ES­PAGNE

Nous dé­ci­dons de par­tir pour l’Ex­tre­ma­du­ra en voi­ture afin de se confron­ter aux beaux car­nas­siers de la ré­gion. Et on au­ra pas été dé­çus du voyage avec presque que des gros.

Partir Pêcher - - Sommaire N°56 - Texte et pho­tos de Franck Jou­ve­nal

Que du gros en Ex­tre­ma­du­ra Nous dé­ci­dons d de nous y rendre en voi­ture afin de se confron­ter aux beaux car­nas­siers de la r ré­gion...

otre équipe se com­pose de trois pê­cheurs : Fr a nck, mon fils, Maxime, son meilleur ami et moi- même. Nous étions dé­jà ve­nus tous les trois en 2015 du 20 au 27 mai, sé­duits par cette destination ibé­rique. Mais les condi­tions de pêche étaient soit di­sant très dif­fi­ciles, mais sur­tout, au fil du sé­jour, nous avions com­pris que notre guide de l’époque n’était pas « l’homme de la si­tua­tion » car nous étions convain­cus que plus la pêche était dif­fi­cile, plus le guide de­vait être bon… En six jours de pêche seul Maxime avait pris un bro­chet de 85 cm et les black-bass ra­me­nés au ba­teau n’avaient qu’at­té­nué un peu cette dé­route. En ren­trant à Ma­drid et en res­sas­sant notre dés­illu­sion, je risque une pe­tite phrase : « Ce sé­jour ra­té ne doit pas nous faire ou­blier cette destination. Nous de­vrions y re­ve­nir un jour mais avec une or­ga­ni­sa­tion plus

per­for­mante. » Au fil de l’an­née, nous sommes donc res­tés at­ten­tifs sur tout ce qui s’écri­vait sur la pêche en Ex­tre­ma­du­ra. Suite à un ar­ticle d’Ar­naud Filleul dans le ma­ga­zine Par­tir Pê­cher n°43, met­tant en avant le sé­rieux et les qua­li­tés du guide Stéphane Quin­ton, je me dé­cide le soir même à l’ap­pe­ler pour lui de­man­der de plus amples ren­sei­gne­ments. Sé­duit par ce pre­mier contact, le len­de­main, j’en parle à mon fils et nous voi­là plon­gés dans nos agen­das. Im­pos­sible à réa­li­ser en 2016 nous de­vons pa­tien­ter pour ef­fec­tuer ce sé­jour au prin­temps 2017. Maxime est de nou­veau par­tant et c’est donc la même équipe qui re­part avec, certes quelques craintes mais sur­tout, beau­coup d’es­poir. Un deuxième ar­ticle en jan­vier 2016 du même jour­na­liste nous confir­me­ra nos es­poirs… Nous se­rons dans de bonnes mains car Stéphane Quin­ton est un vrai pro.

La mé­téo s’ar­range

Le di­manche 28 avril après avoir ava­lé en voi­ture les 1 600 km, nous ar­ri­vons à Orel­la­na où nous ren-

controns Stéphane en dé­but de soi­rée qui nous ex­plique qu’après une se­maine très dif­fi­cile, le temps semble s’ar­ran­ger avec huit, dix jours où la mé­téo an­nonce du beau temps. Le vent si sou­hai­table pour réus­sir la pêche a l’air, lui aus­si, de bien s’ins­tal­ler. Stéphane ris­que­ra un pro­nos­tic : « La pêche ne se­ra pas fa­cile mais si vous pê­chez bien, vous au­rez cha­cun entre cinq et dix at­taques par jour. A vous de prendre

