En­vie de par­tir : Dé­part pour Tri­ni­dad et Ta­ba­go

Le ber­ceau du ca­lyp­so, du so­ca et du steel band

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Ren­contre avec Ju­lie JAR­NO, 22 ans, étu­diante en mas­ter In­ter­na­tio­nal De­ve­lop­ment à Sciences Po Pa­ris et aus­si fon­da­trice de Sciences Ô - Les Outre-mer à Sciences Po.

Je me suis ren­due à tri­ni­dad pour un stage au bu­reau ré­gio­nal de L’ONU. J’ai beau­coup ap­pré­cié ces deux mois où je vi­vais dans la ca­pi­tale. Les chaînes de mon­tagnes, au­des­sus de Port-of-spain, me rap­pellent ta­hi­ti. La po­pu­la­tion est prin­ci­pa­le­ment noire et in­dienne. On ne re­trouve ce­la qu’au su­ri­nam et Guya­na je crois dans la Ca­raïbes. J’ai pu me rendre à Die­go Martin, san Fer­nan­do, st-au­gus­tin et à la fa­meuse plage de Ma­ra­cas Bay, voir les tor­tues à Grande Ri­vière. J’ai pas­sé une fin de se­maine sur l’île de to­ba­go, c’est un très bel en­droit. J’ai pas­sé deux su­perbes mois car j’ai ren­con­tré des per­sonnes très sym­pa­thiques et j’ai pu dé­cou­vrir des as­pects de tri­ni­dad que je n’au­rais pu voir ailleurs. Cô­té mode de vie, les tri­ni­da­diens sont très créa­tifs, ils aiment mettre en avant de nou­veaux concepts de soi­rées. Ils sont éga­le­ment très spor­tifs. Beau­coup font de la ran­don­née, de la course, du cri­cket ou fré­quentent une salle de sport ré­gu­liè­re­ment. Pour la cui­sine, il y en a par­tout tout le temps. Ils sont très fiers de leur so­ca na­tio­nale qu’ils agré­mentent à toutes les sauces (il y a par exemple un chut­ney so­ca, éla­bo­ré par la com­mu­nau­té in­dienne). Leur nour­ri­ture est ex­cel­lente : riz et ha­ri­cots, plats in­diens... J’ai beau­coup ai­mé le rap­port des tri­ni­da­diens à leur mu­sique. Pas fa­cile de com­prendre l’an­glais tri­ni­da­dien ! J’étais sur­prise d’ap­prendre qu’ils avaient un créole très proche de ce­lui de Mar­ti­nique, le pat­wa. Le 14 juillet, à l’am­bas­sade, une cho­rale à chan­ter La Mar­seillaise en pat­wa. Mais cette langue se perd et reste prin­ci­pa­le­ment par­lée par les per­sonnes âgées.

On est rat­tra­pé par l’uni­vers an­glo-saxon avec le cri­cket.l’am­biance d’un match est juste phé­no­mé­nale ! Les gens vivent ce­la à 200% ! tri­ni­dad est aus­si le lieu où il y a un des trois cam­pus de L’UWI (Uni­ver­si­ty of West Indies), les deux autres étant à la Bar­bade et en Ja­maïque. Le sec­teur de la re­cherche est as­sez dé­ve­lop­pé et at­trac­tif. tri­ni­dad est le pays de la Ca­raïbe qui a le PIB par ha­bi­tant le plus éle­vé grâce no­tam­ment à son pé­trole. Beau­coup d’étran­gers y vivent: des Bar­ba­diens, Guya­niens, Bé­li­ziens, Vé­né­zué­liens, Ja­maï­cains, Mar­ti­ni­quais et Gua­de­lou­péens… A mon ar­ri­vée à l’hô­tel, j’ai ren­con­tré une tren­taine de doc­teurs cu­bains pré­sents dans le cadre d’un ac­cord de co­opé­ra­tion entre les deux ter­ri­toires. Plus tard, on m’a ex­pli­qué que tri­ni­dad et to­ba­go n’était pas le pays ayant le plus be­soin de cette co­opé­ra­tion sa­ni­taire. Les in­éga­li­tés sont as­sez criantes. Il y a des quar­tiers qui res­semblent à des bi­don­villes proches du centre et ces der­nières an­nées on m’a ex­pli­qué que la vio­lence avait aug­men­té. Les tri­ni­da­diens en sont les pre­miers sur­pris. Je pense que tri­ni­dad est vrai­ment une vraie des­ti­na­tion va­cances. si vous vou­lez vivre un mo­ment de pure fo­lie, al­lez-y pen­dant le Car­na­val. Les tri­ni­da­diens en parlent toute l’an­née. Même les mu­siques qu’ils écoutent le steel band no­tam­ment, sont celles du « pro­chain Car­na­val ». Fans de ran­don­nées ? Les pos­si­bi­li­tés of­fertes sont très va­riées. Fans de très belles plages ? to­ba­go est le lieu idéal. Ne man­quez pas le spec­tacle in­édit des tor­tues Luth qui pondent sur les plages du nord de l’île.

