PHO­TO DE FA­MILLE ARGENTIQUE !

L'équipe de France était ve­nue pour le titre avec Ala­phi­lippe et Bar­det ! Mais elle n'avait pas de re­gret en re­par­tant avec la mé­daille d'ar­gent. Ça fai­sait 13 ans que cette équipe Élite n'avait pas rem­por­té la moindre bre­loque ! Alors per­sonne ne fe­ra la

Planète Cyclisme - - EQUIPE DE FRANCE ÉLITE -

Ju­lian ALA­PHI­LIPPE

L'au­ver­gnat était ve­nu pour le maillot arc-en-ciel, mais il a coin­cé au pire mo­ment dans “l'en­fer” à cause de cram-pes. Il fi­ni­ra 8e après s'être bat­tu comme un diable. C'est la dé­cep­tion qui do­mi­nait quand il ana­ly­sait son Cham- pion­nat du monde : « Au pied de la der­nière bosse, je me sen­tais en­core bien. Après, ça m'a lâ­ché d'un coup, à la moi­tié de la mon­tée. J'ai eu des crampes. C'était hor­rible ! Je zig­za­guais sur la route. Phy­si­que­ment, j'étais sû­re­ment en­ta­mé. C'était sans doute trop dur pour moi. Je n'avais pas as­sez de jambes pour ga­gner. La ré­pé­ti­tion des dif­fi­cul­tés sans la pos­si­bi­li­té de ré­cu­pé­rer et puis les 28% dans la der­nière côte. Ça, c'était ter­rible à la fin. » Ala­phi­lippe po­si­ti­vait néan­moins en par­lant de l'équipe de France et de la mé­daille d'ar­gent de Ro­main Bar- det : « Ro­main a don­né le maxi­mum et fi­nir juste der­rière un cham­pion comme Val­verde, c'est une belle per­for­mance et c'est la ré­com­pense du tra­vail que l'équipe de France a fait sur ce Mon­dial. Mais coup de cha­peau à Ro­main. »

Ro­main BAR­DET

Bar­det était co­lea­der avec Ala­phi­lippe et, au fi­nal, il a joué la gagne avec Val­verde. L'AU­ver­gnat sa­vou­rait sa mé­daille d'ar­gent : « Elle a la sa­veur du col­lec­tif. Je me suis écla­té. On a la même phi­lo­so­phie dans cette équipe de France. On passe un bon mo­ment en­semble, entre co­pains, et le vé­lo est plus fa­cile de cette ma­nière. » Bar­det fut at­ten­tif tout au long de ce Cham­pion­nat du monde et par­tit à l'as­saut du “Höll” avec Ala­phi­lippe et Pi­not, mais aus­si Ale­jan­dro Val­verde et Michael Woods. Il n'avait au­cun re­gret, car il avait tout don­né. « Je suis fier pour l'équipe de France. Je pense à An­tho­ny (Roux) qui avait rou­lé dès le dé­but, à Ru­dy (Mo­lard) qui a fait un su­per tra­vail, à Gal­lo (To­ny Gal­lo­pin). Thi­baut fai­sait le train dès le pied de la der­nière mon­tée pour per­mettre à Ju­lian de par­tir en­suite. On a fait un vrai tra­vail d'équipe. Mais le vé­lo, ce n'est pas du ta­bleau noir. Il faut sa­voir s'adap­ter. On a prou­vé que l'équipe de France, ça fonc­tion­nait bien. Je re­tien­drai l'aven­ture hu­maine au-de­là de cette mé­daille d'ar­gent. »

To­ny GAL­LO­PIN

Le Pa­ri­sien était le ca­pi­taine de route pour al­ler au com­bat. Il avait un oeil sur tout et par­tout pen­dant 240 km. Pas un mo­ment de ré­pit. À 30 ans, Gal­lo­pin reste le cou­reur le plus ex­pé­ri­men­té de la sé­lec­tion et l'homme

de confiance de Gui­mard. « Il a une vraie et bonne lec­ture de la course. Il sent la course » note le sé­lec­tion­neur, qui l'avait cou­ché sur sa liste au même titre qu’ala­phi­lippe et Bar­det, dès le 26 août au mo­ment de la Bre­tagne Clas­sic Ouest-france. Gal­lo ana­lyse son Mon­dial avec lu­ci­di­té après une 58e place anec­do­tique : « Mes jambes n'étaient pas ex­cep­tion­nelles, mais suf­fi­santes pour tra­vailler et les ac­com­pa­gner jus­qu'au der­nier tour. Après, ma jour­née était fi­nie. Mon rôle était de gé­rer les mecs (3 lea­ders) et c'est ce que j'ai fait du mieux pos­sible. »

An­tho­ny ROUX

Le cham­pion de France était la force tran­quille de l'équipe de France. Il avait un rôle de lieu­te­nant pour contrô­ler le tem­po au dé­but de la course et il l'a fait, en pre­nant les com­mandes du pe­lo­ton quand l'échap­pée de 11 cou­reurs s'était for­mée avec une quin­zaine de mi­nutes d'avance. Le Lor­rain avait pour mis­sion de tran­quilli­ser Ala­phi­lippe, Bar­det et Pi­not dans les pre­mières heures de la course. Il s'ac­quit­ta à mer­veille de sa tâche. Pour lui, le bou­lot était ter mi­né à 85 km de l'ar r ivée. Il pou­vait ren­trer au pad­dock. Bar­det, Pi­not et Mo­lard met­tront en avant son tra­vail.

