IR­LANDE

Partir Pêcher - - Sommaire N°56 - Texte et pho­tos de Phi­lippe Du­chesne

Mul­ti­pêches dans le sud-ouest Un groupe de co­pains qui se re­trouve en Ir­lande pour pi­quer aus­si bien du bar, du bro­chet, de la truite ou de la mo­rue..

L’Ir­lande est ré­pu­tée pour ses bro­chets, ses truites ou ses nom­breux poissons ma­rins tels que les bars, lieus, re­quins etc. Ce­pen­dant, un voyage reste un voyage avec ses aléas sou­vent liés aux condi­tions mé­téo­ro­lo­giques. Décryptage d’un sé­jour mul­ti­pêches entre amis presque réus­si !

Lorsque mes amis Ra­mi­ro et Pa­trick me pro­posent, dé­but 2018, de par­tir pê­cher en Ir­lande fin avril dé­but mai, une pe­tite voix in­té­rieure me rap­pelle à l’ordre. Sur le pa­pier, ce jo­li pro­jet de pêche est ef­fec­ti­ve­ment sym­pa mais un risque ma­jeur me vient à l’es­prit : la mé­téo. Je suis al­lé trois fois en Ir­lande, no­tam­ment à l’au­tomne et j’en garde un sou­ve­nir plus que mi­ti­gé sur ce point. Quelques jours avant de par­tir, je consulte les sites spé­cia­li­sés en mé­téo­ro­lo­gie et mes craintes se confirment. Ils an­noncent, pluie, vent, dans une am­biance plu­tôt fraîche pour ne pas dire froide. J’au­rais pré­fé­ré par­tir fin mai dé­but juin, mais mes com­pa­gnons de route n’ étaient pas dis­po­nibles. « Va­mo­nos » comme di­rait mon pote ar­gen­tin ! Ce 27 avril nous ar­ri­vons tar­di­ve­ment au lodge du « Pike fi­shing in Ire­land » si­tué près du lac Al­lua au sud-ouest de l’Ir­lande. Ce jo­li lac de 10 km de long, avec de nom­breuses anses ou baies, se­ra notre ter­rain de jeu pour trois jours. Les nom­breux gros bro­chets se­ront notre cible prin­ci­pale. Les trois autres jours se­ront consa­crés à la pêche du bar, du bord, puis en ba­teau, où les lieus jaunes sont ac­tifs par 20 à40m de fond au large des côtes. Mes amis, Ra­mi­ro, pê­cheur à la mouche exclusif, et Pa­trick, al­ter- ne­ront entre lan­cer et mouche. Au vu des condi­tions an­non­cées, j’opte pour une pêche ex­clu­sive au lan­cer. Notre pre­mière jour­née s’an­nonce sous les meilleurs aus­pices. Lorsque nous ar­ri­vons au bord de l’eau vers 10h du ma­tin, il fait beau et presque chaud avec 15 de­grés. Les deux barques louées par notre hôte sont ra­pi­de­ment équi­pées et nous dé­cou­vrons le Al­lua via un pe­tit ruis­seau. Ce lac de 10 km de long, as­sez étroit (maxi­mum 500 m de large), al­terne entre su­perbes baies, pas­sages plus larges, pe­tits îlots, le tout en­ca­dré par de belles col­lines t ypi­que­ment i rlan­daises. C’est su­perbe et très dé­pay­sant ! Je fais équipe avec Pa­trick, et Ra­mi se­ra avec notre hôte/guide, Greg. Nous com­men­çons par pros­pec­ter les bor­dures et, dès la deuxième anse, je dé­croche un gros bro­chet (plus de 90 cm) au ba­teau. Dans le même temps, sur l’autre ba­teau, mon pote Ra­mi loupe deux ou trois bro­chets à la mouche. Peut-être un pré­sage ! Très ra­pi­de­ment, le ciel s’as­som­brit,

