Élia Viviani Le meilleur sprin­teur 2018 se confie.

“Chez Quick•step, je suis de­ve­nu un des meilleurs sprin­teurs au monde”

Planète Cyclisme - - ÉDITO - SOMMAIRE -

Pas­sion­né de cyclisme, mais aus­si de ma­té­riel, Elia est un sa­cré ca­rac­tère sur un vé­lo et un gros com­pé­ti­teur. Vrai ga­gneur, c’est un am­bi­tieux qui n’a pas hé­si­té à quit­ter fin 2017 la meilleure équipe au monde pour celle qui gagne le plus en sai­son… his­toire de pen­ser en­fin à lui et à ses am­bi­tions. De la Sky à Quick•step, ce bouillant ita­lien a tout ga­gné en Bel­gique, ou presque. Le vé­lo ran­gé, il lorgne dé­jà 2019 avec en­vie !

• Pla­nète Cyclisme : La der­nière étape de la Vuel­ta t’a ap­por­té un 18e suc­cès cette sai­son, la plus pro­li­fique de ta car­rière. Avec neuf autres po­diums, parle- nous de cette pre­mière sai­son chez Quick•step Floors ? Élia Viviani : At­teindre le to­tal de 18 suc­cès cette sai­son est tout sim­ple­ment in­croyable. L’an pas­sé, le meilleur spr in­teur, cou­reur qui a le plus ga­gné du­rant la sai­son, a at­teint le score to­tal de 14. Ce ne sont que 4 vic­toires de plus sur une an­née, mais quand je re­garde la qua­li­té de mes suc­cès, c’est bien plus que ce­la.

• C’est une sai­son longue que tu as en­ta­mée mi- jan­vier en Aus­tra­lie au Tour Down Un­der et que tu viens de ter­mi­ner avec la Vuel­ta 8 mois plus tard. Une sai­son avec uni­que­ment des courses de haut ni­veau… Oui, ce fut une sai­son de très haut ni­veau du­rant la­quelle j’ai réus­si à res­ter com­pé­ti­tif à tout mo­ment, dès le dé­but en Aus­tra­lie puis au Moyen- Orient. Quand je re­viens sur le Gi­ro avec mes 4 vic­toires d’étapes et le maillot cy­cla­men, puis les trois étapes de la Vuel­ta, ce furent les meilleurs mo­ments de mon an­née, au même titre que le Clas­sique de Ham­bourg.

• Tu as chan­gé d’équipe à l’in­ter­sai­son. Quels étaient tes ob­jec­tifs en ar­ri­vant chez Quick•step Floors ? Au dé­part, une des choses les plus im­por­tantes pour moi était de bien dé­bu­ter et très vite trou­ver un bon fee­ling avec mes co­équi­piers. On s’est très vite trou­vé tous en­semble. Main­te­nant, il est vrai que quand tu connais une sai­son comme celle-ci, tu as un peu de chance par­fois, au­cun doute ja­mais, mais il faut aus­si tra­vailler très dur avec des pro­grammes étu­diés et réa­li­sés à la per­fec­tion. Des pro­grammes faits pour nous faire ga­gner et nous pla­cer dans les meilleures condi­tions.

• Tu as quit­té Sky sans re­gret ? Je veux re­mer­cier l’équipe pour les trois an­nées que j’y ai pas­sées. Mais il était temps pour moi de dé­cou­vr ir un nou­veau chal­lenge. C’était le bon mo­ment pour fran­chir un nou­veau cap dans ma car r ière (Non re­te­nu par l’équipe sur le Tour d’ita­lie en mai 2017, Elia et l’équipe Sky ont en­suite trou­vé un ac­cord pour le li­bé­rer de sa der­nière an­née de contrat et le lais­ser par­tir chez Quick• Step, qui cher­chait en même temps un rem­pla­çant à Mar­cel Kit­tel, par­ti chez Ka­tu­sha-al­pe­cin).

• Battre le re­cord de vic­toires de l’équipe et ton re­cord per­son­nel est la consé­quence d’un énorme tra­vail toute la sai­son… Exac­te­ment. Ce­la ré­sume avant tout un tra­vail d’équipe avec tous mes co­équi­piers, tous par­faits. Quand je suis ar r ivé dans l’équipe, j’étais un bon spr in­teur. Main­te­nant, je suis un des meilleurs spr in­teurs au

monde, ce­lui qui a aus­si le plus ga­gné cette sai­son. C’est la ré­sul­tante de tout ce qui a été créé au­tour de moi après mon ar r ivée.

“La clé de ma réus­site cette an­née, c’est la confiance. Dans mes an­ciennes équipes, j’étais un sprin­teur. Ici, je suis ar­ri­vé en tant que lea­der. Dès le pre­mier stage en oc­tobre, on m’a consi­dé­ré comme un lea­der.”

