Cou­pure or not cou­pure ?

Planète Cyclisme - - TRAINING COURSE -

La cou­pure se­ra, d’ici quelques jours à quelques se­maines, le su­jet de dis­cus­sion pri­vi­lé­gié entre cou­reurs. Si son uti­li­té fait dé­bat chaque sai­son à pa­reille pé­riode, c’est parce qu’un consen­sus est im­pos­sible ! En ef­fet, la ré­ponse à la ques­tion “est-ce que je dois cou­per ? Com­bien de temps ?” est in­di­vi­dua­li­sée. Es­sayons d’y voir plus clair en dé­taillant cinq cas pour les­quels il faut cou­per et cinq cas pour les­quels il ne faut pas cou­per.

> LA COU­PURE, UN PAS­SAGE OBLI­GÉ ! 1. En cas de fa­tigue

On pour­rait l’ou­blier tant la cou­pure est par­fois sa­cra­li­sée. Mais si cou­pure il y a, c’est pour ap­por­ter une ré­ponse adap­tée à une si­tua­tion qui res­semble à une im­passe. Au­tre­ment dit, la cou­pure s’im­pose quand le ni­veau de fa­tigue est de­ve­nu trop im­por­tant et que vos per­for­mances sont en baisse. C’est sou­vent le cas en fin de sai­son, alors que vous avez en­chaî­né beau­coup de courses sans prendre le temps de ré­cu­pé­rer. Les cou­reurs mul­ti­pliant les courses l’été tout en fai­sant l’ar­rière-sai­son sont sou­vent confron­tés à cette si­tua­tion. Une baisse si­gni­fi­ca­tive des per­for­mances et un état de sur­en­traî­ne­ment, né­ces­sitent une cou­pure.

2. Si vous n’en avez pas eu dans la sai­son

Si vous avez le sen­ti­ment de ne pas avoir dé­bran­ché de­puis mars, voire fin fé­vrier, il fau­dra né­ces­sai­re­ment pas­ser par une cou­pure, même courte, de 5 à 7 jours afin de fa­vo­ri­ser une bonne ré­cu­pé­ra­tion. En ef­fet, si vous avez gé­ré votre sai­son de la sorte, vous n’avez pas eu de phase de ré­cu­pé­ra­tion suf­fi­sante. Mine de rien, votre ni­veau de fraî­cheur est sans doute in­suf­fi­sant au­jourd’hui. Une cou­pure per­met de re­faire les ni­veaux.

3. En cas de sa­tu­ra­tion

La fa­tigue phy­sique est une chose, l’usure men­tale une autre. La cou­pure peut éga­le­ment ap­por­ter une ré­ponse en cas de sa­tu­ra­tion. Qui plus est, cette sa­tu­ra­tion est de toute fa­çon un si­gnal que votre or­ga­nisme vous en­voie pour vous aver­tir que l’équi­libre forme/frai­cheur/fa­tigue est sur le point d’être rom­pu. La cou­pure peut éga­le­ment s’im­po­ser si vous res­sen­tez un ras-le-bol ou le be­soin de souf­fler. De même si vous ne vous sen­tez pas ca­pable d’af­fron­ter la mé­téo au­tom­nale et les séances de home trai­ner. Cou­per per­met de ré­cu­pé­rer et de re­trou­ver l’en­vie.

4. Pour ti­rer le bi­lan de votre sai­son

La cou­pure en fin de sai­son per­met d’opé­rer une tran­si­tion. Au mo­ment où vous choi­sis­sez de prendre du re­cul, pla­cez vous dans l’état d’es­prit sui­vant : « je ne suis plus dans ma sai­son 2018, mais je ne suis pas en­core dans ma sai­son 2019. » Il faut alors pro­fi­ter de cette pé­riode pour ti­rer le bi­lan de votre sai­son, ce qui vous per­met­tra de re­par­tir de l’avant en ré­flé­chis­sant à vos fu­turs ob­jec­tifs. De même, ce bi­lan de fin de sai­son peut vous per­mettre de faire le point sur la ma­nière dont vous condui­sez votre en­traî­ne­ment, ques­tion vo­lume, qua­li­té, in­ten­si­té. Vous pour­riez prendre le temps de des­si­ner les grandes lignes de votre pré­pa­ra­tion 2019, le meilleur moyen de re­prendre avec une mé­thode à la clé.

5. Pour pra­ti­quer d’autres ac­ti­vi­tés

La cou­pure peut être to­tale, d’une du­rée d’une à deux se­maines, mais éga­le­ment re­la­tive : vous n’al­lez pas rou­ler sur route ni en­tre­prendre de tra­vail qua­li­ta­tif, mais vous al­lez vous en­tre­te­nir via d’autres ac­ti­vi­tés (course à pied, trail, na­ta­tion, ren­for­ce­ment mus­cu­laire, VTT ou en­core Cy­clo-cross). L’ob­jec­tif n’est pas d’af­fir­mer qu’il faut ou ne faut pas adop­ter cette mé­thode. Elle per­met de re­pous­ser l’uti­li­sa­tion in­tense du ho-me trai­ner da­van­tage ré­ser­vée aux pé­riodes froides et nei­geuses (dé­cembre-mars).

