L’es­prit pion­nier d’is­raël est-il mort ?

Paris Match - - Culturematch/cinéma -

la déshu­ma­ni­sa­tion de part et d’autre. Et cette seule éner­gie rend en­vi­sa­geable un fu­tur com­mun.

Cet es­prit franc des ori­gines, cette forme d’hon­nê­te­té in­tel­lec­tuelle que l’on trou­vait chez Ra­bin sur­vit tant bien que mal. Nous avons connu trois vagues suc­ces­sives de di­ri­geants. Ceux is­sus de la dia­spo­ra, Ben Gou­rion, Esh­kol, Gol­da Meir, Be­gin, puis les pion­niers Ra­bin et Sha­ron qui ont vu naître ce pays et n’ont connu que des fron­tières mou­vantes, ce qui fait qu’ils n’avaient pas une idée fi­gée sur la ques­tion. Puis leur ont suc­cé­dé Ba­rak, Ol­mert et au­jourd’hui Ne­ta­nya­hou, qui ont gran­di dans un Is­raël fort, do­té d’avions de chasse, de chars et de lob­bys puis­sants. Ceux-là ont per­du la no­tion de fra­gi­li­té de l’exis­tence juive. C’est dan­ge­reux, parce que, quoi qu’ils en pensent, cette exis­tence de­meure pré­caire, et que toute forme d’ar­ro­gance is­raé­lienne reste mal in­ter­pré­tée.

Poi­gnar­dée par un ter­ro­riste, cette ha­bi­tante (à dr.) d’une co­lo­nie sau­vage de Cis­jor­da­nie rêve pour­tant de voir ses en­fants jouer avec leurs voi­sins pa­les­ti­niens.

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