Grand Re­por­tage au pays d’un des outsiders du Tour.

Planète Cyclisme - - ÉDITO - SOMMAIRE -

Le Tour de Slo­vé­nie était un des der­niers warm-ups avant le Tour de France. Une belle aven­ture pour re­trou­ver le gra­tin du sprint mon­dial au­tour de Mark Ca­ven­dish, Mar­cel Kit­tel et Dy­lan Groe­ne­we­gen. Ce­rise sur le gâ­teau slo­vène, Ri­go­ber­to Uran était aus­si de l'ex­pé­di­tion pour se ras­su­rer dans la der­nière ligne droite avant le Tour de France. Alors, “Fight for Green” chez le hé­ros de tout un peuple, le Slo­vène Pri­moz Roglic, un des outsiders du Tour 2018. Bien­ve­nue au pays de Ro­gla.

Il y a mille fa­çons de pré­pa­rer le Tour de France. Cer­tains cou­reurs choi­sissent le Dau­phi­né, d'autres sont at­ti­rés par le Tour de Suisse ou la Route d’oc­ci­ta­nie (ex-route du Sud) et il y a ceux qui se pro­jettent sur un bloc d'en­traî­ne­ment en al­ti­tude. Plus ori­gi­nal en­core, cer­tains cou­reurs ont été sé­duits par l'aven­ture au Tour de Slo­vé­nie. Au pays de Pri­moz Roglic. Ce­lui qu'on sur­nomme “Ro­gla” est la nou­velle star du Worldtour. Cette sai­son, il a rem­por­té les Tour du Pays Basque et de Ro­man­die avant de faire le show chez lui en Slo­vé­nie avec le maillot vert. Plus sur­pre­nant, le Co­lom­bien Ri­go­ber­to Uran (2e du Tour 2017), était aus­si sur la start list à trois se­maines du dé­part en Ven­dée. « Je ne l'avais jamais cou­ru. Je ne re­grette pas. J'ai ga­gné une étape et dé­cou­vert une nou­velle course à 31 ans, après plus de 10 ans de car­rière » ra­con­tait le grim­peur D’EF Edu­ca­tion First-dra­pac, en­core out­si­der en France cet été. Pas de voix dis­so­nante, le Tour de Slo­vé­nie a fait l'una­ni­mi­té au­près des neuf équipes WorldTour et des 5 groupes Con­ti­nen­tal­pro aux­quels s'ajou­tait la 3e di­vi­sion UCI avec des for­ma­tions slo­vènes, slo­vaques, ita­liennes, au­tri­chiennes ou de Ré­pu­blique tchèque. Aus­si sur­pre­nant soit-il, pas l'ombre d'une équipe fran­çaise sous le chaud so­leil slo­vène. Est-ce par fri­lo­si­té ou par igno­rance ? « J'ai re­gar­dé cer­taines étapes à la té­lé » nous fai­sait re­mar­quer­vincent La­ve­nu, le ma­na­ger d’ag2r La Mon­diale qui avait trois équipes sur le front au même mo­ment en France et en Suisse. Cer­tains ma­na­gers fran­çais avaient des cou­reurs à l'écu­rie et il ne se­rait pas in­utile qu'ils re­gardent au-de­là de nos frontières. La Slo­vé­nie n'est pas une terre hos­tile et le pays est ou­vert sur le monde, de­puis son in­dé­pen­dance en 1991. « Ce se­rait bien qu'une équipe fran­çaise de Conti­nen­tal soit sur l'épreuve » as­su­rait un cadre de l'or­ga­ni­sa­tion. « Lju­bl­ja­na est à deux heures de vol seule­ment de Pa­ris. C'est fa­cile et c'est sur­tout un moyen sup­plé­men­taire de se pré­pa­rer au Tour de France, en fai­sant de la com­pé­ti­tion. » Di­rect Ener­gie, Co­fi­dis, Vi­tal Concept, For­tu­neo-sam­sic, au­tant d'équipes de l'hexa­gone qui au­raient tout in­té­rêt à mettre le cap à l'est plu­tôt que de faire de la fi­gu­ra­tion dans des épreuves où elles n'ont au­cune chance comme le Dau­phi­né ou le Tour de Suisse. Del­ko Mar­seille Pro­vence KTM au­rait des contacts avec l'or­ga­ni­sa­tion slo­vène. Mais les Pro­ven­çaux n'ont jamais en­core fran­chi le pas.

