Ro­main Bar­guil et War­ren Bar­det

Planète Cyclisme - - ÉDITO - SOMMAIRE - Par Ar­mel Le Bes­con

De la “Wa­wa­ma­nia” à la “Bar­det­ma­nia”, il n'y a qu'un boyau sur la ligne. Entre les sup­por­ters de War­ren Bar­guil et les fans de Ro­main Bar­det, on ne fe­ra pas d'étude so­cio­lo­gique pour sa­voir le­quel ral­lie le plus de suf­frages chez les cols blancs ou im­prime en plus grand nombre du cô­té des cols bleus, car nos deux hé­ros font l'una­ni­mi­té dans le coeur de la France de juillet. Une France ma­gni­fique, des­vosges aux Alpes en pas­sant par le Jura, les Py­ré­nées et le Mas­sif Cen­tral. Quel spec­tacle sur la route, et cette beau­té des lieux à l'ins­tant T de ce re­por­tage où la Bar­det­ma­nia est vé­ri­ta­ble­ment née entre Lais­sac-sé­vé­rac L'église, une pe­tite com­mune de l'avey­ron où ça sent bon l'ali­got et la Fouace, en di­rec­tion du Puy-en-ve­lay at­teint après la tra­ver­sée des ma­jes­tueux pla­teaux de l'au­brac que le Tour de France avait jus­qu'alors to­ta­le­ment igno­rés. Entre les “Ça va Bar­det” et les “Vas-y Wa­wa”, les sup­por­ters ont été à la hau­teur de leurs cham­pions. Même Ch­ris­to­pher Froome y a trou­vé un cli­mat se­rein et apai­sé en dé­cla­rant : « J'ai eu beau­coup plus de sou­tien de la part des fans sur ce Tour de France que les autres an­nées. Le Tour est une course fran­çaise, en France, avec toute la tra­di­tion fa­mi­liale de juillet. » Yes sir ! Bon ! Quelques es­prits mal in­ten­tion­nés trou­ve­ront tou­jours un peu de dé­ma­go­gie dans ce type de pro­pos. Pour­tant, on peut le croire tant son équipe,team Sky, et lui-même se sont mon­trés plus abor­dables et moins ar­ro­gants en cor­ri­geant une image lar­ge­ment écor­née de­puis cinq ans dé­sor­mais et le dé­but d'un règne com­men­cé sous l'ère Brad­ley Wig­gins. Mais les Brits ont bais­sé d'un ton et Ch­ris Froome a dû se conten­ter du ser­vice mi­ni­mal pour rem­por­ter sa qua­trième cou­ronne à Pa­ris avec 54’’ d'avance sur le Co­lom­bien Ri­go­ber­to Uran et 2’20’’ sur Ro­main Bar­det. Tout ce­la va dans le bon sens, comme cette image du jeune Au­ver­gnat to­ta­le­ment KO à l'is­sue du contre-la-montre de Mar­seille, alors qu'il pré­ser­vait le po­dium pour une se­condes eu le ment. waaaooouuuh! Le Fi­ga­ro et les grands quo­ti­diens na­tio­naux se sont pris au jeu d'un rêve en jaune à Pa­ris avec Ro­main Bar­det. La France qui gagne n'était pas un mi­rage. Il fal­lait s'en convaincre. On ne peut pas vé­hi­cu­ler pen­dant 107 ans un pas­sé simple qui se ré­sume à Ber­nard Hi­nault. Lui-même ai­me­rait voir son suc­ces­seur dans cette vague bleue qui a dé­fer­lé sur le Tour 2017 avec 5 vic­toires d'étapes, un maillot à pois à Pa­ris avec le Bre­ton War­ren Bar­guil et un deuxième po­dium consé­cu­tif pour Bar­det. Nous ne se­rions pas éton­nés que des p'tits Bar­guil et Bar­det en puis­sance frappent à la porte des clubs à la ren­trée.tout com­mence par des imi­ta­tions et des rêves de gosse. War­ren, ado­les­cent, imi­tait le pis­to­le­ro Al­ber­to Con­ta­dor et rê­vait du maillot à pois de Ri­chard Vi­renque. Son rêve est de­ve­nu réa­li­té. Ce­lui de Ro­main de rem­por­ter le Tour est tou­jours en marche. De bonnes vagues bleues à tous cet été.

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