3 mon­tages pour l’au­tomne

Pêche en Mer - - SOMMAIRE - Texte et photos de De­nis Mou­ri­zard

La clé des champs du pê­cheur en surf­cas­ting, c’est bien les mon­tages ! Nous al­lons nous rap­pe­ler de trois mon­tages es­sen­tiels dont on au­rait bien tord de se pas­ser. La ma­gie des mon­tages est moins dans la com­plexi­té de ces der­niers que dans l’art de sa­voir les uti­li­ser.

E n plu­sieurs dé­cen­nies, j’ai vu l’art du mon­tage de surf­cas­ting évo­luer consi­dé­ra­ble­ment. Outre la plus grande pré­ci­sion ac­cor­dée à la réa­li­sa­tion, c’est tout l’en­semble de la chaîne de concep­tion qui a été améliorée. Dé­sor­mais, les pê­cheurs uti­lisent des tables de mon­tage, ils me­surent au cen­ti­mètre près, par­fois au mil­li­mètre, chaque com­po­sant du mon­tage. Les ha­me­çons sont par­fois pe­sés ( oui, oui !), les noeuds par­fai­te­ment ser­rés, ou col­lés. Je me rap­pelle d’un temps ou deux mor­ceaux de fil en 50/100 noués suf­fi­saient pour faire un mon­tage ef­fi­cace. Les dia­mètres de fil sont, cer­tai­ne­ment, ceux qui ont con­nu la plus grande évo­lu­tion. Dé­sor­mais, on pêche avec des ny­lons de 16/ 100, voire moins. Bien évi­dem­ment, le fait d’uti­li­ser des mon­tages aus­si fins n’as­sure pas le suc­cès sys­té­ma­tique, mais il faut re­con­naître que pour cer­taines es­pèces ce­la aide. Ar­ri­vant pro­chai­ne­ment à la sai­son au­tom­nale, nous al­lons voir s’ou­vrir les portes des grands po­ten­tiels, no­tam­ment pour ce qui concerne les beaux pois­sons. En toute lo­gique, nous de­vrions voir les eaux plus agi­tées que du­rant la sai­son es­ti­vale, ou du moins plus opaques. L’uti­li­sa­tion de mon­tages adap­tés à ces cir­cons­tances est donc né­ces­saire, et j’en ai sé­lec­tion­nés trois pour vous. Il n’y a au­cune innovation dans ces mon­tages, je laisse l’innovation aux autres. J’ai choi­si trois mon­tages sûrs et fait le choix de vous dé­li­vrer l’ex­pé­rience in­hé­rente à cha­cun d’entre eux.

Mon­tage n°1 : double em­pile et traî­nard

Ce mon­tage s’adresse à des condi­tions de pêche clé­mentes. En au­tomne aus­si la mé­téo peut être calme. Nous jouons ici sur deux em­piles, une en haut, et une en bas (le traî­nard). Ne nous leur­rons pas, les deux se­ront po­sées au sol ! N’al­lons pas ima­gi­ner que l’em­pile du haut se­ra sus­pen­due. Aux dis­tances aux­quelles nous lan­çons nos lignes, le poids du fil et l’angle de la ligne nous ra­mènent à la réa­li­té : l’en­semble se­ra bien po­sé au fond. Tant qu’il n’y a pas de vagues, l’en­semble pê­che­ra conve­na­ble­ment. Je suis par­ti­cu­liè­re­ment ex­ci­té lorsque le cou­rant est bien pré­sent car il fait vivre le mon­tage. Néan­moins, je vous conseille dans ce cas de lan­cer en aval du cou­rant de sorte que les deux em­piles puissent tra­vailler dans l’axe de la ligne. Si vous lan­cez de fa­çon per­pen­di­cu­laire, il y a des risques que les ha­me­çons se croisent. Pê­chez de pré­fé­rence avec une ligne lé­gè­re­ment dé­ten­due, ce­la donne de la vie aux ap­pâts. La ligne suit les on­du­la­tions du cou­rant, et ont ob­tient de bien meilleurs ré­sul­tats qu’avec une ligne bien ten­due. Je pré­co­nise des dia­mètres re­la­ti­ve­ment faibles pour ce mon­tage, étant don­né qu’il est pré­vu pour pê­cher sur le fond. Cha­cun est libre de ré­duire les dia­mètres au­tant qu’il le dé­sire. Per­son­nel­le­ment, je ne des­cends ja­mais au- des­sous des va­leurs in­di­quées. Ce­la est tout per­son­nel, mais je pré­fère un mon­tage qui vit sous l’eau par le mou­ve­ment, plu­tôt qu’un bas de ligne qui risque de s’em­mê­ler à chaque oc­ca­sion. Je ter­mi­ne­rais par un conseil im­por­tant : si vous dé­si­rez uti­li­ser deux ap­pâts dif­fé­rents, pla­cez tou­jours le plus vo­lu­mi-

neux ou le plus lourd en bas. Non seule­ment la proxi­mi­té du plomb ai­de­ra à en­traî­ner cet ap­pât, mais de plus il au­ra moins de chance de s’ac­cro­cher sur la ligne prin­ci­pale.