25 ans d'his­toire

Un pro­verbe slo­vène dit que “le seuil est la plus haute des mon­tagnes”. Alors ici, on met les bou­chées doubles pour être à la hau­teur d'un évé­ne­ment ma­jeur dans le pays. Bog­dan Fink est au Tour de Slo­vé­nie ce que Ch­ris­tian Prud­homme est au Tour de France ou Mau­ro Ve­gni au Gi­ro, un per­son­nage in­con­tour­nable d'une épreuve qui a creu­sé son sillon de­puis 1993 ! Cette course de cinq jours est dé­sor­mais une classe 2.1 UCI, grâce no­tam­ment à des cou­reurs comme Ja­kob Fu­gl­sang, vin­cen­zo Ni­ba­li, Die­go Ulis­si, Pri­moz Roglic, Ra­fal Maj­ka qui ont tous rem­por­té ce Tour de­puis 2009 : « On ne se po­si­tionne pas pour concur­ren­cer le Tour de Suisse » nous dit Bog­dan Fink. « Nos dates de com­pé­ti­tion sont sem­blables, mais c'est une course de très haut ni­veau pour les pro­fes­sion­nels et on ne joue pas dans cette ca­té­go­rie. C'est im­pos­sible de rat­tra­per des courses comme le Tour de Suisse et ce n'est pas notre but non plus. Quand on parle du Tour de Suisse, c'est l'his­toire et la tra­di­tion. Le Tour de Slo­vé­nie est une épreuve nou­velle en com­pa­rai­son, même si on a dé­bu­té il y a 25 ans. On n'écrit pas l'his­toire de la même ma­nière. On y va à notre rythme, avec nos moyens, tout en es­sayant d'amé­lio­rer les choses an­née après an­née. » Ce step by step va bien aux Slo­vènes. Ici, on reste humble et prudent dans le pro­cess mis en place par toute une or­ga­ni­sa­tion. Bog­dan Fink af­firme que 1.800 hel­pers ou bé­né­voles ont par­ti­ci­pé à cette nou­velle édi­tion ! On veut bien le croire. En tout cas, der­rière un slo­gan “I feel Slo­ve­nia” (ou le mot LOVE s'écrit en ca­rac­tères gé­né­reux), nous avons res­sen­ti une éner­gie quo­ti­dienne dé­bor­dante. Cette éner­gie com­mu­ni­ca­tive s'est ma­té­ria­li­sée tout au long des 664 km du par­cours, de Len­da­va aux frontières de la Hon­grie et de la Croa­tie dans

la ré­gion du Prek­murje jus­qu'à No­vo Mes­to, au Sud-est du pays dans le Do­len­js­ka bor­dée par la pai­sible ri­vière Kr­ka. L'âme slave s'y res­source pour mieux re­jaillir sur les vi­sages rieurs des jeunes slo­vènes. Des pa­no­ra­mas somp­tueux se sont of­ferts à nous, dans la ré­gion du Je­zer­ko que les cou­reurs ont em­prun­té lors de l'étape reine entre Lju­bl­ja­na et Kam­nik. Évi­dem­ment, on a ai­mé le for­mat dy­na­mique avec des étapes courtes - la plus longue pro­po­sait 176 km - boos­tées par 3 mots “Fight for Green” (Com­bat pour le vert) qui était sur toutes les lèvres à tra­vers le pays. Pen­dant long­temps, le lea­der du clas­se­ment gé­né­ral por­tait un maillot jaune, mais le vert l'a sup­plan­té quand le Tour de Slo­vé­nie a pris une conno­ta­tion écologique à tra­vers une po­li­tique de pro­tec­tion de l'en­vi­ron­ne­ment à la­quelle les Slo­vènes sont sensibles. Pen­dant le Tour, ce maillot vert a été por­té par un Ita­lien, Si­mone Con­son­ni (UAE Team Emi­rates), avant que l'aus­tra­lien Ben Hill, de la for­ma­tion slo­vène Lju­bl­ja­na Gus­to Xau­rum, ne s'em­pare de la tu­nique pour une jour­née. Le Green Jer­sey, sym­bole du meilleur cou­reur au clas­se­ment gé­né­ral, ira aus­si sur les épaules du Co­lom­bien Ri­go­ber­to Uran après sa vic­toire d'étape au som­met du châ­teau de Celje, avant que Pri­moz Roglic, l'idole du pays, ne mette tout le monde d'ac­cord dans l'étape phare à Kram­nik. « Notre Tour de Slo­vé­nie à une conso­nance in­ter­na­tio­nale » rap­pe­lait un sup­por­ter au bord de la route. « C'est ce qui nous plaît. On n'est pas ha­bi­tué à voir des cou­reurs comme Kit­tel, Ca­ven­dish et Uran, si­non à la té­lé. Ça nous per­met aus­si de par­ti­ci­per au spec- tacle, à notre fa­çon avec la fa­mille. » Le boss, Bog­dan Fink (en pho­to ci-des­sus), n'ou­blie jamais les fans ni de men­tion­ner avec fier­té son pays dans ses in­ter­views. Dans un concert de klaxons, la course ap­porte du bon­heur dans les cam­pagnes slo­vènes, comme le Tour chaque été dans les dif­fé­rentes ré­gions fran­çaises. Même s'il n'y a pas de ca­ra­vane, les sup­por­ters se massent avec fer­veur sur le bord des routes. Elles sont fer­mées vingt mi­nutes avant le pas­sage de la course, mais les fans sont en­core plus nom­breux le week-end en mon­tagne pour voir ce bar­num en mou­ve­ment. « C'est im­por­tant pour les fans et pour le pays » nous dit le boss de l'épreuve, « car l'état slo­vène est en­ga­gé sur le Tour. Et puis, nous sommes re­trans­mis dans 120 pays dans le monde. Alors, il est im­pé­ra­tif de mon­trer la meilleure image pos­sible de la Slo­vé­nie. » Eu­ro­sport re­trans­met en di­rect chaque étape de­puis l'an der­nier. Une preuve sup­plé­men­taire pour af­fir­mer que le Tour de Slo­vé­nie est une af­faire qui tourne et af­fiche sa crois­sance. Une course qui pro­mène aus­si ses per­son­nages à tra­vers ses étapes, comme en France où on sort notre “Pou­pou na­tio­nal” chaque mois de juillet. L'an­cienne lé­gende Franc Skerlj en fait par­tie. Au temps de l'uni­fi­ca­tion du pays entre les dif­fé­rentes ré­gions (Ser­bie, Croa­tie, Slo­vé­nie, Bos­nie-her­zé­go­vine), il avait rem­por­té le Tour de You­go­sla­vie en 1967, un an avant Joop Zoete- melk ! Même Roglic tombe dans les bras de Skerlj quand il le croise ! « J’ai le plus grand res­pect pour ce que Franc a fait, car ce ne de­vait pas être fa­cile à cette époque » rap­pelle le champion slo­vène tou­jours en­tou­ré de ses sup­por­teurs. La Slo­vé­nie a aus­si un homme ba­roque, plein d'es­prit, un fan de Jacques Ta­ti et de la culture fran­çaise, Jan­ko Hro­vat. Il est unique et pi­lo­té par un an­cien champion de l'équipe de Clau­dio Chiap­puc­ci, le Slo­vène Jure Pav­lic qui cou­ru 2 fois le Tour de France, le Gi­ro et la Vuel­ta avec la star ita­lienne. Jan­ko Hro­vat est un champion des chiffres et des lettres. Il a cal­cu­lé que les cou­reurs du Tour de Slo­vé­nie ont par­cou­ru près de 20.000 km au cours des 25 pre­mières édi­tions ! Avec hu­mour, il dit aus­si mo­des­te­ment : « Le pays est pe­tit - 20.273 km2, c'est plus pe­tit que la ré­gion Bre­tagne - mais on a vi­si­té 62 villes de­puis la créa­tion de l'épreuve et on to­ta­lise 1.525 cou­reurs ve­nus de 56 pays. On tient la route. » Le jo­vial Jan­ko Hro­vat of­fi­ciait le der­nier jour comme spea­ker au dé­part du contre-la­montre à Trebnje. Mé­moire vi­vante du cy­clisme dans le pays, Jan­ko ne per­dra pas une miette non plus du Tour 2018. « Comme chaque été, je se­rai de­vant ma té­lé­vi­sion. » Mais en sep­tembre, il pro­met d'être à Inns­bruck pour les Cham­pion­nats du monde, avec le dra­peau Slo­vène en bonnes mains, et son ami Jure Pav­lic na­tu­rel­le­ment.

