Pas de va­cances pour les barss !

L’été n’est pas consi­dé­ré comme le meilleur mo­ment pour tra­quer le bar. On peut néan­moins réa­li­ser de très belles pêches en s’adap­tant aux condi­tions par­ti­cu­lières de cette sai­son où so­leil et tou­ristes sont om­ni­pré­sents.

Pêche en Mer - - PÊCHE DU BORD - Texte de Her­vé Pe­tit­bon, pho­tos de Paul et Her­vé Pe­tit­bon

Sur les nom­breuses côtes de l’hexa­gone, du­rant les mois de juillet et d’août, la fré­quen­ta­tion tou­ris­tique est à son maxi­mum. La plu­part des sta­tions bal­néaires voient leur nombre d’ha­bi­tants mul­ti­plié par dix. Entre les bai­gneurs, les pro­me­neurs et les plai­san­ciers, l’agi­ta­tion au bord de l’eau est telle qu’il est inu­tile d’es­pé­rer pê­cher le moindre bar entre 8 heures du ma­tin et 20 heures le soir, sur­tout lors de jour­nées en­so­leillées. On a donc tout in­té­rêt à pri­vi­lé­gier les pre­mières heures ma­ti­nales et les der­nières heures de la jour­née. Pour ma part, je pré­fère me rendre sur mes spots pré­fé­rés dès l’aube, au mo­ment où ap­pa­raissent à l’ho­ri­zon les pre­mières lueurs du jour, une de­mi-heure avant le mo­ment où le so­leil jaillit de l’ho­ri­zon.

Avant le le­ver du so­leil

La lu­mière am­biante per­met d’évo­luer sans source lu­mi­neuse ar­ti­fi­cielle comme celle émise par une lampe fron­tale par exemple. Certes, il faut faire l’ef­fort de se le­ver entre 5 et 6 heures du ma­tin. Les nuits sont courtes mais en va­cances le so­leil se lève deux fois, le ma­tin et après la sieste… Puis quel bon­heur, une fois les “yeux en face des trous”, de se re­trou­ver seul face à l’océan, et voir se poin­ter su­brep­ti­ce­ment les têtes de roche aux contours lai­teux qui pro­longent sou­dai­ne­ment nos rêves tron­qués par le toc­sin du ré­veil. Des songes aux formes ob­longues et aux cou­leurs ar­gen­tées qui se dé­battent au bout de notre fil… Mais les rêves et les es­poirs “ne se mangent pas en sa­lade” comme dit ma ma­man. C’est éga­le­ment l’heure de se confron­ter,

mais sur­tout de s’adap­ter à la réa­li­té. Lors de jour­nées en­so­leillées par mer re­la­ti­ve­ment calme, l’ap­proche des postes doit être dis­crète même dans la pé­nombre du pe­tit ma­tin. Il faut donc faire fi de ses ha­bi­tudes au­tom­nales et prin­ta­nières où la mer est gé­né­ra­le­ment beau­coup plus agi­tée.

