GUI­NÉE-BISSAU

Gui­née-Bissau, Bi­ja­gos, Acun­da. 5 mi­nutes avant d’em­bar­quer pour une ex­pé­di­tion plein large, je n’avais ja­mais en­ten­du par­ler de ce fa­meux et mys­té­rieux pois­son…

Partir Pêcher - - Sommaire N°56 - Texte et pho­tos de Ju­lien De­ro­zier

À la re­cherche du kas­saw Gui­née-Bissau, Bi­ja­gos, Acun­da. 5 mi­nutes avant d’em­bar­quer pour une ex­pé­di­tion plein large, je n’avais ja­mais en­ten­du par­ler de ce fa­meux et mys­té­rieux pois­son…

Le jour se lève à peine, nous em­bar­quons sur le ca­ta­ma­ran. Quatre co­pains pour cette aven­ture ha­lieu­tique axée sur le jig. Eric et Is­sa nous at­tendent pour cette vi­rée de pêche au grand large des Bi­ja­gos. Is­sa est heu­reux, notre skip­per sé­né­ga­lais va re­trou­ver des poissons ty­pique- ment de chez lui. Il m’an­nonce que ce soir il va man­ger de la ba­dèche, du mé­rou ou un bouillon de sé­riole ! Voi­là de la bonne dé­ter­mi­na­tion po­si­tive ! À moins, me dit-il, que nous ra­me­nions un kas­saw... C’est tel­le­ment bon mais par contre c’est plus rare… Moi qui pen­sais connaître toutes les es­pèces de cette zone Ouest At­lan­tique, me voi­là pris au dé­pour­vu. J’in­ter­roge Eric, le boss d’Acun­da, qui me confirme que le kas­saw c’est très bon, mais très rare. Me voi­là bien avan­cé ! J’ap­prends aus­si que c’est as­sez gros et que ça ba­garre bien. Pour une ap­proche scien­ti­fique, il y a mieux, et je n’ar­rive même pas à sa­voir à quoi res­semble exac­te­ment ce pois­son. La mer est belle, les deux mo­teurs 150 ch font par­ler leur puis­sance, mais le tra­jet est im­mense et la pa­tience est de mise. En che­min nous fai­sons quelques vifs, au cas où. Tout au long de notre iti­né­raire je scrute la sur­face de l’eau, à la re­cherche d’un in­dice, mais rien ne vient rompre cette douce mo­no­to­nie du voyage. Trois heures plus tard Eric ra­len­tit le ba­teau, sous la coque le son­deur in­dique une cen­taine de mètres de fond. A perte de vue c’est l’océan, la tran­quilli­té ab­so­lue !

Les sé­rioles font la loi !

Eric est un mé­ti­cu­leux, pas ques­tion de s’ar­rê­ter à la va-vite. Il qua­drille la zone, scrute les quelques roches que notre son­deur in­dique à 90 m. Même au ra­len­ti, l’image ne nous ren­voie pas beau­coup d’écho. Au pre­mier abord, la pré­sence de poissons ne semble pas évi­dente. Ce­pen­dant, Eric connaît son spot et lorsque le ba­teau stoppe vrai­ment nous sa­vons tous que les touches se­ront au ren­dez-vous ! Sé­rioles ! Ce n’est pas une in­tui­tion mais un vé­ri­table cri d’alarme ! Eric voit ap­pa­raître sur son son­deur des échos ca­rac­té­ris­tiques qui strient tout l’écran, les sé­rioles dé­barquent en

