RID­LEY BIKES

Beyond the scene*

Planète Cyclisme - - INSIDE MATÉRIEL -

Bien­ve­nue chez Rid­ley Bikes* et la grande fa­mille des par­te­naires de l’équipe Worldtour Lot­toSou­dal ! Équipe plu­tôt haut de gamme du cir­cuit avec un bud­get en­vi­ron de 15 M€, la for­ma­tion belge ne res­semble en rien à sa grande concur­rente na­tio­nale, l’ogre Quick•step Floors. En­trons dans les cou­lisses du par­te­naire cycle de l’équipe de Marc Ser­geant, où on met en avant, au ser­vice d’un grand pro­fes­sion­na­lisme, un as­pect fa­mi­lial et une cer­taine convivialité à l’image de la cha­leur des gens au sein de l’en­ti­té. Vi­site gui­dée avec Fi­lip Hey­le­sonne, son Event ma­na­ger, Maar­ten Put, son Press Re­la­tion, Belle Cla­rysse, res­pon­sable des re­la­tions entre l’équipe, les cou­reurs et la marque et d’autres prin­ci­paux ac­teurs éco­no­miques et par­te­naires de la sphère Rid­ley. Di­rec­tion Paal-be­rin­gen au Nord-est de la Bel­gique.

Le cyclisme est une grande fa­mille qui mé­rite bien son slo­gan de “sport in­di­vi­duel qui se court en équipe”. On y parle au quo­ti­dien de cou­reurs, di­rec­teurs spor­tifs, pro­prié­taires, mé­ca­nos, du staff mé­di­cal et d’autres in­ter­ve­nants spor­tifs, mé­di­caux et or­ga­ni sa­tion­nels au contact di­rect ou in­di­rect des cou­reurs sur les courses et du­rant les pé­riodes d’en­traî­ne­ment et de pré­pa­ra­tion. On évoque aus­si la fi­dé­li­té et la vo­lon­té ré­gu­lière de s’amé­lio­rer pour le faire avan­cer, mais aus­si un cer­tain mou­ve­ment per­pé­tuel. Der­rière la vi­trine d’une équipe qui vit dans ce monde itinérant mais pas no­made, se trouve un nombre im­po­sant de par­te­naires et d’équi­pe­men­tiers qui ha­billent à la fois un cou­reur de la tête aux pieds et qui équipent un vé­lo avec ses com­po­sants ! Chez Lot­to-sou­dal, on a vrai­ment cette im­pres­sion de grande fa­mille. Équipe Worldtour de­puis 2012 avec Be­li­sol puis Sou­dal comme cos­pon­sor, pré­sente aus­si de­puis 2005 sous dif­fé­rentes ap­pel­la­tions en Pro­tour, la fi­dé­li­té de la Lo­te­rie na­tio­nale belge dans le pe­lo­ton de­puis 1985 est un gage de qua­li­té de vie et d’en­train pour les autres. Der­rière les par­te­naires épo­nymes Lot­to et Sou­dal en contrat of­fi­ciel­le­ment jusque fin 2020, on trouve un 3e par­te­naire ca­pi­tal dont la du­rée of­fi­cielle du par­te­na­riat se ter­mine éga­le­ment dans deux ans. Les cycles Rid­ley Bikes sont un par­te­naire/ four­nis­seur/ équi­pe­men­tier-clé dans la vie de l’équipe. Et fi­dèle. Le nu­mé­ro 3 dans la hié­rar­chie, un in­ves­tis­seur aus­si fi­nan­cier à part en­tière comme nous l’ex­plique Fi­lip Hey­le­sonne, 60 ans, Event ma­na­ger chez Rid­ley de­puis 8 ans et an­cien pi­lote de F16 qui a of­fi­cié dans l’ar­mée de l’air pen­dant 25 ans : « Avec la Lo­te­rie na­tio­nale Lot­to et Sou­dal, pro­duc­teur de si­li­cone et mas­tic, nous sommes le 3e par­te­naire d’im­por­tance de l’équipe. À ce titre, dans un bud­get d’en­vi­ron 15 M pour l’équipe de Marc Ser­geant, nous contri­buons à un cer­tain ni­veau. Mais ça va au-de­là d’un simple par­te­na­riat ou in­ves­tis­se­ment. Notre grande force pre­mière, c’est que nous sommes trois en­tre­prises belges avec le même dis­cours, la même pas­sion et la même am­bi­tion, en même temps qu’une cer­taine fi­dé­li­té. » Fi­lip sou­ligne que Rid­ley Bikes n’a ja­mais man­qué une seule sai­son de Pro­tour de­puis 2005 avec l’équipe, en de­hors de deux an­nées avec Ka­tu­sha « pour voir ce qui se fai­sait ailleurs, à l’étran­ger. » La marque est au­près de l’équipe Lot­to de­puis le dé­but des an­nées 2000, ce qui confère au pro­jet et à l’as­so­cia­tion une so­li­di­té et un gage de sé­rieux quand des équipes changent sou­vent d’équi­pe­men­tier cycle : « En 2016, nous avions si­gné avec Lot­to-sou­dal pour 5 ans, jus­qu’au 31 dé­cembre 2020. Ce qui est im­por­tant pour une marque, c’est le re­tour des cou­reurs. Chaque type de cou­reur joue un rôle im­por­tant de “rap­por­teur” au­près de nous. Il n’est donc pas idéal d’avoir des contrats de courte du­rée ou

