KV15­qq

Amadeus com­pose cette pe­tite danse à Londres, en 1764 ou 1765. Il a entre 8 et 9 ans.

Pianiste - - LE COIN DES AMATEURS -

Ce pe­tit me­nuet (un peu moins connu que les autres) est en Mi

bé­mol ma­jeur. Il faut donc que vous sa­chiez ce qu’il y a à la clé en Mi bé­mol ma­jeur : trois bé­mols. Si vous igno­rez tout de la to­na­li­té, vous vous trom­pe­rez tou­jours, vous ou­blie­rez des bé­mols. Et pour­quoi ne pas com­men­cer par ré­vi­ser votre gamme de Mi bé­mol ma­jeur ? Main­te­nant, re­gar­dons la pre­mière phrase :

Sib, Sol, Fa, Mib, Ré, Mib, Mib, Fa… Nous com­men­çons par le 4e doigt. C’est confor­table, car c’est un doigt long et nous en usons sur une touche noire du cla­vier (Sib). Comme l’a écrit Cho­pin : « La main, avec ses doigts longs et ses doigts courts, s’adapte par­fai­te­ment au cla­vier avec ses touches noires et blanches. »

Sen­tez les trois temps.

Nous sommes à trois temps. …cou­tez bien sur quelles notes – quels sons – tombe cha­cun des temps. Les notes des temps sont les bornes ki­lo­mé­triques le long de notre che­min mu­si­cal. Il faut les en­tendre et les dis­tin­guer des autres sons, bien faire la dif­fé­rence. Vous pou­vez vous exer­cer – non en met­tant des ac­cents sur les notes des temps (sur­tout pas !) –, mais en at­té­nuant pro­vi­soi­re­ment les notes qui sont entre les temps. C’est juste un exer­cice pré­pa­ra­toire pour votre oreille et pour bien re­laxer les doigts entre les temps. En­suite, il fau­dra bien sûr des­si­ner la courbe so­nore de la phrase, sa nuance, et la « chan­ter

avec les doigts », comme l’a sou­vent ré­pé­té Cho­pin, fervent ad­mi­ra­teur de Mo­zart ! Mais votre oreille et vos doigts au­ront re­te­nu quelles sont les notes des temps. Soi­gnez les appoggiatures. Ce con­seil se rap­porte à notre point gé­né­ral, « Avant de com­men­cer », page 42. Ici, dans la me­sure n°2, le Mi du pre­mier temps à la main droite ne fait pas par­tie de l’ac­cord de

Fa, Fa-La (Do) que Mo­zart a choi­si. Il est ce que l’on ap­pelle une « ap­pog­gia­ture ». Il faut ap­puyer cette note que l’on ap­pelle la « ten­sion » et di­mi­nuer la note sui­vante, nom­mée la « ré­so­lu­tion ». Comment faire ? On ne peut don­ner du poids à une note que si l’on pré­pare au préa­lable l’ap­pui par le geste. Sur la fin de la me­sure n°1 (sur les notes Ré-Mib, 2e et 3e doigts), jouez lié. Te­nez votre doigt d’une note à l’autre, mais al­lé­gez votre poids dans les touches, tout en li­bé­rant com­plè­te­ment la join­ture de votre poi­gnet. C’est parce que vous au­rez été lé­ger au­pa­ra­vant dans la touche, main un peu re­mon­tée, que vous pour­rez main­te­nant re­des­cendre et pe­ser sur la note im­por­tante : le Mi, pre­mière note de la me­sure n°2. Ap­prendre un mor­ceau, c’est donc aus­si as­si­mi­ler les bons gestes et les bonnes sen­sa­tions, celles qui cor­res­pondent à la mu­sique. Ap­pre­nez votre main gauche. Nous y re­ve­nons tou­jours : il est fon­da­men­tal de bien connaître votre main gauche par l’oreille, pour le nom des notes, de re­pé­rer les de­grés qu’elle joue et les ca­dences, de la jouer bien ryth­mée et nuan­cée. Mo­zart a in­di­qué

pour ce pas­sage. Jouez donc votre main gauche forte aus­si, si­non votre jeu se­ra maigre et tout pauvre. Ryth­mez-la à trois temps : ne jouez pas tout avec le même poids. Ba­lan­cez vos trois noires de main gauche avec les temps forts et les temps faibles dans le cas contraire, votre jeu res­sem­ble­ra plus à du bruit qu’à de la vraie mu­sique. Pour ré­pé­ter les notes sem­blables de cette main gauche, gardez le poi­gnet très souple, sen­tez la touche qui re­monte sous votre doigt et ne ré­pé­tez pas sè­che­ment. Sen­tez la main et écou­tez-vous.

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