CA­MILLE SAINT-SAÀNS (1835-1921)

Pianiste - - HIFI LE CHOIX DE LA RÉDACTION -

Con­cer­to pour pia­no et or­chestre n°3. Rhap­so­die d’Au­vergne. Afri­ca. Wed­ding Cake Ro­main Des­charmes (pia­no), Or­chestre sym­pho­nique de Malmö, dir. Marc Sous­trot Naxos 8.573477. 2015. 57’

Ce deuxième vo­lume confirme les qua­li­tés de Ro­main Des­charmes, mais aus­si l’ap­proche de Marc Sous­trot, ici plus dy­na­mique que dans le disque pré­cé­dent. Tous deux savent par­fai­te­ment mettre en évi­dence le vif-ar­gent so­nore du pia­no de Saint-Saëns. Avec eux, sa mu­sique ne se ré­duit pas au simple brio. On y dé­cèle par­fois tout ce qui ca­rac­té­ri­se­ra la mu­sique fran­çaise de la gé­né­ra­tion sui­vante, les iri­sa­tions so­nores, les pré­cieux al­liages de timbres, le goût pour les sub­tiles ré­so­nances. Tout ce­la est d’au­tant plus in­té­res­sant que les oeuvres de ce pro­gramme n’ont pas né­ces­sai­re­ment très bonne réputation. Le Con­cer­to n°3 est bien moins connu et joué que les n°2, n°4 et n°5. Or, il ren­ferme des pas­sages mer­veilleux, no­tam­ment le dé­but, très im­pres­sion­niste dé­jà, et l’An­dante, très ex­pres­sif et ori­gi­nal. Quant au fi­nale, son en­joue­ment mé­rite mieux que le mé­pris de ceux qui n’y voient qu’un air de danse sans no­blesse. Les trois autres ou­vrages ne sont pas moins in­té­res­sants. La Rhap­so­die

d’Au­vergne mêle le brio le plus ébou­rif­fant à des pas­sages plus graves et nobles.

Afri­ca est un mor­ceau pé­tu­lant, qui n’a que de loin­tains rap­ports avec la mu­sique arabe (!), mais on ne lui dé­nie­ra pas le sens du rythme et de la cou­leur (lo­cale ?). Quant au « ca­price-valse »

Wed­ding Cake, c’est une pièce mon­tée nup­tiale dé­diée à une pia­niste vir­tuose, pleine de vi­va­ci­té et d’hu­mour. Tout ce­la est plus plai­sant que pro­fond, mais il y a un temps pour tout.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.