Un sé­jour de pêche à l’in­su de leur plein gré

C’est une his­toire peu ba­nale que nous al­lons vous nar­rer au­jourd’hui. Une his­toire qui mêle an­ni­ver­saire, voyage, sur­prise et sur­tout ami­tié, avec comme dé­no­mi­na­teur com­mun… la pas­sion de la pêche.

Partir Pêcher - - Sommaire N°55 - Texte de Alain Co­las, pho­tos Black Mar­lin

C’est une his­toire peu ba­nale que nous al­lons vous nar­rer au­jourd’hui. Une his­toire qui mêle an­ni­ver­saire, sur­prise et ami­tié…

out com­mence en août 2017, l or s que Gil ou évoque avec son beau­fils, Ju­lien, son en­vie de pro­fi­ter de ses 70 ans pour réa­li­ser un de ses rêves : par­ti­ci­per à un sé­jour de pêche au gros. Le ha­sard fai­sant bien les choses, c ’est une an­née un peu par­ti­cu­lière pour Ju­lien qui fête ses 40 ans tout comme son ami d’en­fance Zeb, tan­dis que son as­so­cié, Squale, va souf­fler ses 50 bou­gies. Un jo­li compte rond de 200 ans à eux quatre ! Zeb et Squale étant de vrais fans de pêche, l’oc­ca­sion est trop belle pour Gi­lou et Ju­lien d’or­ga­ni­ser un voyage en com­mun et ils se mettent donc en quête de la meilleure pres­ta­tion pos­sible en se di­sant « quitte à le faire, au­tant le faire bien ! ». La re­cherche s’oriente donc na­tu­rel­le­ment vers ce qui se fait de mieux en ma­tière de sé­jours de pêche au gros et, très vite, Yann Co­las et son Black Mar­lin s’im­pose comme une évi­dence. Douze re­cords du monde, des rap­ports de pêche qui font rêver, une équipe fran­co­phone, une île pa­ra­di­siaque, peu de dé­ca­lage ho­raire, pas de risque sa­ni­taire et donc pas be­soin de vac­cin… Bref tout semble par­fait ! Mon pre­mier contact avec Ju­lien est au­tant pro­fes­sion­nel que cha- leu­reux. En quelques jours, tout est bou­clé : les billets d’avion et l’hé­ber­ge­ment sont ré­ser­vés, et un sé­jour sur mesure de 70 heures sur le banc de l’Est est va­li­dé à bord du Black Mar­lin.

Sur­prise sur prise

A par­tir de là, et à l’ins­tar des meilleurs scé­na­rios de « Sur­prise sur prise » ou des meilleures « ca­mé­ras ca­chées », la su­per­che­rie prend forme… Ils vont bien par­tir à quatre, mais seuls Gi­lou et Ju­lien se­ront au cou­rant. Pour les deux autres, ce se­ra la mé­ga sur­prise ! La pre­mière étape consiste à s’oc­cu­per de Squale. Ju­lien lui ex­plique donc qu’ils doivent, en­semble, prendre des congés « non an­nu­lables et non mo­di­fiables » du 4 au 13 février 2018, sans lui don­ner plus de dé­tails. Pen­dant les mois qui suivent, tous les in­dices laissent à pen­ser que les deux as­so­ciés vont par­tir vers un pays froid et, par­mi les scé­na­rios ima­gi­nés par Squale, après avoir écar­té le Ca­na­da, ce­lui qui semble le plus pro­bable c ’est d’al­ler pê­cher le sau­mon en Ecosse et en pro­fi­ter pour se rendre à Mur­ray­field as­sis­ter au match de rug­by Ecosse-France. Une se­maine avant le dé­part, Ju­lien en­fonce le clou en don­nant quelques in­dices à Squale afin qu’il pré­pare sa va­lise… Pour ré­su­mer : à des­ti­na­tion il fait froid, il pleut (très) sou­vent et Squale doit prendre ses af­faires de golf ! Pen­dant ce temps, Alex, l’épouse de Squale, dans la confi­dence bien sûr, en­tre­tient le sus­pense. Elle lui dis­tille quelques (fausses) in­fos par ci par là, l’incite à prendre des gants, lui fait ache­ter des pulls… Alors qu’en se­cret, elle échange par SMS avec Ju­lien pour pré­pa­rer la « vraie » va­lise rem­plie de shorts, tongs et tee-shirts. En pa­ral­lèle, il faut s’oc­cu­per de Zeb… Tout d’abord les congés ! Pour ce­la, c ’est Rodolphe son frère qui s’en oc­cupe. Il lui de­mande de prendre une se­maine pour l’ai­der à faire de la ma­çon­ne­rie chez lui et il s’or­ga­nise avec ses col­lègues de tra­vail pour les jours man­quants. Le plus com­pli­qué reste néan­moins à faire car Zeb n’a pas de pas­se­port ! C’est donc San­drine, son épouse qui tra­vaille dans l’ad­mi­nis­tra­tion, qui s’y colle. Sous pré­texte d’un in­croyable avan­tage éphémère que lui oc­troie son tra­vail, elle fait faire les pas­se­ports de toute la fa­mille… Et lui n’y voit que du feu ! L’avant-veille du dé­part, tan­dis que tout le monde étant au tra­vail, Ju­lien en pro­fite pour ré­cu­pé­rer dis­crè­te­ment les af­faires de Zeb et la va­lise de Squale. Ouf, tout est prêt et se dé­roule jusque-là sans ac­croc !