“Si on veut être une marque pres­ti­gieuse, il faut être dans le Worldtour au­jourd’hui. At­ten­tion, on ne se bat pas face à Giant, Trek ou Spe­cia­li­zed, mais on est à haut ni­veau juste der­rière.” FI­LIP HEY­LE­SONNE, EVENT MA­NA­GER CHEZ RID­LEY BIKES

de chan­ger sou­vent comme le font cer­taines équipes. Entre le feed­back des cou­reurs, le re­tour au­près des in­gé­nieurs et les tech­ni­ciens des usines qui font les cadres, ça prend du temps. Nous avons réa­li­sé un vé­lo de piste pour les Jeux Olym­piques qui nous a pris deux ans avant que le cadre soit vrai­ment au point, tip-top ! Entre la créa­tion du vé­lo et la sor­tie d’un cadre abou­ti avec l’en­tière sa­tis­fac­tion des cou­reurs, ça peut prendre des an­nées. »

■ Il y a 25 ans, Joa­chim Aerts re­pei­gnait des vé­los dans son ga­rage

On com­prend mieux cette fi­dé­li­té qui lie les marques avec l’équipe. Chez Rid­ley Bikes, dont nous avons vi­si­té l’usine et ren­con­tré quelques par­te­naires/ amis au mois d’avril, quelques jours avant Liège- Bas­togne- Liège, ça sent bon le sé­rieux, le tra­vail, le pro­fes­sion­na­lisme, mais aus­si les bonnes re­la­tions et une im­mense co­opé­ra­tion à tous les ni­veaux comme une cer­taine trans­pa­rence. À Paal-be­rin­gen, au Nord-ouest de Has­selt au Lim­bourg, au Nord-est de la Bel­gique, l’en­tre­prise avec ses 85 em­ployés ( la so­cié­té compte aus­si une en­tre­prise en Mol­da­vie avec en­vi­ron 25 per­sonnes, mais se si­tue loin ques­tion lo­gis­tique des grosses en­tre­prises comme Trek, Giant et Spe­cia­li­zed, plu­tôt dans la course avec Look, Wi­lier ou Pi­na­rel­lo) s’étend sur une belle su­per­fi­cie avec, à tous les étages de ce bâ­ti­ment sen­tant le neuf et très fonc­tion­nel, de la com­pé­tence dans tous les do­maines. Une en­tre­prise jeune et ex­pé­ri­men­tée aus­si : « Nous avons fê­té les 25 ans de l’en­tre­prise il y a deux ans dé­jà ! C’est Jo­chim Aerts qui l’a créée. Il a com­men­cé chez lui dans son ga­rage en pei­gnant quelques vé­los, avant que le ga­rage ne de­vienne trop pe­tit. Il a ache­té un pe­tit bâ­ti­ment. Ses af­faires ont vite bien fonc­tion­né à tel point qu’un deuxième par­te­naire est ar­ri­vé, Paul Kum­pen, qui a fait fortune dans la construc­tion au­to­mo­bile. À eux deux, Jo­chim avec le sa­voir-faire et Paul le bud­get, ils ont fait ce qu’est de­ve­nu Rid­ley Bikes sur le mar­ché in­ter­na­tio­nal. » Sto­ckage, mon­tage, pein­ture, ha­billage, re­touche, en­vois, tout passe par Paal-be­rin­gen sous les ordres ou le re­gard et la bien­veillance no­tam­ment de Fi­lip, mais aus­si de Maar­ten Put, Pu­blic Re­la­tion de l’en­tre­prise, et Belle Cla­rysse, res­pon­sable vente en Flandres et res­pon­sable aus­si des re­la­tions en Rid­ley Bikes, l’équipe Lot­to-sou­dal, son staff et ses cou­reurs dont nous avons fait connais­sance lors de notre vi­site gui­dée. Un tra­vail ré­com­pen­sé au­jourd’hui : « Rid­ley Bikes est en bonne santé » ex­plique Fi­lip. « On est une en­tre­prise am­bi­tieuse et qui marche bien. Nos am­bi­tions, ce n’est pas d’être n°1, mais d’avoir des chiffres de ventes en aug­men­ta­tion chaque an­née, ce qui est le cas ac­tuel­le­ment, mal­gré une pe­tite crise ac­tuelle dans le monde du vé­lo. Tous les ans, ça aug­mente. On vend 40.000 vé­los par an en­vi­ron, route, cy­clo, VTT, un peu de piste et des Gra­vel de­puis 3 ans dans une qua­ran­taine de pays à tra­vers le monde en­tier. »

