TOUCHES MAGYARES

Pianiste - - ACTUALITÉS ÉVÉNEMENTS - Propos re­cueillis par Stéphane Frié­dé­rich

Fon­da­trice et di­rec­trice du festival, Thé­rèse Fran­çais cé­lèbre de­puis vingt ans le com­po­si­teur hon­grois et ses nom­breux in­ter­prètes. Ren­contre avec une pas­sion­née du grand pia­no ro­man­tique.

Comment est né le festival ? Quand j’ha­bi­tais Londres, j’ad­mi­rais les pia­nistes – sur­tout russes – qui jouaient Liszt. Puis je me suis in­té­res­sée aux bio­gra­phies du com­po­si­teur, celles d’Alan Wal­ker, de Ro­land de Can­dé et de bien d’autres en­core. C’est la mu­sique et peut-être plus en­core le per­son­nage qui m’ont fas­ci­née : sa gé­né­ro­si­té et son ou­ver­ture sur les autres. Je sou­hai­tais donc mieux le faire connaître en France et le dé­fendre. Le coup d’en­voi du festival, en août 1998, a été gran­de­ment fa­ci­li­té par mon amitié avec le pia­niste ca­na­dien Marc-An­dré Ha­me­lin. Il m’a sui­vie dans cette aven­ture. Par ailleurs, tou­jours à Londres, j’avais fait l’ac­qui­si­tion d’un pia­no Fa­zio­li 278 qu’il a fal­lu trans­por­ter dans ce lieu ex­tra­or­di­naire qu’est le château Saint-Es­tève où se dé­roule la ma­ni­fes­ta­tion. Plus tard, mon ma­ri m’a of­fert un se­cond Fa­zio­li, le mo­dèle 212. Ces deux ins­tru­ments trônent dans deux en­droits, l’un dans l’Oran­ge­rie, l’autre au château. Ajou­tons un Broad­wood et un Erard de 1885. Ce der­nier est en­core uti­li­sé pour des concerts, moins le pre­mier.

Comment choi­sis­sez-vous les pia­nistes que vous in­vi­tez ?

Je les dé­couvre par­fois lors de grands concours. Bien sûr, nous ac­cueillons des mu­si­ciens vir­tuoses, mais plus en­core de vrais ar­tistes, en cher­chant un cer­tain équi­libre entre têtes d’af­fiche et jeunes ta­lents.

Quels sont les pia­nistes que vous êtes im­pa­tiente de re­ce­voir ?

Qui nous ont en­core échap­pé ? Par exemple, je pense à Ar­ca­di Vo­lo­dos et Bo­ris Be­re­zovs­ky. Il n’est pas tou­jours ai­sé de faire ve­nir des ar­tistes lorsque telle ou telle ma­ni­fes­ta­tion leur a fait si­gner des contrats d’en­ga­ge­ment ex­clu­sifs pour une pé­riode don­née. C’est très dom­ma­geable.

Par­lez-nous du pu­blic et de l’ave­nir du festival…

En termes de culture, il n’y avait pas grand-chose dans le Haut-Vau­cluse et nous avons eu la chance d’avoir le sou­tien de jour­naux ré­gio­naux. Nous avons ga­gné un pu­blic qui nous est res­té fi­dèle et qui vient par­fois de fort loin. Main­te­nir un tel festival est en­thou­sias­mant et… éprou­vant, car nous ne comp­tons que sur nous­mêmes et ne dis­po­sons d’au­cune aide pu­blique. C’est l’in­con­vé­nient et l’avan­tage à la fois quand on veut res­ter maître de son des­tin.

Les pia­nistes in­vi­tés: Flo­rian Noack, Va­nes­sa Be­nel­li Mo­sell (23 juillet), Ju­lie Al­ca­raz, Mau­ri­zio Ba­gli­ni (6 août), Dmi­try Sin, Go­ran Fi­li­pec (13), MarcAn­dré Ha­me­lin (20), Ele­na Ro­za­no­va et Ar­se­ny Ta­ra­se­vich-Ni­ko­laev (27), Liya Pe­tro­va (vio­lon) et Su­za­na Bar­tal (24 sep­tembre), Vé­rène An­dro­ni­kof (so­pra­no), Ch­ris­tiane Behn, Cord Gar­ben (pia­nos) (22 oc­tobre) du 23 juillet au 22 oc­tobre, liszt-en-pro­vence.com

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