PIERRE LA­TOUR “Il est en­core plus fort qu’en 2017”

Planète Cyclisme - - VU PAR -

• Pla­nète Cy­clisme : Parle-nous de ton lea­der, de l’homme, de l’ami, du spor­tif… PL : Il est très pro­fes­sion­nel. C’est un exemple pour nous. Il fait tout ce qu’il fait à bloc. Quand on le voit par exemple sur toutes les re­cos, alors que l’on sort du Dau­phi­né, il ar­rive en­core à se mettre de grosses ces­sions (en deux jours, après le Dau­phi­né, l’équipe était en Mau­rienne puis dans l’oi­sans no­tam­ment sur le col de la Croix de Fer et la mon­tée de l’alpe-d’huez, où on a même vu Romain re­des­cendre de quelques vi­rages pour ré­cu­pé­rer Pierre La­tour, lar­gué, qui mon­tait à son rythme avec Guillaume Mar­tin et Mar­co Min­naard (Wan­ty-groupe Go­bert)).

• Tu as une place de plus en plus im­por­tante dans sa garde rap­pro­chée avec To­ny et Axel. Il y a un groupe au­tour de lui. On ar­rive à fonc­tion­ner pré­ci­sé­ment. Hors course, quand on ne se voit pas, on s’en­voie tou­jours des mes­sages et on reste connec­té. On suit tou­jours les ré­sul­tats des autres.

• As-tu une anec­dote le concer­nant ? (Il ré­flé­chit) L’an pas­sé, le der­nier jour du stage en Sier­ra Ne­va­da, on avait ral­lon­gé, ral­lon­gé. J’en pou­vais plus, j’en avais marre. Sur la fin, on pas­sait de­vant notre centre et on conti­nuait au-des­sus. Marre ! Je vou­lais ren­trer. Et Romain dit “Non, on fi­nit tous en­semble”. Du coup, pour me faire te­nir, j’ai dit “je fi­nis si on boit tous une bière après”. Il a dit “pas de pro­blème” ! Du coup, c’est ça qui m’a fait te­nir et Romain a payé sa bière à tous !

• Il épouse par­fai­te­ment le lea­der­ship ! Il re­garde tout, gère tout, a son avis sur tout comme sur la com­po des groupes de chaque course. Il es­saie d’avoir tout le temps les mêmes gens de confiance !

• Il peut ga­gner le Tour 2018 ? Je pense. Il est en­core plus fort qu’en 2017. On le voit sur les courses qu’il a dis­pu­tées. Il peut ga­gner le Tour, oui. Il n’y a pas de rai­son que ça ne marche pas, même si c’est une course tel­le­ment aléa­toire !

• Qu’est-ce qu’il a de plus que toi ? Il y a beau­coup de choses que je ne pour­rais pas faire. Si je monte vite sur une re­co­nais­sance comme celle-ci à l’alpe-d’huez, j’au­rai le contre­coup dans une ou deux se­maines. On sort du Dau­phi­né, je suis fa­ti­gué. Quand j’ai in­sis­té après le Ca­ta­logne pour al­ler au Pays Basque, j’ai fait en­core une grosse se­maine et ça m’a mis en tra­vers. Moi, il me faut vrai­ment des pé­riodes de ré­cup’ pour le phy­sique et la tête. Lui, il a be­soin de rou­ler ! Cha­cun est dif­fé­rent. Après le Dau­phi­né, il en a re­mis beau­coup sur les re­cos !

• Quel se­ra le se­cret de la réus­site pour Romain et sa garde rap­pro­chée sur ce Tour très dif­fi­cile ? La ré­gu­la­ri­té pri­me­ra comme le fait d’avoir un groupe fort comme au Dau­phi­né, où on a dé­sta­bi­li­sé les ad­ver­saires. Il faut es­sayer de bou­ger les lignes. Sky a son ha­bi­tude et son mode de fonc­tion­ne­ment. Quand on met de l’im­pré­vu, ça les per­turbe. C’est comme ça qu’on fe­ra ga­gner Romain !

• Le maillot blanc est-il dans le coin de ta tête quand on sait que tu dois être aus­si le der­nier homme avec Romain ? Je ne sais pas qui se­ront les ad­ver­saires. Comme au Dau­phi­né, l’ob­jec­tif se­ra d’ai­der Romain au max. Si j’y ar­rive, c’est que j’irai loin avec les lea­ders. Je n’en fais pas une ob­ses­sion face à Ber­nal, So­ler, Be­noot.tout peut ar­ri­ver en trois se­maines. Il faut prendre ça au jour le jour. Je n’ai qu’un Tour dans les jambes et une Vuel­ta. Le Tour bouffe tel­le­ment de jus ! Il faut que j’ar­rive à mieux gé­rer ma troi­sième se­maine, où l’an pas­sé j’étais au fond du trou. Je ver­rai si je suis ré­gu­lier avec Romain ! Cha­cun d’entre nous au­ra son rôle au quo­ti­dien. Il fau­dra être ca­pable d’ai­der Romain à tout mo­ment, même si ce n’est le mo­ment pré­vu et si ce ter­rain-là ne cor­res­pond pas à ton pro­fil.

“Après le Dau­phi­né, Romain était au-des­sus des temps de pas­sage pour le Tour. Sa pro­gres­sion de­puis jan­vier est énor me, sur les courses d’un jour et en mon­tagne. Il reste 2-3% d’écart entre sa for me de base et son top ni­veau.”

(JEAN-BAP­TISTE QUI­CLET, DI­REC­TEUR DE LA PER­FOR­MANCE)

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