LA MU­SIQUE DANS LE SANG

Pianiste - - À L’AFFICHE -

Is­su d’une fa­mille de mu­si­ciens, le jeune pro­dige joue du pia­no de­puis sa plus tendre en­fance. À seule­ment 19 ans, alors qu’il est en­core étu­diant au Con­ser­va­toire de Pa­ris, il est in­vi­té dans de nom­breux fes­ti­vals, est sou­vent sol­li­ci­té pour don­ner des ré­ci­tals et a dé­jà en­re­gis­tré plu­sieurs al­bums dont deux pa­raî­tront d’ici à la fin de l’an­née. Cha­cune de ses pres­ta­tions, sur scène ou au disque, sus­cite l’en­thou­siasme et l’en­chan­te­ment. Ren­contre.

il a fal­lu prendre un dé­ci­sion. « As-tu vrai­ment en­vie de faire du pia­no ? » me de­man­dait-il. Il est vrai que je tra­vaillais très peu. Je pour­sui­vais alors mes études à No­treDame de Bu­ry, à Mar­gen­cy, puis au ly­cée Ra­cine de Pa­ris, où j’étu­diais en ho­raires amé­na­gés, ne sui­vant les cours que le ma­tin.

C’est donc à l’ado­les­cence que vous avez trou­vé votre équi­libre…

En ef­fet. Tous mes amis étaient mu­si­ciens et je connais­sais mes pre­mières pres­ta­tions sur scène. Bref, j’avais en­vie de conti­nuer.

En­vie aus­si de vous me­su­rer aux autres ?

J’aime as­sez l’es­prit de com­pé­ti­tion, mais je n’ai ja­mais vrai­ment pas­sé de grands concours. Je l’en­vi­sage. Pour­quoi pas le TchaÔ­kovs­ki ? Le dé­fi que ce­la re­pré­sente est moins ce­lui de rem­por­ter un prix que de vivre l’ex­pé­rience unique d’une telle épreuve et de mar­cher dans les pas de mu­si­ciens que j’ad­mire.

Par­lez-nous de deux vos pro­fes­seurs, Pierre-Alain Vo­lon­dat et Igor Laz­ko…

J’ai ren­con­tré Pierre-Alain Vo­lon­dat parce qu’il en­sei­gnait dans la ville où j’ha­bi­tais avec ma fa­mille. Je pre­nais à chaque fois un cours de cin­quante-cinq mi­nutes, qui était un peu fou, désor­don­né, mais avec des mo­ments mar­quants. Ce pro­fes­seur était dans son monde, ne se pre­nait pas au sé­rieux et, avec son gé­nie, trans­met­tait des conseils uniques. Il pou­vait pas­ser les trois­quarts de la le­çon à imi­ter des oi­seaux, à bla­guer puis, tout à coup, il me li­vrait un de ses se­crets qu’il gar­dait ja­lou­se­ment d’ha­bi­tude ! Quant à Igor Laz­ko, il m’a ap­por­té les bases de la tech­nique pia­nis­tique ; l’école russe du Con­ser­va­toire de Mos­cou, cer­tai­ne­ment. Il me mon­trait, as­sis dans son fau­teuil, ac­cou­dé sur le pia­no, les traits de ma main droite qu’il jouait, lui, à la main gauche, avec une fa­ci­li­té dé­con­cer­tante. Grâce à son don de pé­da­gogue, il m’a trans­mis le goût de l’exi­gence. Pas évident, car j’avais de grandes fa­ci­li­tés, donc la pa­resse qui va avec quand il s’agis­sait d’ap­pro­fon­dir. En­fin, il m’a ap­pris à tra­vailler. J’ai tour­né le dos à l’ama­teur doué que j’étais. En par­tie, cer­tai­ne­ment, car Igor Laz­ko m’a trans­mis le goût de la mu­sique russe et, avec ce

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