Poste nu­mé­ro 4 : Les es­tuaires

Pêche en Mer - - PÊCHE DU BORD -

Nous ter­mi­nons notre voyage par un der­nier sec­teur que per­son­nel­le­ment j’af­fec­tionne particulièrement : les es­tuaires. J’in­clus dans cette ca­té­go­rie les es­tuaires flu­viaux, les sor­ties de ri­vières, mais aus­si les ca­naux qui per­mettent la vi­dange des étangs cô­tiers. Ils sont consti­tués d’un ré­tré­cis­se­ment qui voit un flot per­ma­nent d’eau douce. En Mé­di­ter­ra­née, ce flot est plu­tôt lent et condi­tion­né par les lunes et les vents. Les vents de terre vident les étangs, les vents de mer les rem­plissent. En At­lan­tique, si on ne peut pas par­ler d’étangs, on re­trouve tout de même ces ac­cès sous forme de ca­naux. Les ma­rées vident ces ac­cès sur les gros coef­fi­cients, et par­fois ils res­tent en eau.

La sys­té­mique est très simple : l’eau qui se dé­verse en mer est sou­vent char­gée de li­mon. De l’eau boueuse est sou­vent re­je­tée. Ce cou­rant est ca­na­li­sé par un gou­let qui crée un cou­rant plus ou moins fort. Nous l’avons com­pris : lorsque ce cou­rant est pré­sent, les bars (ou loups) ne sont pas dupes. Ils savent que dans cer­taines condi­tions ils y trou­ve­ront pi­tance. Deux cas se pré­sentent alors à nous, comme bien sou­vent : mau­vaise mer, et mer calme. Nous pour­rons pê­cher ces zones à l’aide de toutes les tech­niques évo­quées pré­cé­dem­ment : surf­cas­ting, flot­teur, leurre ou pêche au fond à la ca­lée. Dans un es­tuaire le pê­cheur a tout in­té­rêt à se concen­trer sur les deux ou­vrages qui servent de ca­nal de conduc­tion. Les deux ex­tré­mi­tés des digues sont les deux sec­teurs les plus pro­met­teurs, mais il faut dé­ter­mi­ner le­quel des deux est lon­gé par le cou­rant prin­ci­pal. Il est vrai­ment très rare que le cou­rant sorte dans l’axe par­fait des digues, la plu­part du temps il bi­furque d’un cô­té ou de l’autre. C’est de ce cô­té qu’il fau­dra pê­cher. Je vous ren­voie à la lecture con­cer­nant les digues, car vous y trou­ve­rez la bonne mé­tho­do­lo­gie de pros­pec­tion. J’ajoute sim­ple­ment la pos­si­bi­li­té de pê­cher en surf­cas­ting, en pla­çant vos lignes à la li­mite du lit (le che­nal le plus pro­fond). Vous pou­vez pla­cer ain­si deux, trois ou quatre cannes. Il nous faut néan­moins pré­ci­ser que la confi­gu­ra­tion des lieux change énor­mé­ment en fonc­tion de la mé­téo. Les poissons ré­agissent to­ta­le­ment dif­fé­rem­ment se­lon que la mer bouge ou pas. Les condi­tions idéales sont une mer puis­sante, si pos­sible par gros coef­fi­cient. La pres­sion ma­rine est alors suf­fi­sante pour que l’eau de mer pé­nètre dans l’es­tuaire. C’est là qu’il faut com­prendre le mé­ca­nisme des poissons. Ils re­montent avec la mer « dans » l’es­tuaire. Il est en ef­fet cou­rant de les voir re­mon­ter le cou­rant au fil de la ma­rée (ou de la jour­née). Lorsque c’est l’eau de terre qui coule en mer, elle re­pousse les poissons. C’est pour cette rai­son que

les eaux de neige et autres crues sont peu fa­vo­rables. Elles ne le res­tent qu’à la condi­tion qu’une tem­pête main­tienne les eaux douces dans l’es­tuaire, mais on ren­contre alors des condi­tions de pêche dan­tesques. En­fin, je pré­cise qu’il est très rare de faire des poissons en même temps aux leurres et aux ap­pâts na­tu­rels. Au­tre­ment dit, si vous pê­chez des poissons en surf­cas­ting, il est peu pro­bable que les autres en prennent aux leurres, et vice ver­sa. Le conseil que je vous don- ne­rais ici est de pri­vi­lé­gier les leurres lorsque le mau­vais temps ar­rive bru­ta­le­ment après une longue pé­riode de calme. Si le mau­vais temps dure de­puis plu­sieurs jours, le surf­cas­ting de­vien­dra pro­gres­si­ve­ment plus fa­vo­rable. Les trois tech­niques du flot­teur, du surf et du leurre se com­plètent mer­veilleu­se­ment bien dans ce type de sec­teur de pêche. Il est très amu­sant de s’es­sayer aux trois, sans for­cé­ment in­ves­tir des sommes co­los­sales. Vous pou­vez en­suite pri­vi­lé­gier celle qui vous amuse le plus, en fo­ca­li­sant sur les condi­tions idéales pour sa pra­tique. Nous concluons ici notre dos­sier par ces quelques mots. Ces postes de pêche sont fré­quen­tables sur l’en­semble des côtes fran­çaises. Seules les plages ro­cheuses sont plus rares, mais on en trouve aus­si moyen­nant quelques ki­lo­mètres sup­plé­men­taires. Pre­nez une carte des côtes, et com­men­cez par ci­bler cha­cune des zones pro­po­sées ici. En une sai­son à peine, vous de­vriez trou­ver vos marques, et faire de bien belles dé­cou­vertes.

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