Ac­tua­li­té

LE PLUS JEUNE PRÉ­SIDENT DE NOTRE HIS­TOIRE A CINQ ANS POUR DÉ­ROU­LER SON PRO­GRAMME. UN DÉ­FI EXAL­TANT

Paris Match - - Sommaire -

Sous ce pre­mier so­leil de mai se joue plus qu’une tra­di­tion­nelle pas­sa­tion de pou­voir : l’as­cen­sion d’une nou­velle gé­né­ra­tion face à un monde dé­sor­mais an­cien. L’ely­sée et ses rouages ne sont pas in­con­nus à Em­ma­nuel Ma­cron, qui fut, avant de de­ve­nir mi­nistre, le se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de Fran­çois Hol­lande. Un poste avec vue di­recte sur l’exer­cice du pou­voir et de ses chausse-trapes. Pour le 8e chef de l’etat de la Ve Ré­pu­blique, le temps de l’es­poir laisse place à ce­lui de l’ac­tion. « La tâche est im­mense », avait-il pro­cla­mé au soir de sa vic­toire. A l’aube de son man­dat, il en a pré­ci­sé le via­tique : « L’au­dace de la li­ber­té, l’exi­gence de l’éga­li­té, la vo­lon­té de la fra­ter­ni­té. »

« Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps » : en ci­tant Cha­teau­briand lors de l’in­ves­ti­ture, Laurent Fa­bius a ap­por­té une touche de ro­man­tisme dans une cé­ré­mo­nie im­muable. Face à un Em­ma­nuel Ma­cron grave et pé­né­tré, il a même évo­qué avec fa­mi­lia­ri­té une cam­pagne «cham­boule-tout» avant d’af­fir­mer avec convic­tion: «Votre réus­site se­ra la réus­site de la France.» Après des voeux «ex­trê­me­ment cha­leu­reux de suc­cès », le nou­veau pré­sident, dé­jà re­vê­tu des in­signes de grand-croix de la Lé­gion d’hon­neur, ré­pon­dra : « Les Fran­çais ont choi­si l’es­poir et l’es­prit de conquête », évo­quant les pré­mices d’une « ex­tra­or­di­naire re­nais­sance ».

Il n’y a pas que le jeune élu qui piaffe. Dans le cor­tège de 140 che­vaux, un bref mo­ment de désordre… Em­ma­nuel Ma­cron a vou­lu que la re­mon­tée des Champs-ely­sées se dé­roule en deux sé­quences char­gées de sens. D’abord, pour af­fir­mer son rôle de chef des ar­mées, de­bout dans un « com­mand car ». Puis, seul et à pied vers la flamme de l’etoile, pour ex­pri­mer la Ré­pu­blique en marche qu’il in­carne. Sa ra­pi­di­té d’ac­tion dé­pen­dra en­core des lé­gis­la­tives. Jus­qu’ici, rien ne l’a ar­rê­té. Il suf­fit par­fois pour illus­trer un des­tin – à la ma­nière du peintre Gé­ri­cault – d’un che­val qui se cabre et d’un homme qui sa­lue.

PHO­TO BAP­TISTE GIROUDON

Di­manche 14 mai, à 11 heures. Dans la cour du pa­lais, le nou­veau lo­ca­taire de l’ely­sée rac­com­pagne son pré­dé­ces­seur. Et l’ap­plau­dit.

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