Georg Frie­drich Hän­del

(1685-1759) Fan­tai­sie en ré mi­neur

Pianiste - - PÉDAGOGIE -

Cette pièce fut écrite pour cla­ve­cin. Georg Frie­drich Hän­del est né la même an­née que Jo­hann Sé­bas­tian Bach (en 1685) et, à cette époque, le contre­point était roi. Or, ce der­nier est l’art de me­ner des lignes mu­si­cales en­semble. C’est pour­quoi il est in­dis­pen­sable, si vous vou­lez ap­prendre fa­ci­le­ment cette mu­sique, d’exa­mi­ner les di­rec­tions des voix.

MES. 1-7

Lors­qu’on étu­die l’har­mo­nie et le contre­point, on ap­prend que les lignes mu­si­cales peuvent évo­luer soit en mou­ve­ment contraire (les voix s’écartent ou se rap­prochent l’une de l’autre), soit en mou­ve­ment pa­ral­lèle (en mon­tant ou en des­cen­dant), ou en mou­ve­ment oblique. Dans ce cas, une voix re­joue une même note, tan­dis que l’autre bouge. Re­pé­rer ces di­rec­tions des voix vous ai­de­ra beau­coup pour ap­prendre vos mor­ceaux. Il y a une rai­son à ce­la. Nos mains vont en di­rec­tion op­po­sée sur le cla­vier (pouces au centre des mains et pe­tits doigts vers le bord). Quand les mêmes notes vont dans le même sens, nous n’uti­li­sons donc pas les mêmes doigts et ce­la n’est pas na­tu­rel. C’est en consta­tant ce fait qu’un cer­tain Ha­non a ten­té, en com­po­sant d’in­nom­brables exer­cices, de dé­goû­ter des gé­né­ra­tions de pia­nistes de jouer du pia­no. Hé­las, il y est par­ve­nu en par­tie ! Mais jouer mille ca­hiers de Ha­non ne ser­vi­rait à rien, si l’on n’étu­die pas de la belle mu­sique. Il est tel­le­ment plus utile de tra­vailler une fugue de Bach ! Re­te­nons seule­ment que jouer du pia­no fait ap­pel à la co­or­di­na­tion des mains. Il s’agit d’un exer­cice de pen­sée et de ré­flexes. Ap­pli­quons. Me­sures n°1 à n°2, la ligne des basses des­cend. Elle joue Ré-Do #, tan­dis que la voix ai­guë monte Ré, Mi. Les voix s’écartent. Puis, me­sures n°3, n°4 et n°5, les voix des­cendent en pa­ral­lèle. Nous avons Ré, Do bé­carre, Si bé­carre à la basse et Fa, Mi, Ré à la voix du haut. Re­pé­rez ces di­rec­tions par­tout dans votre mor­ceau. En­suite, bien sûr, vous n’y pen­se­rez plus, ce se­ra pas­sé dans votre in­cons­cient, mais vous au­rez par­cou­ru une grande par­tie du che­min pour ac­qué­rir les ré­flexes !

MES. 13-15

Ca­dences. Les ca­dences sont les pi­liers de la mu­sique to­nale. Elles dé­li­mitent les étapes de notre voyage mu­si­cal. Pour jouer de mé­moire avec sû­re­té, il est fon­da­men­tal de les connaître par coeur. Ce mor­ceau est en ré mi­neur. Nous avons ici une ca­dence par­faite Sol -> La -> La - > Ré, c’est-à-dire sous-do­mi­nante, do­mi­nante, do­mi­nante, to­nique. La to­nique est le point fi­nal de notre voyage. Ex­pi­rez !

Phy­si­que­ment. Il faut que votre corps vive et res­pire avec le voyage de la mu­sique. Une des clés pour maî­tri­ser tech­ni­que­ment ce mor­ceau consiste à sen­tir où va la mu­sique, où la phrase se di­rige. Quand on fait un long voyage, s’ar­rête-t-on sans cesse pour s’as­seoir au bord du che­min ? Bien sûr que non, si­non on n’ar­rive ja­mais à des­ti­na­tion. Avant d’at­teindre la to­nique Ré, avan­cez.

MES. 16-21

Dé­ve­lop­pez votre res­sen­ti des har­mo­nies. Hän­del écrit ici ce que l’on nomme « une marche har­mo­nique », une for­mule dont les in­ter­valles se re­pro­duisent sur di­vers de­grés de la gamme. Ce­pen­dant, se­lon le de­gré, les ac­cords peuvent chan­ger de « cou­leur » : de­ve­nir ma­jeurs, mi­neurs, di­mi­nués, aug­men­tés, etc. Ici, nous al­lons de l’ac­cord de La (me­sure n°16) à

Ré mi­neur (me­sure n°17). Puis ce même en­chaî­ne­ment se re­pro­duit sur un autre de­gré, mais il abou­tit alors sur un ac­cord ma­jeur (Fa ma­jeur). Sen­tez la dif­fé­rence d’émo­tion. N’ayez pas peur du sol­fège, ni de la connais­sance des ac­cords ; elle sert à mieux res­sen­tir la mu­sique, à vivre avec elle et, donc, aus­si à la mé­mo­ri­ser.

13-21

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