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Pianiste - - ACTUALITÉS ÉVÉNEMENTS -

Né en 1952, Zoltán Kocsis est dé­cé­dé le 6 no­vembre des suites d’une longue ma­la­die. Le pia­niste, com­po­si­teur et chef d’or­chestre fut un en­fant pro­dige. En 1968, il en­tra à l’Aca­dé­mie de mu­sique Franz-Liszt de Bu­da­pest, dans les classes de Fe­renc Ra­dos, Györ­gy Kurtág et Pál Ka­do­sa. En 1970, il re­çut le 1er Prix du Concours Bee­tho­ven de la Ra­dio hon­groise. Trois ans plus tard, il rem­por­ta le Prix Liszt et le Prix Kos­suth. Puis il en­tre­prit une sé­rie de tour­nées à l’Ouest. En 1976, il fut nom­mé pro­fes­seur à l’Aca­dé­mie Liszt de Bu­da­pest. L’an­née sui­vante, il prit la di­rec­tion mu­si­cale de l’Or­chestre phil­har­mo­nique na­tio­nal de Hon­grie. Dans les an­nées 1980, Zoltán Kocsis fon­da, avec Iván Fi­scher, l’Or­chestre du Fes­ti­val de Bu­da­pest, for­ma­tion qui s’im­po­sa comme l’une des meilleures de la scène in­ter­na­tio­nale. Ar­ran­geur et com­po­si­teur lui­même, doué d’une tech­nique qui fai­sait l’ad­mi­ra­tion de ses confrères les plus vir­tuoses, Zoltán Kocsis était en a trans­crit pour le pia­no, no­tam­ment de Wa­gner et Rach­ma­ni­nov. Il se pas­sion­na aus­si pour la mu­sique con­tem­po­raine. Györ­gy Kurtág lui a dé­dié plu­sieurs de ses oeuvres. Zoltán Kocsis fut éga­le­ment un mu­si­co­logue et même un édi­teur de disques par la force des choses ; il s’avouait d’ailleurs col­lec­tion­neur com­pul­sif d’en­re­gis­tre­ments. Sa dis­co­gra­phie a mar­qué notre époque. On ci­te­ra l’in­té­grale Bé­la Bartók (Phi­lips), une somme d’une hau­teur de vue et d’in­tel­li­gence in­ouÔe, mais aus­si nombre de gra­vures consa­crées à Liszt, De­bus­sy, Grieg, Kurtág, Mo­zart, Rach­ma­ni­nov, Schoen­berg, Va­rèse… En tant que chef, il laisse des archives pas­sion­nantes, Bartók et Mah­ler, entre autres, avec l’Or­chestre na­tio­nal de Hon­grie. Le pia­niste Jean-Ef­flam Ba­vou­zet le connais­sait par­ti­cu­liè­re­ment bien : « Depuis son opé­ra­tion en 2012, il se sa­vait condam­né. Zoltán Kocsis vi­vait dans la mu­sique. Ses dons phé­no­mé­naux ne s’ar­rê­taient pas à l’ins­tru­ment. Il était un ar­tiste prodigieux do­té d’une puis­sance de tra­vail et d’une cul­ture hors du com­mun dans tous les do­maines ar­tis­tiques. Je me sou­viens que, du­rant l’en­tracte d’un concert, nous avons par­lé de la Deuxième Sym­pho­nie de Brahms. Il s’est mis au pia­no et m’a joué une grande par­tie de l’oeuvre. La dis­pa­ri­tion de Kocsis est une perte dont on ne me­sure pas en­core l’im­por­tance. »

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