SÉ­LEC­TION DES PIA­NOS DROITS ET À QUEUE PA­NO­RA­MA DES MO­DÈLES, MARQUES ET FAC­TEURS DE PIA­NOS RE­TE­NUS

L’offre est abon­dante: pour 2017, nous avons re­cen­sé pas moins de 202 mo­dèles di­men­sion­nels de pia­nos à queue et 205 autres de pia­nos droits dis­po­nibles sur le mar­ché fran­çais. Ils sont ré­par­tis dans 50 marques! Une plé­thore d'ins­tru­ments pour un mar­ché e

Pianiste - - PIANISTE -

LLes marques. La plu­part des pia­nos portent le nom de grands fac­teurs, sou­vent eu­ro­péens ou ja­po­nais. Mais cer­tains fac­teurs his­to­riques ont dis­pa­ru ou ces­sé leur ac­ti­vi­té. Leur nom, ou « brand name », a alors été ac­quis par de grands groupes qui achètent, en Asie, des pia­nos sans marques, fa­bri­qués dans d’im­menses usines de pro­duc­tion de masse comme Pearl Ri­ver. Ces ins­tru­ments n’ont plus au­cun point com­mun avec les pia­nos d’époque des fac­teurs d’ori­gine. Quelques « marques », dont le nom a sou­vent été créé avec une conso­nance ger­ma­nique, sont ap­po­sées sur des mo­dèles, sur­tout en en­trée de gamme. Plu­sieurs usines asia­tiques pro­duisent donc des pia­nos, sou­vent très si­mi­laires, pour le compte de dif­fé­rents fac­teurs.