les gouttes de pluie ar­rivent, le vent s’in­ten­si­fie avec une ra­pide sen­sa­tion de froid. À la sor­tie de cette deuxième baie, notre hôte fai­sant of­fice de guide, nous aban­donne pour pros­pec­ter d’autres en­droits du lac, alors que nous de­vions nous suivre toute la jour­née pour dé­cou­vrir cette i mmense éten­due d’eau. Sym­pa comme ac­cueil et pas très pro ! Cette jour­née par­fai­te­ment dé­bu­tée se trans­forme en cau­che­mar. Après 3h sous la pluie, par­fois la grêle, je suis au bord de l’hy­po­ther­mie. Nous dé­ci­dons de re­tour­ner à la voi­ture pour se ré­chauf­fer mais im­pos­sible de re­trou­ver l ’ étroit pas­sage du dé­part. Nous tour­nons au mi­lieu du lac, en vain, tom­bons deux fois en panne d’es­sence avant de re­voir ce sa­ta­né pro­prié­taire des lieux qui pê­chait tran­quille­ment dans un autre sec­teur avec notre pote Ra­mi. Il est 17h et de­vant ces condi­tions dan­tesques, nous dé­ci­dons d’ar­rê­ter la pêche pour notre confort men­tal et phy­sique (sur­tout en ce qui me concerne). Ra­mi a lou­pé plu­sieurs poissons à la mouche et Greg a vu son flot­teur (il pê­chait aux poissons morts) at­ta­qué à deux re­prises par un énorme bro­chet. Ce der­nier a même em­por­té le flot­teur sous l’eau sur l’une d’elle, voi­là pour l’es­sen­tiel de cette jour­née « hor­ri­bi­lis ». Lors de notre dî­ner, nous évo­quons l ’ at­ti­tude peu pro­fes­sion­nelle de notre guide/hôte dans des termes peu élo­gieux et dé­ci­dons, d’un com­mun ac­cord, de ne pas le re­prendre pour les deux autres jours de pêche sur ce lac (à 40 eu­ros le « soi-di­sant » gui­dage, non mer­ci !).

Une 1ère sor­tie en mer à plus de 150 poissons

Notre se­conde jour­née est consa­crée à la pêche des lieus, ma­que­reaux, mo­rues et autres poissons ma­rins, par 20 à 40 m de fond au large des côtes, proche de la ville de Union­hall, au sud-ouest de l’Ir­lande. Notre guide, Jim No­wo­tyns­ki est un

vieux loup de mer ex­pé­ri­men­té qui connaît par­fai­te­ment ses zones de pêche. Sor­tis du port, nous pre­nons la di­rec­tion du large vers deux pe­tites îles. Nous pros­pec­tons mé­tho­di­que­ment chaque hots­pot, soit à la mi­traillette, soit aux leurres souples. Dès les pre­mières dé­rives, par 20 m de fond, nos leurres souples sont at­ta­qués mais sans trop de prises. Ra­mi­ro, mou­cheur, es­saie avec une soie très plon­geante mais ses strea­mers ne des­cendent pas suf­fi­sam­ment pro­fon­dé­ment lors des dé­rives. Quant à Pa­trick, il cap­ture de jo­lis lieus au LS (jus­qu’à 2,5 kg en­vi­ron) et son large sou­rire fait plai­sir à voir. Il fait beau, la mer est calme, les poissons au ren­dez-vous, que du bon­heur ! Après avoir cap­tu­ré quelques pe­tits lieus au LS, je de­mande à Jim une mi­traillette en­tre­vue dans sa ca­bine car le cou­rant et la pro­fon­deur plus im­por­tante (en­vi­ron 40 m) nous em­pêchent de pros­pec­ter cor­rec­te­ment au LS. Un poids de 100 g, une mi­traillette avec 6 ou 7 ha­me­çons équi­pés de plumes et c’est par­ti pour 3h de grand n’im­porte quoi ! Dans la plu­part des cas, le plomb n’a pas le temps de tou­cher le fond et les poissons s’auto-ferrent lors de la des­cente. Qua­si­ment à chaque pas­sage, trois, quatre ou cinq poissons se re­trouvent pi­qués sur la mi­traillette qui n’a ja­mais aus­si

