Em­bruns com­pé­ti­tion

OPEN DES GLÉ­NAN « MER ASSUR’» 2018

Pêche en Mer - - SOMMAIRE - Texte et pho­tos de Lu­cas Val­lois

De­ve­nu la ré­fé­rence dans l’uni­vers des com­pé­ti­tions de pêche du bar en no- kill, cette neu­vième édi­tion de l’OPG a battu tous les re­cords. Les 23 et 24 juin der­niers, pas moins de 224 par­ti­ci­pants ré­par­tis sur 112 em­bar­ca­tions se sont lan­cés dans « l’arène » des Glé­nan, théâtre d’un week- end où les pa­ra­mètres et stra­té­gies de pêche ont fait toute la dif­fé­rence : l’oc­ca­sion, ici, de dé­cou­vrir trois ap­proches dif­fé­rentes de la com­pé­ti­tion.

S ame­di 23 juin. Di­rec­tion l’ar­chi­pel des Glé­nan pour vivre la cé­lèbre com­pet de l’in­té­rieur en sui­vant trois équi­pages aux pro­fils hé­té­ro­gènes. Les Concar­nois Alexandre Soe­nen et son co­équi­pier Si­mon Mes­tric, team Ma­rine West, pêchent ré­gu­liè­re­ment l’ar­chi­pel mais l’Open reste une pre­mière pour eux. Sté­phane Au­bi­neau et Ré­mi Vince, équi­page Rod­house5 ori­gi­naire de la ré­gion na­zai­rienne, en sont à leur qua­trième par­ti­ci­pa­tion et pra­tiquent cette somp­tueuse zone qu’à l’oc­ca­sion de l’évé­ne­ment. Geof­fray Rai­mond, ba­sé à Noir­mou­tier, et son bi­nôme Nan­tais Ed­vard Ay­so, équipe Croues­ty

Pêche, sont ve­nus pour la pre­mière fois quelques se­maines avant le dé­but des hos­ti­li­tés en guise de pré­fi­shing : en somme ce sont ceux qui ont le moins d’ex­pé­rience sur ce ter­rain de jeu.

Les trois stra­té­gies de la pre­mière manche

Hon­neur à Croues­ty Pêche, à ceux qui ont le moins de bou­teille sur l’Open et der­nier team dans le clas­se­ment (94ème au gé­né­ral) par­mi nos trois pro­fils, avec un bar maillé. Geof­fray nous ra­conte : « Sa­me­di ma­tin avec le dé­but de mon­tante on pren­dra deux bars dans deux mètres d’eau dont un bar maillé à 42 cm ! » Pour l’anec­dote, Ed­vard et Geof­fray se sont ren­con­trés sur le ba­teau de Fiiish au Bar­ra­cu­da Tour 2017. Et de­puis, les deux com­pères pêchent en­semble et forment un bi­nôme sur les dif­fé­rentes com­pé­ti­tions de la fa­çade At­lan­tique à l’ins-- tar de la Sail­ti­ca Fi­shing où ils ont ter­mi­né à la qua­trième place « c’est le jeu, on ne peut pas être tou­jours bons » nous lance-t-il d’un air loyal. Ques­tion ma­té­riel et em­bar­ca­tion, le jeune Noir­mou­trin pré­cise « on était équi­pés de cannes Ten­ryu 76m, 73m et 77mh, les leurres qui ont pris étaient le cra­zy sand eel et le one up shad. Pour l’em­bar­ca­tion c’est en­core plus anec­do­tique, on a tous les deux le même ba­teau, un Pa­ci­fic Craft 5.50. » En ce dé­but de ma­ti­née les deux pê­cheurs se sont concen­trés sur une tête de roche et la mousse qui en ré­sulte :

« on ani­mait nos one up shads en li­néaire et c’est là qu’on a pu mettre au sec nos deux bars de la jour­née. En­suite en fin de ma­ti­née, on a tes­té les ac­cores dans 20 mètres d’eau, ce qui nous au­ra va­lu des jo­lis lieus, puis à la des­cen­dante on

re­tour­na sur les têtes de roche et ça se­ra un autre bar non maillé pris au cra­zy sand eel... et beau­coup de vieilles ! » Chan­ge­ment d’em­bar­ca­tion, en mi­lieu de ma­ti­née nous sommes ac­cueillis par l’équipe Ma­rine West (59ème), par­te­naire de la ma­ni­fes­ta­tion, qui dis­po­sait d’un ProMa­rine Man­ta 610.Alexandre Soe­nen, océa­no­graphe à Con­car­neau, dé­taille alors leur stra­té­gie adop­tée pour cette en­trée en ma­tière :

