LE PIA­NO RUSSE EN HÉ­RI­TAGE

Pianiste - - À L’AFFICHE -

Elle baigne dans la mu­sique depuis qu’elle est née. Is­sue d’une fa­mille de pia­nistes, an­ciens élèves du Conser­va­toire de Mos­cou, la jeune pro­dige a don­né son pre­mier ré­ci­tal à l’âge de 5 ans. Au­jourd’hui, son in­ter­pré­ta­tion du de Rach­ma­ni­nov, cap­tée au Con­cert­ge­bouw d’Am­ster­dam, a été re­gar­dée près de 10 mil­lions de fois sur YouTube ! L’ar­tiste ukrai­nienne pré­sen­te­ra cette oeuvre le 22 jan­vier au Théâtre des Champs-…ly­sées, ac­com­pa­gnée par l’Or­chestre Lamoureux. En­tre­tien.

quo­ti­dien­ne­ment. Je ne me suis ja­mais au­tant exer­cée qu’à cet âge parce que j’en avais l’en­vie et les ca­pa­ci­tés.

Votre père a été votre pre­mier pro­fes­seur. Est-ce dif­fi­cile de tra­vailler avec un de ses pa­rents ?

«a n’a pas été tous les jours évident… Dif­fé­ren­cier le père du pro­fes­seur est mis­sion im­pos­sible ! Je tra­vaillais sou­vent avec lui tard le soir, après qu’il eut don­né ses propres cours. S’oc­cu­per d’un en­fant lors­qu’il est plus de 22 heures, alors qu’on est soi-même fa­ti­gué et qu’on a dé­jà plu­sieurs heures de pia­no dans les doigts, ce­la ne va pas sans ten­sion. Heu­reu­se­ment, mes pa­rents sont de grands mu­si­ciens aux goûts as­sez proches. Je n’avais donc pas deux sons de cloche ! Et puis, qui d’autre qu’eux pou­vait mieux me com­prendre et me faire pro­gres­ser ? Je res­sens cette confiance au­jourd’hui en­core lorsque je re­tourne en Ukraine et que je joue à nou­veau avec eux. Ce sont des liens ex­trê­me­ment forts.

Par la suite, vous avez étu­dié avec Mi­chel So­gny…

Oui, je de­vais avoir 13 ans quand je l’ai ren­con­tré [Mi­chel So­gny en­tend An­na Fe­do­ro­va au Conser­va­toire de Kiev, lors d’une audition. Il l’in­vite à la Villa Schind­ler, en Au­triche, puis à Pa­ris, où elle tra­vaille deux ans avec lui, ndlr]. Je quit­tais pour la pre­mière fois mon pays. Sa pé­da­go­gie et no­tam­ment ses re­cueils de pièces comme les Pro­lé­go­mènes à une ei­dé­tique mu­si­cale sont par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­caces pour af­fû­ter si­mul­ta­né­ment la tech­nique et la so­no­ri­té. Grâce à lui, j’ai don­né mes pre­miers ré­ci­tals.

… Puis avec Leo­nid Mar­ga­rius, à Imo­la, en Ita­lie. Com­ment avez-vous fait sa connais­sance ?

Mon père et Leo­nid Mar­ga­rius avaient étu­dié en­semble au Conser­va­toire de Mos­cou. Ce pro­fes­seur m’a ai­dée à dé­ve­lop­per l’ap­proche ar­tis­tique de mon jeu, m’en­cou­ra­geant à ne pas avoir une ex­pres­si­vi­té trop for­melle. Pour lui, chaque note doit par­ler, faire sens.

Vous avez éga­le­ment par­ti­ci­pé à de nom­breuses classes de maître, avec Al­fred Bren­del, par exemple…

À New York, j’ai même par­ti­ci­pé à 16 le­çons consé­cu­tives avec des en­sei­gnants dif­fé­rents. Il ne faut pas le faire lorsque vous êtes ado­les­cent, sur­tout si vous pré­sen­tez les mêmes mor­ceaux. Chaque pro­fes­seur en pro­po­se­ra en ef­fet une vi­sion per­son­nelle et ce­la risque de vous per­tur­ber. Avec l’âge et un peu d’ex­pé­rience, cet in­con­vé­nient de­vient un atout,

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