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Pianiste - - SOMMAIRE - Propos re­cueillis par Stéphane Frié­dé­rich

…vé­ne­ments, fes­ti­vals, par­ti­tions, livres…

Cette an­née, le pia­niste al­le­mand pré­side le Concours in­ter­na­tio­nal de pia­no Clara Has­kil et il est l’un des grands in­vi­tés du Festival et de l’Aca­dé­mie de mu­sique de Zer­matt. Nous lui avons de­man­dé de nous par­ler de ces deux ma­ni­fes­ta­tions suisses aux­quelles il est par­ti­cu­liè­re­ment at­ta­ché.

Quelles sont les spé­ci­fi­ci­tés du Concours Clara Has­kil ? J’ai ac­cep­té la pré­si­dence de ce concours après avoir par­ti­ci­pé à nombre d’épreuves en tant que ju­ré. Je suis sé­duit par l’âme de cette com­pé­ti­tion qui met en lu­mière la mu­si­ca­li­té des can­di­dats bien plus que leur vir­tuo­si­té. Au cours de son his­toire, celle-ci a tou­jours ré­com­pen­sé de grands ar­tistes, de Ch­ris­toph Eschen­bach à Mi­chel Dal­ber­to en pas­sant par Ri­chard Goode et Adam La­loum ; au­tant de mu­si­ciens avec une im­mense sen­si­bi­li­té, peut-être même une fra­gi­li­té que je qua­li­fie­rais de « pré­cieuse ». Le pro­blème avec cer­tains concours pres­ti­gieux, c’est que sou­vent, le Pre­mier Prix joue très bien pen­dant cinq ans, puis il dis­pa­raît de la scène. Or, la ma­tu­ri­té d’un pia­niste et son style propre s’épa­nouissent à 40 ou 50 ans. C’est à cet âge que l’on sait si le prix ob­te­nu vingt ans au­pa­ra­vant était jus­ti­fié.

Avez-vous ap­por­té des mo­di­fi­ca­tions au rè­gle­ment du concours ?

Cette an­née, j’ai chan­gé les règles, no­tam­ment en in­cluant des …tudes de Cho­pin. Re­dou­tables …tudes qui, jouées au sens lit­té­ral du terme par le can­di­dat, l’éli­minent de fac­to ! L’an pas­sé, j’étais un peu dé­çu et on n’a pas don­né de prix. Mais, pour cette édi­tion, nous avons sé­lec­tion­né deux can­di­dats sup­plé­men­taires, soit 26 mu­si­ciens sor­tis des éli­mi­na­toires. Le ni­veau est très éle­vé et, entre nous, une di­zaine de pia­nistes me pa­raissent dé­jà meilleurs que les fi­na­listes de la pré­cé­dente sai­son. J’ai tou­jours ai­mé ce concours, tout comme ce­lui de Gé­za An­da que je pré­si­de­rai en 2018, à Zurich.

Quelles oeuvres avez-vous im­po­sées ?

En ce qui concerne les com­po­si­teurs contem­po­rains, nous pro­gram­mons une pièce de Ni­co­las Ba­cri, après celles de Bru­no Man­to­va­ni et Thomas Adès. L’an­née pro­chaine, nous pro­po­se­rons pro­ba­ble­ment une oeuvre de Thier­ry Es­caich. Pour le ré­per­toire « tra­di­tion­nel », nous avons sé­lec­tion­né les Gesänge der Frühe, une par­ti­tion ra­re­ment jouée, car tar­dive, de Schu­mann. Nous sommes loin du Car­na­val que la plu­part des pia­nistes connaissent bien. Les clés de l’in­ter­pré­ta­tion des Chants de l’aube sont au­tre­ment plus dif­fi­ciles à trou­ver. Vous par­liez de ma­tu­ri­té des in­ter­prètes. N’est-il pas pa­ra­doxal de leur de­man­der de jouer les Gesänge der Frühe, alors que la plu­part n’ont pas ac­quis le vé­cu né­ces­saire ? …vi­dem­ment, dans une telle épreuve, je n’at­tends pas des can­di­dats qu’ils ré­vèlent la ma­tière so­nore d’un Rich­ter ou d’un Kempff, mais je sais que les « vrais » ar­tistes pos­sèdent l’in­tui­tion des oeuvres. Adam La­loum en est l’illustration.

Par­lez-nous du Festival et de l’Aca­dé­mie de Zer­matt…

Je par­ti­cipe à nou­veau au Festival et à l’Aca­dé­mie dont les par­te­naires et les or­ga­ni­sa­teurs sont les mêmes que ceux du Concours Clara Has­kil. Ce qui m’in­té­resse, c’est de tra­vailler en pro­fon­deur avec des jeunes qui sont dé­jà pré­pa­rés par des membres du Phil­har­mo­nique de Ber­lin, le Scha­roun En­semble. Il y a un échange de qua­li­té, d’ap­pren­tis­sage du mé­tier. Cette an­née, j’ai pro­po­sé es­sen­tiel­le­ment des oeuvres de Schu­mann, des concer­tos, de la mu­sique de chambre et pour or­chestre.

Vous êtes pia­niste et chef d’or­chestre. Comment ré­par­tis­sez-vous vos ac­ti­vi­tés ?

Je donne quelques ré­ci­tals du­rant la sai­son, plus en­core pen­dant les fes­ti­vals. À la ren­trée, la di­rec­tion d’or­chestre s’im­po­se­ra dans mon plan­ning.

Quels sont vos pro­jets dis­co­gra­phiques ?

Calmes… Je ne res­sens pas pour l’ins­tant le be­soin d’en­re­gis­trer des pièces pour pia­no. Peut-être re­vien­drai-je à Haydn. L’an­née pro­chaine, je pro­gramme en ef­fet des ré­ci­tals avec trois so­nates de Haydn et deux suites de Bach. Pour or­chestre, c’est dif­fé­rent. Je songe no­tam­ment aux Lé­gendes de Dvorák dont il existe peu d’en­re­gis­tre­ments. En­core faut-il que je trouve un complément à cette par­ti­tion…

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