Ga­briel Fau­ré

(1845-1924) Noc­turne n°1 en mi bé­mol mi­neur opus 33

Pianiste - - PÉ­DA­GO­GIE - 3. Jean-Mi­chel Nec­toux, Ga­briel Fau­ré – Les Voix du clair-obs­cur, Li­brai­rie Ar­thème, Fayard, 2008.

Il est évi­dem­ment im­pos­sible de ré­soudre en quelques conseils tous les pro­blèmes d’in­ter­pré­ta­tion et de tech­nique po­sés par une oeuvre aus­si belle et com­plexe que ce Noc­turne n°1 de Fau­ré. Voi­ci néan­moins quelques pistes. En pré­am­bule, sou­li­gnons que votre pre­mière tâche doit être un tra­vail d’écoute et d’oreille mu­si­cale. Nous sommes ici dans le do­maine de la mu­sique to­nale, mais aus­si mo­dale. Un grand com­po­si­teur comme Fau­ré joue avec la to­na­li­té et les modes an­ciens ; il s’éloigne, se rap­proche du ton prin­ci­pal comme d’un ai­mant qui tan­tôt nous at­tire, tan­tôt nous re­pousse. Son lan­gage peut dé­rou­ter ce­lui ou celle qui n’a ja­mais en­core joué son ré­per­toire. Ce qu’il convient d’abord de faire, c’est donc d’écou­ter du Fau­ré, d’ap­prendre à connaître et à ai­mer son oeuvre, à res­sen­tir les émo­tions conte­nues dans sa mu­sique.

MES. 1-8

Le le­ga­to, la base d’un beau jeu de pia­no. Ce qu’il faut faire avant tout pour rendre jus­tice à ce thème est de le jouer le plus le­ga­to pos­sible, en te­nant bien votre doigt d’une note à l’autre tout au long du phra­sé in­di­qué par Fau­ré. Rap­pe­lons ce qu’est jouer le­ga­to.

1. Jouer le­ga­to, c’est vou­loir que l’on per­çoive la conti­nui­té d’un son à l’autre. Même si le pia­no est un ins­tru­ment à per­cus­sion, il doit cher­cher à imi­ter le flux conti­nu de la voix hu­maine.

2. Du point de vue mé­ca­nique, le le­ga­to consiste à main­te­nir chaque touche abais­sée jus­qu’à la sui­vante, afin que l’étouf­foir ne re­tombe pas entre deux sons, ce qui in­ter­rom­prait la conti­nui­té de la ligne so­nore. Pour que « ça chante », ne quit­tez pas le Si bé­mol sous votre 5e doigt avant d’avoir le doigt dans le Ré bé­carre. Subs­ti­tuez, chan­gez le 5e par le 4e. Alors, seule­ment, en jouant le Ré, vous pour­rez lâ­cher le Sib. Pour ob­te­nir cette conti­nui­té d’une note à l’autre, sub­sti­tuer avec les doigts est ab­so­lu­ment né­ces­saire. Cho­pin ré­pé­tait : « Il faut

mul­ti­plier les sub­sti­tu­tions. » Or, comme le sou­ligne Jean-Mi­chel Nec­toux, émi­nent bio­graphe de

Fau­ré, « c’est le gé­nie de Cho­pin qui fas­cine vi­si­ble­ment le jeune mu­si­cien, et Fau­ré ai­mait à jouer ses Noc­turnes. [...] Fau­ré a pris pour mo­dèle l’écri­ture mé­lo­dique souple et or­ne­men­tée qui forme l’un des as­pects les plus ori­gi­naux du pia­nisme de Cho­pin ».3 3. En­fin, le le­ga­to vient aus­si du des­sin de la courbe de la phrase. Il ne faut ja­mais jouer deux notes suc­ces­sives avec la même in­ten­si­té. In­dé­pen­dance des voix. En outre, la dif­fi­cul­té est, ici, que Fau­ré a no­té, en même temps que ce chant le­ga­to, des notes lé­gè­re­ment dé­ta­chées à la par­tie mé­diane (un peu à la ma­nière de Schu­bert qui use sou­vent des points sur­mon­tés d’une liai­son). En­traî­nez votre in­dé­pen­dance. Dé­ta­chez, mais très peu, cette par­tie mé­diane. Gar­dez les pouces tout près du cla­vier. …cou­tez-vous et sen­tez.