« en dé­but de manche les vents de Nord-Est entre 15 et 20 noeuds nous ont obli­gé à mo­di­fier notre stra­té­gie ini­tiale qui était d’al­ler au sud et de pê­cher pro­fond. Nous sommes donc res­tés dans le nord de l’ar­chi­pel, dans des pro­fon­deurs in­fé­rieures à dix mètres. Ce choix nous a per­mis de mettre au sec un bar de 46 cm pris sur une chasse de sternes avec un cas­ting Jig P-Boy 25 gr vert de chez Ta­ckle House hap­pé sub­ti­le­ment à la des­cente. Les condi­tions se sont cal­mées au fur et à me­sure de la manche, et nous sommes des­cen­dus dans le sud pour pê­cher plus pro­fond, toute la boîte y est pas­sée, mais sans ré­sul­tat. » A l’image de l’équipe Croues­ty Pêche, de nom­breuses es­pèces ont suc­com­bé aux di­vers leurres et ani­ma­tions des deux Concar­nois, mais les bars ont été mé­fiants sur le reste de la jour­née « et ce mal­gré les im­pres­sion­nantes dé­tec­tions sur l’écran de notre son­deur... » A ce pro­pos, ac­cor­dons-nous une pe­tite di­gres­sion – qui a tout l’air d’un scoop – avant de re­joindre l’équipe Rod­house 5. Il sem­ble­rait, à la suite d’une dis­cus­sion que nous avons eue avec un bé­né­vole, qu’un rè­gle­ment mul­ti-es­pèces pour­rait voir le jour sur la pro­chaine édi­tion... Nous en sau­rons plus en cette fin d’an­née 2018. Un peu avant mi­di, nous sommes conviés à dé­jeu­ner sur un ba­teau com­mis­saire. L’ac­cueil est royal, et le spot est idéal pour pho­to­gra­phier les concur­rents avec leurs bars. En ef­fet, l’équi­page Ul­ti­mate Fi­shing 2 (13ème au gé­né­ral), com­po­sé de Bru­no Pebe et Ni­co­las Ca­diou se pré­sente pour me­sure, et nous « offre » quatre jo­lis bars dont le plus im­po­sant me­su­rait 62 cm. Re­tour en pêche avec le team Rod­house 5 (34ème au gé­né­ral). Sté­phane Au­bi­neau, chef de bord et Pro- staff Rod­house, as­sure l’ac­cueil sur leur Sea­rib’s et nous dé­voile la stra­té­gie de cette pre­mière jour­née. Le ca­pi- taine, mé­ti­cu­leux, con­sulte l’At­las des cou­rants de ma­rée, constate les pa­ra­mètres d’une ma­rée en dé­but de mon­tante, et conclut : « le cou­rant com­mence à re­prendre par le sud des Glé­nan ». Sté­phane et Ré­mi dé­cident de prendre « di­rec­te­ment la di­rec­tion de La Ju­ment, si­tuée dans le sud. L’idée était de prendre d’em­blée des beaux poissons dans des zones que nous ai­mons bien pê­cher avec des pro­fon­deurs d’eau va­riant de 30 à 12 mètres. » Le pre­mier bar maillé (43 cm) y est ra­pi­de­ment fait. En re­vanche, « la suite va être plus com­pli­quée, nous al­lons en­chaî­ner les dé­rives et les spots mais sans grand suc­cès ! Basse Ma­laoët, Basse Pe­rennes, une chasse énorme mais qui va s’avé­rer à son ap­proche im­pos­sible à pê­cher puisque celle-ci se si­tuait hors zone... » En dé­but d’après-mi­di le cou­rant se fait de plus en plus rare et le bi­nôme dé­cide de chan­ger de tac­tique en al­lant grat­ter les bor­dures sur les­quelles ils sor­ti­ront une pa­no­plie d’es­pèces, ai­guillette, vieille, lieu, pagre, etc. C’est en fin de manche que les deux re­pré­sen­tants de Rod­house re­trouvent un poste avec du cou­rant et de l’activité dans 15 mètres d’eau. Ils y fe­ront trois

autres bars maillés, 48, 54 et 58 cm, mais n’at­tein­dront pas le quo­ta de cinq poissons. Cô­té ma­té­riel, Sté­phane nous confie qu’ils ont pê­ché tous les bars avec des Ni­tro Shads 90 et 120 cou­leur bleu sur des cannes Rod­house mon­tées par leurs soins.

