ERNST KRENEK (1900-1991)

Pianiste - - HIFI LE CHOIX DE LA RÉDACTION - Jérémie Bi­go­rie

Con­cer­to pour pia­no n°4. Con­cer­to pour deux pia­nos. Double Con­cer­to pour vio­lon et pia­no. Pe­tit Con­cer­to pour pia­no et orgue Mi­khail Korz­hev, Eric Hueb­ner (pia­nos), Nu­rit Pacht (vio­lon), Adrian Par­ting­ton (orgue),

En­glish Sym­pho­ny Or­ches­tra, dir. Ken­neth Woods Toc­ca­ta Clas­sics TOCC 0392. 2016. 1 h 04’

Un do­dé­ca­pho­nisme qui s’aco­quine avec le jazz, un ar­ti­sa­nat is­su de la grande tradition ger­ma­nique, une or­ches­tra­tion adap­tée au brio des pha­langes amé­ri­caines, un zeste de valse : ce deuxième vo­lume des concer­tos pour pia­no d’Ernst Krenek nous montre le com­po­si­teur – à l’époque exi­lé dans ce qui se­ra sa se­conde pa­trie – en proie à la nos­tal­gie de son pays na­tal et à des in­fluences sty­lis­tiques ve­nues de tous ho­ri­zons. Une ten­dance no­table vers l’es­prit du di­ver­ti­men­to ca­rac­té­rise tou­te­fois cette ul­time sé­rie d’oeuvres concer­tantes. Le Con­cer­to pour pia­no n°4 mé­ri­te­rait d’être da­van­tage connu, tant il réa­lise une fu­sion émi­nem­ment réus­sie d’ar­ti­fices contra­pun­tiques, de vir­tuo­si­té di­gi­tale et de bonne hu­meur. Par­ti­cu­liè­re­ment ex­tra­ver­ti, le Con­cer­to pour deux pia­nos (dont Mi­tro­pou­los a di­ri­gé la pre­mière, aux cô­tés du duo War­ren-Whit­te­more, à New York) mêle fox-trot, pa­ro­die de marche… et une citation de « O sole mio » ! Aus­si bien Stra­vins­ky (ob­jec­ti­vi­té néo­clas­sique) que Berg (échos vien­nois) pour­raient se re­con­naître dans le Double Con­cer­to pour vio­lon et pia­no, en réa­li­té une sé­rie de six va­ria­tions sur un thème à douze sons, tan­dis que le plus an­cien Lit­tle Con­cer­to

for Pia­no and Or­gan (1940), au ton plus confi­den­tiel et à l’ins­tru­men­ta­tion trans­pa­rente, dé­gage une sa­veur néo­ba­roque. L’in­ter­pré­ta­tion du pia­niste Mi­khail Korz­hev est à sa­luer pour son sens des cou­leurs et des contrastes, à des an­nées­lu­mière de la « gri­saille » à la­quelle cette mu­sique est as­so­ciée… même si l’on peut tou­jours lui re­pro­cher son manque de per­son­na­li­té. Ken­neth Woods im­prime,

de son cô­té, beau­coup de re­lief à l’En­glish Sym­pho­ny Or­ches­tra.

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