MES. 23-30

Un po­co più mos­so ma non tan­to. Ce nou­veau mo­tif est de ca­rac­tère dra­ma­tique. Vi­sez une par­faite pré­ci­sion ryth­mique. Jean-Mi­chel Nec­toux sou­ligne l’ad­mi­ra­tion que Fau­ré avait aus­si pour Liszt et note que les ac­cords mas­sifs, lar­ge­ment

dé­cla­més du Pre­mier Noc­turne (2e mo­tif), ont quelque pa­ren­té avec le grand thème en ac­cords de la So­nate en si mi­neur de Liszt. …vi­tez ab­so­lu­ment de « ta­per » et ban­nis­sez tout son sec ou bru­tal. Cher­chez à ob­te­nir le son avec am­pleur et moel­leux, en usant de tout le poids de votre bras, que vous trans­fé­re­rez dans le cla­vier de­puis l’épaule. Sen­tez et écou­tez-vous.

Ne rac­cour­cis­sez pas la note brève. Nous avons tou­jours ten­dance à rac­cour­cir une note brève après une va­leur poin­tée. N’ava­lez pas la double-croche après le quart de sou­pir au 2e temps (Si bé­mol). Don­nez-lui son vrai poids et sa vraie du­rée, si­non le ré­sul­tat se­ra sec, au lieu d’être noble et puis­sant.

Liez bien avec les doigts en met­tant les bons doig­tés et en sub­sti­tuant comme in­di­qué. Ne vous conten­tez pas de l’usage de la pé­dale. Si l’on se contente de lier avec le pied au lieu de cou­ler d’un doigt à l’autre, ce­la s’en­tend beau­coup.

Res­pi­rez entre les phrases, non seule­ment avec les doigts (en cou­pant), mais aus­si avec la pé­dale : le­vez le pied, même briè­ve­ment. Un jeu qui ne res­pire pas ne peut pas émou­voir votre au­di­teur.

MES. 39-44

Mains croi­sées (= se di­ri­geant vers Sol ma­jeur). Ce pas­sage très doux, où les mains se croisent dans la nuance dolce, Do, Si-la, Do-si, LaSi, La-Sol…, semble ve­nu des limbes, dans une sorte de rêve. Jean-Mi­chel Nec­toux écrit à son pro­pos : « Fau­ré tient de son maître [Saint-Saëns] cette fa­cul­té que l’on dit ty­pi­que­ment fran­çaise d’écrire des pages en­tières à par­tir d’un mo­tif de quelques notes. Ain­si en est-il du mo­tif en écho du Pre­mier Noc­turne [me­sure n°39 et sui­vantes] construit sur une suc­ces­sion de cinq notes em­prun­tées à la gamme d’ut ma­jeur.» Pour ap­prendre ce pas­sage, com­pa­rez-le avec les me­sures ho­mo­nymes, n°62 et sui­vantes, qui se­ront en che­min vers La bé­mol ma­jeur. Ici, nous nous di­ri­geons vers Sol ma­jeur. Com­pa­rez les to­na­li­tés, sa­chez où vous al­lez exac­te­ment. Il n’y a pas de mé­moire mu­si­cale sans cette fa­cul­té d’avoir un plan des « thèmes et tons » dans la tête. C’est très im­por­tant si vous vou­lez em­bras­ser l’oeuvre par la pen­sée, l’avoir en vous ou, tout sim­ple­ment, la mé­mo­ri­ser.