Les sprin­teurs en pré­pa au Tour de France

Fink avait mixé un Tour de Slo­vé­nie entre étapes de plaine et de mon­tagne avant un contre-la-montre fi­nal à No­vo Mes­to : « Il faut

Je re­viens tou­jours avec le même plai­sir en Slo­vé­nie. On a de bonnes routes et de belles étapes pour se pré­pa­rer au Tour de France. J'ai pu re­char­ger les bat­te­ries et gar­der de l'in­flux en pré­vi­sion du Tour.”

MARK CA­VEN­DISH

do­ser pour at­ti­rer les très bons cou­reurs » nous di­sait-il au dé­part de la 3e étape à Slo­venske Kon­jice. « Les deux pre­mières étapes étaient pour les sprin­teurs. Les deux sui­vantes sont des­ti­nées aux grim­peurs avant que les rou­leurs puissent faire par­ler leur puis­sance sur le chro­no le der­nier jour. L'in­té­rêt c'est de sa­voir se re­nou­ve­ler. On avait dif­fé­rents pro­fils cette an­née, mais je pense que l'an pro­chain, on fe­ra plus de mon­tagne. » En at­ten­dant, les bo­lides du Tour de France en mal de re­pères sur la pre­mière par­tie de sai­son avait choi­si la Slo­vé­nie pour ga­gner en confiance. Le pla­teau était même royal, com­pa­ré au der­nier Gi­ro où Elia Vi­via­ni avait pour seuls concur­rents Sa­cha Mo­do­lo, Sam Ben­nett et quelques sprin­teurs de deuxième ni­veau. En Slo­vé­nie, par­mi la bro­chette des plus ra­pides, on re­trou­vait des clients comme Mark Ca­ven­dish, Mar­cel Kit­tel, Dy­lan Groe­ne­we­gen, Ca­leb Ewan, Sa­cha Mo­do­lo, Rik Za­bel, Si­mone Con­son­ni ! Un strike à 2 km de l'ar­ri­vée lors de la pre­mière ar­ri­vée à Murs­ka So­bo­ta em­pê­che­ra un gros poisson de sor­tir de l'eau. Mais à Ro­gas­ka Sla­ti­na, le Néer­lan­dais Dy­lan Groe­ne­we­gen avait fait par­ler la foudre pour élec­tri­ser la ligne d'ar­ri­vée. Le Cav’ n'a pas rem­por­té d'étape, mais il était heu­reux de son bou­lot en Slo­vé­nie : « C'est la 3e fois que je fais ce Tour, parce que je m'y sens bien. J'y re­viens tou­jours avec le même plai­sir. On a de bonnes routes et de belles étapes pour se pré­pa­rer au Tour de France. C'est im­por­tant de pou­voir rou­ler dans ces condi­tions à cette pé­riode de la sai­son. On est dans une phase très par­ti­cu­lière avec l'échéance qui ar­rive (le Tour). J'ai pu re­char­ger les bat­te­ries et gar­der de l'in­flux en Slo­vé­nie. C'est ce que je re­cher­chais et je suis sa­tis­fait. » The Man­x­man a peau­fi­né sa pré­pa­ra­tion en Ita­lie avec une autre course de 5 jours avant d'em­bar­quer sur la Ven­dée. Ro­ger Ham­mond, son di­rec­teur spor­tif, se mon­trait lui aus­si sa­tis­fait : « Notre équipe (Di­men­sion Da­ta) est une ha­bi­tuée de la Slo­vé­nie. Il y a moins de pres­sion