bien por­té son nom. Sur les di­zaines de dé­rives, 90 à 100 lieus se font ain­si pié­ger par cette re­dou­table tech­nique. Lors d’un pas­sage sur l’une des zones les plus pro­fondes, par 40 m, une lour­deur anor­male me pa­raît sus­pecte ! En ar­ri­vant à la sur­face, je com­prends mieux cette sen­sa­tion de lour­deur : il y a cinq lieus dont quatre gros au-de­là des 2,5 kg, in­croyable ! Même mon ami Ra­mi, al­ler­gique à la pêche au lan­cer, ne ré­siste pas à la ten­ta­tion et cap­ture son lot de lieus à la mi­traillette. Pour va­rier les plai­sirs, nous al­ter­nons entre des dé­rives aux leurres souples et d’autres avec cette mi­traillette ul­tra ef­fi­cace. Par­mi les nom­breux lieus, plu­sieurs mo­rues dont une de 3 kg se font pié­ger par le train de plumes. Mais l’évè­ne­ment mar­quant de cette ma­ti­née, est sans au­cun doute cet énorme pois­son pi­qué par Pa­trick au leurre souple. Une sorte de trac­teur ou tank (au choix) qui a mal­trai­té la canne de mon ami du­rant cinq bonnes mi­nutes avant de cas­ser la ligne. C’était gros, très gros. Une raie géante, un grand re­quin ? Hé­las, nous ne le sau­rons ja­mais ! Après une pause dé­jeu­ner, nous pros­pec­tons des sec­teurs plus proches de la côte en quête de ma­que­reaux que notre guide sou­haite uti­li­ser comme ap­pâts. Nous les trou­vons der­rière une île, une quin­zaine de cap­tures à la mi­traillette, mais un peu tar­di­ve­ment aux goûts de notre guide pour re­par­tir au large. Après 8h de pêche non-stop, nous re­ve­nons au port avec le sen­ti­ment du de­voir ac­com­pli et sur­tout d’avoir pas­sé une ex­cel­lente jour­née avec en prime une belle et heu­reuse sur­prise : un phoque qui s’ap­proche de notre ba­teau à quai et qué­mande sa pi­tance. J i m ne ré­siste pas très long­temps et lui offre quelques mor­ceaux de pois­son. Une jo­lie ren­contre !

Un cadre ma­jes­tueux pour le bar, mais…

Au len­de­main de cette sor­tie fruc­tueuse, nous pre­nons la route de Killor­glin, une pe­tite ville si­tuée non loin de la baie de Cast­le­maine. Nous avons ren­dez-vous avec Tho­masz, un

jeune homme, guide à ses heures per­dues, pour tra­quer les bars de­puis la côte. Les condi­tions, iden­tiques à la veille, sont ex­cel­lentes : soleil et vent qua­si­ment nul. Nous dé­cou­vrons la baie de Cast­le­maine, su­perbe en­droit pro­pice à la pêche du bar. Notre guide calme vite nos ar­deurs en nous pré­ci­sant que le froid des der­niers jours ne fa­vo­rise pas les regroupements de pe­tits poissons dans la baie et que, par consé­quent, l’ac­ti­vi­té des bars est res­treinte. Après 200 à 300 m par­cou­rus à pieds sur le sable puis sur des ro­chers glis­sants, nous pros­pec­tons une pre­mière tête de roche du­rant deux heures sans grand suc­cès. Tho­masz nous pro­pose de dé­cou­vrir un deuxième poste non loin de là, tou­jours aus­si su­perbe. La ma­rée est mon­tante et nous al­lons de­voir être vi­gi­lants quant à la pos­si­bi­li­té de se faire pié­ger par les eaux. Po­sés sur nos ro­chers, il suf­fit de 15 à 20 mi­nutes pour se re­trou­ver en­tou­rés par l’eau. Dès les pre­miers lan­cers, j’aper­çois deux jo­lis bars dans une vague à moins de 30 m du bord. L’es­poir re­naît ! À la mouche, Ra­mi pique son pre­mier bar ir­lan­dais, pas un monstre, à peine 50 cm, mais son large sou­rire en dit long sur sa sa­tis­fac­tion ! Tho­masz m’a gen­ti­ment prê­té une imi­ta­tion de lan­çon qu’il fa­brique lui-même et je l’ai ins­tal­lée avec un pe­tit LS en po­tence. C’est sur cette po­tence qu’un pe­tit bar de 45 cm vient se pi­quer. À ce mo­ment pré­cis, l’es­poir de mul­ti­plier les cap­tures est in­dé­nia­ble­ment à son pa­roxysme. Mais voi­là, comme sou­vent, la triste réa­li­té nous rap­pelle à l’ordre, les mi­nutes passent, puis les heures et les bars sont in­trou­vables. Plus une touche ni de sui­vi, le néant to­tal ! Nous pros­pec­tons de ma­gni­fiques en­droits sans ré­sul­tat, au grand dam de Tho­masz. Deux pe­tits bars sur la jour­née, aux vues des ef­forts dé­ployés, ce n’est pas cher payé me di­rez-vous ? Ce­la dit, la beau­té de l’en­droit, les ex­cel­lentes condi­tions mé­téo­ro­lo­giques ain­si que la bonne hu­meur de mes amis lors de cette belle jour­née res­te­ra un ex­cellent sou­ve­nir quoi­qu’il ar­rive.