La sé­lec­tion de Pia­niste. Nous avons sé­lec­tion­né 26 pia­nos droits et 28 pia­nos à queue. Les grands pia­nos de concert ne font pas par­tie de notre sé­lec­tion. Nous avons tes­té chaque pia­no pré­sen­té. La plu­part d’entre eux ont été ré­com­pen­sés du la­bel « Maes­tro ». Les autres ont re­çu des ap­pré­cia­tions très po­si­tives. Le la­bel « Maes­tro » ap­pré­cie la qua­li­té et le rap­port qua­li­té­prix de l’ins­tru­ment. Les pia­nos sé­lec­tion­nés cor­res­pondent aux at­tentes de la qua­si-to­ta­li­té des pia­nistes, de l’en­fant dé­bu­tant au pia­niste pro­fes­sion­nel en pas­sant par l’étu­diant du conser­va­toire de ni­veau avan­cé. Les pia­nos à queue d’une grande taille, jus­qu’au trois­quarts-de-queue sont plus gé­né­ra­le­ment des­ti­nés aux pe­tites ou moyennes salles de concert. Cha­cun trou­ve­ra, dans notre sé­lec­tion, le pia­no cor­res­pon­dant à ses sou­haits et son bud­get. Nous pri­vi­lé­gions les pia­nos de vrais fac­teurs, d’ex­pé­rience an­ces­trale, et des ins­tru­ments fiables, du­rables et de bonne er­go­no­mie. Ces mo­dèles sont conçus en Eu­rope (Al­le­magne, Ré­pu­blique tchèque, Au­triche, France, etc.), mais aus­si au Ja­pon, ou en Co­rée. Les sites de pro­duc­tion sont des usines ap­par­te­nant aux marques ou fa­bri­quant sous le contrôle réel des fac­teurs. Par­fois, pour cer­taines sé­ries, ils sont im­plan­tés en In­do­né­sie ou en Chine. Les pia­nos 100 % chi­nois, pour les­quels le sui­vi de la qua­li­té de pro­duc­tion est en­core dé­fi­cient, n’ont pas été re­te­nus. At­ten­tion aux « as­sem­blages »! Il ne suf­fit pas d’ins­tal­ler une mé­ca­nique, des têtes de mar­teaux, une table d’har­mo­nie et des cordes al­le­mandes sur une base de pia­no chi­noise, pour que l’ins­tru­ment soit de qua­li­té. Une par­faite adé­qua­tion entre le cla­vier et la mé­ca­nique, du point de vue de la ci­né­ma­tique (lon­gueur des dif­fé­rents le­viers, choix op­ti­mal des masses des têtes de mar­teaux, bom­bé de la table d’har­mo­nie), est né­ces­saire. Ces ins­tru­ments « as­sem­blés » n’ont pas été re­te­nus. Dans le do­maine des pia­nos droits, nous pré­sen­tons aus­si les mo­dèles les plus abou­tis des très grands fac­teurs et dans leur hau­teur maxi­male. Des pia­nos droits d’ex­cep­tion, com­ble­ront les pia­nistes exi­geants ne dis­po­sant pas de la place né­ces­saire pour ac­cueillir un pia­no à queue. Ces ins­tru­ments offrent des so­no­ri­tés ty­pées et une puis­sance si­mi­laire à celle de quarts-de-queue. Ces grands mo­dèles peuvent être do­tés, sou­vent sur op­tion, de la pé­dale cen­trale to­nale (sos­te­nu­to), un mé­ca­nisme dé­li­cat à ins­tal­ler. Les pia­nos à queue, d’un bud­get et d’un en­com­bre­ment glo­ba­le­ment su­pé­rieur aux pia­nos droits de qua­li­té si­mi­laire, ont été clas­sés se­lon leur lon­gueur, ou pro­fon­deur, en quatre ca­té­go­ries: pe­tits quarts-de-queue, grands quarts-de-queue, de­mi-queues et trois­quarts-de-queue. Voi­ci une liste non ex­haus­tive des prin­ci­paux fac­teurs re­te­nus et des marques qui leur sont as­so­ciées. Al­le­magne : Groupe Bechstein (C. Bechstein, Bechstein, W.Hoff­mann Pro­fes­sio­nal, W.Hoff­mann Tradition, W.Hoff­mann Vi­sion, Zim­mer­mann), Groupe Blüth­ner (Blüth­ner, Haess­ler, Rö­nisch, Irm­ler), Au­gust Förs­ter, Gro­trianS­tein­weg, Schim­mel (Schim­mel Kon­zert K, Schim­mel Clas­sic C, Wil­helm Schim­mel), Sau­ter, Sei­ler (Sei­ler, Eduard Sei­ler, Jo­hannes Sei­ler), Wilh. Stein­berg (Si­gna­ture, No­mos, Ei­sen­berg), Stein­way & Sons Fa­mi­ly (Stein­way & Sons, Bos­ton, Es­sex).

Ré­pu­blique tchèque : Pe­trof (Pe­trof, An­ton Pe­trof). Au­triche : Bösendorfer, Feu­rich. France: Cha­vanne, Pau­lel­lo. Ita­lie: Fazioli (uni­que­ment des pia­nos à queue). Ja­pon : Ka­wai (Ka­wai, Shi­ge­ru Ka­wai, pro­duit aus­si les pia­nos Bos­ton), Ya­ma­ha (Ya­ma­ha, Kemble, usines au Ja­pon et en In­do­né­sie). Co­rée

du Sud: Sa­mick (usines en In­do­né­sie), Young Chang (pro­duit les pia­nos Es­sex).

Chine : usines de Pearl Ri­ver et d’Hai­lun pro­dui­sant no­tam­ment des pia­nos sous di­verses marques (Feu­rich, Zim­mer­mann, Ritmül­ler, Keil­berg).

