MA­DA­GAS­CAR.

Partir Pêcher - - Sommaire N°56 - Texte de Be­noît Mau­ry La­ri­bière et pho­tos de Jean-Pierre Ci­beer

Croi­sière pêche au nord-ouest Le ca­ta­ma­ran Illu­sion per­met de fran­chir la dernière fron­tière, celle de la dis­tance, pour pê­cher se­rei­ne­ment les grands bancs au large de No­sy Bé comme le Cas­tor, le Vol­ti­geur ou le Le­ven…

Flexible à la côte, le ca­ta­ma­ran Illu­sion per­met de fran­chir la dernière fron­tière, celle de la dis­tance, pour pê­cher se­rei­ne­ment les grands bancs au large de No­sy Bé comme le Cas­tor, le Vol­ti­geur ou le Le­ven. À par­tir de là on rentre dans le champ de tous les pos­sibles. Ré­cit d’une pêche iti­né­rante riche en sur­prises.

La bière est fraîche sur la ter­rasse du res­tau­rant Ba­tu­mok à No­sy Bé où nous sommes ins­tal­lés avec le capitaine et les skip­pers pour ana­ly­ser la mé­téo des j ours à ve­nir grâce l a connexion Wi­fi. De­puis t rois j ours l es pré­vi­sions sont constantes et semblent bonnes, y com­pris sur l a baie du Cour­rier, au nord- ouest de Ma­da­gas­car, un site ré­pu­té pour sa beau­té et l a qua­li­té de l a pêche mais aus­si pour l es condi­tions de mer sou­vent dif­fi­ciles. Dix noeuds de vent et 70 cen­ti­mètres de creux sur le tom­bant à quelques nau­tiques au l arge, ce­la semble t out à f ait cor­rect pour t en-

ter l’ aven­ture. Il y a bien un pe­tit peu de mer an­non­cé entre l’ ar­chi­pel des Mitsio et le Cap Saint- Sé­bas­tien mais rien de vrai­ment sé­rieux. La dé­ci­sion est donc prise : cap au nord !

Sor­tir des sen­tiers bat­tus

J ’ ac­com­pagne i ci un groupe de quatre amis au­ver­gnats, Fran­cis, Jean-Pierre, Vincent et Fa­brice qui vou­laient dé­cou­vrir l a pêche à Ma­da­gas­car pour sor­tir des sen­tiers bat­tus et vivre plei­ne­ment l’ex­pé­rience. Ils ont dé­ci­dé d’em­bar­quer cette se­maine à bord d’Illu­sion qui leur pro­po­sait un sé­jour de pêche iti­né­rant à la carte au nord ou au sud de No­sy Bé. L’avion a at­ter­ri ce ma­tin, nos ba­gages sont dé­jà ran­gés à bord et nous dis­cu­tons de l’iti­né- raire avant le dé­part pré­vu le len­de­main ma­tin. Les points forts sont : la Baie du Cour­rier et le banc du Cas­tor à 50 milles au large de No­sy Bé, ce sont des zones dé­li­cates et les condi­tions de mer doivent être prises en compte pour la sé­cu­ri­té bien sûr, mais aus­si pour le confort de pêche. Les vents do­mi­nants soufflent est­nord-est à cette sai­son, il est donc dé­ci­dé de mon­ter di­rec­te­ment sur la baie du Cour­rier pour pro­fi­ter au re­tour d’un vent por­tant pour ral­lier le Cas­tor. Les mouillages sont pré­vus aux Mis­tio, au Cap Saint-Sé­bas­tien et en­fin à No­sy Ha­ra. Après une pre­mière nuit à bord tout le monde est fin prêt pour em­bar­quer à 7 heures pré­cises sur les ba­teaux de pêche du Ra­da­ma Fi­shing Camp skip­pés par Rab­by et Pé­pé, ren­dez-vous est don­né aux Mitsio à Ni­co, le capitaine d’Illu­sion. Notre ar­ma­da prend la mer avec Illu­sion en na­vire ami­ral et deux coques ou­vertes mo­to­ri-

