EM­MA­NUEL MA­CRON N’EN­TEND PAS ÊTRE « LE PRÉ­SIDENT DU QUO­TI­DIEN, DE L’ANECDOTE »

Paris Match - - L'actualité - @Ma­ria­na­gre­pi­net

forts », in­siste Si­beth Ndiaye, res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion à l’ely­sée. Ma­cron met en avant son em­pa­thie, à la ma­nière de Ba­rack Oba­ma dont son équipe re­con­naît s’ins­pi­rer. Lui, le plus jeune pré­sident de l’his­toire fran­çaise, a re­lu tous les dis­cours pro­non­cés par ses pré­dé­ces­seurs de­puis le dé­but de la Ve Ré­pu­blique. Exa­mi­né les dé­rou­lés des cé­ré­mo­nies. Tout en s’ins­cri­vant dans la conti­nui­té, il a cher­ché à s’en dé­mar­quer. « La na­ture hu­maine fait que, quand tu ar­rives quelque part, tu es per­sua­dé que tu fe­ras mieux que ceux qui étaient là avant toi», fait re­mar­quer Gas­pard Gant­zer, l’an­cien conseiller à la com­mu­ni­ca­tion de Hol­lande.

Ce sont sou­vent les évé­ne­ments qui font en­trer les pré­si­dents dans leurs nou­veaux ha­bits. « Fran­çois Hol­lande a pris conscience de la gra­vi­té de la fonc­tion avec les at­ten­tats et le Ma­li, rap­pelle son ami fi­dèle Ber­nard Poi­gnant. Pour Ni­co­las Sar­ko­zy, ce fut en 2008, lors­qu’il fut confron­té à la double crise, celle de la fi­nance et celle en Géor­gie. Jacques Chi­rac, quant à lui, est vrai­ment de­ve­nu le chef de l’etat quand Fran­çois Mitterrand est mort. Mais ce der­nier était dé­jà pré­sident avant d’être élu… »

Em­ma­nuel Ma­cron, lui, a vou­lu faire de cette pas­sa­tion de pou­voir sa jour­née d’in­tro­ni­sa­tion à la fonc­tion. Une fonc­tion qu’il a théo­ri­sée, ex­pli­quant pen­dant la cam­pagne qu’il en­ten­dait être un chef de l’etat « ju­pi­té­rien », qui ne se­rait pas « le pré­sident du quo­ti­dien, de l’anecdote » et qui, sur­tout, n’in­ter­vien­drait pas tous les jours sur tous les su­jets. Une pa­role ra­ré­fiée, pour se don­ner da­van­tage d’« épais­seur pré­si­den­tielle ». Son cos­tume ély­séen peut être de confec­tion, son rôle de­vra être taillé à ses me­sures. Ain­si son sta­tut de chef de la di­plo­ma­tie. Il compte pro­fi­ter de sa bonne image in­ter­na­tio­nale pour faire bou­ger les lignes et « ré­en­chan­ter l’eu­rope », se­lon les mots d’un de ses proches. Mais l’en­chaî­ne­ment des dé­pla­ce­ments ne peut rien contre la sen­sa­tion d’en­fer­me­ment qui at­tend le pré­sident dans son pa­lais. Di­manche soir, de re­tour dans la salle des fêtes de l’ely­sée, de­vant ses amis, ses plus proches col­la­bo­ra­teurs et leurs fa­milles, il a for­mu­lé une ul­time de­mande : « J’ai be­soin de vous en­core. Ici, dans cette mai­son, on n’en­tend rien et on ne sent rien… »

Pen­dant « La Mar­seillaise », Em­ma­nuel Ma­cron se re­cueille de­vant la tombe du Sol­dat in­con­nu. Der­rière lui, le gé­né­ral Bru­no Da­ry, pré­sident du co­mi­té de la Flamme.

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