ren­fort. Pro­ba­ble­ment at­ti­rées par les mou­ve­ments ré­pé­tés de nos jigs ain­si que par quelques re­mon­tées de pagres : un banc com­pact de sé­rioles s’in­vite à la fête ! Dans ce cas pré­cis, les sé­rioles sont en nombre et en­va­hissent le pé­ri­mètre. Il faut faire vite car c’est une es­pèce qui est constam­ment en dé­pla­ce­ment. Il est cu­rieux de voir que dans un banc les poissons ne sont pas ca­li­brés, il y en a de toutes les tailles. Evi­dem­ment, dès que l’aver­tis­se­ment re­ten­tit, nos jigs sont vite mis en ac­tion, avec des ani­ma­tions ra­pides. Eric et Is­sa nous donnent quelques in­di­ca­tions sur l’em­pla­ce­ment des sé­rioles. Par­fois le banc part du fond et re­monte pra­ti­que­ment à la sur­face ! Il y a quand même près de cent mètres de fond ! Et sur d’autres ac­ti­vi­tés, il faut se concen­trer soit sur les 10 m au-des­sus du fond, soit en pleine eau. Ce­lui qui pêche voit son tra­vail lar­ge­ment fa­ci­li­té par ces pré­cieuses in­di­ca­tions. Lorsque les sé­rioles sont nom­breuses, c’est le qua­dru­plé as­su­ré ! Il ar­rive ré­gu­liè­re­ment que l’un de nous ferre un pois­son de un ou deux ki­los alors que les autres s’amusent avec des su­jets de 12 à 16 kg ! Et ce type d’ac­tion peut se ré­pé­ter ré­gu­liè­re­ment. Les grosses sé­rioles de plus de 20 kg ont toutes été prises de ma­nière plus iso­lée, avec seule­ment une ou deux at­taques à la clé. Nos plus belles prises fai­saient 25 kg bon poids, et im­mense avan­tage avec cette es­pèce, nous pou­vons toutes les re­lâ­cher ! En­fin, pas vrai­ment toutes, car le ma­rin nous en garde une pour un car­pac­cio de lé­gende, en pleine mer, si loin des côtes... La ba­garre d’une sé­riole est tou­jours un bon mo­ment d’adré­na­line. C’est puis­sant, ner­veux et les cannes sont pliées à l’ex­trême. Juste après la touche, il peut nous ar­ri­ver d’an­non­cer un pe­tit pois­son, une re­marque j us­ti­fiée par quelques vi­bra­tions trom­peuses... Vous re­mon­tez votre prise sur une di­zaine de mètre, puis un vrai coup de tête vous ra­mène à la réa­li­té. La canne plie d’un coup et c’est le chant stri­dent du frein du mou­li­net ! Votre pe­tit pois­son est

une sé­riole de 15 à 20 kg ! Amu­sant. Tous nos jigs font 250 g mais nous avons consta­té un avan­tage sur les formes al­lon­gées et sur les ani­ma­tions ra­pides. Cô­té ar­me­ment, c’est Eric qui donne le mot d’ordre : la sim­pli­ci­té ! C’est-àdire un seul ha­me­çon. Il ne rai­sonne pas seule­ment dans le pra­tique pour que nous puis­sions dé­cro­cher ra­pi­de­ment nos poissons, mais bien dans l’ef­fi­ca­ci­té. Nous ne pou­vons qu’al­ler dans son sens. Et à ce jeu, pour une réus­site en­core plus grande, il faut uti­li­ser des ha­me­çons re­la­ti­ve­ment fins de fer. Sur­tout pas ces mo­dèles sur­di­men­sion­nés ven­dus spé­ci­fi­que­ment pour le jig, à un prix de fo­lie ! Ce sont mes ha­me­çons De­coy DJ 100 en 5/0 qui au­ront le plus de suc­cès. Quant au bas de ligne, c’est une ob­ser­va­tion com­mune à toutes les pêches du monde, il faut uti­li­ser une lon­gueur suf­fi­sante. Pas moins de 4 m, et si l’eau est claire il fau­dra ra­jou­ter en­core deux ou trois mètres à la con­fec­tion de ce bas de ligne. Le jig tra­vaille mieux, les ré­so­nances sont moindres et l’ef­fi­ca­ci­té est in­con­tes­ta­ble­ment su­pé­rieure. A no­ter que nous pre­nons dif­fé­rentes sortes de sé­rioles, des roses, des sombres et na­tu­rel­le­ment des pe­tites. Nos skip­pers as­so­ciés font la dif­fé­rence et an­noncent leur cô­té par­ti­cu­liè­re­ment ba­gar­reur. Les plus grosses cap­tu­rées dans cette ré­gion géo­gra­phique font une cin­quan­taine de ki­los, ce sont les fa­meux am­ber­jacks que nous re­trou­vons aux quatre coins du monde, no­tam­ment au Pa­na­ma. Une fois l’ac­tion pas­sée, nous at­ten­dons tous avec une cer­taine im­pa­tience un nou­veau cri d’alarme pour re­plon­ger dans cette pêche si vi­vi­fiante !

