Franz Schubert

(1797-1828) Im­promp­tu en mi bé­mol ma­jeur opus 90 D 899 n°2

Pianiste - - PÉDAGOGIE -

ëCet Im­promp­tu est très cé­lèbre et tout le monde l’a dans l’oreille, in­ter­pré­té par les plus grands pia­nistes. Il est d’au­tant plus in­dis­pen­sable de l’étu­dier avec soin. Les gammes ra­pides doivent être jouées avec tant d’ai­sance, qu’elles trans­portent votre au­di­teur dans l’ex­tase.

MES. 1-8

Con­trô­lez cha­cune des notes des temps. D’abord, ap­pre­nez à dis­tin­guer les sons qui tombent sur chaque pul­sa­tion et à bien faire la dif­fé­rence dans votre oreille avec les autres sons. Les notes des temps sont vos re­pères le long de votre che­min mu­si­cal, à l’image de ces py­lônes que vous voyez dé­fi­ler avec ré­gu­la­ri­té lorsque vous re­gar­dez par la fe­nêtre d’un train en marche. De même, vos « notes des temps » doivent dé­fi­ler avec une par­faite ré­gu­la­ri­té dans le temps, lorsque vous dé­rou­lez votre mor­ceau. C’est ce que l’on nomme le tem­po. Pour le contrô­ler, il faut une vraie maî­trise de soi : sa­voir se do­mi­ner, contrô­ler ses émo­tions. Si nous vou­lons fi­ler plus avant la mé­ta­phore, ajou­tons que ce­la n’em­pêche pas le train d’ac­cé­lé­rer ou de ra­len­tir, c’est-à-dire au tem­po de cé­der ou de s’ani­mer, se­lon les lois de l’ago­gique. Telle est la pre­mière chose à faire pour jouer cet Im­promp­tu : contrô­ler les notes des temps. Temps faibles. Ce­pen­dant, comme le sou­li­gnait le grand pia­niste Di­nu Li­pat­ti, cer­taines notes ont ten­dance à nous échap­per da­van­tage, celles des temps faibles. On lui de­man­da un jour quelle était pour lui la base de tra­vail d’un pia­niste. Il ré­pon­dit : « Elle consiste en quelques lois fon­da­men­tales : 1. Le sol­fège [...]. 2. L’ap­pui sur les temps faibles. 3. Les res­sources im­menses que peut ap­por­ter l’in­dé­pen­dance dans la même main, entre dif­fé­rents at­taques et tou­chers, donc entre dif­fé­rents timbres. Voyons ce­la dans notre Im­promp­tu. D’abord, l’ap­pui sur les temps faibles. Votre jeu ne doit ja­mais dé­ra­per. Con­trô­lez vos temps faibles afin de ne pas pres­ser, même si vous avez le dé­sir louable de jouer ces gammes avec de belles courbes de nuances. L’en­vie de créer l’émo­tion, de l’élan mu­si­cal, ne doit ja­mais nous faire perdre la maî­trise tem­po­relle de notre jeu. Ce qui est dif­fi­cile, c’est bien de faire les deux en même temps. Contrô­ler le temps et l’ex­pres­sion à la fois. Voi­ci un bon exer­cice pré­pa­ra­toire. Re­co­piez au crayon tous les doig­tés qui tombent sur les notes des temps. Es­sayez de ne jouer que les « notes des temps » de la main droite (sans les autres), tout en jouant la main gauche com­plète. C’est un exer­cice dif­fi­cile au dé­but, mais vous en­ten­drez ain­si beau­coup mieux les ren­contres dis­so­nantes entre main droite et main gauche. Exemple: me­sure n°1 au 3e temps, la basse te­nue, mi bé­mol blanche poin­tée, ren­contre un ré à la main droite (2e doigt). Ce­la

B. A.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.