Res­pec­tez les doig­tés. Les édi­tions de Fau­ré ne com­portent pas de doig­tés ou très peu. Dans notre ca­hier de par­ti­tions, nous vous en sug­gé­rons. Ceux-ci sont le fruit d’une vraie ré­flexion et per­mettent de lier par­fai­te­ment avec les doigts, sans faire illu­sion avec la pé­dale. Lier réel­le­ment avec les doigts ou comp­ter sur la pé­dale, ce­la n’a pas du tout le même ré­sul­tat. De plus, ce­la change tout pour votre mé­moire par les doigts. En ef­fet, ce que re­tiennent les doigts, ce ne sont pas des sons [

Fau­ré a écrit 13 Noc­turnes pour pia­no qui sont au­tant de chefs-d’oeuvre. Son Noc­turne n°1 opus 33 est pu­blié, en jan­vier 1883, par les édi­tion Ha­melle, puis dans une nou­velle édi­tion cor­ri­gée par le com­po­si­teur en 1924. En 1877 ce­pen­dant, ce­lui-ci écrit une lettre à Ma­rianne Viar­dot et fait al­lu­sion à un « mor­ceau de pia­no ». Il pour­rait s’agir d’une ma­zur­ka en si bé­mol, mais tout aus­si bien de ce Pre­mier Noc­turne en mi bé­mol ma­jeur, comme le sou­ligne Jean-Mi­chel Nec­toux, l’émi­nent bio­graphe de Fau­ré. Il est cer­tai­ne­ment bien an­té­rieur à sa pu­bli­ca­tion par son style en­core très ro­man­tique. Cette pièce est dé­diée à Mar­gue­rite Bau­gniès, avec la­quelle le mu­si­cien en­tre­tient une grande ami­tié. Mar­gue­rite, qui était l’épouse du sculp­teur Re­né de Saint-Mar­ceaux, re­ce­vait chaque ven­dre­di le nec plus ul­tra du monde des arts dans son sa­lon pa­ri­sien. Voi­ci en­core com­ment Jean-Mi­chel Nec­toux dé­fi­nit le Noc­turne en mi bé­mol mi­neur : « Ce Pre­mier Noc­turne est l’une des meilleures oeuvres de la jeu­nesse de Fau­ré ; un style s’y dé­fi­nit, une hau­teur d’ins­pi­ra­tion qui tranche sur la lé­gè­re­té des pages pia­nis­tiques fran­çaises en vogue en ce temps, ain­si qu’une écri­ture qui de­vait être dé­ve­lop­pée dans les nom­breuses pages des an­nées 1880. Elle dé­fi­nit un genre, de forme en­core tri­par­tite, ABA’, que le mu­si­cien al­lait dé­ve­lop­per tout au long de sa car­rière. C’est le gé­nie de Cho­pin qui fas­cine vi­si­ble­ment le jeune mu­si­cien. » De fait, on re­trou­ve­ra, dans notre étude, nombre de tour­nures de Cho­pin et, pour bien le jouer, comme le rap­pe­lait sans cesse le maître po­lo­nais, il nous fau­dra « chan­ter avec les doigts ». En une belle for­mule, Jean-Mi­chel Nec­toux ajoute en­core: « Le der­nier style de Cho­pin semble tendre la main au jeune Fau­ré. » Ce­pen­dant, les har­mo­nies ty­pi­que­ment fau­réennes sont aus­si dé­jà à l’oeuvre dans cette pièce, et il se­ra bon de fa­mi­lia­ri­ser notre oreille avec cer­taines tour­nures qui n’ap­par­tiennent qu’à ce grand gé­nie à la char­nière des XIXe et XXe siècles. Ce Noc­turne fut créé et joué pour la pre­mière fois en concert, le 21 fé­vrier 1885, par la pia­niste Ma­rie Jaëll. [ iso­lés, mais des in­ter­valles, des es­paces entre les doigts. Faites cet ef­fort de jouer le plus le­ga­to pos­sible avec le seul se­cours du tou­cher. « Ai­mez » le cla­vier d’une note à l’autre, jus­qu’à ce que votre dé­sir de mu­si­ca­li­té ne fasse plus qu’un avec vos doigts. Ce­la construi­ra aus­si votre mé­moire.