sées 150 ch, 4 temps pour la pêche et un se­mi-ri­gide en troi­sième ba­teau mo­to­ri­sé par un 4 temps 100 ch en sé­cu­ri­té pour as­su­rer les dé­bar­que­ments sur les îles ou tout autre mis­sion pé­ri­phé­rique. La pres­sion de pêche étant as­sez forte entre No­sy Bé et les Mitsio et les pre­miers « voi­liers » de la sai­son étant si­gna­lés, nos skip­pers sug­gèrent d’ap­puyer un peu au large vers le banc du Ser­pent pour traî­ner le long du tom­bant à la re­cherche des pé­la­giques et ten­ter en­suite un peu de jig. La mer est par­faite, il fait grand beau et nous traî­nons à sept noeuds quatre leurres à jupes en V et un trem­bler juste dans l’axe. Nous tra­ver­sons plu­sieurs chasses de bo­nites en es­pé­rant à chaque fois sé­duire un es­pa­don qui se­rait en at­tente des­sous, mais sans suc­cès. Ces der­niers semblent au­jourd’hui pré­fé­rer l’ori­gi­nal à l’imi­ta­tion. Seul un bar­ra­cu­da se lais­se­ra trom­per par une mouche rose et un gros tha­zard, ou wa­hoo, vien­dra lit­té­ra­le­ment cou­per en deux un leurre à jupe, ha­me­çons com­pris, fai­sant preuve d’une bru­ta­li­té qui ne man­que­ra pas d’im­pres­sion­ner nos amis au­ver­gnats. Quelques mé­rous crois- sant jaune et un beau mé­rou co­rail fe­ront l’ex­pé­rience de nos jigs et de notre cô­té, nous fe­rons l’ex­pé­rience de nos pre­miers as­sist hooks cou­pés, vrai­sem­bla­ble­ment par des re­quins, bien que nous les ayons mon­tés sur as­sist lines de 260 lbs en pré­vi­sion ! Le soir, un beau bar­ra­cu­da est fait à l’en­trée des Mitsio, où nous de­vions re­trou­ver Illu­sion, et res­te­ra le seul pois­son pris au pop­per pour notre ba­teau.

Une grande di­ver­si­té d’es­pèces

Après le stop de ri­gueur pour pros­pec­ter les têtes de roches au­tour de No­sy La­va qui ver­ra Vincent dé­cro­cher son pre­mier pois­son au pop­per – vrai­sem­bla­ble­ment une ca­rangue – nous en­chaî­nons la tra­ver­sée vers le Cap Saint-Sé­bas­tien. Les cou­rants entre la grande terre et No­sy Ma­na­no­no à l’ap­proche du cap, monte un peu la mer et nous obligent à ré­duire la vi­tesse. Par 40 mètres de fond, nous en pro­fi­tons pour traî­ner avec nos cannes à jig, une pêche qui s’avère un bon com­pro­mis entre