“On est fier de Ro­gla. Il fait connaître la Slo­vé­nie à l'étran­ger, parce qu'il gagne. Il gagne pour son équipe, mais aus­si pour son pays.”

UN FAN SLO­VÈNE DE ROGLIC

qu'ailleurs pour se pré­pa­rer au Tour de France. L'at­mo­sphère est su­per et dé­con­trac­tée. Il n'y pas de pres­sion avec les fans et les mé­dias. Les cou­reurs sont dé­ten­dus sur ce type de course. » Ham­mond avait em­me­né Mark Ren­shaw pour pi­lo­ter le Man­x­man, mais la vic­toire res­tait se­con­daire à trois se­maines du dé­but du Tour : « On a fait un bon bou­lot dans de bonnes condi­tions. Je trouve que le Dau­phi­né et le Tour de Suisse sont un peu trop dures pour les sprin­teurs en com­pa­rai­son avec le Tour de Slo­vé­nie. La course est moins longue et les cou­reurs ne sont pas stres­sés. Mark a pré­pa­ré le Tour de France dans le calme. Il est bien dans la tête et sait où il va. » Confiant, le di­rec­teur spor­tif an­glais nous rap­pe­lait que Ca­ven­dish por­tait le numéro porte-bon­heur 51 en Slo­vé­nie ! Un signe avant-cou­reur se­lon lui pour battre le re­cord de Ed­dy Mer­ckx (34 vic­toires d'étapes sur le Tour), car le Can­ni­bale lui-même avait ce numéro sur la Grande Boucle dès 1969. « Mark n'au­ra sans doute pas ce numéro au Tour de France, mais il l'a eu au Tour de Slo­vé­nie. C'est le numéro de la chance. J'y vois un signe » concluait le DS de Di­men­sion Da­ta avant de fon­cer vers l'adria­ti­ca Io­ni­ca Race en Ita­lie. Ca­ven­dish, comme Mar­cel Kit­tel, étaient en re­cherche de confiance. L'al­le­mand, hy­per dé­con­trac­té lui aus­si aux dé­parts des étapes, af­fir­mait avec un sou­rire jus­qu'aux oreilles : « Je suis re­lax, même si les ré­sul­tats se font at­tendre pour moi de­puis Tir­re­no-adria­ti­co (2 vic­toires d'étapes). En Slo­vé­nie, j'étais dans le rythme, même si c'était en­core un peu juste pour ga­gner. Il n'y a pas de pa­nique chez team Ka­tu­sha. » Kit­tel pro­je­tait de cou­rir le Cham­pion­nat d'al­le­magne avant de dé­bu­ter son 6e Tour de France, alors qu'il dé­tient un re­cord de 14 vic­toires d'étapes sur la Grande Boucle. « Je ga­gne­rai sur le Tour » nous di­sait-il, « car j'y vais pour ça. Je sais com­ment ga­gner sur le Tour. » L'aus­tra­lien Ca­leb Ewan, qui rê­vait de dé­cou­vrir le Tour de France, re­gret­tait d'avoir lais­sé pas­ser sa chance à Ro­gas­ka Sla­ti­na : « C'était l'oc­ca­sion rê­vée de ga­gner, mais Dy­lan (Groe­ne­we­gen) a été meilleur. » Le sprin­teur de l'équipe Mit­chel­ton-scott de­vait per­for­mer en Slo­vé­nie pour al­ler sur le Tour de France, car Mat­thew White était à ses basques pour l'éva­luer. Faute de per­for­mance, l'équipe aus­tra­lienne a re­vu ses plans et c'est sans son sprin­teur que Mit­chel­ton-scott ira au Tour de France en mi­sant tout de A à Z sur le grim­peur Adams Yates. Ça n'a pas em­pê­ché Ca­leb Ewan d'ap­pré­cier la Slo­vé­nie : « C'est dif­fé­rent des autres courses où la pres­sion est per­ma­nente. Ici, la pres­sion est moins forte et pour­tant le ni­veau chez les sprin­teurs était très re­le­vé. J'ai bien ai­mé le Tour de Slo­vé­nie pour toutes ces rai­sons, dans une am­biance hy­per dé­ten­due. » Bog­dan Fink a vite ou­blié le sprint es­ca­mo­té du pre­mier jour, mais il nous ex­plique sur­tout