LES SPÉCIFICITÉS DES PIA­NOS DROITS ET DES PIA­NOS À QUEUE

Pia­nos droits

Les di­men­sions du pia­no droit : tous les pia­nos sé­lec­tion­nés com­prennent un cla­vier de 88 notes. La hau­teur : les pia­nos pré­sen­tés vont de 109 cm à 145 cm; les di­men­sions les plus

cou­rantes sont au­tour de 121 cm, les mo­dèles de cette taille étant sou­vent mu­si­ca­le­ment bien équi­li­brés. Des pia­nos moins hauts ont moins de puis­sance et des basses moins af­fir­mées. Le tou­cher est en gé­né­ral lé­gè­re­ment plus lourd et ferme sur les grands pia­nos, la masse des élé­ments mo­biles étant su­pé­rieure. De plus, les touches de cla­vier sont plus longues que celles des pia­nos plus com­pacts, moins pro­fonds. Elles offrent un meilleur contrôle en fond de touche, l’en­fon­ce­ment étant plus im­por­tant. Cer­tains pia­nos de pe­tite taille n’offrent pas un es­pace suf­fi­sant sous le cla­vier pour les longues jambes ; nous les avons re­je­tés. Les très grands pia­nos droits peuvent être équi­pés d’une pé­dale to­nale, ce qui est im­pos­sible sur un pe­tit droit pour des rai­sons géo­mé­triques.

La pro­fon­deur : la ri­gi­di­té né­ces­saire de l’en­semble har­mo­nique n’im­plique pas for­cé­ment l’em­ploi d’un so­lide bar­rage en bois à l’ar­rière de l’ins­tru­ment ; un cadre mé­tal­lique bien des­si­né, de type au­to­por­teur, peut à lui seul as­su­rer cette fonc­tion. Au-de­là de 120 cm de hau­teur, il de­vient in­dis­pen­sable de le do­ter d’un bar­rage, for­mé par de so­lides poutres ver­ti­cales en bois, par­fois en X, comme chez Gro­trian-Stein­weg, en com­plé­ment du cadre mé­tal­lique.

La lar­geur : la lar­geur d’un cla­vier de 88 notes est de 124 cm. La pré­sence des blocs de cla­vier et des oreilles la­té­rales ac­croît cette lar­geur de l’ordre de 145 cm.

Les consoles : la pré­sence de consoles ac­croît la sta­bi­li­té des pia­nos droits et per­met la pré­sence de rou­lettes. Seuls quelques pe­tits pia­nos droits ne dé­pas­sant pas 110 cm ou quelques mo­dèles de­si­gn sont sans consoles.

Pia­nos à queue

Tous les pia­nos à queue pro­po­sés ont un cla­vier de 88 notes. Il n’existe pas de vraie norme sur l’ap­pel­la­tion des pia­nos à queue : on évo­quait dans le pas­sé les « cra­pauds »; il s’agis­sait en fait de pia­nos dont la pro­fon­deur était in­fé­rieure à leur lar­geur. Comme la lar­geur nue du cla­vier de 88 notes est de 123 cm, à la­quelle on ajoute celle de deux blocs la­té­raux, la lar­geur de la plu­part des pia­nos à queue est d’en­vi­ron 145 cm. Il n’existe au­jourd’hui au­cun pia­no à queue de moins de 145 cm de pro­fon­deur. Les cra­pauds ont dis­pa­ru du mar­ché. On parle au­jourd’hui de quarts-de-queue, de de­mi­queues, de trois-quarts-de-queue et de grands pia­nos de concert. Le do­maine des quartsde-queue est très vaste, de 150 cm à 199 cm. D’une fa­çon un peu ar­bi­traire, nous consi­dé­re­rons deux fa­milles dans les quarts-de­queue: les pe­tits quarts, de 150 à 174 cm, et les grands quarts, de 175 à 199 cm. Le do­maine des de­mi-queues s’étend de 200 cm à 219 cm ; de 220 cm à 249 cm, on par­le­ra de trois-quarts-de-queue. Cette lon­gueur, qui est la pro­fon­deur to­tale du pia­no, cla­vier in­clus, condi­tionne glo­ba­le­ment la puis­sance so­nore po­ten­tielle de l’ins­tru­ment, car elle dé­fi­nit une lon­gueur de cordes et une sur­face de la table d’har­mo­nie.

QUE CHOI­SIR: UN PIA­NO DROIT OU UN PIA­NO A QUEUE?

