Il se fait opé­rer des vé­gé­ta­tions

Bien­tôt fi­ni, le nez sans ar­rêt bou­ché ! Ce qu’il faut sa­voir sur cette in­ter­ven­tion par­fai­te­ment ro­dée.

Parents - - Mon Bébé - AURÉLIA DUBUC

C’est sur­pre­nant, mais Ro­main, 18 mois, est dé­jà un gros ron­fleur. Une par­ti­cu­la­ri­té qui pour­rait prê­ter à sou­rire si elle n’avait pas des consé­quences sur sa san­té : la gêne res­pi­ra­toire oc­ca­sion­née per­turbe son som­meil et le ma­tin, il se ré­veille fa­ti­gué. En cause? Une obs­truc­tion na­sale due à des vé­gé­ta­tions trop vo­lu­mi­neuses. Ce­la ar­rive sou­vent chez les jeunes en­fants en col­lec­ti­vi­té, où les at­taques de mi­crobes sont fré­quentes. Si­tuées à l’ar­rière du nez, les vé­gé­ta­tions sont avec les amyg­dales les prin­ci­paux rem­parts aux ma­la­dies de la sphère ORL. Lors d’épi­sodes in­fec­tieux, elles gros­sissent, signe qu’elles sé­crètent bien des an­ti­corps, avant de re­trou­ver leur taille nor­male. Mais de­vant des at­taques à ré­pé­ti­tion, il ar­rive que cette belle mé­ca­nique se dé­règle et que les vé­gé­ta­tions res­tent très vo­lu­mi­neuses. L’obs­truc­tion na­sale est alors si im­por­tante qu’elle en­traîne des apnées du som­meil, qui peuvent elles-mêmes, dans de rares cas, pro­vo­quer des ano­ma­lies car­diaques. Voi­là pour­quoi on pré­fère par­fois in­ter­ve­nir .

Des otites à ré­pé­ti­tion

« Chez d’autres en­fants, des vé­gé­ta­tions hy­per­tro­phiées peuvent ex­pli­quer des otites sé­reuses à ré­pé­ti­tion », ex­plique le Dr De­lai­si, pneu­mo­pé­diatre à l’hô­pi­tal Ro­bert-De­bré. « Parce que ces otites peuvent en­traî­ner une baisse de l’au­di­tion, c’est une autre bonne in­di­ca­tion à l’abla­tion des vé­gé­ta­tions. » Tout comme le fait de res­pi­rer nuit et jour par la bouche, ce qui n’est pas sans consé­quence pour la crois­sance har­mo­nieuse du bas du vi­sage et l’ar­ti­cu­lé den­taire. L’es­poir de faire di­mi­nuer la fré­quence des rhi­no­pha­ryn­gites en en­le­vant des vé­gé­ta­tions hy­per­tro­phiées n’est en re­vanche plus d’ac­tua­li­té : des études ont mon­tré que l’opé­ra­tion ne ré­dui­sait pas le nombre d’épi­sodes in­fec­tieux. Voi­là pour­quoi l’in­ter­ven­tion est moins sys­té­ma­tique que par le pas­sé. Une fois dé­ci­dée, l’adé­noï­dec­to­mie est pré­cé­dée d’une vi­site chez l’anes­thé­siste, pour vé­ri­fier qu’il n’y a pas de contre-in­di­ca­tion à pra­ti­quer une anes­thé­sie gé­né­rale.

Une ré­cu­pé­ra­tion ra­pide

En moins d’une de­mi-heure, le chi­rur­gien re­ti­re­ra les vé­gé­ta­tions, le tis­su adé­noï­dien, à l’aide d’une cu­rette in­tro­duite par la bouche. « En cas d’otites sé­reuses as­so­ciées, le mé­de­cin peut en pro­fi­ter pour pra­ti­quer une pa­ra­cen­tèse et/ou po­ser des aé­ra­teurs trans­tym­pa­niques (yo-yo…) afin de drai­ner les sé­cré­tions ac­cu­mu­lées der­rière le tym­pan», pré­cise le Dr De­lai­si.

La dou­leur post-opé­ra­toire est très mo­dé­rée. Un peu de pa­ra­cé­ta­mol suf­fit à la sou­la­ger. Des pe­tits sai­gne­ments de nez sont pos­sibles du­rant 1 ou 2 heures. L’in­tro­duc­tion d’ins­tru­ments dans la bouche peut aus­si pro­vo­quer une plaie au ni­veau de la langue ou la lèvre. Outre d’ex­cep­tion­nelles com­pli­ca­tions liées à tout geste chi­rur­gi­cal, le sai­gne­ment post-opé­ra­toire peut per­sis­ter et né­ces­si­ter un acte mé­di­cal pour le stop­per. On peut aus­si consta­ter une voix plus na­sillarde, mais elle se­ra ré­édu­quée par l’or­tho­pho­niste. Le jeune opé­ré, après avoir man­gé et vu un mé­de­cin, rentre chez lui avant la fin de la jour­née. Et peut re­prendre le che­min de la crèche au bout de 48 heures.

Un guide pour trou­ver les mots Où sont les vé­gé­ta­tions ? Pour­quoi doi­ton par­fois les en­le­ver? Un pe­tit guide pour tout leur ex­pli­quer.

“Je vais me faire opé­rer des amyg­dales ou des vé­gé­ta­tions”, Association Spa­ra­drap. A com­man­der sur spa­ra­drap.org

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