ces poissons. » Nous pê­che­rons la pre­mière par­tie du sé­jour (quatre jours) avec Zo­lio, le guide em­bau­ché par Stéphane, sur les grands lacs qui en­tourent Orel­la­na et pour l es trois der­niers j ours, à notre de­mande, nous irons, gui­dés par Stéphane, sur le Tage à Al­can­ta­ra. Ob­jec­tif : sandres et black-bass. Lun­di ma­tin, pre­mier contact avec Zo­lio, ce jeune guide né au vil­lage « res­pire non seule­ment la pêche » mais il est aus­si un ar­dent dé­fen­seur de sa ré­gion. Pas­sion­né aus­si par les oi­seaux, il nous fe­ra dé­cou­vrir plein d’es­pèces rares d’Ex­tre­ma­du­ra. Il connaît ces lacs im­menses comme sa poche et sait au pre­mier coup d’oeil ju­ger chaque poste. Une fois ar­ri­vés dans une baie, il nous ar­rê­te­ra après moins de dix lan­cers pour dé­pla­cer le ba­teau sur la baie voi­sine (moins de cent mètres), et là, il nous fe­ra in­sis­ter lon­gue­ment avant que n’ar­rive une, puis deux at­taques . . . Il sait aus­si bien

« lire » l’eau que le ciel. Certes, comme pré­vu, la pêche res­te­ra re­la­ti­ve­ment dif­fi­cile, mais avec lui, tous nos an­ciens re­cords vont tom­ber. Ces lacs im­menses sont très dif­fi­ciles à sai­sir, même à l’écho­son­deur, mais avec Zo­lio qui connaît chaque baie, chaque pointe, nous avons par­ti­cu­liè­re­ment bien réus­si car il n’y a pas « du pois­son par­tout ». Les bro­chets sont pos­tés sous des arbres im­mer­gés lors de la mise à l’eau de ces bar­rages. Cer­tains dé­passent à la sur­face, d’autres sont sous l’eau. Il faut donc pê­cher très pré­ci­sé­ment pour pas­ser tout à cô­té de ces obst acles, à la bonne vi­tesse et à la bonne hau­teur pour dé­clen­cher les at­taques. Nous com­pren­drons très vite que la pa­tience et la pré­ci­sion se­ront de mise à chaque lan­cer.

Des poissons re­cords… ra­tés

Maxime n’a pas de chance : ce pre­mier jour se­ra in­égal pour cha­cun d’entre nous. Franck part en fan­fare et dans la pre­mière de­mi-heure com­mence par un beau black-bass de 46 cm puis, dans l’heure sui­vante ra­mène au ba­teau deux beaux bro­chets de 102 et 83 cm. Après le casse-croûte en dé­but d’après-mi­di, je fais un pois­son d’un mètre pile. C’est le deuxième de cette taille de ma vie de pê­cheur. Puis le leurre de Maxime est sui­vi jus­qu’au ba­teau par un énorme bro­chet (mé­tré sans pro­blème). Franck dans la fou­lée sort son troi­sième bro­chet (88cm) puis bat son re­cord au black-bass (55 cm). Peu après, sur une énorme touche, il ra­mène au ba­teau un cat-fish. C’est fou comme ces poissons-chats se

battent jus­qu’au bout. Dans l’heure sui­vante, Maxime se­ra de nou­veau sui­vi sans touche, tou­jours par un très beau bro­chet. Une de­mi-heure plus tard il se­ra en­fin « pen­du », là, c ’est sûr, c ’est du très gros. Le com­bat dure long­temps et le pois­son ne monte pas en sur­face. Il colle au fond avec d’énormes coups de tête. Il son­de­ra en­core une fois et pas­se­ra sous le ba­teau en cas­sant net la tresse. Maxime est dé­pi­té car il de­vait te­nir un très gros bro­chet. Au tour de Franck d’en prendre un très beau me­su­ré à 1,12 m (son re­cord était de 1,10 m au Canada). Après les pho­tos d’usage, il conti­nue­ra par un bar­beau d’en­vi­ron 60 cm, ain­si il au­ra pris dès le pre­mier jour les quatre es­pèces de pré­da­teurs fré­quen­tant ces lacs, ce qui est, pa­raît-il, rare en une jour­née. Chan­ge­ment de coin, et Maxime com­bat un bro­chet. Il le ra­mène le long du ba­teau, mais mal pi­qué, il se li­bè­re­ra après que l’on ait pu tous consta­ter qu’il dé­pas­sait lar­ge­ment le mètre. Là, Maxime est dé­goû­té : deux fois sui­vi, une fois cas­sé, une fois dé­cro­ché et tout ce­ci sur des poissons qui au­raient consti­tué son re­cord... il est tou­jours bre­douille.