On peut dé­bu­ter le pia­no avec un pe­tit pia­no droit d’études bon mar­ché. Quand le ni­veau pro­gresse, il fau­dra pas­ser à une gamme d’ins­tru­ments de mu­si­ca­li­té et de du­ra­bi­li­té su­pé­rieure, soit un pia­no droit plus noble, soit un pia­no à queue, voire un ins­tru­ment de pres­tige… si les moyens fi­nan­ciers le per­mettent!

L’avan­tage des pia­nos droits sur les pia­nos à queue

L’en­com­bre­ment au sol : il est d’évi­dence in­fé­rieur, la pro­fon­deur n’ex­cé­dant ja­mais 60 cm (150 cm au mi­ni­mum pour un pia­no à queue).

La per­cep­tion so­nore : elle est par­fois plus agréable sur un pia­no droit, car, à son point dé­mis­sion, le son est plus proche des oreilles du pia­niste. Le pu­pitre : gé­né­ra­le­ment plus bas et plus proche du cla­vier, il fa­ci­lite la lec­ture.

L’avan­tage des pia­nos à queue sur les pia­nos droits

La sta­bi­li­té des ré­glages: elle est mieux as­su­rée par le fait que la mé­ca­nique est conçue pour frap­per les cordes par-des­sous. Le nombre de res­sorts pou­vant s’user est donc li­mi­té par rap­port aux pia­nos droits.

La ré­pé­ti­tion fa­cile : la mé­ca­nique des pia­nos à queue mo­dernes est do­tée du « double échap­pe­ment ». La ré­pé­ti­tion des notes est donc ai­sée. La touche n’a pas be­soin d’être en­tiè­re­ment re­le­vée, ce qui n’est pas le cas sur la qua­si-to­ta­li­té des pia­nos droits. La pé­dale gauche « una cor­da » qui mo­di­fie le timbre : l’ac­tion sur cette pé­dale douce fait dé­pla­cer la­té­ra­le­ment l’en­semble cla­vier­mé­ca­nique, les mar­teaux se dé­ca­lant face aux cordes. Le jeu s’en trouve plus di­ver­si­fié, ce qui n’est pas le cas sur les pia­nos droits. La pré­sence sys­té­ma­tique d’une pé­dale cen­trale « to­nale » ou « sos­te­nu­to » : tous les pia­nos à queue ac­tuels com­portent cette pé­dale qui sé­lec­tionne des ré­so­nances sub­tiles.

L’es­thé­tique et l’er­go­no­mie : l’ar­ron­di d’un pia­no à queue en forme d’aile (« Flü­gel » en al­le­mand) est splen­dide. La lyre des pé­dales, sou­vent éloi­gnée de la ver­ti­cale du cla­vier, offre un meilleur confort. La vi­sion du pia­niste vers d’éven­tuels par­te­naires mu­si­caux est fa­ci­li­tée. En­fin, vi­suel­le­ment, le vide lais­sé entre le sol et le bas de la cein­ture du pia­no à queue est d’une grande élé­gance.

La sta­bi­li­té au sol : la pré­sence ha­bi­tuelle de trois pieds as­sure une sta­bi­li­té op­ti­male par rap­port aux pia­no droits qui sont pla­cés sur rou­lettes ou pa­tins.

LE CHOIX DU MO­DÈLE

Le lieu où se­ra ins­tal­lé le pia­no (pe­tit sa­lon, salle de cours, au­di­to­rium), son usage (pia­niste ama­teur, étu­diant, ins­tru­ment de tra­vail pour un pro­fes­sion­nel, école, salle de concert, stu­dio d’en­re­gis­tre­ment), le type de so­no­ri­té sou­hai­té, le bud­get en­vi­sa­gé condi­tion­ne­ront le choix de l’ins­tru­ment. Ajou­tons de nom­breux dé­tails qui té­moignent d’une fi­ni­tion plus ou moins raf­fi­née: les chan­freins, la do­rure du cadre, la cou­leur des feutres ap­pa­rents, la qua­li­té de mi­roir des laques, du re­vê­te­ment du cla­vier. N’ou­blions pas non plus le bar­rage en bois, la table d’har­mo­nie et la struc­ture de la cein­ture du pia­no (queue), mais aus­si la pré­sence d’une ser­rure, d’un ra­len­tis­seur de cy­lindre, d’un pu­pitre à mul­tiples po­si­tions d’in­cli­nai­son (queue), d’une bé­quille à trois po­si­tions d’un po­si­tion­ne­ment ai­sé (queue), de rou­lettes ef­fi­caces… Des

men­tions ras­surent, telles que « De­si­gned by Stein­way & Sons » ou « Made by C. Bechstein Eu­rope ».