com­ment il peut réunir au­tant de su­per­stars sur cette course : « On a noué de­puis long­temps un bon contact avec les di­ri­geants des équipes WorldTour et Con­ti­nen­tal­pro. C'est im­por­tant pour com­mu­ni­quer et pré­sen­ter notre pro­gramme chaque an­née, au bon mo­ment. En­suite, notre épreuve est bien pla­cée à cette pé­riode de l'an­née. C'est juste avant le Tour de France. Les équipes peuvent se pré­pa­rer sans pres­sion, tout en ayant de bonnes condi­tions de tra­vail. Le ma­na­ge­ment des équipes ap­pré­cie la va­rié­té des pro­fils des étapes sans que ce soit trop dif­fi­cile. Et puis ils sont lo­gés dans de très bonnes condi­tions éga­le­ment (hô­tels **** et su­perbe In­ter­con­ti­nen­tal à Lju­bl­ja­na) sans avoir be­soin de faire trop de tra­jet entre les étapes. Ça leur per­met d'éviter de la fa­tigue sup­plé­men­taire avant d'al­ler au Tour de France. » L'équipe Lot­to Nl-jum­bo a sû­re­ment ap­pré­cié la com­pé­ti­tion et les pro­fils mon­ta­gneux, car après la vic­toire de Pri­moz Roglic à No­vo Mes­to, elle avait dé­ci­dé de rester en Slo­vé­nie pour op­ti­mi­ser son der­nier trai­ning camp avant de mettre le cap sur la France. Une équipe néer­lan­daise sé­duite par le dé­sor­mais tra­di­tion­nel “I feel Slo­ve­nia” tou­jours en bonne place et scan­dé par les fans qui agi­taient leurs pe­tits dra­peaux sur les bords de route aux cou­leurs du maillot du lea­der du clas­se­ment gé­né­ral. La Slo­vé­nie a em­bal­lé tous les sprin­teurs en route pour le Tour. Tous, y com­pris le mal­heu­reux Ca­leb Ewan. Plu­tôt ras­su­rant.

