Fi­lip Hey­le­sonne

« Rid­ley Bikes se bat face à Giant, Trek ou Spe­cia­li­zed sans être aus­si gros »

Planète Cyclisme - - INSIDE MATÉRIEL -

Pi­lote de chasse dans l’ar­mée de l’air pen­dant 25 ans, Fi­lip est Event Ma­na­ger au sein de l’en­tre­prise de­puis 8 ans. Il gère no­tam­ment les re­la­tions avec les par­te­naires de la marque créée par Joa­chim Aerts. Il a un re­gard franc et sans concep­tion sur la marque, le mar­ché et le mi­lieu ex­té­rieur im­pi­toyable du cyclisme et des marques.

• Dans quel état d’es­prit l’en­tre­prise Rid­ley Bikes est- elle ar­ri­vée dans le cir­cuit UCI au par­te­na­riat d’une équipe ? Deux-trois ans après avoir lan­cé son en­tre­pr ise, Jo­chim Aerts vou­lait créer un vé­lo de course haut de gamme. Vers 18-19 ans, il a stop­pé la com­pé­ti­tion cy­cliste et a dé­ci­dé de se consa­crer à la fa­br ica­tion du ma­té­riel. Il a choi­si les vé­los de route avant des vé­los de cy­clo-cross, de contre-la-montre et une fois, que cette pro­duc­tion a été bien lan­cée, des Moun­tain Bikes.

• Quand on parle des vé­los du Worldtour, on pense à Trek, Giant, Spe­cia­li­zed, pas for­cé­ment à Rid­ley Bikes. Ce manque de re­con­nais­sance vous gêne-t-il ? On n’au­ra ja­mais les moyens de les concur­ren­cer. Si nos vé­los sont aus­si bons, ils ont un plus grand mar­ché et la ca­pa­ci­té de mon­ter 500 vé­los par jour quand on en monte 100 ! Mais nos cou­reurs aiment les vé­los. An­dré Greipel, qui part chez For­tu­neo- Sam­sic, aime notre vé­lo, il a un très bon contact avec les gens de l’en­tre­pr ise et les in­gé­nieurs. Il au­rait ai­mé l’ame­ner avec lui dans sa nou­velle équipe ! Comme en For­mule 1, il faut le bon cou­reur sur le bon vé­lo. Si tu as un mau­vais cou­reur avec un bon vé­lo ou in­ver­se­ment, ça n’ira pas. • Parle- nous du tra­vail entre les cou­reurs, l’équipe et Rid­ley, qui est pri­mor­dial. Greipel, Hen­der­son ou Han­sen sont proches du ma­té­riel. Une jeune femme chez nous, Belle Cla­rysse, est en contact per­ma­nent avec l’équipe d’un point de vue ad­mi­nis­tra­tif . Les mé­ca­ni­ciens prennent contact avec nos in­gé­nieurs sur des de­mandes pré­cises. Il y a un re­tour ré­gu­lier, prin­ci­pa­le­ment en dé­but de sai­son avec les com­mandes puis en sai­son en cas de sou­ci. L’équipe dis­pose de 200 vé­los de trois mo­dèles dif­fé­rents : le Noah SL (la marque a pré­sen­té un nou­veau Noah Fast dé­but juillet pour les sprin­teurs), le Hé­lium SLX et le Fe­nix SL. Belle gère à l’in­ter­sai­son. Après, les mé­ca­ni­ciens sont en charge des mo­di­fi­ca­tions du­rant la sai­son.

• Le feed­back des pros est très im­por­tant ! Que ce soit pour un vé­lo, une voi­ture, une mo­to ou des ro­bi­nets, l’avis des consom­ma­teurs est im­por­tant. Mais les tests sont li­mi­tés. Alors, quand un vé­lo est en pro­duc­tion, on va le tes­ter pen­dant un mo­ment. Avant que le nou­veau Noah Fast soit dé­voi­lé pen­dant le Tour de France, An­dré Greipel en avait un de­puis le dé­but de l’an­née chez lui, qu’il sor­tait à l’en­traî­ne­ment, mais pas en com­pé­ti­tion. Le contact in­gé­nieur/cou­reur est pr imor­dial. Pour le ma­té­riel, on n’est ja­mais au bout, ce n’est ja­mais par­fait.

• Vous êtes le par­te­naire n° 3 de l’équipe après Lot­to et Sou­dal jusque fin 2020. Un par­te­naire cycles ou fi­nan­cier aus­si ? Le par­te­nar iat est ba­sé sur les vé­los et les re­la­tions… et sur l’in­ves­tis­se­ment fi­nan­cier. Nous sommes trois en­tre­pr ises belges ayant un in­té­rêt com­mun à col­la­bo­rer, no­tam­ment entre les pro­duits Sou­dal et Rid­ley Bikes, alors que la Lot­to, c’est ins­ti­tu­tion­nel comme ONCE en Es­pagne. Le cyclisme pro­pose une vi­si­bi­li­té énor me pour un grand nombre de pro­duits sur un vé­lo et un cou­reur. Main­te­nant, ce n’est pas un par­te­nar iat aveugle, car il f aut in­ves­tir tou­jours plus d’ar­gent dans le mi­lieu pro­fes­sion­nel. Et ça coûte tou­jours plus cher, au ni­veau de la lo­gis­tique aus­si… Il y a un in­té­rêt com­mun à conti­nuer.

• L’équipe Lot­to-sou­dal compte plus d’une tren­taine de par­te­naires. Chez Rid­ley Bikes,

la re­la­tion est pous­sée avec cer­tains. Ex­plique-nous cette com­pli­ci­té. C’est exac­te­ment le même genre de re­la­tions que dans l’avia­tion. Il n’y a pas que le fa­br icant, mais aus­si tous les com­po­sants de l’avion. Un vé­lo, c’est pa­reil. On ne parle pas de par­te­naires dif­fé­rents, mais d’un groupe ! Ce­la de­vient un peu une fa­mille avec des re­la­tions. Si on peut ai­der des marques à s’in­té­grer dans notre vé­lo, on le fe­ra. Quand on tra­vaille avec De­da ou Cam­pa­gno­lo, il y a un in­té­rêt di­rect. Idem avec les pro­duits Sou­dal. Je suis à la tête d’un pro­jet qui se nomme le “cros­so­ver concept”, avec des par­te­naires qui ont un in­té­rêt com­mun. C’est le cas donc avec les par­te­naires Born, Vit­tor ia, Grip­grab, HJC, Bio­ra­cer, Cy­cliq et Ru­dy Pro­ject, qui ne sont pas tous par­te­naires de Lot­to-sou­dal, mais qui tra­vaillent avec Rid­ley Bikes. Notre ob­jec­tif com­mun est d’or­ga­ni­ser des évé­ne­ments sur des courses ou des cy­clo­tour ismes pour faire connaître nos sa­voir­faire et de tra­vailler en­semble pour mon­trer des pro­duits, les tes­ter et les ai­der à pro­gres­ser.

• Que faut-il vous sou­hai­ter pour l’ave­nir de Rid­ley Bikes ? Que les marques Rid­ley Bikes et Ed­dy Mer­ckx aug­mentent chaque an­née leurs chiffres de vente avant tout !… Après si un de nos gars ga­gnait Mi­lan- San Re­mo ou une autre top clas­sique comme les Flandres, ce se­rait gé­nial !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.