Au ras du fond, les ba­dèches

Sou­ve­nirs... Lorsque j’étais ga­min, j’al­lais au Ly­cée à Da­kar et par­fois à l a place des cours j e pré­fé­rais dé­jà ta­qui­ner les ba­dèches. D’aill eurs mon chien f avo­ri s’ap­pe­lait « Ba­dèche » ! Car la ba­dèche est un pois­son em­blé­ma­tique au Sé­né­gal. C’est un mé­rou, is­su la famille des Ser­ra­ni­dés. En moyenne il pèse entre 2 et 5 kg. Il est sou­vent pré­sent en quan­ti­té, une pre­mière prise fait for­cé­ment place à d’autres. Lors de ces j our­nées plein l arge, nous ne les re­cher­chons pas spé­ci­fi­que­ment, mais elles font par­tie de nos pêches pour notre plus grand plai­sir. Soyons clair, même sur nos cannes à jig souples, par 80 ou 100 m de fond, ce­la ne pré­sente pas un com- bat ex­tra­or­di­naire. En r evanche, c’est un beau pois­son qui ap­porte de la va­rié­té. Et nous en convien­drons, une es­pèce peu com­mune aux Bi­ja­gos. Il faut al­ler les cher­cher au ras du fond. Des fois elles mordent à l a des­cente, j uste au mo­ment où notre leurre en plomb ar­rive dans l es basses couches. Votre j i g s’ar­rête un peu tôt, ce n’est pas le fond, mais une ba­dèche. Sur les pre­miers mètres de ré­cu­pé­ra­tion c’est plus clas­sique. Mais il ar­rive éga­le­ment qu’une ba­dèche passe à l ’ at­taque t rès haut, proche de l a sur­face. I l ne s’agit pas d’un banc de poissons en chasse à cet en­droit, ce sont des poissons sui­veurs qui at­tendent l’ul­time ins­tant pour se sai­sir du leurre. D’où le conseil de tra­vailler son jig du dé­but à la fin. Il ar­rive d’en­cais­ser quelques tapes avant d’avoir la vraie touche. Les tapes qui ne rap­portent rien font par­tie in­té­grante de la pêche au jig. Le fait d’avoir un seul ha­me­çon n’en est pas la cause. Ce sont des poissons j oueurs qui suivent le jig sur plu­sieurs di­zaines de mètres. Notez qu’un st op au mi­lieu des ani­ma­tions peut pro­vo­quer une at­taque plus franche. Pour l’ar­me­ment du jig, il est pré­fé­rable de po­si­tion­ner l’ha­me­çon pour qu’il se si­tue plus ou moins au tiers su­pé­rieur de la lon­gueur du leurre. C’est ain­si que nous avons eu le plus de réus­site.

La sur­prise du mé­rou jaune

L’en­vie de prendre un jo­li mé­rou va de soi lors d’une sor­tie. Pour la beau­té du pois­son et pour don­ner l’oc­ca­sion à l’ex­cellent cui­si­nier du camp de nous