Ru­dy MO­LARD

Le Vos­gien était le roo­kie de l'équipe de France, avec cette pre­mière sé­lec­tion en Au­triche. Une course su­perbe avec de l'éner­gie pour le gr im­peur de Grou­pa­ma-fdj qui as­su­ma son rôle de re­lais quand An­tho­ny Roux avait dé­bran­ché. Mo­lard avait conscience du tra­vail qu'il avait ef­fec­tué : « J'ai contrô­lé jus­qu'au pied de la der­nière as­cen­sion pour qu'il n'y ait pas d'at­taque et que ça per­mette à nos 3 lea­ders de s'ex­pli­quer avec ce qui res­tait de nos ad­ver­saires. Ro­main (Bar­det) fait deuxième et bat­tu par Val­verde. On n'a pas de re­gret à avoir. Il n'y a ja­mais de course par­faite, mais on n'a pas fait de grosses er­reurs. On a bien ac­com­pa­gné les coups dans l'avant-der­nier pas­sage. » Mo­lard a trou­vé ce Mon­dial très dur et se de­man­dait même l'uti­li­té de faire un par­cours aus­si dif­fi­cile. « C'est bien de faire des courses très dures, mais il y a une li­mite quand même. Pour le spec­tacle, je pense que c'était trop dur. »

Thi­baut PI­NOT

Une sé­lec­tion à Flo­rence en 2013 et une à Inns­bruck, Thi­baut Pi­not n'est pas un ha­bi­tué de la sé­lec­tion, alors qu'il a gon­flé son pal­ma­rès très tôt avec son équipe de la FDJ. Grâce à une bonne Vuel­ta (6e) avec 2 vic­toires d'étape en mon­tagne, il était lo­gique qu'il soit lea­der éga­le­ment chez les Bleus à Inns­bruck. Mais il était la 3e carte dans le jeu. Quand le pe­lo­ton est ar­ri­vé sur le cir­cuit, le grim­peur de Grou­pa­ma-fdj n'a ja­mais re­cu­lé, avant le “Höll”, l'ul­time as­cen­sion. Il met­tait en va­leur le tra­vail glo­bal de l'équipe même si on sen­tait une pe­tite pointe d'amer­tume : « On a mon­tré que, col­lec­ti­ve­ment, on était fort et c'est ce qu'il faut re­te­nir. Je me suis sa­cri­fié, car le plan A était pour Ju­lian et c'est nor­mal. Après, on s'est ra­bat­tu sur la carte Ro­main. J'avais pour consigne de bou­ger dans les deux der­niers tours et faire le pied de la bosse. C'est ce que j'ai fait. Mon but, c'était de dur­cir. » Thi­baut Pi­not es­père à nou­veau un Mon­dial bien dur en Suisse dans deux ans. Pour avoir sa carte à jouer cette fois !

War­ren BAR­GUIL

Le Bre­ton était le re­pê­ché de cette équipe après le for­fait de Pierre Rol­land. Il était là pour as­su­rer le re­lais en deuxième ri­deau, en fin de course. Le Mor­bi­han­nais n'au­ra pas cette peine. Il se­ra le pre­mier au bus à 14h15. Une mé­chante chute après 140 km de course. Il avait chan­gé de ma­chine (BH), puis de roue avant et sur­tout man­qué un ra­vi­to “bi­don” dans les stands ! Deux mi­nutes plus tard, il al­lait seul au sol dans un vi­rage ! Une dure sai­son pour Wa­wa. Même en sé­lec­tion, ça n'a pas tour­né.

Alexandre GE­NIEZ

L'avey­ron­nais avait un double rôle. En­tou­rer et pro­té­ger les lea­ders dans la pre­mière par­tie de la couse de Kuf­stein à Inns­bruck (84 km), avant de dur­cir sur le cir­cuit olym­pique avec les 6 pas­sages dans la côte d'an­ger­berg avant le juge de paix, le fa­meux Höt­tin­ger Höll. Mais Ge­niez n'a ja­mais pu faire le job. Il se­ra ra­pi­de­ment hors-jeu sur le cir­cuit et inu­tile pour ses lea­ders. Dom­mage. Le cou­reur ag2r La Mon­diale sor­tait d'une ex­cel­lente Vuel­ta où il avait rem­por­té une étape. Après une sé­lec­tion au Cham­pion­nat d'eu­rope à Plu­me­lec en 2016, son re­tour chez les Bleus au­rait pu être meilleur à Inns­bruck.

Cy­rille GUI­MARD

Le boss de la sé­lec­tion de­vait être là pour du court ter me, mais la Fé­dé­ra­tion Fran­çaise de Cyclisme va conti­nuer l'aven­ture avec le Druide, sû­re­ment jus­qu'aux Jeux Olym­piques de To­kyo en 2020. À 71 ans, Gui­mard a ins­tau­ré son au­to­ri­té le plus na­tu­rel­le­ment du monde. Il avait pr is la sé­lec­tion à Ber­gen l'an der­nier et per­met aux Bleus un an plus tard d'ef­fa­cer 13 ans d'ab­sence sur le po­dium grâce à une com­po­si­tion d'équipe co­hé­rente. « Il n'y a pas de mé­thode Gui­mard » dit-il. « Ce qui est im­por­tant, c'est de construire un groupe et que les cou­reurs puissent s'ex­pri­mer en fonc­tion d'un fil conduc­teur. On a tous des de­voirs en équipe de France et quand on est en équipe de France, on rem­plit nos de­voirs.»

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.