■ « Ça ne sert à rien d’équi­per 2-3 top teams si c’est pour ne pas s’en oc­cu­per comme il faut. »

Quand le pa­tron Jo­chim Aerts a dé­bu­té son ac­ti­vi­té, très vite, il a été ques­tion de la com­pé­ti­tion et du Pro­tour : « Très vite, Jo­chim a pen­sé à la com­pé­ti­tion. Nous n’avons ja­mais lou­pé une sai­son de Prot our de­puis le dé­part… Si on veut être une marque pres­ti­gieuse, il faut être dans le W orld­tour. At­ten­tion, on ne se bat pas face à Giant, Trek ou Spe­cia­li­zed, mais on est à haut ni­veau juste der­rière. » À la dif­fé­rence de cer­tains grands noms du mi­lieu, Rid­ley bikes se concentre sur une seule équipe, mais avec toutes ses com­pé­tences : « On n’a pas les moyens fi­nan­ciers pour avoir plu­sieurs équipes. Ça ne sert à rien de prendre 2-3 top teams si c’est pour ne pas s’en oc­cu­per comme il le faut et faire du bon tra­vail ! Ce n’est pas ren­table ! Mais il faut être dans le Worldtour. Si tu veux être une marque pres­ti­gieuse, conve­nable, il faut y être. Ce­la te donne un “tam­pon” sur le mar­ché du vé­lo de com­pé­ti­tion ! » Rid­ley Bikes jongle avec in­tel­li­gence, tra­vail et or­ga­ni­sa­tion entre le mar­ché du cycle dans qua­rante pays en­vi­ron sur tous les conti­nents et la com­pé­ti­tion au­près des cham­pions et des équipes (l’équipe Fé­mi­nine Lot­to-sou­dal et les U23, mais aus­si WB Aqua Pro­tect Ve­ran­clas­sic et Sport Vlaan­de­ren- Ba­loise au ni­veau Con­ti­nen­tal­pro sur la route et en cy­clo-cross, Mar­lux-bin­goal). Fait nou­veau, de­puis un an, l’image de Rid­ley Bikes est co­or­don­née avec les cycles Ed­dy Mer­ckx. « De­puis dix ans, la marque avait chan­gé deux fois de pro­prié­taires. Elle était sur le dé­clin et fi­na­le­ment, le der­nier in­ves­tis­seur vou­lait s’en dé­bar­ras­ser. Peu de per­sonnes étaient par­tantes et fi­na­le­ment, Joa­chim Aerts a in­ves­ti à un prix moins im­por­tant que pré­vu pour une marque pres­ti­gieuse. Il a dé­ci­dé de l’ache­ter et de pro­lon­ger la gamme qui équipe tou­jours l’équipe T op­sport Vlaan­de­ren-ba­loise avec son mo­dèle 625. La marque re­monte la pente. Le but est dé­sor­mais de la pro­mou­voir et d’en­trer dans des chiffres de vente crois­sants chaque an­née pour Rid­ley et Ed­dy Mer­ckx ! » Rid­ley se bat avec ses moyens « moyenne gamme » comme dit Fi­lip, mais aus­si sa vo­lon­té et ses idées. Dé­pen­dante quelque part

