Triade ro­man­tique à Royau­mont

Pianiste - - ACTUALITÉS ÉVÉNEMENTS -

Belle idée que de ras­sem­bler des pianos his­to­riques au­tre­ment que dans un mu­sée ! Une heu­reuse ini­tia­tive du Fes­ti­val de Royau­mont qui a consa­cré, le di­manche 1er oc­tobre, une jour­née aux mo­dèles ro­man­tiques concoc­tée par la di­rec­trice du pro­gramme cla­viers, Syl­vie Bré­ly. Trois concerts se sont en­chaî­nés l’après-mi­di, met­tant en va­leur ceux de la col­lec­tion Ed­win Beunk. Le pu­blic a dé­cou­vert les so­no­ri­tés gra­ciles d’un Broad­wood 1807 à cinq oc­taves sous les doigts de la pia­niste Lau­ra Fer­nan­dez Gra­ne­ro, dans un pro­gramme Cle­men­ti et Bom­tem­po. Le deuxième concert, notre coup de coeur, a re­créé l’at­mo­sphère d’un sa­lon ro­man­tique où l’on jouait les oeuvres sym­pho­niques en ver­sion de chambre. L’ex­cellent en­semble Hexa­mé­ron a don­né une in­ter­pré­ta­tion co­lo­rée, tout en vi­gueur et en vi­va­ci­té, de la Deuxième Sym­pho­nie de Bee­tho­ven, trans­crite par Hum­mel pour pia­no, vio­lon, flûte et vio­lon­celle, et en­tre­cou­pée, comme ce­la était cou­tume, de ro­mances et de pièces di­verses. Un pia­no La­gras­sa de 1815, aux so­no­ri­tés rondes et frui­tées, très ho­mo­gène, a trou­vé son éclat sous le tou­cher ex­pert de Lu­ca Mon­te­bu­gno­li. Le der­nier concert met­tait en scène un ma­gni­fique Pleyel de 1842 dans un pro­gramme Cho­pin et Fran­chomme, avec Edoar­do Tor­bia­nel­li au cla­vier et Fer­nan­do Cai­da Gre­co au vio­lon­celle : une so­no­ri­té de ve­lours somp­tueuse, hé­las étouf­fée dans le vaste ré­fec­toire des moines. L’ac­cord par­fait du ré­per­toire et des ins­tru­ments, lui, n’a fait au­cun doute.

Edoar­do Tor­bia­nel­li et Fer­nan­do Cai­da Gre­co.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.