­su­rer la puis­sance et la ca­dence de pé­da­lage. Le cap­teur de puis­sance est in­té­gré dans la pé­dale. “Avec un cap­teur de puis­sance dans le moyeu, on avait dé­jà des pertes de puis­sance, ce n’était pas les in­fos réelles, pose Gilles Mou­tarde. Tan­dis que là, on n’a plus qu’à vis­ser et on a la me­sure exacte réelle de la puis­sance four­nie par l’ath­lète.”

1980s

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