ef­fi­ca­ci­té et confort. Cette fois, trois leurres à jupe et une bo­nite prise un peu plus tôt est mon­tée en ca­ta­li­na ! Ce­la nous vau­dra as­sez ra­pi­de­ment un tri­plé de jo­lis rain­bow run­ners sur les trois leurres qui ne se­ront que les pre­miers d’une sé­rie de qua­torze dans la jour­née ! Je n’ai pas sou­ve­nir d’en avoir dé­jà vu prendre au­tant. Ce jour-là, il y en avait par­tout et chaque fois qu’une ligne traî­nait entre deux spots, on en a tou­chés : amu­sant ! Juste avant d’ar­ri­ver au cap un gros tha­zard vien­dra lit­té­ra­le­ment ex­plo­ser l a bo­nite der­rière l e ba­teau, sans se pi­quer sur le mon­tage en ca­ta­li­na. J’ouvre im­mé­dia­te­ment le pick-up dans l’es­poir qu’il re­vienne, sans suc­cès. On re­mon­te­ra la tête de la bo­nite cou­pée aus­si nette qu’un coup de ra­soir, ca­rac­té­ris­tique. L’après-mi­di, la mer se calme to­ta­le­ment, et nous avons des condi­tions très confor­tables pour pros­pec­ter au pop­per les cou­rants, roches, îlots tout au­tour du cap. Un en­droit ma­gique, on peut pas­ser une jour­née dans un rayon de 2 milles. Quelques bar­ras tou­jours prêts à sau­ter sur tout ce qui bouge, deux ou trois job­fish (pois­son pou­let en fran­çais) et une paire de ca­rangues bleues fe­ront l’ex­pé­rience de nos leurres, mais les GT (pour Giant Tre­val­ly en an­glais) se montrent ca­pri­cieuses. L’an­née pas­sée nous en avions tou­chées plu­sieurs sur cer­tains postes. Moins de suc­cès cette fois-ci, la pêche est aus­si faite de frus­tra­tions. Dans ces condi­tions, il au­rait été ju­di­cieux d’avoir pré­vu une canne de 40 lbs pour pê­cher plus fin et tou- cher des poissons plus mo­destes mais aus­si plus amu­sants et plus nom­breux sur des leurres plus pe­tits. Des pe­tits pop­pers de 70-90 g style feed pop­per, des stick­baits style rough trail ou des shi­bu­ki com­plètent uti­le­ment le sac du pê­cheur tro­pi­cal. On pour­ra les ar­mer d’un seul triple, voire de deux simples pour ne pas bles­ser les poissons et as­su­rer la re­mise à l’eau. Ce ma­té­riel per­met d’op­ti­mi­ser et de mi­ni­mi­ser les mo­ments « creux » et de di­ver­si­fier les es­pèces quand les plus grands poissons se font ti­mides.

La ré­ac­ti­vi­té en ré­ponse à l’im­pré­vu

Après deux jours de dé­cou­verte et de confron­ta­tion avec des nou­velles es­pèces de poissons, nous voi­là dans la fa­meuse baie du Cour­rier. Tout le monde est ex­ci­té tel­le­ment on en a par­lé dans l e groupe... Mais ce ma­tin, le vent est fort, sans doute plus f ort que pré­vu. Les oi­seaux ont en­va­hi la baie et les chasses se dé­clenchent par­tout, des bo­nites, des chin­chards, des bo­nites, on

prend vite quelques ap­pâts et on dé­cide de faire des dé­rives au pop­per sous l’abri de no­sy Fo­ty et no­sy Va­ha dans l’es­poir que le ther­mique tombe en fin de ma­ti­née comme il de­vrait le faire. Les poissons sont là mais semblent tou­jours ti­mides, on touche deux pe­tites GT et quelques poissons pou­lets mais on a tous su­bi plu­sieurs re­fus et dé­cro­chés de poissons qui, ma­ni­fes­te­ment, n’avaient pas at­ta­qué fran­che­ment. Vers 11h30 le vent ne fai­blit pas, au contraire, il for­cit. On pousse jus­qu’au tom­bant mais les creux sont vrai­ment trop im­por­tants et com­pro­mettent notre sé­cu­ri­té. D’ailleurs ces condi­tions ne per­mettent pas de pê­cher ef­fi­ca­ce­ment. Le vent, les creux, le bal­lo­tage em­pêchent au ba­teau d’ef­fec­tuer de bonnes dé­rives, et au pê­cheur de jig­ger cor­rec­te­ment. On dé­cide donc de ren­trer dé­jeu­ner sur Illu­sion et de faire un point avec le capitaine. Ni­co a ap­pe­lé, les pré­vi­sions mé­téo an­noncent tou­jours 10 noeuds de vent pour les jours à ve­nir et même pour au­jourd’hui. Il semble évident que sur ces sites iso­lés la mé­téo reste moins pré­cise que près des ports. Le vent souffle clai­re­ment à 30 noeuds et, fort de son ex­pé­rience, Ni­co nous ex­plique qu’un Va­ra­tras (un vent ali­zé, NDLR.) s’ajoute ma­ni­fes­te­ment au ther­mique : phé­no­mène plu­tôt pré­coce pour cette sai­son. On le tien­dra pour la jour­née et consi­dé­rant ses dires, l’épi­sode risque de du­rer trois ou quatre jours… On en parle en dé­jeu­nant et l’avis una­nime est de re­des­cendre vers les Mitsio dès cet après-mi­di. On se­ra bien plus ef­fi­cace en pê­chant un sec­teur plus clas­sique qu’en af­fron­tant vent et ma­rées – c’est le cas de le dire – dans des condi­tions dé­fa­vo­rables. L’ancre est le­vée vers 14 heures. C’est un long trans­fert et les ma­rins partent de­vant avec les coques ou­vertes. Nous pro­fit ons de l ’ après- mi­di pour mouiller cinq traînes der­rière Illu­sion en route. On pren­dra vite plu­sieurs bo­nites et rain­bow sur les pe­tits leurres à jupe ain­si qu’une paire de bar­ra­cu­das et sur­tout un très beau tha­zard sur un trem­bler bleu traî­né dans l’axe au plus près du ba­teau, vrai­ment dans la pre­mière vague. On l’avait presque mis comme tea- ser, vrai­ment très court pour ne pas s’em­mê­ler avec les autres. Comme quoi, tout fil à l’eau...