Il faut jouer ser­ré…

Ça y est : nous sommes le di­manche 4 février, il est 16 heures… La voi­ture de l’épouse de Ju­lien étant en panne (ce qui n’est pas vrai, bien évi­dem­ment), Zeb doit ve­nir cher­cher Ju­lien, l’ame­ner à la gare et ra­me­ner la voi­ture au re­tour. En che­min, il passe ré­cu­pé­rer Squale et les voi­là tous trois par­tis. Ar­ri­vés à la gare, il faut jouer ser­ré. Au mo­ment où Squale veut ré­cu­pé­rer sa va­lise, Ju­lien in­ter­vient…

- « Laisse-la dans la voi­ture, tu n’en au­ras pas be­soin… »

- « Quoi ? Mais je n’ai rien d’autre ! Rien du tout ! »

- « Ne t ’ i nquiète pas ! Fais- moi confiance ! » Tan­dis que Squale ne com­prend rien, Zeb se marre en n’ima­gi­nant pas ce qui l’at­tend... Car ce qu’il ne sait pas, c ’est que Ju­lien a en­ga­gé un voi­tu­rier, ha­billé en ci­vil, qui at­tend à quelques mètres de là que tout le monde rentre dans la gare pour ré­cu­pé­rer la voi­ture et al­ler la ga­rer dans un par­king éloi­gné. Ju­lien laisse dis­crè­te­ment le double de la clé sur le contact de la voi­ture et les trois amis entrent boire un der­nier ca­fé avant de par­tir. Lorsque Ju­lien re­çoit le SMS du voi­tu­rier lui in­di­quant que la voi­ture est bien ga­rée, il donne les clés à Zeb et tout le monde se dit au re­voir… Pas pour long­temps car, bien sûr, Zeb cherche la voi­ture… en vain ! Au bout de cinq mi­nutes, il té­lé­phone à Ju­lien… - «

Ju, Ta voi­ture a été vo­lée ! »

- « Quoi ? Viens m’ex­pli­quer, nous avons en­core un peu de temps… » ré­pond Ju­lien. Zeb re­vient donc sur le quai très em­bê­té et un peu af­fo­lé. Ju­lien lui de­mande de se cal­mer, de s’as­seoir et de re­gar­der les deux vi­déos qu’il lui montre sur son té­lé­phone. La pre­mière est une vi­déo de son frère Rodolphe qui lui ex­plique qu’il n’a pas de tra­vaux à faire chez lui et que tout est faux ! Dans la se­conde, il peut voir son épouse lui dire qu’elle a pré­pa­ré toutes ses af­faires et que tout est ok, qu’il n’a plus qu’à pro­fi­ter… Mais pro­fi­ter de quoi ? Ima­gi­nez la scène sur le quai de la gare (qui a d’ailleurs bien fait rire la plu­part des per­sonnes qui at­ten­daient aus­si leur train). L’un pen­sait al­ler à la pêche en Ecosse et voir un match de rug­by et l’autre qui ame­nait son co­pain à la gare, se re­trouve dans le train… sans va­lise !

Trou­ver où ils vont…

Du­rant les trois heures du tra­jet jus­qu’à Rois­sy CDG, Ju­lien s’amuse en dis­til­lant des in­fos pour que Zeb et Squale es­saie de trou­ver où ils vont… « Dé­col­lage du ter­mi­nal 2E après 22h30 » leur dit-il ! Sao Po­lo, Mexi­co, Tel Aviv, Mau­rice, Shan­gai… Au­tant de des­ti­na­tion qui font rêver ! Ar­ri­vés à Rois­sy, di­rec­tion le ter­mi­nal 2E où les at­tend la der­nière sur­prise. C’est Gi­lou qui ar­rive de Tou­louse, prêt à en­re­gis­trer les ba­gages ! Fi­na­le­ment à 23h35, dé­col­lage pour l’Île Mau­rice, sans rien dire d’autre ! Ar­ri­vés à l’im­mi­gra­tion à Mau­rice, il faut don­ner la des­ti­na­tion fi­nale et l’hé­ber­ge­ment… Rodrigues.

- « Je ne connais pas ! »

- « On va faire un sé­jour de pêche au gros de 70 h avec trois nuits en mer ! » - « In­croyable !

» Zeb est comme un en­fant dé­cou­vrant ses ca­deaux au pied du sapin ! Squale sa­li­vait d’avance de ces trois jours en mer, lui qui n’avait ja­mais dor­mi sur un ba­teau de pêche, alors que Ju­lien et Gi­lou se fé­li­cit aient que tout se soit bien pas­sé jus­que­là !

Tout au­ra fonc­tion­né

Et jus­qu’au bout, tout au­ra fonc­tion­né comme dans le scé­na­rio ima­gi­né par Ju­lien puisque le sé­jour se­ra mer­veilleux avec une mer d’huile. Au f in­al, ils comp­ta­bi­li­se­ront un beau mar­lin, deux voi­liers, des thons jaunes, des thons à dents de chien, des ca­rangues, des do­rades, des cou­reurs arc-en-ciel, des poissons pou­let… Vingt es­pèces dif­fé­rentes se­ront prises. Le temps au­ra été ex­tra­or­di­naire et les ren­contres ma­giques ! Un pe­tit dé­tail qui a son im­por­tance : per­sonne ne pou­vait ima­gi­ner faire un sé­jour de pêche car Ju­lien, l’or­ga­ni­sa­teur, est connu par tous pour avoir le mal de mer ! Quand on vous di­sait que c ’était ENOOORME ! •

Thon dents de chien en pêche au vif... Une af­faire d’équipe !

Wa­hoo pris en pêche à la traîne par Squale.

Bon an­ni­ver­saire sur Black Mar­lin.

Pois­son pou­let pris en pêche à l’ap­pât.

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