Huit bro­chets en 1h de pêche, en­fin !

Notre qua­trième jour­née de pêche pré­vue sur lac Al­lua est tout bon­ne­ment im­pos­sible. Un vent de 70km/h à dé­cor­ner les High­land (ces jo­lies vaches écos­saises), une pluie bat­tante toute la jour­née, bye bye les grands bro­chets ir­lan­dais. Nous pro­fi­tons de cette jour­née pour vi­si­ter la jo­lie ville de Cobh. C’est de cette ville pit­to­resque, ty­pi­que­ment ir­lan­daise, que le Ti­ta­nic est par­ti la dernière fois avant de dis­pa­raître à ja­mais au fond de l’océan. Nous dé­jeu­nons dans l’un des nom­breux éta­blis­se­ments es­tam­pillés « Ti­ta­nic », le « Ti­ta­nic Bar and Grill », un mo­ment de dé­tente que nous avons tous

ap­pré­cié ! Au len­de­main de cet épi­sode plu­vieux et froid, nous dé­cou­vrons les plaines ge­lées à notre ré­veil ! À ce stade, notre mo­ral est fran­che­ment en­ta­mé ! Nous connais­sons tous les consé­quences d’une baisse bru­tale de tem­pé­ra­ture sur l’ac­ti­vi­té des car­nas­siers et cette dernière jour­née « bro­chets » ne s’an­nonce pas sous les meilleurs aus­pices. La ma­ti­née confirme nos doutes. Sur un lac que nous ne connais­sons pas, sans guide, nous ga­lé­rons pour trou­ver des bro­chets ac­tifs. Seul Ra­mi­ro, grâce à sa té­na­ci­té, trouve quelques bro­chets ve­nus se ré­chauf­fer dans peu d’eau sur les bor­dures. Il rate plu­sieurs poissons au fer­rage mais lui, au moins, a des touches. Sa té­na­ci­té est même ré­com­pen­sée avec un bro­chet de 75 cm qui a en­glou­ti sa « Mal­bran Fly ». Sur notre ba­teau, avec Pa­trick, le vent et les averses épi­so­diques nous em­pêchent de pros­pec­ter cor­rec­te­ment. Les heures passent et je trouve le moyen de lou­per un puis deux bro­chets au fer­rage. Quand ça ne veut pas ! Vers 18h et de­vant la très faible ac­ti­vi­té, je dé­cide de re­ve­nir dans une sorte de che­nal au mi­lieu du lac. Il y a peu d’eau, beau­coup de joncs et Pa­trick avait fait bou­ger un bro­chet le pre­mier jour à cet en­droit. Je res­sors le S Trout blanc et rouge qui avait dé­clen­ché l’at­taque du gros bro­chet dé­cro­ché et pros­pecte mé­tho­di­que­ment au mi­lieu des tiges. Bonne ini­tia­tive car en 1h, je cap­ture et re­lâche cinq bro­chets de 60 à 75 cm. Dans le même temps, je rate trois ou quatre autres bro­chets au fer­rage, dont un ve­nu de nulle part at­ta­quer mon leurre au mo­ment de le re­ti­rer de l’eau. De son cô­té, Ra­mi s’éclate en­fin à la mouche, non loin de là, dans la même anse avec trois bro­chets de taille moyenne cap­tu­rés sur ses strea­mers « made in Ra­mi ». Pa­trick n’a pas cette chance et ter­mi­ne­ra cette jour­née sans la moindre cap­ture. À l’évi­dence, nous avons lou­pé quelque chose, car ces huit bro­chets cap­tu­rés en 1h30 ont dé­mon­tré une réelle ac­ti­vi­té chez ces car­nas­siers. À notre dé­charge, il est dif­fi­cile, voire im­pos­sible, de pê­cher ef­fi­ca­ce­ment ce type de grand lac pour la pre­mière fois sans l’aide d’un « vrai » guide. Nous quit­tons ce su­perbe lac, frus­trés de ne pas avoir pu dé­cou­vrir plei­ne­ment son po­ten­tiel. Ré­pu­té pour ces nom­breux bro­chets « mé­trés », le lac Al­lua au­rait mé­ri­té deux ou trois journées de plus avec des condi­tions mé­téo pro­pices. Avec notre sé­jour mixte mer/eau douce, nous avons fait un choix, ce­lui de la di­ver­si­té et nous de­vons l’as­su­mer !

