SEPP KUSS, SUR LES TRACES DE GREG LEMOND

Planète Cyclisme - - NEWSTAR -

Si la France et la Bel­gique se cherchent un nou­veau vain­queur sur le Tour de France, le cyclisme amé­ri­cain est en quête d’un grand cham­pion de­puis Greg Lemond et de cré­di­bi­li­té après les an­nées Arm­strong. Et si la nou­velle star US s’ap­pe­lait Sepp Kuss, 24 ans, vain­queur du Tour d’utah en août…

En sport, les gé­né­ra­tions se suivent et ne se res­semblent ja­mais. Si la France connaît une pér iode f aste qui l’em­mène vers les som­mets du cyclisme pro­fes­sion­nel, no­tam­ment sur les Grand Tour, si d’autres pays re­viennent seu­le­ment dans la danse et si d’autres en­fin pro­posent des cou­reurs vieillis­sants et se dir igent vers des an­nées de tran­si­tion, le cyclisme amé­ri­cain est plu­tôt, si­non au creux de la vague, en re­cherche constante de LA nou­velle star ! À dé­faut de pos­sé­der des Ala­phi­lippe, Pi­not, Bar­det, Bar­guil et autres, le pays nord-amér icain se cherche au moins un concur­rent de taille à lut­ter au som­met du cyclisme Worldtour sur les grands tours. Greg LeMond, l’idole des an­nées 80-90, n’a ja­mais été rem­pla­cée et la pér iode Lance Arm­strong, qui au­rait pu être belle, s’est ter mi­née comme on le sait, de ma­nière dra­ma­tique. Si 17 cou­reurs amé­ri­cains sont membres de 7 des 18 équipes Worldtour en 2018, ils n’étaient que 5 à dis­pu­ter le Tour de France cet été (pour 4 au Gi­ro et 6 sur la Vuel­ta). À eux cinq, ils ne pré­sen­taient même pas 10 par­ti­ci­pa­tions cu­mu­lées (6 pour van Gar­de­ren, 1 pour Crad­dock et Phin­ney, alors que Ha­ga et Bos­well dé­bu­taient). Les Amé­ri­cains sont à la peine. À qui la faute ? Deux équipes en Worldtour (BMC, qui ar rête en fin de sai­son, et Edu­ca­tion First- Dra­pac) et une seule course (Tour de Ca­li­for­nie), c’est peu. Après, les autres courses de haut ni­veau sont nom­breuses comme les ré­pu­tés Tour du Co­lo­ra­do et d’utah, alors qu’en Con­ti­nen­tal­Pro ( Ha­gens Ber man Axeon, Ho­lo­wes­ko-ci­ta­del, Ral­ly Ra­cing, No­vo Nor­disk et Uni­ted­heal­th­care) et en Conti­nen­tal ( 7 teams au to­tal), 12 équipes sont ins­cr ites. Mais alors que les suc­cès d’ar mstrong étaient cen­sés ti­rer le cyclisme amér icain vers le haut et pous­ser les jeunes, ce­la a eu l’ef­fet in­verse, et au pal­ma­rès des plus grandes courses, Greg Lemond se re­trouve seul : « Un gar­çon comme Te­jay van Gar­de­ren a con­nu des ré­sul­tats très tôt, trop tôt peut- être. Ce­la peut être une bonne chose comme une mau­vaise » ex­plique Jo­na­than Vaugh­ters, pa­tron de l’équipe Edu­ca­tion First-dra­pac. « L’autre sou­ci, c’est que dès que tu fi­nis 5e du Tour, tu es pro­pul­sé sur le de­vant de la scène et on te colle une éti­quette de fu­tur cham­pion. » Van Gar­de­ren n’a ja­mais confir mé son ex­cellent dé­but de carr ière, alors qu’un gar­çon comme Tay­lor Phin­ney, sou­vent bles­sé, n’a ja­mais per­cé. À 26 ans, un cou­reur comme Tan­ner Putt (Uni­ted­heal­th­care) n’a ja­mais confir mé une jeu­nesse do­rée, mais il n’a ja­mais eu sa chance non plus dans une équipe WorldTour. Axel Mer­ckx, son ma­na­ger, parle de son pro­gramme de courses et évoque aus­si la jeu­nesse et la plus lente mon­tée en puis­sance de l’autre cô­té de l’at­lan­tique. Au­jourd’hui, les nou­velles stars US se nom- ment Bran­don Mc­nul­ty ou Sepp Kuss. À 20 ans, le pre­mier nom­mé est un fu­tur cou­reur de Grand Tour, très bon rou­leur éga­le­ment. Il gran­dit et évo­lue chez Ral­ly Ra­cing en Conti­nen­tal de­puis 2017. À suivre. Autre élé­ment plus pro­met­teur en­core à sur­veiller, plus avan­cé dans l’âge, Sepp Kuss. Sepp vient de fê­ter ses 24 ans en sep­tembre. Comme ca­deau, il s’est of­fert - un mois avant - le Tour d’utah, avec trois belles étapes très dures et le classement gé­né­ral : « Je suis vrai­ment très heu­reux avec ce suc­cès. C’est avant tout un suc­cès d’équipe, mais j’ai aus­si su prendre ma chance, no­tam­ment en mon­tagne. Ce­la res­te­ra comme une se­maine in­croyable. » Qui ap­pel­le­ra d’autres suc­cès si les pe­tits co­chons ne le mangent pas ! Au sein d’une équipe qui a confiance en ses jeunes, Sepp est « au bon en­droit au bon mo­ment. Je suis très heu­reux de dé­bu­ter en Worldtour dans cette équipe. Une équipe qui fait un tra­vail consi­dé­rable avec ses jeunes. J’es­père pou­voir dé­ve­lop­per mes qua­li­tés en mon­tagne et m’amé­lio­rer en contre-la-montre. Je suis ex­ci­té à l’idée de dé­cou­vrir les plus belles courses. » Il a une de­vise qui lui va bien : “Ne te mets pas trop de pres­sion sur toi- même. Prends plai­sir, aie constam­ment confiance en toi et ce­la te met­tra sur la bonne voie”. Pour ce­lui qui n’es­pé­rait pas cour ir son pre­mier Grand Tour (la Vuel­ta) dès ses dé­buts à ce ni­veau, tout s’ac­cé­lère, alors que ce n’était pas ga­gné. Il a pra­ti­qué le ski nor­dique, le kayak, la course à pied et le hockey-sur-glace avant de se tour­ner vers le cyclisme. Et en­core, ce fut le VTT avant la route. À 22 ans, il a si­gné pro chez… Ral­ly Ra­cing en Conti­nen­tal (en 2016) et le voi­ci chez Lot­to Nl-jum­bo de­puis jan­vier pour un contrat de deux ans. Sa carr ière prend un autre tour­nant. On es­père que son suc­cès au Tour d’utah se­ra sui­vi d’autres belles per­for mances, plus éle­vées qu’un top 10 et deux top 20 sur des étapes du Tour d’es­pagne. On lui sou­haite de re­nou­ve­ler ces ré­sul­tats, per­for mer et du­rer. Mais que Greg Lemond se ras­sure. Si on peut faire une croix sur de grosses per­for­mances de gar­çons comme van Gar­de­ren ou Phin­ney, avec Sepp, Mc­nul­ty ou en­core Lo­gan Owen, bon pun­cheur et cou­reur de clas­siques d’edu­ca­tion First-dra­pac, le cyclisme US peut se re­prendre à es­pé­rer. Sans mettre de pres­sion sur ses jeunes.

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