Hu­mour Ar­tus danse avec les cow-boys

Après être ar­ri­vé en fi­nale de « Danse avec les stars », le co­mé­dien s’éclate sur scène dans une pa­ro­die dé­jan­tée de wes­tern. Mais vient aus­si d’in­té­grer « Le bu­reau des lé­gendes ». Ren­contre.

Paris Match - - Sommaire - PAR SA­CHA REINS @Sa­cha­reins

Depuis son plus jeune âge, Vic­tor Ar­tus So­la­ro, dit Ar­tus, hu­mo­riste, ac­teur, au­teur, met­teur en scène et dan­seur mon­dain, a toujours ma­ni­fes­té des dons d’im­pro­vi­sa­tion et une at­ti­rance pour la bonne chère. Afin qu’il as­sure ses ar­rières, ses pa­rents lui firent pas­ser un bac pro cui­sine puis lui of­frirent, à 21 ans, le plus bi­zarre et le plus flip­pant des ca­deaux. « Ils m’ont an­non­cé qu’ils m’avaient loué une salle de spec­tacle pen­dant le Fes­ti­val d’avi­gnon et que je n’avais plus qu’à écrire un show, se sou­vient Ar­tus. Pour eux, j’en étais ca­pable : “Et si tu te plantes, tu re­tournes en cui­sine !” » Ar­tus n’y re­mit ja­mais les pieds. Son spec­tacle d’avi­gnon fut un suc­cès, et, à la ren­trée, il de­vint un des hu­mo­ristes ve­dettes d’« On n’de­mande qu’à en rire », l’émis­sion de Laurent Ru­quier. Six ans, cinq spec­tacles et une sai­son à « Danse avec les stars » plus tard, Ar­tus re­vient avec sa pre­mière pièce de théâtre, « Duels à Da­vi­dé­jo­na­town », une co­mé­die bur­lesque et to­ta­le­ment dé­jan­tée, pa­ro­die de wes­tern qui em­prunte au­tant à Mel Brooks qu’à Ta­ran­ti­no. « Je m’offre un rêve de gosse. Je suis éton­né que cet univers ne soit pas plus ex­ploi­té, c’est vi­suel­le­ment ma­gni­fique. Et avec ces brutes épaisses qui s’entre-tuent pour un re­gard de tra­vers, il y avait un ni­veau de dé­bi­li­té qui était quand même éton­nant ! Sur cette pièce, je ne me suis pas mis de bar­rières. Au dé­but, je ne vou­lais pas d’ana­chro­nisme mais, fi­na­le­ment, on s’en fout, on peut par­tir en im­pro sur des trucs qui n’ont rien à voir puisque le dé­cor et les cos­tumes nous ra­mènent toujours en si­tua­tion. Ce­la nous ap­porte en­core plus de li­ber­té. Dans les grands classiques du wes­tern, il n’y a pas de vannes mais des si­tua­tions à dé­tour­ner. Par exemple, dans “Les sept mer­ce­naires”, quand ils font le re­cru­te­ment, un Mexi­cain dit à

Yul Bryn­ner : “Señor, re­gar­dez ce­lui-là, il a plein de ci­ca­trices, il nous le faut.” “Non, ré­pond Bryn­ner, très calme. Ce­lui qu’il nous faut, c’est ce­lui qui lui a fait ces ci­ca­trices.” Ça, j’adore ! »

Ar­tus aime l’im­pro­vi­sa­tion. Et sur­tout, il dis­pose d’un ou­til rare : une mé­moire in­faillible. « Je garde tout dans la tête, confirme-t-il, je n’ou­blie rien. Quand j’ai joué mon der­nier one­man-show, je n’avais pas une ligne sur le pa­pier. Ma mère est ve­nue au spec­tacle, l’a en­re­gis­tré pour pou­voir le re­trans­crire et dé­po­ser le texte. Je suis aus­si quel­qu’un de der­nière mi­nute. Si on me dit : “T’as un nou­veau spec­tacle dans deux ans et de­mi”, je vais com­men­cer à l’écrire un mois avant. » Il aime éga­le­ment le grand écart ar­tis­tique et le contreem­ploi. En même temps qu’il par­ti­ci­pait à « Danse avec les stars » (« DALS »), il tour­nait dans la nou­velle sai­son du « Bu­reau des lé­gendes ». « Ce n’est pas un rôle où je fais le ri­go­lo. Je tra­vaille à la DGSE en tant qu’ana­lyste à la sec­tion Syrie. Mon per­son­nage est un peu au­tiste, il a du mal à com­mu­ni­quer avec les gens. » Quand à « DALS » (où, il n’est pas peu fier de le rap­pe­ler, il est ar­ri­vé en fi­nale), l’émis­sion lui a per­mis de mon­trer que son em­bon­point n’était pas un han­di­cap phy­sique ou psy­cho­lo­gique. « Mon poids ne m’han­di­cape pas, on l’a vu avec “DALS”. Je ne me trouve pas spé­cia­le­ment moche, et les ré­gimes, ça me dé­prime. Et il y a aus­si une in­jus­tice dont on ne parle pas : pour­quoi c’est pas le ham­bur­ger qui est light et les ha­ri­cots verts qui fe­raient gros­sir ? » La ques­tion mé­rite d’être po­sée.

« Duels à Da­vi­dé­jo­na­town », jus­qu’au 24 juin au théâtre

Les Feux de la rampe, Pa­ris IXE, puis du 7 au 30 juillet au Fes­ti­val d’avi­gnon.

SES IN­FLUENCES SONT DI­VERSES : LA TROUPE DU SPLENDID, LE CA­FÉ DE LA GARE, LES MONTY PY­THON, SA­CHA BA­RON CO­HEN, TIM BURTON.

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