concoc­ter une re­cette sa­vou­reuse. Il faut res­ter rai­son­nable quant à leur pré­lè­ve­ment : un ou deux mé­rous pour le ba­teau suf­fisent, puis­qu’il est im­pos­sible de les re­lâ­cher cor­rec­te­ment. Il ne vaut donc mieux plus les re­cher­cher spé­ci­fi­que­ment. Que vous ra­me­niez vite ou len­te­ment, le pois­son ne sup­porte pas la dé­com­pres­sion. C’est ain­si et c’est aux pê­cheurs d’être ré­flé­chis, ce que nous sommes. Le mé­rou que nous vi­sons est une es­pèce que les pê­cheurs et plon­geurs de Mé­di­ter­ra­née connaissent très bien. C’est le fa­meux Epi­ne­phe­lusMar­gi­na­tus, cer­tains lui vouent un vé­ri­table culte. Et si sa pré­sence dans nos eaux fran­çaises et eu­ro­péennes de­vient bien rare, nous avons la chance entre le Sé­né­gal et les Bi­ja­gos d’en avoir une bonne den­si­té. En deux sor­ties nous ne pren­drons que deux mé­rous. Le plus gros, c’est Gé­rald qui l’a fer­ré. D’ailleurs, pour être pré­cis, ce der­nier a cru ac­cro­cher le fond ! Et à force de ti­rer il s’est ren­du compte que ça bou­geait au bout de sa ligne. C’est ain­si qu’a été pris le plus beau mé­rou de nos ex­pé­di­tions. La sur­prise est ma­gni- fique et beau­coup plus tard, dans l’as­siette, la sur­prise se­ra éga­le­ment dé­li­cieuse ! Il est tou­jours in­té­res­sant d’avoir un pê­cheur dans le groupe qui ma­nie son leurre plus len­te­ment que les autres. Ses ani­ma­tions lui fe­ront prendre des poissons in­at­ten­dus et ce ne se­ront pas for­cé­ment les plus pe­tits.

C’est donc ça un kas­saw ?!

Nos deux skip­pers fran­co-sé­né­ga­lais sont tout de même ex­cel­lents. Eric re­père sur l’écran du son­deur des échos en pleine eau. Pas des pe­tits poissons... se­lon lui ce ne sont pas des sé­rioles. Il nous an­nonce qu’il faut pros­pec­ter la zone des 40 m, pour voir à quoi res­semblent ces vi­si­teurs. C’est Di­dier qui ferre ra­pi­de­ment un jo­li pois­son. La ba­garre qui suit nous laisse per­plexe, elle ne res­semble pas aux autres. Is­sa, sans la moindre hé­si­ta­tion nous an­nonce comme une évi­dence : tu as un kas­saw ! C’est un peu comme si votre voi­sin vous dit qu’il y a une sou­coupe vo­lante dans le jar­din ! Au dé­but on croit à une blague et puis l’idée prend place. Ce com­bat en pleine eau, avec des coups de tête ner­veux ne nous donne pas d’in­di­ca­tion pré­cise. Alors, comme des en­fants, tout le monde ar­rête de pê­cher et guette l ’ ar­ri­vée du phé­no­mène ! Une tâche claire se des­sine au bout du long bas de ligne, Is­sa confirme ses sup­po­si­tions, nous avons en­fin le pois­son tant at­ten­du. Un kas­saw ! Les der­niers mètres em­bo­bi­nés, nous voi­là en pré­sence de cette es­pèce peu com­mune, voire rare. J’en veux pour preuve que notre spé­cia­liste en ich­tyo­lo­gie a bien du mal à trou­ver le nom scien­ti­fique exact de ce pois­son. De la famille des Stro­ma­tei­dae, en an­glais le but­ter­fish, ce­lui-ci semble être le géant de l’es­pèce. Il a le corps com­pri­mé et de forme net­te­ment ovoïde, sa gueule est courte, ce qui ne l’a pas em­pê­ché de go­ber un jig de 250 g, type de nour­ri­ture qui ne res­semble pas à l’ali­men­ta­tion ha­bi­tuelle des stro­ma­tés . Ce n’est pas une dé­cou­verte unique puisque mes amis sé­né­ga­lais le connaissent très bien et que cer­tains res­tau­rants le pro­posent pour la qua­li­té de sa chaire. Ce­ci dit, il est as­sez rare de nos jours de faire au leurre un pois­son de dix bons ki­los qui soit aus­si dif­fi­cile à iden­ti­fier ! Eric nous ra­mène à la réa­li­té, le banc de kas­saw est tou­jours vi­sible au son­deur. Is­sa af­firme que nous al­lons en prendre d’autres et qu’il va nous ai­der. Il prend une canne à lan­cer et fa­brique ra­pi­de­ment un mon­tage au vif aus­si so­lide que fiable. Le circle hook vient coif­fer un ya­boy, et le plomb de 150 g en­traîne la ligne à la pro­fon­deur vou­lue. Is­sa guette les ren­sei­gne­ments in­di­qués par le son­deur et stoppe le vif à la bonne hau­teur. La touche n’est pas ins­tan­ta­née mais tout de même très ra­pide ! C’est Da­mien qui hé­rite de la canne, le fil se tend, pas be­soin de fer­rage avec ce type d’ha­me­çon. En­core une belle ba­garre au pro­gramme. Une autre canne plie, c’est Eric sur sa canne à jig qui vient éga­le­ment de ferrer un beau pois­son à une pro­fon­deur in­té­res­sante. Et nous voi­là avec un