Les côtes ro­cheuses

Sur les côtes ro­cheuses à fort dé­ni­ve­lé, en­droits que j’af­fec­tionne tout par­ti­cu­liè­re­ment, je fais en sorte de ne pas “cas­ser” les coups. L’er­reur du dé­bu­tant est de se rendre im­mé­dia­te­ment au bout des pointes et de se faire aus­si­tôt re­pé­rer par les bars en ma­raude. Car même dans la pé­nombre du pe­tit ma­tin, lorsque nous évo­luons sur la crête des roches, notre sil­houette se des­sine dans le ciel, en ombre chi­noise, ce qui a pour ef­fet de rendre les bars par­ti­cu­liè­re­ment mé­fiants. Donc, pour évi­ter ce­la, je des­cends im­mé­dia­te­ment dans l’anse qui pré­cède ces avan­cées ro­cheuses et je pros­pecte tous les postes en es­sayant de me te­nir tou­jours dis­crè­te­ment au plus près de l’eau. Les bars af­fec­tionnent ces en­droits où il se créé sou­vent des contre- cou­rants. Ils se po­si­tionnent alors der­rière un obs­tacle, à l’af­fût, en at­ten­dant leurs proies. Au fil de cette évo­lu­tion, de poste en poste, je me re­trouve na­tu­rel­le­ment sur la pointe que je peux éga­le­ment pros­pec­ter en toute dis­cré­tion avant d’at­ta­quer son autre ver­sant comme je l’ai fait pour son pen­dant. Les leurres que j’uti­lise sont éga­le­ment adap­tés à ces condi­tions par­ti­cu­lières. Je ban­nis les mo­dèles trop vo­lu­mi­neux. Au contact de l’eau, ils risquent de mettre en fuite les poissons pour qui ce bruit n’est pas en harmonie avec l’am­biance sou­vent très calme des pe­tits ma­tins d’été. Ce­ci n’est pas une règle gé­né­rale, dans d’autres cir­cons­tances, sur des eaux hou­leuses, ces gros “ploufs” éveille­raient leur cu­rio­si­té. J’uti­lise donc des leurres de pe­tits ga­ba­rits qui ne dé­passent pas 10 cm comme le jo­ker Xo­rus (8

« Dans la pé­nombre du pe­tit ma­tin, lorsque nous évo­luons sur la crête des roches, notre sil­houette se des­sine dans le ciel, en ombre chi­noise, ce qui a pour ef­fet de rendre les bars par­ti­cu­liè­re­ment mé­fiants .»

cm), le Tide Min­now 90 (9 cm), le DD Squir­rel 79 sp (7,9 cm) ou le B’Freeze Poin­ter (10 cm). Idem pour les leurres souples pour les­quels mon choix se ré­duit sur ces trois mo­dèles par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­caces : le X-Layer en 7,5 cm ou en 10,5 cm, le One-Up (7,5 cm) et le Cra­zy Sand Eel (10 cm). Et lorsque que je choi­sis de pê­cher en sur­face, j’ai un faible pour le Sam­my 85 (8,5 cm). La pros­pec­tion de chaque poste doit être soi­gnée, mais ra­pide. Dans ces eaux re­la­ti­ve­ment peu bras­sées, donc claires, les bars re­pèrent très fa­ci­le­ment les leurres et se ma­ni­festent bien sou­vent lors des deux ou trois pre­miers lan­cers. Prio­ri­té donc à la mo­bi­li­té sur­tout que le temps ne tra­vaille pas pour nous. Deux heures après le le­ver du so­leil, il y a de fortes chances que vous avez dé­jà grillé toutes vos car­touches…

Les plages ro­cheuses

L’ap­proche est dif­fé­rente sur les plages ro­cheuses en pente douce même si le maître mot reste la dis­cré­tion. Sur ce type de confi­gu­ra­tion, nous nous trou­vons na­tu­rel­le­ment au ni­veau de l’eau, ce qui est un atout car le pois­son a beau­coup plus de mal à nous re­pé­rer. At­ten­tion tout de même, sur ce genre d’en­droit, les bars peuvent se trou­ver très près du bord. Je vous conseille donc d’ef­fec­tuer les pre­miers lan­cers à une di­zaine de mètres en re­trait de la berge pour évi­ter de se trou­ver dans le cône de vi­sion du pois­son. En ef­fet, même si la sur­face pré­sente tou­jours une agi­ta­tion, même lé­gère, le bar dé­tec- te­ra tous les mou­ve­ments trop brusques ( lors du lan­cer par exemple) les cou­leurs in­ha­bi­tuelles et les ob­jets brillants. Une fois cette pros­pec­tion ef­fec­tuée, vous pour­rez vous rap­pro­cher du bord de l’eau afin d’ef­fec­tuer des lan­cers plus ap­puyés au cas où les bars se­raient postés plus loin de la rive. Dans ces condi­tions, la dis­tance qui vous sé­pa­re­ra d’éven­tuels poissons fe­ra que vous vous trou­ve­rez lar­ge­ment hors de son champs de vi­sion. Sur ce genre de poste, comme sur les côtes ro­cheuses, il est inu­tile de pas­ser trop de temps sur un spot. Pour abor­der le sui­vant, qui peut se trou­ver seule­ment à quelques di­zaines de mètres, évitez de lon­ger l’eau pour les rai­sons que je viens d’ex­pli­quer. Re­tour­nez sur vos pas et ren­dez vous sur le poste sui­vant de la même ma­nière que pré­cé­dem­ment, et ain­si de suite jus­qu’à avoir tes­té toute les zones ac­ces­sibles. Les plages de sable peuvent se ré­vé­ler ex­cel­lentes en été sur­tout si elles sont co­lo­ni­sées par les lan­çons. Abor­dez ces en­droits comme les plages ro­cheuses en pente douce et mu­nis­sez vous de jigs, bien que de pe­tites tailles, leurs poids per­met les lan­cers longue dis­tance.