Un bro­chet de 1,19 m

Il reste moins d’une heure de pêche et cha­cun s’ap­plique sur chaque l an­cer. Touche, en­core une fois pour Maxime et voi­là, dix mi­nutes après, his­sé à bord le plus gros bro­chet du sé­jour me­su­ré à 1,19 m. Maxime, mal­chan­ceux jus­qu’alors est bien ré­com­pen­sé. Dans la dernière de­mi-heure, je bat­trai aus­si mon re­cord avec un beau bro­chet de 1,09 m... Mon deuxième bro­chet de la jour­née, mais deux mé­trés. En ren­trant, nous sommes tous les trois sur un nuage. Voi­là un sé­jour qui com­mence bien. Nos trois jours sui­vants à la pêche au bro­chet au­tour d’Orel­la­na connaî­tront de belles réus­sites avec un pe­tit creux le mer­cre­di dû sans doute au manque de vent : deux bro­chets seule­ment ra­me­nés au ba­teau, un par Maxime, l’autre par Franck qui avec un bro­chet d’1,14 m amé­lio­re­ra en­core son re­cord de quelques cen­ti­mètres. Le jeu­di, le vent se ré­ta­blit et c’est à mon tour de re­pous­ser mon re­cord : 1,17 m. Comme pré­vu nous par­tons le ven­dre­di ma­tin très tôt pour pê­cher sur le bar­rage d’Al­can­ta­ra, sur le Tage. D’en­trée, la pêche s’an­non­ce­ra très dif­fi­cile car les condi­tions mé­téo ne sont vrai­ment pas bonnes. Pen­dant deux jours, Stéphane Quin­ton se met­tra en quatre pour « trou­ver la pêche ». Il nous fe­ra tout es­sayer : les grands fonds en ver­ti­cale, les pointes en pente douce, tous types de leurres et même des ten­ta­tives sur les si­lures. Mais tout est trop dif­fi­cile. En deux jours, vingt poissons se­ront tout de même mon­tés au ba­teau : 13 sandres dont deux de 70 cm et 7 black-bass. Ce­ci se­rait un ex­cellent ta­bleau pour la France, mais trop maigre à ses yeux pour l’Es­pagne. Je lui de­mande alors s’il est pos­sible de re­mon­ter tôt le di­manche ma­tin à Orel­la­na pour notre der­nier jour de pêche. Stéphane, tou­jours à l’écoute ré­pon­dra fa­vo­ra­ble­ment à notre de­mande et nous ter­mi­ne­rons par une belle jour­née : 8 gros bro­chets, 5 pour Maxime et 3 pour Franck, mais éton­nam­ment, pas de mé­trés. Pen­dant les 5 jours de pêche au bro­chet, on au­ra pris beau­coup de gros poissons. Sur les 35, seuls 3 se­ront me­su­rés en des­sous de 80 cm, 12 de 80 à 89 cm, 11 de 90 à 99 cm, 5 de 100 à 109 cm et 4 de plus de 110 cm : 112, 114, 117, 119. Sé­jour de rêve où rien de né­ga­tif n’est à re­le­ver. Tout ce qu’avait dit Ar­naud Filleul sur Par­tir Pê­cher était bien vrai. Des pay­sages à cou­per le souffle et sur­tout les qua­li­tés de guide de Stéphane et Zo­lio sont ex­tra­or­di­naires. À l’an­née prochaine, le ren­dez-vous est dé­jà pris. •

La pêche au­ra été dif­fi­cile mais avec ce guide tous nos an­ciens re­cords sont tom­bés.

La premiere par­tie du sé­jour se dé­rou­le­ra sur les grands lacs qui en­tourent Ore­nal­la.

Les pay­sages en Ex­tre­ma­du­ra sont d’une grande beau­té.

Le plus gros bro­chet du sé­jour : un 1,19 mètre !

Sur les 35 bro­chets sor­tis, seuls 3 se­ront me­su­rés en des­sous de 80 cm...

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