Une manche plus com­pli­quée le len­de­main

Comme l’an­née pas­sée, le deuxième jour de com­pé­ti­tion a été plus com­plexe. Le team Ma­rine West in­dique qu’il n’est « pas im­pos­sible que le nombre de ba­teaux y soit pour quelque chose... » Sur leur deuxième manche, les deux co­équi­piers dé­cident « de com­men­cer dans peu d’eau au leurre de sur­face et cette stra­té­gie s’est mon­trée payante : un pre­mier pois­son de 44 cm ra­pi­de­ment pris au Z-Claw Ori­gi­nal co­lo­ris Ayu et un autre pois­son au-des­sus des 60 cm à l’As­tu­rie 150 co­lo­ris Ghost Lan­çon, mais qui s’est dé­cro­ché avant l’épui­sette... » Fi­na­le­ment l’équi­page ba­laie la zone Nord et une nou­velle chasse de sternes éclate au même en­droit que la veille. « Ce­la nous a per­mis de re­ve­nir dans la com­pé­ti­tion après notre dé­con­ve­nue dans le Sud. Les or­phies étaient pré­sentes en nombre en sur­face, il était donc im­por­tant de pê­cher avec un Jig suf­fi­sam­ment lourd et de bien lais­ser des­cendre dans la co­lonne d’eau pour es­pé­rer pi­quer un pois­son qui marque des points. Nos ef­forts ont fi­na­le­ment été ré­com­pen­sés par deux bars, res­pec­ti­ve­ment de 40 et 55 cm, pi­qués au cas­ting Jig P-Boy vert. Avec seule­ment trois bars maillés sur le week-end, ce pois­son res­pec­table pris dans la der­nière heure a eu un pe­tit goût de vic­toire. » Sur cette se­conde manche, l’équipe Croues­ty Pêche comp­tait trou­ver une chasse au large qui avait eu lieu la veille, mais cette der­nière avait quit­té la zone de pêche. « L’après-mi­di re­tour sur les têtes de roche et on pren­dra deux bars, mais non maillés. » Pour l’équipe Rod­house5, quelques re­grets de s’être abs­te­nus du poste du sa­me­di soir « nous y avons pé­ni­ble­ment fait deux bars maillés de 50 et 43 cm, on au­rait dû peut-être y pas­ser la jour­née... »

Im­pres­sions gé­né­rales

S’en­ga­ger sur l’Open des Glé­nan, c’est se frot­ter à l’exi­gence d’un bio­tope unique et aux meilleurs pê­cheurs en mer de France...

Croues­ty Pêche et l’équipe Ma­rine West ré­agissent par rap­port à leur pre­mière par­ti­ci­pa­tion : « On ne connais­sait pas la zone, des eaux claires, un so­leil de plomb, un manque de houle, tous ces élé­ments conju­gués nous ont ren­du la pêche dif­fi­cile... Mais ce que nous re­te­nons avec Ed­vard, ce sont aus­si de belles ren­contres et une or­ga­ni­sa­tion qu’on ne re­trouve nulle part ailleurs. » Quant aux Concar­nois, ha­bi­tués du spot, leur pre­mier open s’est plu­tôt bien dé­rou­lé et leur a li­vré des sen­sa­tions qui sont propres au monde de la com­pé­ti­tion : « On ne s’y at­ten­dait pas trop mais on est pas­sé un peu par toutes les étapes psy­cho­lo­giques du com­pé­ti­teur : beau­coup d’en­vie avant la com­pet, un peu de stress et de frus­tra­tion avec des poissons dif­fi­ciles, et une pe­tite fier­té d’avoir quand même at­teint notre ob­jec­tif ini­tial de mi­lieu de clas­se­ment (59 sur 115). » L’équipe Rod­house5, quant à elle, tire un bi­lan moins nuan­cé :

« On ter­mine notre qua­trième Open des Glé­nan à la 34ème place avec 296 points... c’est pas for­mi­dable mais si c’était si fa­cile tout le monde se­rait pre­mier. Le seul point né­ga­tif c’est que main­te­nant il va fal­loir at­tendre un an avant d’y re­tour­ner.

Et voi­là une par­tie des membres d’équi­page : Alexandre Soe­nen, du team West Ma­rine (en haut à gauche), l’équipe Croues­ty Pêche au com­plet (juste en des­sous) et Sté­phane Au­bi­neau (à droite) – ca­pi­taine et Pro-Staff Rod­house.

Bru­no Pebe, ca­pi­taine de l’équipe Ul­ti­mate Fi­shing 2, et Ni­co­las Ca­diou son mousse ont mis au sec quatre bars sur la pre­mière manche. Le plus im­po­sant me­su­rait 62 cen­ti­mètres.

Les com­mis­saires font les comptes des pre­mières prises de la ma­ti­née. N’ou­blions pas de sou­li­gner le tra­vail re­mar­quable de la cin­quan­taine de bé­né­voles.

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