dou­blé de kas­saw ! Pour peu, nous al­lons de­ve­nir spé­cia­listes, voire ex­perts ! Ces trois poissons sont de belles tailles, un seul se­ra re­lâ­ché. Il est cu­rieux de voir à quel point un kas­saw est re­cou­vert d’un épais mu­cus. C’est Di­dier qui en fe­ra les frais. Je lui de­mande de te­nir son pois­son pour la photo et notre ami se re­trouve ruis­se­lant de bave vis­queuse ! Dé­ci­dé­ment, le kas­saw n’est pas une es­pèce comme les autres. Et le len­de­main nous ap­pré­cie­rons tous sa sa­veur grâce à un plat ty­pi­que­ment sé­né­ga­lais pré­pa­ré par le cui­si­nier d’Acun­da. Je vous le dis, un ré­gal...

La su­pré­ma­tie des cannes à jig souples

Du cô­té tech­nique, rien de par­ti­cu­lier à si­gna­ler au ni­veau des jigs, de leur ar­me­ment et des bas de ligne. Tous nos leurres font 250 g, ce sont les jigs longs qui ont pro­vo­qué les plus beaux com­bats, no­tam­ment sur les sé­rioles. Un ar­me­ment double est in­utile, un seul ha­me­çon re­la­ti­ve­ment fin de fer est plus adap­té avec un ex­cellent ra­tio touches/prises. Sans sur­prise, un bas de ligne long, 4-5 m mi­ni­mum, dé­livre plus d’at­taques. En cette pé­riode, l’eau n’est pas très claire et la fi­nesse du bas de ligne n’a pas été dé­ter­mi­nante. En sa­chant que 100 lbs est un bas de ligne fin et 150 lbs cor­res­pond à une sec­tion de Ny­lon forte. Au ni­veau des ani­ma­tions, les mou­ve­ments ra­pides et bien syn­chro­ni­sés sont l es plus ré­gu­liers pour dé­clen­cher les touches. Les ani­ma­tions lentes sont payantes, mais les pe­tits poissons en pro­fite sou­vent, ce qui ne cor­res­pond pas à l’ob­jec­tif d’une telle ex­pé­di­tion. La seule a nal y s e t e chni que c onst r uct i ve vient des dif­fé­rentes cannes à j i g que nous avons à bord. Qu’im­porte la marque, il y en a des souples et d’autres net­te­ment plus raides. Tout d’abord une canne souple per­for­mante pos­sède une vé­ri­table ac­tion ain­si qu’une puis­sance pro­gres­sive. Les cannes qui plient toutes seules sans la moindre ré­serve d’éner­gie n’ont stric­te­ment pas d’in­té­rêt. Une vé­ri­table ac­tion souple amor­tie les ani­ma­tions même les plus ra­pides et, vi­si­ble­ment, c’est bé­né­fique pour faire de bons ré­sul­tats. Cette même canne doit pou­voir faire face à des com­bats mus­clés et qu’im­porte la cour­bure si la fia­bi­li­té est là. À l ’ op­po­sé, une canne raide ne plie­ra que par­tiel­le­ment lors d’une ba­garre. Et sur des ani­ma­tions de leurre, elle de­meu­re­ra fi­gée, droite et f era re­bon­dir l e j i g en bout de l i gne. Et ça, l es poissons aiment moins. Di­sons que les pe­tites prises ne sont pas t rès re­gar­dantes mais dès que nous at­ta­quons l es poissons de 10 kg et plus, le nombre de touche est en chute libre. Avant que ce constat de­vienne une af­fir­ma­tion, nous avons par­fois per­mu­té les cannes. Qu’im­porte si le pê­cheur a de l’ex­pé­rience ou non dans cette tech­nique. Cu­rieu­se­ment, les bons ré­sul­tats ont sui­vi les cannes souples et pra­ti­que­ment t outes l es belles prises ont été faites par ces mêmes cannes. Ce qui veut dire que le jig est une tech­nique beau­coup plus poin­tue que nous le pen­sons et que des dé­tails peuvent faire d’une séance un suc­cès ou un échec. Du­rant ma dernière sor­tie au large, j’ai pê­ché ex­clu­si­ve­ment avec ma fa­vo­rite, la Ten­ryu Big Fi­ber­jig, une canne fran­che­ment souple mais qui a de la puis­sance en ré­serve. Lors­qu’un beau pois­son se fait pié­ger, il faut sur­tout ne pas cher­cher à trop re­le­ver la canne. Son ac­tion ne le per­met pas. Au contraire, il faut la te­nir as­sez basse sur l’eau et lui ap­pli­quer des pom­pages courts et ré­pé­tés pour trac­ter une belle sé­riole vers la sur­face. Chaque fois que je pêche avec une telle ac­tion, j’ai de bonnes sen­sa­tions et d’ex­cel­lents ré­sul­tats. Une canne très raide tient plus d’une canne à sou­te­nir que d’une canne à jig. Elle se­ra sur­puis­sante mais net­te­ment moins agréable à te­nir. Et les grosses prises se fe­ront plus rares... Au large d’Acun­da, les roches que nous avons t r ou­vées s ont as­sez plates et de ce fait les gros poissons ne vont pas cher­cher à s’en­ro­cher. Àpar­tir de là, il n’y a pas de né­ces­si­té à bri­der le com­bat. Pour toutes ces rai­sons, les cannes souples sont des par­te­naires de choix ! Face au suc­cès de ces pêches au large, je dé­cide de re­ve­nir avant la fin de l’an­née pour ten­ter l’aven­ture sur plu­sieurs jours. Les sur­prises de­vraient être nom­breuses ! •