> LA COU­PURE, UN PIEGE À ÉVI­TER ! 1. Vous ne res­sen­tez ni fa­tigue ni sa­tu­ra­tion

Pour­quoi iriez-vous cou­per si vous n’en res­sen­tez ab­so­lu­ment pas le be­soin ? L’ab­sence de cou­pure se jus­ti­fie par­fai­te­ment si vous n’êtes ni fa­ti­gué ni sa­tu­ré, en rai­son d’une pe­tite sai­son no­tam­ment. En outre, si vous vous sen­tez en pleine forme, le fait de cou­per ne pour­rait que cas­ser votre bonne dy­na­mique et re­mettre en cause votre pro­gres­sion. Dans tous les cas, gar­dez à l’es­prit qu’une cou­pure se place au mo­ment où cha­cun en a be­soin : ce n’est pas votre cas au­jourd’hui, ce se­ra peut être dif­fé­rent dans deux mois et il ne se­ra pas trop tard pour ré­cu­pé­rer si le be­soin se fait sen­tir.

2. Vous su­bis­sez des cou­pures ré­gu­lières

La cou­pure vous ne la con­nais­sez que trop bien. Elle n’est pas tou­jours choi­sie, par­fois être su­bie. Si vous par­tez fré­quem­ment en dé­pla­ce­ment, si votre rythme de vie pro­fes­sion­nel ou fa­mi­lial est trop in­tense pour gar­der la ré­gu­la­ri­té dans vos séances, si vous su­bis­sez ré­gu­liè­re­ment une se­maine de re­pos ou si vous avez pris des va­cances cet été sans votre vé­lo par exemple, n’al­lez pas ajou­ter de la cou­pure à de la cou­pure. Vous ne fe­riez qu’ag­gra­ver votre re­tard en creu­sant un peu plus le désen­traî­ne­ment.

3. Vous avez des ob­jec­tifs à court terme

La sai­son sur route est ter­mi­née, mais le monde ne s’ar­rête pas de tour­ner pour au­tant ! Oc­tobre pro­pose, dans cer­taines ré­gions, des contre-la-montre et gent­le­men. L’au­tomne est la sai­son des cy­clo-cross, des duath­lons (course à pied/vé­lo), des bike and run (VTT et course à pied en équipe de deux) et des courses pé­destres sur route. Se­lon vos as­pi­ra­tions, ces dis­ci­plines peuvent peut-être vous in­té­res­ser, au­quel cas il n’est pas ques­tion de cou­per. Vous pour­rez, si be­soin est, cou­per après ces épreuves au­tom­nales.

4. Vous avez l’im­pres­sion de ne pas avoir une mi­nute à perdre

Contrai­re­ment aux idées vé­hi­cu­lées pen­dant de nom­breuses an­nées, la pé­riode au­tom­nale peut être mise à pro­fit pour pro­gres­ser. En ef­fet, tout ne com­mence pas au 1er jan­vier ! Vous pou­vez mettre à pro­fit l’au­tomne pour tra­vailler vos points faibles et/ou abor­der sé­rieu­se­ment le tra­vail qua­li­ta­tif, no­tam­ment la force, l’ex­plo­si­vi­té, la PMA ou le dé­ni­ve­lé. Si vous avez la frai­cheur phy­sique et men­tale pour at­ta­quer, ne vous pri­vez pas !

5. Évi­ter la dé­mo­bi­li­sa­tion

La cou­pure est à double tran­chant : si elle per­met de ré­cu­pé­rer, elle peut éga­le­ment être source de dé­mo­bi­li­sa­tion si elle tend à se pro­lon­ger trop long­temps. Après 8, 10, 12 jours de re­pos com­plet, on ob­serve sou­vent un désen­traî­ne­ment (une al­té­ra­tion de votre ca­pa­ci­té de per­for­mance) et une prise de poids, ain­si qu’une baisse de mo­ti­va­tion. Cer­tains cy­clistes sont confron­tés à la crainte de re­prendre l’en­traî­ne­ment par peur des ré­sul­tats. Gar­dez à l’es­prit que le plus dif­fi­cile est d’en­chaî­ner 2 à 3 sor­ties, la mo­ti­va­tion re­ve­nant en­suite na­tu­rel­le­ment.

> FAITES VOS JEUX !

Notre ob­jec­tif n’est pas de vous pous­ser à cou­per ou de vous pous­ser à ne pas cou­per. En toute ob­jec­ti­vi­té, vous de­vriez vous re­con­naître dans l’un des dix points ex­po­sés ci­des­sus. À vous de prendre les bonnes orien­ta­tions en connais­sance de cause.

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