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Pianiste - - PIANOS À LA LOUPE -

Sol­stice Fy SOCD321/44. 24 CD. 1951-1984. 26 h 42’ en­vi­ron

e cof­fret re­pré­sente un ma­gni­fique té­moi­gnage dont les jeunes gé­né­ra­tions de pia­nistes de­vraient pui­ser ma­tière à ré­flexion. Il y a tout d’abord le choix du ré­per­toire, qui fut à la source du pia­no fran­çais : la mu­sique al­le­mande (de Bach à Brahms), Cho­pin et Liszt, ain­si que les com­po­si­teurs ap­par­te­nant à l’uni­vers so­nore de l’ar­tiste, Ra­vel, De­bus­sy, entre autres. Il y a en­suite l’em­preinte de l’école de pia­no d’Al­fred Cor­tot. Une école im­bi­bée dans un environnement mu­si­cal, comme le dé­crit par­fai­te­ment l’au­teur du li­vret, Fré­dé­ric Gaus­sin, qui réunit, entre autres, des jeunes filles douées: Mar­celle Meyer, Cla­ra Has­kil, Guio­mar No­vaes, etc. Il y a en­fin une personnalité. Yvonne Le­fé­bure est cu­rieuse de tout. Elle joue avec ce tou­cher per­lé, ne force ja­mais le son et pense la mu­sique avant de po­ser les doigts sur le pia­no. La tech­nique passe au se­cond plan comme si sa car­rière d’im­mense en­sei­gnante nour­ris­sait suf­fi­sam­ment son ima­gi­naire so­nore. Peu de pia­nos af­fichent une telle joie de vivre: des Fau­ré in­ouÔs de poé­sie, une fan­tai­sie de Schu­mann en état de lé­vi­ta­tion, « pé­dale forte au plan­cher », des Bach hors style et pour­tant évi­dents, l’un des les plus lents et ha­bi­tés du de Ra­vel, sans ou­blier des com­pa­rai­sons ins­truc­tives entre plu­sieurs ver­sions d’oeuvres. La pia­niste ne sa­vait pas ré­sis­ter à son ir­ré­pres­sible exal­ta­tion qui bri­sait le cadre for­mel d’un ap­pren­tis­sage, mot dont elle n’avait pas re­te­nu les deux der­nières syl­labes. Depuis les an­nées 1970, Fran­çois et Yvette Car­bou ont por­té le legs de l’in­ter­prète avec pas­sion. En quête de do­cu­ments, ils ont ajou­té à leurs vo­lumes dé­jà pa­rus une quin­zaine d’in­édits ex­traits des archives de l’Ina. La mis­sion est ac­com­plie.

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