Roglic hé­ros de tout un peuple

La Slo­vé­nie est am­bi­tieuse. Elle ne peut plus se conten­ter de cham­pions comme Lu­ka Mez­gec, Ma­tej Mo­ho­ric ou Ja­nez Braj­ko­vic, sur­tout que ce der­nier est re­des­cen­du cette sai­son en Conti­nen­tal à 34 ans. Il y a trois ans, le pays avait vi­bré avec la vic­toire fi­nale de Pri­moz Roglic. Mais de­puis, les Slo­vènes ne l'avaient pas re­vu sur leurs routes. En 2016, il était au Tour d'ita­lie et l'an der­nier, il avait pré­pa­ré le Tour de France sur le cir­cuit belge avec le Ster ZLM. Mais les Belges ont aban­don­né la par­tie de­puis, faute d'ar­gent, et Roglic est donc ren­tré au pays pour faire ses gammes en pré­vi­sion du Tour. En 2015, il avait li­vré un su­perbe duel à l’es­pa­gnol Mi­kel Nieve pour s'im­po­ser.alors cette an­née, il était ex­ci­té de re­cou­rir de­vant des sup­por­ters dé­chaî­nés à cha­cune de ses ap­pa­ri­tions : « J'es­père re­trou­ver une grande am­biance au pays » di­sait-il avant le lan­ce­ment de cette édi­tion, « car c'est un bon­heur de cou­rir sur mes routes et sur­tout de­vant mes sup­por­ters. J'ai même la chance de pas­ser chez moi, c'est à peine croyable. » Le Tour de Slo­vé­nie pas­sait en ef­fet à Ki­so­vec lors de l'étape mon­ta­gneuse entre Slo­venske Kon­jice et Celje. Et “Ro­gla”, comme le sur­nomme af­fec­tueu­se­ment les fans, al­lait être re­çu en vé­ri­table hé­ros ce jour-là. Feux de Ben­gale, mes­sages sur la route, af­fiches, dra­peaux, toute la panoplie du par­fait sup­por­ter était de sor­tie à chaque étape. Mais à Ki­so­vec, l'ac­cueil fut dé­cu­plé et en­core plus gran­diose : « C'était énorme de sen­tir cette foule à notre pas­sage. Ce sont mes routes d'en­trai­ne­ments. Je les connais par coeur. C'est vrai­ment spé­cial comme fee­ling. C'est tou­jours un hon­neur de cou­rir le Tour de Slo­vé­nie, mais c'est en­core plus fort de rou­ler de­vant ses sup­por­ters » ra­con­tait Pri­moz à l'ar­ri­vée de la 3e étape au pied du châ­teau mé­dié­val de Celje. Roglic est à la Slo­vé­nie ce que Bar­det, Bar­guil et Ala­phi­lippe sont aux sup­por­ters du Tour de France chaque été. Les cou­reurs fran­çais dé­placent des foules, mais Ro­gla a le même pou­voir at­trac­tif dans son pays. Dans la ca­pi­tale slo­vène, des sup­por­ters nous par­laient de sa gé­né­ro­si­té dans l'ef­fort. C'est ce qu'ils aiment chez leur champion : « C'est un cou­reur qui fait le show. Il vient du saut à ski, ne l'ou­bliez pas ! Il n'a pas peur de prendre des risques. Il est agres­sif et c'est ce qu'on aime chez lui. » Un autre par­lait de son nou­veau sta­tut dans le monde du Worldtour : « On est fier de lui. Il fait connaître la Slo­vé­nie à l'étran­ger, parce qu'il gagne. Il a des vic­toires pour son équipe, mais aus­si pour son pays. » L'or­ga­ni­sa­tion de son fan club est im­pres­sion­nante. On re­trouve des membres de sa fa­mille et des jeunes sup­por­ters sur­tout. Les skis font tou­jours par­tie du dé­cor, car ses pre­miers fans le sui­vaient dé­jà lors­qu'il était un champion des trem­plins. Lors de sa vic­toire fi­nale à No­vo Mes­to où il ra­flait le chro­no en même temps que le clas­se­ment gé­né­ral, ils étaient plus de 300 ras­sem­blés uni­que­ment pour lui, à faire du bruit comme 1.000, avec un concert de cré­celles et autres mé­ga­phones pour pro­pa­ger le nom de Ro­gla au-de­là d'une aire d'ar­ri­vée inon­dée de so­leil. Roglic brillait de mille feux dans son maillot vert de­vant une foule en ébul­li­tion, alors que le cham­pagne lo­cal cou­lait à flots. « Il a été fa­bu­leux en ga­gnant deux étapes » clai­ron­nait un autre fan. « On va le suivre main­te­nant à la té­lé sur le Tour de France. Mais on va peut-être al­ler le voir dans les Alpes. Il a be­soin d'être sup­por­té et il le mé­rite. Il faut que nous en par­lions entre sup­por­ters. » Comme une rock star, on le ver­ra même si­gner une selle de mo­to !

Une lo­co­mo­tive pour les jeunes Slo­vènes

Ro­gla a plus d'une ving­taine de vic­toires au comp­teur de­puis ses dé­buts chez les pro­fes­sion­nels en 2013. La plu­part sur le cir­cuit Worldtour ! Il suf­fit de pla­cer deux bosses dif­fi­ciles sur un contre-la-montre pour le voir dé­cro­cher le jack­pot. Bon rou­leur, so­lide grim­peur, il avait ga­gné à Serre-che­va­lier en so­lo sur le Tour de France l'an der­nier. Mais plus en­core, il fait rê­ver les jeunes cou­reurs slo­vènes. Ta­dej Po­ga­car, 19 ans, est de ceux-là : « Pri­moz est de plus en plus fort chaque an­née. C'est mo­ti­vant de le voir réus­sir en Worldtour. Je rêve d'avoir une car­rière comme lui à l'ave­nir. » 4e du Tour de Slo­vé­nie et meilleur jeune, Po­ga­car est sur de bons rails, mais il doit conti­nuer sa pro­gres­sion dans une équipe Con­ti­nen­tal­Pro la sai­son pro­chaine après avoir été for­mé au Gus­to Xau­rum de Lju­bl­ja­na. Le Slo­vène a rem­por­té la Course de la Paix no­tam­ment au