La qua­li­té des com­po­sants est im­por­tante : la struc­ture har­mo­nique, no­tam­ment les bois de la table d’har­mo­nie et des che­va­lets, la qua­li­té des cordes acier et fi­lées, che­villes, la concep­tion du som­mier, la pré­sence d’échelles Du­plex (queue), le re­nom de la marque de cer­tains élé­ments, comme les têtes de mar­teaux ou les mé­ca­niques (Abel, Ren­ner), le cla­vier (Kluge, Lau­khuff). Cer­tains fac­teurs pro­duisent eux-mêmes presque tous les élé­ments du pia­no (Ya­ma­ha, Ka­wai). D’autres sont da­van­tage des as­sem­bleurs et s’ap­pro­vi­sionnent pour cer­tains com­po­sants ou sous-en­sembles au­près de so­cié­tés sous-trai­tantes spé­cia­li­sées, avec des ca­hiers des charges plus ou moins stricts. Si un pia­no neuf à bas prix ne se dis­tingue guère de vi­su d’un pia­no très haut de gamme, c’est dans son po­ten­tiel

mu­si­cal, sa fa­ci­li­té de jeu et le main­tien de ses qua­li­tés dans la du­rée que se fe­ra la dif­fé­rence. L’es­thé­tique se­ra en­fin l’un des élé­ments dans le choix du pia­no, pour qu’il s’in­tègre bien dans son en­vi­ron­ne­ment.

In­con­tour­nables et nou­veaux mo­dèles de droits

Cer­tains pia­nos, comme le Ya­ma­ha U1 et, plus ré­cem­ment, le pe­tit Ya­ma­ha b1, sont des best-sel­lers mon­diaux pour la pra­tique ama­teur. Quelques mo­dèles très haut de gamme, tels que le grand Stein­way K-132 ou le C. Bechstein 8, ont été long­temps les ré­fé­rences des pia­nos droits. Les fac­teurs ne cessent de pro­po­ser de nou­veaux mo­dèles, de toutes tailles et de dif­fé­rents ni­veaux de qua­li­té, pour ré­pondre aux sou­haits des pia­nistes. Le rap­port qua­li­té-prix est de plus en plus in­té­res­sant. Mais at­ten­tion : cer­tains ins­tru­ments à prix trop bas, sur­tout en pro­ve­nance de Chine, ont une du­ra­bi­li­té beau­coup trop courte. Les risques de pannes et sou­vent de pro­blèmes graves sur leur struc­ture ap­pa­raissent.