Chan­ge­ment de temps, chan­ge­ment de pêche !

Par­fois la mé­téo peut sou­dai­ne­ment per­tur­ber ces condi­tions es­ti­vales de grand beau temps,

par­ti­cu­liè­re­ment sur les côtes de la Manche et de l’At­lan­tique. En pé­riode es­ti­vales, je pense que je suis un des seuls sur la côte à es­pé­rer une belle dé­pres­sion avec son lot de vents sou­te­nus, ses nuages bas plus où moins sombres qui se dé­chirent par mo­ment pour nous “of­frir” quelques averses “bien­fai­trices”. En ef­fet, ces brusques chan­ge­ments mé­téo­ro­lo­giques, en rup­ture avec le cli­mat gé­né­ral am­biant, sortent sou­vent les bars de leur lé­thar­gie. La houle qui se forme con­ju­guée à la baisse de lu­mi­no­si­té créent sou­dai­ne­ment les condi­tions par­faites pour ces poissons, d’au­tant plus qu’ils ont sou­vent le ventre vide ou à moi­tié. D’autre part, je suis per­sua­dé et ce­la n’en­gage que moi, que ces der­niers sentent que ce temps in­stable ne va pas du­rer. Ils connaissent ins­tinc­ti­ve­ment le rythme des sai­sons, comme tous les ani­maux. Donc, pour eux, cette courte “fe­nêtre de tir” est le mo­ment idéal pour em­ma­ga­si­ner un maxi­mum de ca­lo­ries avant le re­tour des hautes pres­sions. C’est donc le mo­ment de les pê­cher d’une ma­nière plus aca­dé­mique. On peut donc re­com­men­cer à pê­cher comme au prin­temps ou en au­tomne, du ma­tin au soir, avec ses leurres ha­bi­tuels, sur les spots où la mer sou­dai­ne­ment hou­leuse a fait fuir les bai­gneurs.

Le fa­meux One-Up que j’uti­lise est adap­té à ces condi­tions par­ti­cu­lières.

Je des­cends im­mé­dia­te­ment dans l’anse qui pré­cède ces avan­cées ro­cheuses et je pros­pecte tous les postes en es­sayant de me te­nir tou­jours dis­crè­te­ment au plus près de l’eau.

Les ai­guilles de port co­ton à Belle-Île-enMer im­mor­ta­li­sées par de nom­breux peintre dont le cé­lèbre im­pres­sion­niste Claude Mo­net.

Prendre un bar, même si ce n’est pas un monstre, dans des condi­tions très dé­li­cates est tou­jours une ré­com­pense.

Une simple canne té­les­co­pique bon mar­ché de 3 à 5 mètres et une ligne pour la pêche au coup (ha­me­çon N°18 à 24), de pe­tits mor­ceaux de cre­vette en guise d’ap­pât et vous pou­vez ini­tier vos en­fants à la pêche.

Ma fille Ly­la qui s’es­saie à la pêche de la vieille au crabe.

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