CLAS­SIQUES DU GRAND RÉ­PER­TOIRE

Pianiste - - ACTUALITÉS PARTITIONS, LIVRES -

Bach trans­crit au cla­ve­cin et des so­nates en sé­rie, les unes de Bee­tho­ven, dans le cadre d’une in­té­grale, ou les autres, tar­dives, de Haydn.

L’édi­teur al­le­mand a eu la riche idée de réunir en un al­bum les Suites, Par­ti­tas et So­nates de Bach ar­ran­gées par Gus­tav Leon­hardt (1928-2012) au cla­ve­cin. Il s’agit ici de par­ti­tions pour vio­lon seul (BWV 1001, 1002, 1004, 1005 et 1006), mais aus­si de Suites pour vio­lon­celle seul (BWV 1010, 1011, 1012) et, en­fin, de l’Al­le­mande pour flûte (BWV 1013) et de la Sa­ra­bande de la Suite pour luth (BWV 997). Le cé­lèbre cla­ve­ci­niste, chef et or­ga­niste réa­li­sa ces trans­crip­tions entre 1968 et 1978 avant de les en­re­gis­trer. On est sé­duit par la qua­li­té du tra­vail et l’in­tel­li­gence mu­si­cale dans la ré­par­ti­tion des voix aux mains. Cet exer­cice, ex­cep­tion­nel, laisse non seule­ment l’in­ter­prète libre de ses doig­tés, mais pré­serve sur­tout l’es­prit de l’oeuvre ori­gi­nale pour cordes seules. Bärenreiter pour­suit l’édi­tion de l’in­té­grale des So­nates de Bee­tho­ven avec cinq nou­veaux vo­lumes, sous la di­rec­tion de Jo­na­than Del Mar qui, une fois en­core, pro­pose un re­cueil par­ti­cu­liè­re­ment soi­gné dans l’étude des sources les plus ré­centes des oeuvres. Les com­men­taires cri­tiques (en an­glais et en al­le­mand) de­meurent pré­cieux. Les conseils, no­tam­ment en ce qui concerne la pé­da­li­sa­tion et le choix des tem­pi, des dy­na­miques et de l’ar­ti­cu­la­tion sont re­mar­quables. La mise en page est par­faite et les tournes ef­fi­caces. Le pre­mier al­bum réunit trois par­ti­tions de l’Opus 31, à sa­voir les So­nates en sol ma­jeur, ré mi­neur et mi bé­mol ma­jeur. Le deuxième re­cueil pré­sente la So­nate en fa dièse ma­jeur opus 78 et le der­nier est consa­cré à la So­nate en sol ma­jeur dite « Fa­cile ». L’Opus 31, ce­lui de la « Tem­pête », au­rait été com­po­sé après que Bee­tho­ven eut ache­vé la lec­ture de La Tem­pête de Sha­kes­peare. Dans une to­na­li­té ra­re­ment em­ployée chez le com­po­si­teur, la So­nate en fa dièse ma­jeur opus 78, en deux mou­ve­ments et d’une du­rée as­sez brève, était, pa­raî­til, l’une des plus ap­pré­ciées de Bee­tho­ven, au point qu’il la pré­fé­ra à celle dite « Clair de lune ». Ajou­tons trois So­nates opus 10, les trois pre­mières du cycle, ain­si que l’Opus 49 re­grou­pant deux autres So­nates « Fa­ciles ». Bern­hard Moos­bauer et Hol­ger M. Stüwe dé­dient un vo­lume aux so­nates tar­dives de Haydn. Huit en tout, Hob. XVI: 40, 41, 42, 48, 49, 50, 51 et 52. S’ajoute en an­nexe une ver­sion al­ter­na­tive du mou­ve­ment lent de la So­nate Hob. XVI: 50. Re­bec­ca Mau­rer en a as­su­ré les com­men­taires ain­si que les pro­po­si­tions de doig­tés. Les cha­pitres trai­tant du jeu sur pia­no­forte et abor­dant les ques­tions des or­ne­ments et du stac­ca­to mé­ritent d’être lus. Der­rière le pa­ravent du style « ga­lant », Haydn ma­nie dans toutes ces pièces l’hu­mour en maître. À l’ins­tar de Mo­zart, il sait l’art de la dis­si­mu­la­tion. Il pro­fite aus­si d’ins­tru­ments plus puis­sants comme ces pia­no­fortes sor­tis des ate­liers de Schanz et qui fa­vo­risent des contrastes plus mar­qués. Ses der­nières com­po­si­tions rompent avec le style de l’époque et pres­sentent dé­jà les pre­mières so­nates de Bee­tho­ven.

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