BEE­THO­VEN ET SES MAÎTRES

Pianiste - - ACTUALITÉS ÉVÉNEMENTS -

Le pia­niste a en­re­gis­tré ce pro­gramme ori­gi­nal chez Apar­té sur le fa­meux Opus 102 de Ste­phen Pau­lel­lo. En pré­lude à ses ré­ci­tals, ren­contre de l’ar­tiste chez le fac­teur d’ins­tru­ments.

Nous re­trou­vons Da­vid Bismuth chez le fac­teur d’ins­tru­ments, à Co­quin. Co­quin, vous connais­sez ? L’en­droit étonne. Un ha­meau aux portes de la Bour­gogne, au sud de Fon­tai­ne­bleau, non loin de Ville­thier­ry : le site de l’en­tre­prise ac­cueille de­puis peu un sho­wroom ou, plus exac­te­ment, une salle de concert et un stu­dio d’en­re­gis­tre­ment à la fois. C’est ici que le pia­niste a gra­vé son der­nier disque (et que Pia­niste en­re­gistre ses CD sous les doigts d’Alexandre So­rel). Le vo­lume des lieux im­pres­sionne, tout comme l’acous­tique, avan­ta­geuse. Ste­phen Pau­lel­lo évoque son fa­meux Opus 102 – pour 102 notes – que nous avons lar­ge­ment pré­sen­té (Pia­niste n°97). Ce mo­dèle est, rap­pe­lons-le, un pia­no « ré­vo­lu­tion­naire », non seule­ment en rai­son de ses cordes pa­ral­lèles et de ses nou­veaux bre­vets, mais aus­si parce qu’il a été pen­sé avec une ap­proche mu­si­cale nou­velle. Da­vid Bismuth nous le prouve aus­si­tôt en jouant quelques ex­traits de son al­bum « Bee­tho­ven et ses maîtres » qui suc­cède à son disque « Bach, père et fils ». Avant qu’il ne pose les doigts sur le cla­vier, on s’in­ter­roge sur ce que peut don­ner le ré­per­toire ba­roque et clas­sique avec un ins­tru­ment d’une telle puis­sance ; d’au­tant plus que Bee­tho­ven et Haydn sont au­jourd’hui sou­vent in­ter­pré­tés sur pia­no­forte. Sur l’Opus 102, le ré­sul­tat est sur­pre­nant, dé­rou­tant et en­thou­sias­mant. En ef­fet, avec un pia­no de cette taille (3 mètres !), la lon­gueur du son est in­éga­lée, la va­rié­té de cou­leurs in­ouÔe et la po­ly­pho­nie éton­nam­ment dé­fi­nie. On per­çoit une puis­sance prête à jaillir et, plus en­core, l’in­croyable ri­chesse des pia­nis­si­mi. « J’ai été très content de tra­vailler avec Da­vid qui a ex­plo­ré ce pia­no le plus pos­sible. On peut aus­si le tes­ter en mu­sique de chambre. Mais gare au pia­niste qui se lais­se­rait gri­ser par la puis­sance ! » nous confie Ste­phen Pau­lel­lo. Le jeu très per­lé et la pro­jec­tion aus­si nette que dé­li­cate du tou­cher de Da­vid Bismuth convainquent. Le pia­niste s’en­thou­siasme pour la per­son­na­li­té de l’ins­tru­ment : « En le jouant, j’ai en­ri­chi mon in­ter­pré­ta­tion, car ce pia­no ouvre notre ima­gi­na­tion so­nore. J’at­tends main­te­nant de l’es­sayer en condi­tion de concert. »

Da­vid Bismuth.

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