Il dort en­core avec une couche

Il a ac­quis la pro­pre­té en jour­née de­puis long­temps, mais il a tou­jours be­soin d’une couche la nuit, si­non il fait pi­pi au lit. Est-ce grave, et com­ment y re­mé­dier ?

Parents - - Mon Bébé - LAURE SALAMON

Mar­tin, 4 ans et de­mi, est propre la jour­née de­puis qu’il a 3 ans, mais la nuit il doit tou­jours mettre une couche. Vous avez es­sayé plu­sieurs fois de le faire dor­mir sans, mais le scé­na­rio se ré­pète à chaque fois. Il se ré­veille le ma­tin trem­pé. Ce n’est pas de la mau­vaise vo­lon­té. Mar­tin vou­drait “être un grand”. Il ai­me­rait sen­tir qu’il a en­vie de faire pi­pi et se ré­veiller, mais il dort trop pro­fon­dé­ment.

Un ré­flexe à ac­qué­rir

« Si l’en­fant n’est pas gê­né, on lui laisse les couches et on at­tend pa­tiem­ment, ras­sure Béa­trice Le­ta­ver­nier, pé­diatre à Pa­ris. Avant l’âge de 6 ans, ce n’est pas consi­dé­ré comme anor­mal. Le corps n’a pas en­core ac­quis les ré­flexes pour re­te­nir l’urine pen­dant la nuit. » L’en­fant qui fait pi­pi au lit n’en­tend pas le si­gnal en­voyé par le cer­veau pour pré­ve­nir que la ves­sie est pleine. 15 % des en­fants sont en­core énu­ré­tiques avant 6 ans, c’est ce qu’on ap­pelle l’énu­ré­sie noc­turne pri­maire. Pour la pé­diatre, il faut vé­ri­fier si l’en­fant a des fuites dans la jour­née, s’il se lève la nuit pour boire ou s’il ronfle. Ces signes peuvent orien­ter les re­cherches vers une ma­la­die. Si ce n’est pas le cas, l’en­fant de­vien­dra propre d’ici quelque temps.

Votre en­fant veut en fi­nir avec le “pi­pi au lit” ? Vous pou­vez l’ai­der. Ain­si, il faut l’in­ci­ter à bien boire dans la jour­née et uri­ner ré­gu­liè­re­ment. Après le goû­ter en re­vanche, il faut évi­ter de trop boire. Il doit al­ler aux toi­lettes juste avant de se cou­cher, et il faut que ces toi­lettes soient fa­ci­le­ment ac­ces­sibles la nuit. En­suite, la pé­diatre re­com­mande de mettre en place un ca­len­drier où l’en­fant note le ma­tin un so­leil s’il n’a pas fait pi­pi, et un nuage s’il l’a fait. À la fin de la se­maine, on compte les so­leils et l’en­fant re­çoit des ré­com­penses au fur et à me­sure des pro­grès. La pé­diatre dé­con­seille de ré­veiller l’en­fant pour l’em­me­ner aux toi­lettes car le som­meil peut en être per­tur­bé et en­suite, même si la ves­sie est vi­dée en dé­but de nuit, l’en­fant n’ac­quiert pas le ré­flexe de re­te­nir l’urine ou de se ré­veiller pour al­ler aux toi­lettes tout seul.

Enu­ré­sie se­con­daire

Cer­tains en­fants ont été propres pen­dant long­temps et se re­mettent à faire pi­pi au lit. C’est ce qu’on ap­pelle l’énu­ré­sie se­con­daire. Elle peut être pro­vo­quée par un fac­teur psychologique ou être un symp­tôme d’une ma­la­die comme le dia­bète ou une ma­la­die ré­nale. Il faut consul­ter un mé­de­cin. Si l’énu­ré­sie se pour­suit au-de­là de 6 ans, une consul­ta­tion ai­de­ra à en trou­ver l’ori­gine et mettre en place des so­lu­tions, comme le cap­teur dans le py­ja­ma qui alerte l’en­fant au mo­ment où le li­quide com­mence à cou­ler, ou des mé­di­ca­ments. À l’ado­les­cence et à l’âge adulte, 1,5 % des per­sonnes sont en­core énu­ré­tiques. C’est sou­vent hé­ré­di­taire. Ce qui est im­por­tant, c’est d’en par­ler, il ne faut pas que ce su­jet de­vienne tabou. L'en­fant doit ab­so­lu­ment être as­so­cié à la re­cherche de so­lu­tions, sans qu'il soit culpa­bi­li­sé.

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