Une grosse uni­té reste un gage de sé­cu­ri­té

Aux Mitsio, deux op­tions. Soit on re­cule dans le sud jus­qu’à l’ar­chi­pel des Ra­da­ma pour s’as­su­rer d’un temps calme, soit on main­tient le pro-

gramme et on monte au Cas­tor. Le vent s’est cal­mé mais n’a pas dis­pa­ru. Le capitaine nous confirme que la mé­téo n’est pas mau­vaise, que le Va­ra­tras qui souf­flait en baie du Cour­rier de­vrait être très af­fai­bli au Cas­tor, qu’il est prêt à y al­ler, mais au fi­nal, c’est à nous de dé­ci­der. Un peu échau­dé, mais pas dé­cou­ra­gé, le groupe dé­cide de ten­ter le coup sa­chant qu’Illu­sion reste un re­fuge si les condi­tions de­vaient chan­ger à nou­veau.

Que d’émo­tions sur le banc du Cas­tor

Au ma­tin, ren­dez-vous est pris entre les coques ou­vertes et Illu­sion sur un point GPS qui se­ra notre mouillage du soir. Evi­dem­ment les ba­teaux de pêche, plus ra­pides, partent de­vant pour pê­cher et Illu­sion nous rat­tra­pe­ra dans l’après-mi­di. Nous res­tons en contact ra­dio dou­blé d’un té­lé­phone sa­tel­lite par sé­cu­ri­té. Nous ar­ri­ve­rons au Cas­tor vers 11 heures. Une pe­tite traîne sur le tom­bant s’im­pose avant de mon­ter sur le pla­teau. Tout de suite nos amis touchent et sortent un voi­lier au leurre. Le pois­son est aper­çu en sur­face par Rab­by qui fait d’em­blée de­mi-tour et en­joint les pê­cheurs de mettre à l’eau tout leurre à jupe à por­tée de main. L’es­pa­don sai­si­ra au pre­mier pas­sage un leurre à jupe jaune et vert très clas­sique. Mo­ti­vés, nous in­sis­tons pen­dant la pause dé­jeu­ner. En moins d’une heure, les tha­zards vont nous cou­per deux fois mal­gré des bas de ligne en 220 lbs, dé­cro­cher une belle co­ry­phène et prendre un beau bar­ra. Il n’y a plus beau­coup de temps morts pour les sand­wiches ! La ma­rée des­cend et le tem­po n’est pas idéal. Il faut tout de même es­sayer le jig, on est ve­nu au Cas­tor un peu pour ça. Rab­by file sur un point en­re­gis­tré dans son GPS : 50 mètres de fond seule­ment et le ré­sul­tat est as­sez ra­pide. Pra­ti­que­ment une touche à chaque des­cente. Pas de poissons mons­trueux, beau­coup de ca­pi­taines (snap­per) de dif­fé­rentes sortes, des mé­rous crois­sant jaunes ou co­rail, des ca­rangues et quelques cou­pures sur des re­quins… ou des thons à dents de chien ? Avec la re­mon­tée de la ma­rée, la sur­face est cou­verte – il n’y a pas d’autres mots – par les