Tri­ni­dad et To­ba­go sont les îles les plus mé­ri­dio­nales des An­tilles. Elles sont si­tuées à 12 km au large du Venezuela et sont com­po­sées de 2 iles si­tuées à 35 km l’une de l’autre. tri­ni­dad est de 4827 km² et sa pe­tite soeur to­ba­go est 16 fois plus pe­tites 303 km². La po­pu­la­tion est es­ti­mée à 1 350 000 ha­bi­tants, la ca­pi­tale est Port of spain (Port-d’es­pagne), dans le pas­sé connue sous les noms de Puer­to de Es­paña et spa­ni­sh­town. scar­bo­rough est le chef-lieu de l’île de to­ba­go. La langue of­fi­cielle est l’an­glais et la mon­naie, le dollar tri­ni­da­dien

La Ré­pu­blique de tri­ni­dad-et-to­ba­go a ac­quis son in­dé­pen­dance du Royaume-uni le 31 aout 1962, elle est membre du Com­mon­wealth de­puis août 1962, membre de L’ONU (Or­ga­ni­sa­tion des Na­tions Unies), de L’OEA (l’or­ga­ni­sa­tion des États amé­ri­cains), de L’AEC (As­so­cia­tion des États de la Ca­raïbe) et de la CA­RI­COM (Ca­rib­bean Com­mu­ni­ty) de­puis 1973. 700 ans avant l’ar­ri­vée de Ch­ris­tophe Co­lomb à la tri­ni­té, les deux îles étaient peu­plées par des In­diens Ca­raïbes. tri­ni­té-et-to­ba­go doit son dy­na­misme éco­no­mique au pé­trole, ex­ploi­té de­puis la fin du XIXE siècle. Le pays pos­sède l’une des éco­no­mies les plus dy­na­miques de la ré­gion des An­tilles grâce no­tam­ment à la pro­duc­tion et au trai­te­ment de gaz na­tu­rel. 5e pro­duc­teur mon­dial de gaz na­tu­rel li­qué­fié, 1er ex­por­ta­teur mon­dial de mé­tha­nol et d’am­mo­niac. C’est aus­si un pays at­trac­tif pour les in­ves­tis­se­ments des en­tre­prises étran­gères. L’ac­ti­vi­té agri­cole est as­sez im­por­tante, ce­pen­dant, l’agriculture ne contri­bue qua­si­ment plus au PIB, le pays im­porte une bonne par­tie de ses res­sources ali­men­taires. La po­li­tique ac­tuelle du pays est au dé­ve­lop­pe­ment du tou­risme, pour l’ins­tant pro­por­tion­nel­le­ment moins im­por­tant que dans les autres îles des Ca­raïbes. Les ri­chesses sont in­éga­le­ment ré­par­ties, plus d’un

tri­ni­da­dien sur six, vit sous le seuil de pau­vre­té. Le haut de­gré de cri­mi­na­li­té re­pré­sente ce­pen­dant un pro­blème sé­rieux. En ma­tière de culture, le car­na­val est le pre­mier em­blème cultu­rel de tri­ni­dad. C’est aus­si le ber­ceau du ca­lyp­so, qui re­pré­sente une danse à deux temps qui rem­plit le même rôle sub­ver­sif que le car­na­val, dont la nais­sance date de l’an­née 1920. Le steel band est éga­le­ment né à tri­ni­dad dans les an­nées 1930 au sein de po­pu­la­tions d’an­ciens es­claves afri­cains, jouant sur des pans, des futs en mé­tal de 216 litres, uti­li­sés par l’in­dus­trie pé­tro­lière, trans­for­més en ins­tru­ment de per­cus­sions. Leurs fa­cettes sont in­éga­le­ment em­bou­ties puis mar­te­lées avec des pe­tites battes pour créer des ef­fets so­nores. Le so­ca est né dans les an­nées 1970, c’est une ver­sion plus ra­pide du ca­lyp­so. C’est la mu­sique la plus jouée lors du car­na­val de Port of spain.

texte : Phi­lippe MA­RIEL­LO Pho­tos : Ju­lie JAR­NO et Ma­rie-noëlle BRU­NOT

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