In­con­tour­nables et nou­veaux mo­dèles de pia­nos à queue

Le Stein­way B-211 existe de­puis plus de cent vingt ans ! Si la forme du meuble et le plan de cordes ont à peine évo­lué, il a bé­né­fi­cié de quelques amé­lio­ra­tions ponc­tuelles (mon­tage des pieds fa­ci­li­té, pu­pitre re­pen­sé, ma­té­riaux nou­veaux). Chez la plu­part des autres fac­teurs, les gammes de leurs pia­nos à queue ont été en­tiè­re­ment re­nou­ve­lées, ces der­nières an­nées : nou­velle pro­fon­deur, nou­veau plan de cordes, nou­veaux com­po­sants… On constate une ten­dance ré­cente (Ka­wai, Schim­mel, Ya­ma­ha) à l’al­lon­ge­ment des touches des pe­tits pia­nos à queue, pour une sen­sa­tion proche de celle des grands mo­dèles de concert. Par ailleurs, le tou­cher et le confort de jeu sont presque tou­jours au ren­dez-vous. Des pia­nos comme les Bösendorfer, qui étaient il y a trente ans ré­pu­tés comme lourds à jouer, ont été gran­de­ment amé­lio­rés dans ce do­maine. La plu­part des bre­vets des pia­nos Stein­way sont tom­bés dans le do­maine pu­blic et les fac­teurs concur­rents ne se privent pas au­jourd’hui d’uti­li­ser les tech­niques qui as­su­raient une cer­taine su­pé­rio­ri­té à cette marque my­thique. Cer­tains fac­teur mar­gi­naux, tel le Fran­çais Ste­phen Pau­lel­lo, pro­posent des ins­tru­ments ex­cep­tion­nels, car conçus d’une fa­çon non conven­tion­nelle, à l’en­contre des idées re­çues en ma­tière de fac­ture pia­nis­tique : re­tour aux cordes pa­ral­lèles, table d’har­mo­nie sans charge, struc­ture en « sand­wich ».

LES PRIX ET LEURS CRI­TÈRES

Sur les 60 marques pro­po­sées en France, nous avons sé­lec­tion­né des pia­nos pro­ve­nant d’une ving­taine d’entre elles, sé­rieuses ou de longue tradition. Une di­ver­si­té qui rend pos­sibles des ni­veaux de prix très va­riables pour une même di­men­sion de pia­no. Les prix des pia­nos droits s’éche­lonnent de 3 000 à 40 000 eu­ros, soit un rap­port de 1 à 13, dans la même ébé­nis­te­rie noir brillant, alors qu’ils com­portent le même nombre de pièces ! Pour les pia­nos à queue, ils com­mencent à 7 500 eu­ros pour un pe­tit quart-de-queue chi­nois et at­teignent 160 000 eu­ros pour un grand pia­no de concert! Ces énormes dif­fé­rences de prix s’ex­pliquent par la no­to­rié­té des marques, le coût de la main-d’oeuvre, la qua­li­té des fi­ni­tions, sou­vent très in­égales. Cer­tains fac­teurs de grand re­nom ont re­cours à des moyens de pro­duc­tion mo­dernes, comme les ma­chines à com­mande nu­mé­rique, mais ré­servent cer­taines opé­ra­tions es­sen­tielles (har­mo­ni­sa­tion, ré­glages fins…) à des per­son­nels hau­te­ment qua­li­fiés. Le prix dé­pend aus­si de la qua­li­té très va­riable des ma­té­riaux uti­li­sés dont les bois (table d’har­mo­nie, par exemple) et les com­po­sants et sou­sen­sembles em­ployés (l’en­semble cla­vier­mé­ca­nique, par exemple). La forme du meuble et l’ébé­nis­te­rie pro­pre­ment dite in­fluent éga­le­ment beau­coup sur le coût. Ajou­tons la pé­da­le­rie (en bois, elle est plus chère qu’en mé­tal), cer­tains ac­ces­soires (ra­len­tis­seur de cy­lindre, ser­rure, rou­lettes, hy­gro­mètre, etc.).

Le choix en fonc­tion de l’usage. On peut dé­bu­ter le pia­no avec un pe­tit pia­no d’études bon mar­ché, mais le ni­veau pro­gres­sant, on res­sent le be­soin de pas­ser dans une gamme de mu­si­ca­li­té et de du­ra­bi­li­té su­pé­rieure.