bo­nites qui chassent de par­tout. Eton­ne­ment, il y a peu d’oi­seaux... on se si­tue sans doute trop loin de la terre, et le bruit de ces mil­liers de poissons qui gobent des ale­vins en sur­face est juste im­pres­sion­nant. Pas be­soin de plumes pour at­tra­per quelques vifs, un jig ra­me­né en sur­face fait mouche à tous les coups. Une telle pro­fu­sion en vifs, tombe à pic pour ces eaux ap­pa­rem­ment riches en voi­liers. Nous en ti­rons im­mé­dia­te­ment par­ti en mon­tant les plus pe­tites bo­nites en ca­ta­li­na.

Une à la fois der­rière le ba­teau, le mon­tage ca­ta­li­na est ac­com­pa­gné par deux leurres à jupe qui font of­fice de tea­ser. On ne cherche pas le dou­blé mais plu­tôt à se concen­trer pour sur une ligne pour faire prendre à nos amis leur pre­mier pois­son à rostre. L’ex­pé­rience mon­tre­ra qu’en pré­sence de bo­nites bien pré­sen­tées, les poissons les choi­si­ront sys­té­ma­ti­que­ment au dé­tri­ment des leurres. La tech­nique per­met en outre une deuxième chance en ou­vrant im­mé­dia­te­ment le pick-up en cas d’at­taque ra­tée et il n’est pas rare alors que le chas­seur re­vienne prendre le pois­son à la dé­rive. Nos deux ba­teaux en fe­ront sau­ter six au to­tal au cours de l’après-mi­di pour seule­ment deux poissons ra­me­nés au ba­teau... que d’émo­tions pour tout le monde ! En fin de jour­née, nous pro­fi­te­rons de l’in­ver­sion des cou­rants pour jig­ger un peu sur le tom­bant ex­té­rieur tout en aban­don­nant au fond les plus grosses bo­nites en quête d’un beau thon à dent de chien. L’es­pé­rance de vie de l’ap­pât était de l’ordre du quart d’heure et les mor­sures étaient plu­tôt celles des re­quins que celles des thons. Après trois bo­nites ava­lées, une paire de ca­rangues et plu­sieurs ca­pi­taines au jig, la nuit ap­proche et il est temps de ren­trer au na­vire ami­ral pour nous ra­con­ter nos émo­tions au­tour d’une caï­pi­ri­na par­fai­te­ment pré­pa­rée par Gil­da. Il est clair, pour cha­cun, que la fré­quence des touches s’est ren­for­cée. Le ter­rain de jeu est im­mense. Les bancs du Cas­tor, du Vol­ti­geur et du Le­ven consti­tuent un en­semble de hauts-fonds grand comme dix fois No­sy Bé qui re­monte jus­qu’à seize mètres en moins d’un mille de­puis des pro­fon­deurs abys­sales de moins 2000 mètres. Les cou­rants in­duits et les mé­langes d’eau froide et chaude fa­vo­risent le dé­ve­lop­pe­ment de planc­ton et toute la chaîne ali­men­taire...