Au même en­droit, 11 ans plus tard ?

Notre dernière jour­née est à nou­veau orien­tée « mer » et c’est dans la baie de Cobh que nous avons ren­dez-vous. 3h de route sont né­ces­saires pour re­joindre notre guide au Bel­la­vis­ta Ho­tel. Ke­vin Mur­phy, le pro­prié­taire des lieux, pro­pose à ses clients des journées pêche en mer avec des

for­mules com­pre­nant ba­teau et guide. En ar­ri­vant sur place, les lieux me sont fa­mi­liers et la tête de Ke­vin Mur­phy me rap­pelle va­gue­ment quelque chose. Ce n’est qu’une fois sur le ba­teau, en com­pa­gnie du guide Ian O SHEA, que j’ai le dé­clic en voyant l’en­vi­ron­ne­ment au­tour de l’hô­tel. «Mais oui, bien sûr, c’ était là» me dis-je ! En 2007, j’étais ve­nu faire un reportage pour Pê­cheenMer sur la pêche du bar dans la baie de Cobh et j’avais même sé­jour­né dans l’hô­tel de Ke­vin Mur­phy. In­croyable ha­sard ! À l’époque, j’avais cap­tu­ré mes pre­miers bars ir­lan­dais dont un su­perbe spé­ci­men de 4 kg qui avait fait la « couv’ » du ma­ga­zine. Re­trou­ver par ha­sard Ke­vin, son hô­tel et ces lieux de pêche qui ont mar­qué à ja­mais les pre­miers pas de pê­cheurs en mer est pour le moins éton­nant ! Ce­la fait par­tie de ces heu­reuses sur­prises de la vie ! Ce­la dit, la réa­li­té re­prend vite le des­sus et les pre­miers mots de notre guide Ian ne sont pas très en­cou­ra­geants.