Les fi­ni­tions. Si la plu­part des pia­nos sont pré­sen­tés en noir brillant, d’autres teintes sont dis­po­nibles, telles que le blanc, l’ivoire ou des cou­leurs plus au­da­cieuses. De nom­breuses fi­ni­tions sont aus­si pro­po­sées, jus­qu’aux bois de pla­cage, par­fois pré­cieux, comme dans la Crown Je­wels Se­rie de Stein­way & Sons ou la Su­preme de Blüth­ner. Le meuble peut être clas­sique ou ro­co­co, Chip­pen­dale, Ré­gence, She­ra­ton, mo­derne ou d’un de­si­gn per­son­na­li­sé…

De­si­gn et sé­ries li­mi­tées. Pia­niste pré­sente ré­gu­liè­re­ment les nou­veaux pia­nos de­si­gn, en par­ti­cu­lier dans les n°66, n°90, n°100 et n°101). Ci­tons en quelques-uns: C. Bechstein (Sphynx, B 212 Ster­ling, Do­ré, Ch­rome Art), Bos­ton (Blues), Blüth­ner (Crys­tal, Poul Hen­ning­sen, Pia­nette, Lu­cid), Bösendorfer (Au­di De­si­gn, Hum­ming­sbird, Coc­teau, Klimt, Bee­tho­ven, Opus 50 000,), Col­mann (Avion, Ga­let), Fazioli (M. li­mi­nal, F228 Aria, Gold Leaf), Ga­ry Pons (Plexart), Gro­trian-Stein­weg (Sam­ba), Maene (Dou­tre­ligne Se­ven 7), Pe­trof (Ma­gic Egg, Sa­bri­na), Pleyel (Peu­geot De­si­gn Lab, Ales­si­do, Era­to Hu­ma­num Est, Oda­lisque), Ste­phen Pau­lel­lo (Opus 102), Sau­ter (Pe­ter Ma­ly: Vi­vace, Am­biente, Ac­cen­to, Concent), Schim­mel (Pe­ga­sus, Ni­ko­laus Schim­mel), Stein­grae­ber & Söhne (Ut­zon), Stein­way & Sons (Fi­bo­nac­ci, Ara­besque, John Len­non, He­li­co­nia/ La­lique). Des marques de moyen de gamme, comme Kemble ou Irm­ler, ont à leur ca­ta­logue de nom­breux pia­nos spé­ciaux. Ceux­ci sont en gé­né­ral plus chers que les mo­dèles de base, et les dé­lais peuvent être longs…

Sys­tème si­len­cieux ? Près de 90 % des pia­nos neufs ven­dus en ré­gion pa­ri­sienne dis­posent d’un sys­tème si­len­cieux ! La pos­si­bi­li­té de cette op­tion est par­fois dé­ci­sive dans le choix du mo­dèle (voir Pia­niste n°106).

En­tre­te­nir son pia­no. Ache­tez votre pia­no au­près d’un re­ven­deur com­pé­tent, apte à bien pré­pa­rer l’ins­tru­ment (ac­cord, ré­glage, har­mo­ni­sa­tion) et à le faire li­vrer. Pré­voyez un bud­get pour son en­tre­tien ré­gu­lier : ac­cords tous les six mois, au pire tous les ans, sans ou­blier les cor­rec­tions de ré­glage et l’har­mo­ni­sa­tion à réa­li­ser après quelque temps d’uti­li­sa­tion. Vous veille­rez à pla­cer votre pia­no loin d’un point de chauf­fage et à l’abri de la lu­mière di­recte. Dans les cas dif­fi­ciles, votre re­ven­deur vous conseille­ra pour la mise en place d’un hu­mi­di­fi­ca­teur, voire, dans les cas ex­trêmes, d’un sys­tème de type « Dampp-Cha­ser » qui main­tien­dra votre pia­no dans des condi­tions op­ti­males d’hy­gro­mé­trie. Il vous don­ne­ra aus­si les in­for­ma­tions pour le net­toyage du meuble et du cla­vier.

Ac­ces­soires. Il vous fau­dra in­ves­tir dans une ban­quette ou un ta­bou­ret ré­glable de bonne qua­li­té (so­li­di­té, fa­ci­li­té de ré­glage, ab­sence de bruit), une lampe ou un sys­tème d’éclai­rage des par­ti­tions et du cla­vier (bonne ré­par­ti­tion ré­gu­lière de la lu­mière), un mé­tro­nome mé­ca­nique ou élec­tro­nique (d’un bon ni­veau so­nore ré­glable).

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