prin­temps et de­vrait se me­su­rer à une concur­rence plus forte au Tour de l'ave­nir en fin d'été. Jan Trat­nik n'est pas de la même gé­né­ra­tion que Ta­dej Po­ga­car, mais ça ne l'em­pêche pas de rê­ver à un des­tin plus grand, mal­gré ses 28 ans. So­lide rou­leur, il est le nou­veau champion du contre-la-montre de Slo­vé­nie. Exi­lé comme tous les meilleurs cou­reurs slo­vènes, il fait les beaux jours de la CCC Spran­di Pol­ko­wice, une équipe Con­ti­nen­tal­pro po­lo­naise. Trat­nik nous confirme que son agent est bien en contact avec Bah­rain-me­ri­da, l'équipe de Vin­cen­zo Ni­ba­li. Il cou­rait pour la 6e fois le Tour de Slo­vé­nie et a ter­mi­né 2e du contre-la­montre à 27’’ de Ro­gla le der­nier jour ! Mais c'était sans re­gret : « Je vou­lais faire dans les 3 pre­miers, alors je suis sa­tis­fait. J'ai été bat­tu lar­ge­ment par Pri­moz et c'est nor­mal. Il est à un autre ni­veau. » Jan Trat­nik est un ami proche de Roglic. Sa co­pine est très liée avec Lo­ra, la girl­fr iend de Ro­gla. Alors lui et Pri­moz sont de­ve­nus de bons potes éga­le­ment : « Pri­moz me mo­tive par son ni­veau de per­for­mance » nous dit le rou­leur de CCC Spran­di Pol­ko­wice : « C'est su­per d'avoir un gars comme lui pour nous pous­ser. C'est une lo­co­mo­tive pour tous les cou­reurs dans le pays. Il m'ins­pire et j'es­père que je vais trou­ver un contrat dans une Worldtour l'an pro­chain. Comme ça, je le ver­rai plus sou­vent. C'est mon meilleur co­pain dans le mi­lieu du cy­clisme. » Un peu comme Ro­gla, Jan Trat­nik est ve­nu très tard au vé­lo après avoir joué au bas­ket-ball pen­dant plus de 10 ans. Il parle de « mo­ti­va­tion et de ta­lent » pour ex­pli­quer la réus­site des jeunes Slo­vènes qui s'adaptent à tous les sports en gé­né­ral et à toutes les si­tua­tions sans po­ser de pro­blème. Pri­moz Roglic est bien le fil conduc­teur d'une nou­velle gé­né­ra­tion de jeunes Slo­vènes au sein de la­quelle Ma­tej Mo- ho­ric (23 ans) et Ta­dej Po­ga­car (19 ans) oc­cupent le pre­mier rang.

Le show­man du Tour de France

Lo­ra est de toutes les sor­ties avec Pri­moz. Cette char­mante bru­nette est sa pe­tite amie et elle le fait sa­voir à sa ma­nière par des en­cou­ra­ge­ments à l'ap­proche des som­mets des cols où elle agite un dra­peau “Go Ro­gla” ! En cou­rant quelques mètres à ses cô­tés. Au pied des po­diums, elle se fait dis­crète, lais­sant les fans pro­fi­ter de leur idole. Lo­ra va dé­bar­quer en France pour sou­te­nir son boy­friend, car le Tour c'est “The place to be” pour les Slo­vènes comme pour le reste de la pla­nète. « La fa­mille et Lo­ra sont im­por­tants pour moi tout au long de la sai­son » nous di­ra Pri­moz Roglic. « Ils me ras­surent quelque part. Une épreuve de trois se­maines, c'est très long et la ten­sion est per­ma­nente. Alors tu as be­soin de t'éva­der, de pen­ser à autre chose. Lo­ra et mes pa­rents me per­mettent d'avoir cette pe­tite fe­nêtre pour souf­fler, sans que je sois dé­con­cen­tré. » Ani­ta, sa mère, et Léo­pold, son père, ont sui­vi toutes les étapes en Slo­vé­nie et se­ront dans les Alpes en France pour le Tour. « On res­te­ra cinq jours avec lui. Ça lui fait du bien qu'on soit avec lui quelques jours » nous dit Ani­ta Roglic. Les pa­rents de Pri­moz aiment le sport, car, après avoir sui­vi leur re­je­ton sur les trem­plins de saut à ski, c'est dé­sor­mais sur les pentes mon­ta­gneuses qu'ils sont en­core à ses cô­tés. En­thou­siastes pour sou­te­nir le fis­ton.ani­ta ba­ra­gouine deux­trois mots d'an­glais pour dire qu'elle adore voir son fils ga­gner, alors que Léo­pold ac­quiesce, pen­dant que Pri­moz est fê­té au po­dium : « J'ai ai­mé le saut à ski, mais j'adore le cy­clisme même si c'est un sport très dur. Je suis épa­noui dans ce que je fais au­jourd'hui » nous confie le grim­peur de l'équipe Lot­to Nl-jum­bo. L'an der­nier, Ro­gla dé­cou­vrait le Tour de France ! In­tré­pide et fan­tas­tique, il avait rem­por­té une étape che­va­le­resque à Serre-che­va­lier après avoir mai­tri­sé les cols de l'or­mont, de la Croix de Fer et du Ga­li­bier en lais­sant Ri­go­ber­to Uran à plus de 1'10’’ en com­pa­gnie de Froome, Bar­det et Bar­guil. Le Co­lom­bien (2e du gé­né­ral en Slo­vé­nie) qui a pu tes­ter à

“J'ai plus d'expérience pour bien abor­der le Tour de France. J'ai beau­coup ap­pris de l'an der­nier. Il faut être pré­sent du pre­mier au der­nier jour. Et les jours dif­fi­ciles, tu n'as pas in­té­rêt à le mon­trer.”