Nuance et poids. Dans ce pas­sage, Fau­ré a no­té p (pia­no) pour la main droite et pp (pia­nis­si­mo) pour la main gauche qui croise. Res­pec­tez ce do­sage. …cou­tez-vous. Sen­tez le poids que vous met­tez dans cha­cun de vos bras, à tra­vers vos pulpes de doigts. Quelle est la « di­rec­tion har­mo­nique » ? Me­sure n°39, au dé­but de ce thème ve­nu du ciel, Fau­ré ex­pose l’har­mo­nie de Do ma­jeur. Ce­pen­dant, ce Do ma­jeur n’est pas un ac­cord qui pose ni qui abou­tit. Au contraire, il s’agit d’une har­mo­nie en de­ve­nir. Elle se di­rige vers la to­na­li­té de Sol ma­jeur, dont notre Do ma­jeur n’est que la sous-do­mi­nante. Ce­la pro­duit un en­chaî­ne­ment que l’on nomme « pla­gal ». Ha­bi­tuez votre oreille à cet en­chaî­ne­ment. Sur l’har­mo­nie de Do, sus­pen­dez votre jeu, comme si vous étiez plon­gé(e) dans l’at­tente et une sorte d’ex­tase. N’as­seyez rien: vous consta­te­rez qu’il est alors plus fa­cile de croi­ser les bras.

MES. 73-82 Le pas­sage en cres­cen­do pas­sion­né.

Doig­tés. Res­pec­tez les doig­tés in­di­qués. Un bon doig­té a deux ver­tus. Pre­miè­re­ment, il pré­pare la main à ce qui vient en­suite et, deuxiè­me­ment, il la re­laxe en la ra­mas­sant et en rap­pro­chant les doigts.

Mé­na­gez votre cres­cen­do. Ne jouez pas trop fort trop tôt. Fau­ré va ac­croître la ten­sion peu à

peu. Mal­gré la nuance gé­né­rale forte et le cres­cen­do, ne don­nez pas votre pas­sion, ni trop de son, avant d’at­teindre le point culmi­nant qui n’ar­rive que me­sure n°80, sur le ff, si­non vous vous épui­se­rez mo­ra­le­ment et phy­si­que­ment en pure perte. Pre­nez bien les basses dans la pé­dale. La basse est le fon­de­ment so­nore du jeu. Sa­chez tou­jours chan­ter vos basses. At­tra­pez-les dans la pé­dale. N’ôtez pas votre doigt de la touche avant d’avoir re­des­cen­du votre pied. Nous n’avons pas beau­coup de temps pour ce­la, il faut avoir le « pied ra­pide ». Fau­ré a no­té « Mar­ca­to », puis « Sempre

mar­ca­to » pour ces basses. Sou­li­gnez-les. Ren­dez ferme votre 5e, 4e ou 3e doigt. Mé­di­tez sur les doig­tés que nous avons conseillés.

En­chaî­ne­ments in­ha­bi­tuels. Ha­bi­tuez votre oreille aux en­chaî­ne­ments. Fau­ré use sou­vent des ca­dences pla­gales (IVe de­gré - > Ier de­gré). En ef­fet, il passe aus­si sou­vent au IIIe de­gré d’une to­na­li­té et notre écoute n’est pas fa­mi­lière de ces en­chaî­ne­ments. Par exemple, des me­sures n°74 à n°75, Fau­ré en­chaîne l’ac­cord de Mi bé­mol mi­neur à ce­lui de Sol bé­mol ma­jeur. Il passe donc du Ier au IIIe de­gré. Nous n’avons pas l’ha­bi­tude d’en­tendre ce­la. Jean-Mi­chel Nec­toux écrit en­core : « L’am­bi­va­lence, le glis­se­ment sont ain­si ins­crits au coeur même du lan­gage har­mo­nique de Fau­ré ; on en vou­drait en­core pour preuve les jeux si fré­quents sur le IIIe de­gré, le de­gré mo­dal par ex­cel­lence, en lan­gage to­nal, que le mu­si­cien se plaît à mo­di­fier au dé­tour d’une phrase pour en faire jouer l’équi­voque ma­jeur-mi­neur. » Ne « tom­bez pas » de la main avec les basses, lorsque vous ve­nez d’une touche noire et que vous al­lez vers une touche blanche. Nous rap­pe­lons sans cesse qu’il ne faut pas as­seoir la main quand la fonc­tion har­mo­nique est sus­pen­sive. Ici, la ten­ta­tion est vive d’écra­ser notre jeu, car la nuance gé­né­rale est forte et le cli­mat psy­cho­lo­gique, ten­du, pas­sion­né. Mais si vous apla­tis­sez votre jeu sur les do­mi­nantes ou les de­grés faibles avant le point maxi­mal de ten­sion (le « cli­max », me­sure n°80), si vous cas­sez le poi­gnet vers le bas, au lieu d’ob­te­nir un son ample, vous n’ar­ri­ve­rez qu’à vous épui­ser phy­si­que­ment et men­ta­le­ment, et à faire des fausses notes. At­ten­tion à l’har­mo­nie !