Deux sé­rioles aux co­lo­ra­tions dif­fé­rentes. Deux va­rié­tés dis­tinctes qui at­teignent fré­quem­ment des poids dé­pas­sant les 20 kg.

En pleine mer, un car­pac­cio de sé­riole concoc­té par notre ma­rin Ass. Un ré­gal, un pur bon­heur !

Les cannes à jig souples, comme la Big Fi­ber Jig, prennent beau­coup plus de beaux poissons que les cannes trop raides. Une ob­ser­va­tion que j’avais dé­jà faite sur d’autres océans et qui se confirme en­core au large des Bi­ja­gos.

C’est au vif, avec l’aide d’Is­sa que Da­mien com­bat le deuxième kas­saw. Il suf­fit de lais­ser cou­ler un vif à la bonne pro­fon­deur...

Ce ma­tin j’igno­rais ce qu’était un kas­saw. Et main­te­nant, je pho­to­gra­phie un dou­blé ! La pêche du large a en­core bien des se­crets ca­chés.

Le ma­té­riel est simple, une canne à jig d’ac­tion souple, un rou­leau de bas de ligne en 130 lbs, des jigs de 200 à 250 g et des ha­me­çons per­for­mants.

Di­dier et son kas­saw for­te­ment ba­veux. À no­ter le cô­té mas­sif de cette es­pèce et cet oeil glo­bu­leux qui a vite fait de dé­tec­ter nos jigs et vifs par grand fond.

Il ar­rive qu’une ba­dèche at­taque le jig très proche de la sur­face. Il s’agit d’un pois­son qui a sui­vi le leurre sur toute sa re­mon­tée !

Les mon­tages simples sont les meilleurs. Et sur­tout, fa­vo­ri­ser des ha­me­çons as­sez fins de fer et très pi­quants.

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