PRI­MOZ ROGLIC

nou­veau Roglic, en convient. Il n'est fa­cile à mai­tri­ser : « Pri­moz était très fort. Je n'ai rien pu faire face à lui, mal­gré ma vic­toire d'étape à Celje. Il va être re­dou­table sur le Tour de France, car il a du ta­lent et il a une bonne équipe au­tour de lui. » Vincent La­ve­nu, qui a sur­tout re­gar­dé les deux étapes de mon­tagne sur Eu­ro­sport, par­tage l'opinion de Ri­go­ber­to Uran : « Roglic est un vrai out­si­der sur le Tour de France. Il avait rem­por­té une grande étape l'an der­nier, alors qu'il fai­sait connais­sance avec l'épreuve. Il peut être sur le po­dium à Pa­ris. » Le Slo­vène avait ter­mi­né à la 38e place du clas­se­ment gé­né­ral du Tour de France l'an der­nier, mais il avait pris la 2e place, der­rière l'in­tou­chable War­ren Bar­guil, au clas­se­ment du meilleur grim­peur. Le show en mon­tagne, c'est son ob­ses­sion. Cette an­née, Ro­gla re­voit ses am­bi­tions à la hausse : « J'ai plus d'expérience pour mieux abor­der le Tour de France. J'ai beau­coup ap­pris de l'an der­nier. Sur le Tour, il faut être pré­sent du pre­mier au der­nier jour, car c'est une course tel­le­ment exi­geante que, même dans les jours dif­fi­ciles, tu n'as pas in­té­rêt à le mon­trer. J'ar­rive en confiance après ce que j'ai fait dans la pre­mière par­tie de sai­son. J'y vais pour faire un bon ré­sul­tat au clas­se­ment gé­né­ral avec une place dans le top 10. Si je peux faire mieux ! On ver­ra en fonc­tion du scé­na­rio de la course. » Quand on lui de­mande de re­le­ver les pièges de ce Tour ver­sion 2018, il sla­lome même s'il note la dif­fi­cul­té de l'étape entre Ar­ras et Rou­baix : « 22 km de pa­vés, c'est beau­coup, mais il faut abor­der cette étape sans stress et plu­tôt concen­tré,, avec confiance éga­le­ment. J'ai une bonne équipe pour me mettre dans ces dis­po­si­tions et c'est ce que j'es­saie­rai de faire. » L'équipe néer­lan­daise a été par­mi les pre­mières à com­mu­ni­quer son ros­ter pour le Tour. Par­mi les cou­reurs pré­sents au Tour de Slo­vé­nie, cinq sont ap­pe­lés pour le Tour. On re­trouve au­tour de Roglic, Dy­lan Groe­ne­we­gen, Amund Gron­dahl Jan­sen, Paul Mar­tens et Ti­mo Roo­sen qui ont tous été per­for­mants en Slo­vé­nie. Ni­co Ve­rhoe­ven a en­suite ap­pe­lé Ste­ven Krui­js­wijk, Ro­bert Ge­sink et Ant­wan Tol­hoek. Des hommes au ser­vice de Roglic et de Krui­js­wijk. Pri­moz Roglic n'a pas de pré­fé­rence entre les Alpes et les Py­ré­nées, même s'il garde un bon sou­ve­nir de son pas­sage dans le mas­sif al­pin l'an der­nier : « Le pro­gramme est dif­fé­rent puis­qu'on fi­nit par les Py­ré­nées. Mais ce n'est pas un pro­blème pour moi. La troi­sième se­maine est tou­jours plus dure à cause de la fa­tigue. Mais l'an der­nier, ça ne m'avait pas em­pê­ché de ga­gner dans les Alpes. Si on veut faire un bon clas­se­ment gé­né­ral, il faut être per­for­mant dans les deux mas­sifs. » La star des Lot­to Nl-jum­bo avait le sou­rire à No­vo Mes­to, car il avait bat­tu Ri­go­ber­to Uran et Ma­tej Mo­ho­ric. Ro­gla avait fait le plein de confiance chez lui avant l'échéance la plus im­por­tante de la sai­son : « Quand je vois tous ces gens au­tour de nous, des fans qui nous ont sui­vis, à chaque étape, par­tout où on pas­sait, c'était fan­tas­tique. C'était comme un mi­ni Tour pour moi. Cette course a été une par­faite pré­pa­ra­tion pour le Tour » concluait la star slo­vène.

Le pe­lo­ton en route vers Celje où Ri­go­ber­to Uran ga­gne­ra l'étape en pun­cheur.

Le coup de force de Roglic vers l a pe­tite ville mé­dié­vale de Kam­nik. Le Slo­vène gagne l'étape et prend le maillot vert de lea­der du clas­se­ment gé­né­ral. Le po­dium est royal avec 3 cou­reurs d’équipes Worldtour, Roglic 1er donc, Uran 2e et Mo­hor i c 3e.

Le sour ire d'une ma­man pour son fils ! Ani­ta en­toure af­fec­tueu­se­ment son fils dans le f ameux green jer­sey.

Le pe­lo­ton a tra­ver­sé des pay­sages su­blimes tout au long du par­cours. I ci, dans une val­lée en­cais­sée où coule une r ivi ère pai­sible avant les pre­mier s contre-forts de l'étape reine en mon­tagne entre Lju­bl­ja­na et Kam­nik.

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