MES. 86-87 Le trait en triples-croches ra­pides. Pour être agile dans ce pas­sage brillant et ra­pide.

1. Voyez l’har­mo­nie. Il s’agit de l’ac­cord de ques­tion­ne­ment Sib, Ré, Fa, Lab. Donc, si vous vou­lez que vos doigts soient agiles et li­bé­rés du poids de votre bras, n’as­seyez pas votre jeu. Ne flan­chez pas de la main, même sur les touches blanches en ve­nant des touches noires (de Sib à Fa… de Sib à Ré). Jouez en des­cen­dant le doigt, [

[ mais pas le poi­gnet. 2. Ap­pre­nez vos notes des temps ain­si que le doig­té des notes des temps :

Fa bé­carre, 5e doigt gauche - > Ré bé­carre, pouce droit - > Ré bé­carre plus ai­gu, pouce droit. 3. Ba­lan­cez votre trait à trois temps. Sen­tez les 2e et 3e temps moins lourds que le 1er temps.

MES. 94-101 A tem­po : ré­ex­po­si­tion du thème

Le thème re­vient ici comme au dé­but, en une poi­gnante ré­mi­nis­cence du pas­sé. Beau­coup de choses se sont dé­rou­lées de­puis le com­men­ce­ment de l’oeuvre. La vie s’est écou­lée, les joies et les peines ont lais­sé leur em­preinte sur le thème, et c’est pour­quoi il ré­ap­pa­raît ici, étof­fé d’une riche par­tie ac­com­pa­gnante en doubles-croches. Il ne faut pas ra­len­tir, mais gar­der cette douce pul­sa­tion,

tou­jours égale. Jean-Mi­chel Nec­toux note : « La pul­sa­tion est ré­gu­lière chez Fau­ré… Le can­ta­bile fau­réen s’anime d’ac­cents dé­pla­cés, de rythmes contra­riés, et l’on peut même avan­cer que le mu­si­cien pra­tique une sorte d’art du dé­ca­lage. [...] Cet as­pect ap­pa­raît très tôt dans son oeuvre, dès la ré­ex­po­si­tion du Pre­mier Noc­turne, et s’y dé­ve­loppe par­ti­cu­liè­re­ment dans son der­nier style où il prend sou­vent la forme de “re­tards” ex­pres­sifs du contre­point. » Il y a donc ici, en ef­fet, un beau dé­ca­lage par l’ac­com­pa­gne­ment en écho du thème. Com­ment faire pour ne pas ra­len­tir ?

1. Liez bien la par­tie su­pé­rieure en res­pec­tant les doig­tés qui per­mettent de sub­sti­tuer. Ils sont la condi­tion d’un vrai le­ga­to avec les doigts.

2. Jouez et ba­lan­cez votre mu­sique à trois temps (un temps fort, deux temps faibles). Si vous jouez tous les temps aus­si fort, la dé­pense d’éner­gie se­ra trop grande et vous cris­pe­rez votre main.

3. Ne le­vez pas les pouces. Jouez-les le plus près pos­sible du cla­vier, ne les éloi­gnez pas des touches, mal­gré la ré­pé­ti­tion des notes au mi­lieu.

4. …cou­tez-vous afin de bien at­tra­per chaque note de votre pouce droit dans la pé­dale. Certes, il faut l’ôter vi­ve­ment, puisque cette même note doit être re­jouée aus­si­tôt par le pouce gauche. Mais, jus­te­ment, la dif­fi­cul­té est là. Si vous l’en­le­vez trop tôt, avant d’avoir re­des­cen­du votre pied, votre jeu se­ra sec. On le voit net­te­ment ici : la tech­nique vient au­tant des doigts que de l’écoute, de la co­or­di­na­tion entre la main et le pied.

39-44

73-82

94-101

86-87

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