On fi­nit sur les rous­settes

Du fait des mau­vaises condi­tions et du froid am­biant, les bars sont peu pré­sents pour ne pas dire ab­sents de la zone de pêche. De plus, un vent fort nous in­ter­dit de nous aven­tu­rer trop au large. Ef­fec­ti­ve­ment, dès que nous sor­tons de la baie de Cobh, une forte houle, avec des creux de 1,5 m, nous an­nonce la cou­leur. Nous pre­nons tous nos pe­tites pi­lules an­ti-vo­mis­se­ment avec, mal­gré tout, l’es­poir de croi­ser la route d’un ou deux jo­lis bars. Es­poirs vains mal­gré les ten­ta- tives de Ian, très bon guide au de­meu­rant ! Ra­mi­ro ar­rive quand même à cap­tu­rer un jo­li lieu à la mouche en dé­rive tout comme Pa­trick au lan­cer. Dé­ci­dem­ment, la mé­téo nous au­ra joué des tours jus­qu’au der­nier jour ! Afin de ne pas quit­ter la baie de Cobh avec une mau­vaise im­pres­sion, notre sym­pa­thique guide dé­cide de re­ve­nir au port pour ré­cu­pé­rer quelques ma­que­reaux et ter­mi­ner sur une note po­si­tive. Au mi­lieu de la baie, à l’abri du vent, nous pê­chons à l’ap­pât avec des fi­lets de ma­que­reaux et cap­tu­rons une di­zaine de rous­settes et quelques pe­tits poissons de la famille des lieus. Ce pe­tit mo­ment de ré­con­fort ha­lieu­tique ne masque pas notre dé­cep­tion car la baie de Cobh est vé­ri­ta­ble­ment très ré­pu­tée pour la pêche du bar. Ce se­ra pour une prochaine fois mais plus tard dans la sai­son, c’est cer­tain ! Lors de notre dé­part, nous re­trou­vons à l’aé­ro­port de Du­blin une bande de potes or­léa­nais par­tis pê­cher le bro­chet dans le Con­ne­ma­ra. Grâce à leurs très bons guides, ils ont cap­tu­ré une di­zaine de bro­chets « mé­trés » et sont mal­gré tout dé­çus de la tren­taine de bro­chets pris à cinq pê­cheurs sur la se­maine. Pour être hon­nête, avec Ra­mi et Pa­trick, nous au­rions « si­gné » pour un tel bi­lan. Ces gros bro­chets font rê­ver de nom­breux pê­cheurs fran­çais et nous au­rions ado­ré croi­ser leur che­min lors de notre sé­jour. Les voyages de pêche sont ain­si faits, avec leurs lots de bonnes et mau­vaises sur­prises et il faut sa­voir l’ac­cep­ter ! Ce­la dit, je gar­de­rai un ex­cellent sou­ve­nir de ce sé­jour avec Pa­trick, Ra­mi et sa char­mante pe­tite famille (qui nous ac­com­pa­gnait pour l’oc­ca­sion). Leur po­si­tive at­ti­tude et leur bonne hu­meur ont réel­le­ment bo­ni­fié ce sé­jour ir­lan­dais, mer­ci à eux ! •

Ra­mi­ro et Pa­trick, deux amis mou­cheurs qui m’ont convié à ce sé­jour mul­ti­pêches.

Les jours de mer calme étaient rares sur notre sé­jour.

Jo­lie sur­prise lors du re­tour de pêche : un phoque nous fait les yeux doux pour re­ce­voir son pois­son.

Lorsque plu­sieurs lieus sont pi­qués sur un mon­tage mi­traillette, les re­mon­tées peuvent être phy­siques.

Pas évident de ta­per du bar lorsque les jours pré­cé­dents ont été par­ti­cu­liè­re­ment froids... Mais nous avons tous réus­si à ti­rer notre épingle du jeu.

De belles mo­rues ont été prises sur un mon­tage mi­traillette.

Les lieus se sont pris par di­zaines.

L’Ir­lande pro­pose des zones de pêche à cou­per le souffle.

Ba­gar­reurs mais de tailles mo­destes ces bro­chets du lac Al­lua. Deux jours sup­plé­men­taires de pros­pec­tion au­raient été les bien­ve­nus pour pou­voir ti­rer plei­ne­ment pro­fit du po­ten­tiel du lieu.

Même dans les eaux étran­gères, on n’ou­blie pas que la re­lâche reste le meilleur moyen de mi­ni­mi­ser l’im­pact sur les stocks.

Les condi­tions mé­téo trop mau­vaises du der­nier jour nous ont confi­nés à une zone de re­pli riche en rous­settes.

Les pay­sages ir­lan­dais ne dé­çoivent ja­mais...

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