dans son image des ré­sul­tats des teams qu’elle équipe, elle avance en cher­chant sans cesse des idées à l’image d’un “Cros­so­ver Concept” créé il y a 8 ans à l’ar­ri­vée de Fi­lip dans l’en­tre­prise, un grou­pe­ment de 7 marques (Born, Grip­grab, Vit­to­ria, HJC, Ru­dy Pro­ject, Bio­ra­cer et Cy­cliq), par­te­naires ou non de l’équipe Lot­to-sou­dal, mais qui tra­vaillent en co­opé­ra­tion avec Rid­ley Bikes dans le but de gran­dir et mettre en com­mun toutes les com­pé­tences. « C’est une fa­çon de tra­vailler très in­tel­li­gente » conclut Fi­lip. « Le cyclisme re­groupe de très nom­breuses marques qui n’ont par­fois pas toute la sur­face fi­nan­cière et mé­dia­tique pour se faire connaître et gran­dir. Chez Rid­ley Bikes, on a créé ce concept dans l’in­té­rêt de tous les ac­teurs, marques, équipe. » ■ « On n’est pas ja­loux de la Quick•step et de leurs ré­sul­tats avec Spe­cia­li­zed » La ba­garre est quo­ti­dienne dans le mi­lieu des marques, du vé­lo en par­ti­cu­lier. Il ne faut rien lâ­cher ni se re­lâ­cher, si­non le voi­sin pren­dra la place. Un vé­lo Rid­ley Bikes de ven­du dans le monde, c’est de la vi­si­bi­li­té of­ferte à la marque, mais une vic­toire ou une belle per­for­mance d’un cou­reur sur une com­pé­ti­tion, ce se­ra une pu­bli­ci­té qui fe­ra ve­nir le client chez Rid­ley plu­tôt qu’ailleurs. « On n’est pas di­rec­te­ment dé­pen­dant des ré­sul­tats, mais on sent une pres­sion plus forte au mo­ment de cer­taines courses comme les clas­siques au prin­temps. Il y a une forme de com­pé­ti­tion avec la Quick•step et Spe­cia­li­zed. Mais at­ten­tion, on n’est pas ja­loux. » Loin des 70 vic­toires en­vi­ron de la bande à Ju­lian Ala­phi­lippe, An­dré Greipel, Tim Wel­lens, Tiesj Be- noot, Tho­mas de Gendt et les autres se battent avec leurs qua­li­tés sur les mo­dèles Noah SL (sprin­teurs, qui ont re­çu le nou­veau mo­dèle Noah Fast cet été), Hé­lium SLX (mon­tagne et clas­siques avec beau­coup de dé­ni­ve­lé) et Fe­nix SL ( clas­siques). Une as­so­cia­tion ma­chine/cou­reur qui paie sur le Worldtour avec des ré­sul­tats in­té­res­sants, comme le suc­cès de Be­noot aux Strade Bianche ou les perfs de de Gendt et Greipel, sans être flam­boyants. Si les trois par­te­naires Lot­to, Sou­dal et Rid­ley Bikes sont as­so­ciés “of­fi­ciel­le­ment” jusque fin 2020, des dis­cus­sions vont vite être en­ga­gées en 2019 pour en­vi­sa­ger l’ave­nir. Un ave­nir que Fi­lip, Maar­ten et Belle es­pèrent ra­dieux, avec des ventes en aug­men­ta­tion et de beaux ré­sul­tats en course.

Avec ex­per­tise, pro­fes­sio­na­lisme et ri­gueur, les em­ployés s’af­fairent au­tour des cadres, pein­ture, mon­tage, dé­cors…

Si Maar­ten Put (en haut) monte un au­to­col­lant Rid­ley sur un cadre neuf, Fi­lip (en bas) parle avec Ch­ris­tophe Brandt, ma­na­ger de WB Ve­ran­clas­sic Aqua Pro­tect. Pour Tim Willens, en­fin, c’est le grand dé­part pour la Doyenne.

À l’usine Rid­ley Bikes de Paal-be­rin­gen, c’est par­fois l’ef­fer­ves­cence avec le pas­sage de pros, mé­ca­nos, ama­teurs.

Voi­ci la nou­velle arme des sprin­teurs de la Lot­to-sou­dal, le nou­veau mo­dèle Noah Fast pré­sen­té au dé­part du Tour.

Bien ran­gés les vé­los chez Rid­ley Bikes. Prêts à par­tir.

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