Mon­tage n°2 : double traî­nard et sau­teuse

Ce mon­tage est vrai­ment très proche du pré­cé­dent, seule la lon­gueur de l’em­pile du haut dif­fère dans la concep­tion. Alors pour­quoi avoir choi­si ce mo­dèle ? Si le pré­cé­dent était pré­vu pour pê­cher au fond, et donc des­ti­né po­ten­tiel­le­ment à être lan­cé loin, ce­lui- ci est ré­ser­vé à une uti­li­sa­tion... iden­tique. Oui, vous pou­vez l’uti­li­ser de la même fa­çon, mais ce se­rait vous es­cro­quer que de vous lais­ser avec ce­la ! Une autre uti­li­sa­tion consiste à l’em­ployer à courte dis­tance. L’idée est de main­te­nir la pe­tite em­pile en haut, il faut donc que la ligne soit plu­tôt ver­ti­cale. Il faut la faire tra­vailler entre deux eaux, ce qui li­mite consi­dé­ra­ble­ment la dis­tance de lan­cer. On le pri­vi­lé­gie donc dans des eaux as­sez agi­tées, si pos­sible avec du cou­rant et des vagues. La dis­tance de lan­cer va­rie entre quelques mètres et quelques di­zaines de mètres, ra­re­ment plus de 50 ! En réa­li­té, ce­la dé­pend de la pente de la plage, mais je vous laisse faire des cal­culs sa­vants, je sais que tout le monde a com­pris le prin­cipe. Ici, l’idée est donc de faire tra­vailler un ap­pât, lé­ger de pré­fé­rence, entre deux eaux, et si pos­sible as­sez près de la sur­face. On peut alors y es­cher une pe­tite lan­guette de seiche, ou un bou­quet de gra­vettes qui sont des ap­pâts bien vi­vants et très at­trac­tifs dans de telles condi­tions. Ici, je vous conseille bien en­ten­du de pê­cher ligne ten­due. Il convien­dra donc d’uti­li­ser un plomb ca­pable d’an­crer la ligne bien en place. Ain­si, la ligne se­ra mise en pres­sion par le cou­rant ou la houle, et les em­piles on­du­le­ront idéa­le­ment. Je pré­co­nise ce mon­tage pour la re­cherche des mu­lets en sur­face. Il suf­fi­ra d’ajou­ter quelques perles brillantes ( do­rées ou ar­gen­tées) juste au- des­sus de l’ha­me­çon, lui aus­si do­ré. Esché de quelques gra­vettes rouges et pré­sen­té juste sous la sur­face, l’ef­fet est re­dou­table !

Mon­tage n°3 : à trois em­piles

Ce mon­tage est ty­pi­que­ment ce­lui que je conseille­rais pour le mau­vais temps. Il est tou­te­fois im­por­tant d’an­non­cer la cou­leur : j’ai vo­lon­tai­re­ment no­ti­fié des

lon­gueurs im­por­tantes. Il fau­dra donc une longue canne pour le lan­cer, un mi­ni­mum de 4,50 m, pour être à l’aise. D’autre part, la lon­gueur des em­piles exige vé­ri­ta­ble­ment des dia­mètres de ligne consé­quents. Per­son­nel­le­ment, je ne des­cen­drais pas en des­sous du 35/ 100 dans une mer cor­rec­te­ment agi­tée. Si les vagues sont grosses et sur­tout rap­pro­chées, je n’hé­si­te­rais pas à grim­per jus­qu’au maxi­mum in­di­qué. Je le ré­pète, ce qui est im­por­tant est le mou­ve­ment, et donc la vie de l’ap­pât sous l’eau. Le dia­mètre n’est qu’un de­mi pro­blème lorsque la mer est cor­rec­te­ment agi­tée. Sur ce type de mon­tage, un risque per­dure tant que l’on en a pas sai­si l’uti­li­sa­tion cor­recte : l’em­mê­le­ment des em­piles au mo­ment de la chute du mon­tage dans l’eau. Lorsque vous lan­cez, le plomb part en pre­mier, et les em­piles sont pla­quées dans l’axe de la ligne. Lorsque le plomb chute à l’eau, le mon­tage se tasse sur lui- même juste der­rière, et à très grande vi­tesse. C’est là que les em­piles s’em­mêlent la plu­part du temps. Pour évi­ter ce désa­gré­ment, il suf­fit de blo­quer le mon­tage juste avant le contact du plomb avec l’eau. Na­tu­rel­le­ment, il faut suivre le plomb du re­gard, ain­si, lors­qu’il ar­rive à quelques di­zaines de cen­ti­mètres de la sur­face, on stoppe la ligne. Elle se tend, les em­piles passent de­vant et s’étalent vers le plomb, et le mon­tage se pose bien à plat. On pré­fè­re­ra tou­jours les plombs sans grap­pins. De pré­fé­rence, le gram­mage se­ra choi­si à la li­mite de la dé­rive. On re­cherche une dé­rive très lente, pour que les ap­pâts puissent tout de même cir­cu­ler. Ce mon­tage est idéal pour les bor­dures de baïnes. On re­cher­che­ra les pentes, pour y cou­cher le mon­tage. On com­pren­dra donc qu’il s’avère re­dou­table pour les plats, pois­sons qui cir­culent en bancs de plu­sieurs in­di­vi­dus. Ces trois mon­tages vous sont ici pré­sen­tés se­lon des sché­mas de réa­li­sa­tion po­ly­va­lents. Cha­cun pour­ra à loi­sir en chan­ger les dia­mètres.

Une lan­guette de seiche est un ap­pât de choix pour une pré­sen­ta­tion entre deux eaux. Dans le cou­rant, elle on­dule, flappe et vibre.

Avoir tou­jours avec soi un pa­nel de plombs de poids dif­fé­rents per­met de mo­du­ler le com­por­te­ment du mon­tage.

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