• Quelle est la dif­fé­rence entre la sai­son pas­sée et cette sai­son ? Je pense que la confiance a été la clé. La confiance et la pos­si­bi­li­té d’ar r iver en tant que lea­der. Dans mes autres équipes, j’étais un spr in­teur, mais je n’ai ja­mais été un lea­der. P our moi, la dé­fi­ni­tion d’un lea­der , c’est quel­qu’un à qui ton équipe de­mande ses pré­fé­rences en termes de pro­gramme et de cour eur s qu’il ai­me­rait a voir au­tour de lui afin d’êtr e pla­cé dans les meilleur es condi­tions pos­sib les. Quand j’ai r ejoint l’équipe pour le pre­mier mee­ting en oc­tobre, nous a vons po­sé les pr emières pier res de la sai­son en construi­sant une équipe au­tour de moi et en pla­ni­fiant mes cour ses. Mon ni­veau phy­sique est le même que l’an pas­sé, la seule dif­fér ence, c’est l’équipe qui est au­tour de moi et les chances qui me sont of­fertes. Ce­la me donne toute la confiance né­ces­saire pour de­ve­nir un top sprin­ter dans l’équipe la plus en réus­site dans le monde. • Quelle est ta vic­toire la plus im­por­tante de la sai­son ? La plus émou­vante, je pense, ce fut mon titre de cham­pion d’ita­lie. Je sor­tais du Gi­ro en su­per condi­tion, mais je re­gar­dais aus­si ce pro­fil de course qui ne me conve­nait pas trop. Main­te­nant, je pense que j’étais si ob­nu­bi­lé par cet ob­jec­tif, qu’il me suf­fi­sait de main­te­nir ma for me et ma concen­tra­tion et que j’au­rais les meilleures chances de ga­gner. Ce ne fut pas un type de vic­toire ha­bi­tuel pour moi, ce qui l’a ren­due spé­ciale et si émou­vante.

• Il y a ce Gi­ro par­ti­cu­liè­re­ment réus­si… Une course in­croyable. J’ai rem­por­té quatre étapes et le maillot cy­cla­men. C’était un de mes rêves quand j’ai en­ta­mé la sai­son. Re­ve­nir sur le Tour d’ita­lie et re­ga­gner en­fin trois ans après mon unique vic­toire en 2015 ( sa pre­mière vic­toire aus­si sur un Grand Tour). Je n’ou­blie­rai ja­mais non plus cette 3e et der­nière vic­toire sur la Vuel­ta, à Ma­drid. Je m’étais lou­pé sur la der nière étape à Rome, une étape dont je rê­vais. Mais le but était alors le maillot cy­cla­men, pas la vic- toire. À Ma­drid, c’était dif­fé­rent. Je ne vou­lais pas me lou­per et fi­nir la course sur ce po­dium en le­vant les bras de­vant des mil­liers de fans fut in­croyable.

• Tu fais par­tie du fa­meux Wolf­pack qui sé­vit dans l’équipe. Parle-nous de l’at­mo­sphère et des re­la­tions que tu en­tre­tiens avec les autres, ain­si que de leur im­por­tance… Cette at­mo­sphère est cru­ciale ! Nous avons dé­mon­tré un nombre in­nom­brable de fois que l’on tra­vaillait cha­cun pour l’autre dans cette équipe. Que l’on ga­gnait et que l’on per­dait en équipe ! Je me sou­viens par­ti­cu­liè­re­ment cette sai­son de l’étape d’imo­la sur le Gi­ro où j’ai com­plè­te­ment ex­plo­sé. Après la course, j’ai res­sen­ti une pres­sion énorme, car l’équipe avait tra­vaillé très dur pour moi. J’étais in­quiet, car je ne sa­vais ce qui m’était arr ivé. Mais le staff et mes co­équi­piers n’ont pas cher­ché d’ex­pli­ca­tion, ils n’ont pas vou­lu re­te­nir le cô­té né­ga­tif et ils ont pré­fé­ré re­trou­ver leur joie de vivre et leurs am­bi­tions sur l’étape du len­de­main et nos pro­chaines chances au spr int. C’est là que j’ai su que j’avais une équipe au­tour de moi, cou­reurs et staff, ca­pables tous de me faire chan­ger d’hu­meur et me re­mettre dans les rails pour la suite. Un jour après, nous avons rem­por­té l’étape et c’était un mo­ment très spé­cial. Nous avons ga­gné en­semble, c’est vrai­ment une sen­sa­tion unique.

• Com­ment fais-tu pour avoir cette en­vie de ga­gner du­rant toute la sai­son ? Quand je suis pas­sé pro en 2010 chez Li­qui­gas et que j’ai rem­por­té ma pre­mière vic­toire dès le Tour de Tur­quie, ma pre­mière course, j’ai com­pris que je pour­rai de­ve­nir un “ga­gneur” dans ce mi­lieu ! J’ai dé­ci­dé à

s or lo F ep St • ck ui Q / i tt ro Si S. , to ho P i tin et B , es ag m -I ty et G • ts or Sp e- ss re P Sur la Vuel­ta, Pe­ter Sa­gan a trou­vé son maître en la per­sonne d’élia Viviani, très sou­vent de­vant dans les sprints mas­sifs pour le plus grand bon­heur de son équipe !

Cham­pagne mon­sieur Viviani.18 fois bra­vo…

Viviani et Sa­gan parlent bou­tique. Même vé­lo mais équipes dif­fé­rentes, ce duel ré­gale les yeux dans les sprints.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.