Flexi­bi­li­té, sé­cu­ri­té et sé­ré­ni­té à bord

Au fi­nal, la convi­via­li­té et la bonne hu­meur sont res­tés le fil conduc­teur de cette croi­sière. Lors­qu’on in­ter­roge cha­cun, il res­sort qu’au-de­là des émo­tions vé­cues à l’oc­ca­sion de la prise d’une pre­mière ca­rangue ou d’un pre­mier es­pa­don ; plus que la ré­ac­ti­vi­té d’Illu­sion qui per­met de chan­ger de sec­teur pour s’adap­ter aux condi­tions mé­téo­ro­lo­giques ; c’est la sé­cu­ri­té ap­por­tée par le ba­teau qui res­sort avant tout. Moins évident sur la par­tie ca­bo­tage de la croi­sière, cet ar­gu­ment prend une autre di­men­sion quand il s’agit de par­tir au Cas­tor, à 50 nau­tiques au large. La sé­cu­ri­té, es­sen­tielle pour Fa­brice et Vincent, qui ne se­raient pas par­tis si loin sans la cou­ver­ture d’une grosse uni­té ; sou­li­gnée aus­si par Jean-Pierre et Fran­cis. La proxi­mi­té per­ma­nente d’Illu­sion per­met­tait en quelques mi­nutes de se pro­té­ger d’un grain, d’un coup de vent ou tout sim­ple­ment de ren­trer dé­jeu­ner à bord et pro­fi­ter un mo­ment de la fraî­cheur de la cli­ma­ti­sa­tion. Flexible à la côte, Illu­sion donne la pos­si­bi­li­té de fran­chir la dernière fron­tière, celle de la dis­tance, pour pê­cher se­rei­ne­ment les grands bancs au large de No­sy Bé comme le Cas­tor, le Vol­ti­geur ou le Le­ven. Evi­de­ment la mé­téo doit être clé­mente afin d’as­su­rer des condi­tions de confort rai­son­nables. Le ca­ta­ma­ran, équi­pé d’une connexion sa­tel­lite, a per­mis de connaître les évo­lu­tions en temps réel et d’adap­ter les iti­né­raires. •

Ce jo­li mé­rou co­rail a at­ta­qué l’un de nos jigs.

Les vifs étaient en nombre, no­tam­ment les bo­nites que nous avons mon­tées en ca­ta­li­na.

Con­fec­tion des mon­tages par les membres de l’équi­page.

L’hon­nê­te­té nous oblige à dire que les grosses GT n’ont pas été at­ti­rées par les gros pop­pers sur nos at­te­lages en 80 lbs.

Me voi­ci en com­pa­gnie des quatre amis au­ver­gnats ve­nus dé­cou­vrir la pêche à Ma­da­gas­car.

Les deux coques ou­vertes ont été très utiles pour pop­per et jig­ger sur des spots bien pré­cis.

Quelques co­ry­phènes ont éga­le­ment suc­com­bé aux leurres à jupe traî­nés par moins de 20 mètres de fond.

Mo­ment d’apo­théose avec cet es­pa­don-voi­lier qui crève la sur­face des eaux bleues mal­gaches.

La pres­sion de pêche étant as­sez forte entre No­sy Bé et les Mitsio, nos skip­pers sug­gèrent d’ap­puyer un peu plus au large vers le banc du Ser­pent pour dé­bus­quer les pre­miers « voi­liers » si­gna­lés dans la zone.

La proxi­mi­té per­ma­nente d’Illu­sion per­met­tait en quelques mi­nutes de se pro­té­ger d’un grain ou tout sim­ple­ment de ren­trer dé­jeu­ner à bord et pro­fi­ter un mo­ment de la fraî­cheur de la cli­ma­ti­sa­tion.

Les thons jaunes n’ont pas bou­dé les leurres à jupe mon­tés sur nos cannes à lan­cer.

On fe­ra ra­pi­de­ment plu­sieurs bo­nites et rain­bow ain­si qu’une paire de bar­ra­cu­das et sur­tout un très beau tha­zard pré­sen­té ici, pris sur un trem­bler bleu traî­né dans l’axe au plus près du ba­teau.

50 mètres de fond seule­ment, une pre­mière des­cente du jig et le ré­sul­tat est qua­si ins­tan­ta­né : ce ma­gni­fique mé­rou crois­sant jaune.

C’est ce genre de dé­gra­dé que vous re­trou­ve­rez entre terre et mer mal­gaches.

La re­lâche était aus­si de mise du­rant cette pêche iti­né­rante.

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