. Den­nis en­fin au som­met

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“Avec Ro­han, c'est blanc ou c'est noir. Y a pas de gris avec lui ! Il fait le bou­lot à 100% ou il dit “j'en ai rien à foutre”.” STE­FAN KUNG, SON CO­ÉQUI­PIER CHEZ BMC

Après 5 ans chez BMC, l'aus­tra­lien Ro­han Den­nis va dé­bar­quer chez Bah­rain-me­ri­da avec un maillot de cham­pion du monde ! Ce­lui du contre-la-montre ! Une spé­cia­li­té qu'il do­mi­nait de­puis des an­nées sans tou­cher son som­met lors des Mondiaux. Pa­tient et en­tê­té, l'aus­tra­lien, 28 ans, a fi­ni par vaincre la poisse qui lui col­lait au gui­don de­puis un pa­quet de sai­sons.

Ro­han Den­nis avait por­té toutes sortes de maillots en une di­zaine d'an­nées sur le cir­cuit pro, mais ja­mais le plus beau, ce­lui qui vous dis­tincte du com­mun des mor­tels d'un pe­lo­ton pen­dant une dou­zaine de mois. Ce­lui pour le­quel les fans se jet­te­raient sous vos roues pour un au­to­graphe. Un pa­quet de maillots sont en­trés très vite dans la col­lec­tion de l'aus­tra­lien. Du rose au Gi­ro au rouge de la Vuel­ta, sans ou­blier le jaune du Tour de France après sa vic­toire lors du pro­logue à Utrecht en 2015, mais l'arc-en-ciel n'avait ja­mais en­core illu­mi­né sa vie. « Je com­men­çais à déses­pé­rer » nous di­ra t-il à l'is­su de son tr iomphe au Cham­pion­nat du monde à Inns­bruck. L'aus­tra­lien sor­tait d'une Vuel­ta qui l'avait vu ra­fler les deux chro­nos, mais il f ai­sait tou­jours un com­plexe lors des cham­pion­nats du monde, comme si le poids de l'évé­ne­ment était trop lourd pour ce bon­homme d'adé­laïde, pour­tant bien cam­pé avec son mètre quatre-vingt-deux et 71 kg sur la balance. « Ça m'a pris long­temps pour dé­cro­cher en­fin ce maillot arc-en-ciel. Les quatre der­nières an­nées, il y avait tou­jours des gens qui fai­saient mieux que moi, mais l'aus­tra­lie a conti­nué à me sé­lec­tion­ner et à me sup­por­ter chaque an­née » no­tait le nou­veau cham­pion du monde. Den­nis re­mer­cie­ra beau­coup de monde. Po­li­ti­que­ment cor­rect au mo­ment de pas­ser de­vant les mé­dias. Il au­ra ce­pen­dant une pen­sée pour sa femme : « Elle doit être ra­vie à la mai­son, c'est un rêve que je réa­lise. De­puis Ju­niors, j'ai vou­lu être cham­pion du monde du contre-la-montre. Je n'y étais pas par­ve­nu dans au­cune ca­té­go­rie d'âge avant d'être à Inns­bruck. Je vais cer­tai­ne­ment ap­pré­cier l'an­née qui vient en maillot arc-en-ciel. » Comme un bon­heur ne vient ja­mais seul, l'aus­tra­lien va de­ve­nir éga­le­ment pa­pa pour la pr emière fois dans les pro­chaines se­maines. On com­prend ain­si mieux pour­quoi il a re­mer­cié sa femme.

Après 5 ans avec BMC, il se­ra chez Bah­rain-mer ida en 2019

L'aus­tra­lien est la grosse re­crue de l'équipe Bah­rain-me­ri­da, car Ni­ba­li sou­hai­tait avoir un gros rou­leur avec lui à ses cô­tés en pré­vi­sion des Grand Tour. Après deux ans chez Gar­min, Den­nis a f ait les beaux jours de la BMC pen­dant cinq ans, mais il était temps pour lui de pas­ser à au­tr e chose. L'équipe amér ica­no-suisse ayant je­té l'éponge, Den­nis était fixé dès le mois de juillet sur sa fu­ture des­ti­na­tion. « Ça me plait bien d'al­ler chez eux, car je vais avoir carte blanche pour me pré­pa­rer pour les Gr and Tour l'an proc hain » no­tait le cham­pion du monde du chro­no. Mais l'aus­tra­lien a les y eux r ivés plus loin. Comme si ce nouv eau maillot l'a vait dé­com­plexé. « En 2020, mon grand ob­jec­tif se­ra le contre-la-montre des Jeux Ol ym­piques de To­kyo » dit-il. « Ce ser a un autre duel av ec Tom Du­mou­lin. » Den­nis peut ajou­ter Pr imoz Ro glic, Ge­raint Tho­mas et le jeune Ste­fan K ung, bien­tôt son ex-co­équi­pier chez BMC . Le Suisse , qui v a r ejoindre Grou­pa­ma-fdj l'an pr ochain, connait très bien l'aus­tra­lien. Lui aus­si lorgne To­kyo dans deux ans et son âge, ain­si que son ex­pér ience, se­ront un atout pour contr ecar­rer les plans du nouv eau cham­pion du monde du chr ono. Mais K ung r evient sur Ro­han Den­nis : « C'est un ath­lète qui se donne à 100%. Il la vou­lait cette mé­daille d'or. Je suis content pour lui. Il a tou­jours eu des sou­cis dans le pas­sé. La roue a tour­né à son avan­tage cette fois en Au­triche. C'est mé­ri­té. » Ste­fan Kung dé­crit aus­si une autre fa­cette de Den­nis : « Quand il dé­cide quelque chose, Ro­han ne ter­gi­verse pas. C'est blanc ou noir ! Y a pas de gris avec lui. Il fait le bou­lot à 100% ou alors il dit “j'en ai rien à foutre”. C'est sa per­son­na­li­té. Il est franc. » Un de­gré d'exi­gence dans le bou­lot qui lui a per­mis de ga­gner sept contre- la- montre cette sai­son, à com­men­cer par le Cham­pion­nat d'aus­tra­lie dès jan­vier. Den­nis est une au­baine pour l'île-conti­nent, car il n'y avait plus de cham­pion du monde de la spé­cia­li­té de­puis Michael Ro­gers qui a réus­si un three-peat entre 2003 et 2005 ! « Whaaaooowww ! C'est fort ce qu'il avait fait. Mais je ne suis pas là pour battre ce type de re­cord » no­tait Ro­han quand on lui rap­pe­lait le fa­bu­leux tr iplé de son com­pa­triote. Den­nis reste un per­son­nage aty­pique dans le mi­lieu cy­cliste aus­tra­lien, où la ma­jo­ri­té des cou­reurs pros dé­barquent dans le mi­lieu grâce à un lien f ami­lial. Lui n'a per­sonne dans sa f amille qui pra­ti­quait le cyclisme. Den­nis était lan­cé pour une car r ière de na­geur quand, à l'is­sue de tests phy­sio­lo­giques à l'école, on lui dit qu'il avait des ré­sul­tats pro­bants pour s'or ien­ter vers une car r ière de cou­reur ! Le jeune Aus­tra­lien eut un choix cor­né­lien à faire, car il était ex­trê­me­ment br illant dé­jà dans les bas­sins. Fi­na­le­ment, il choi­si­ra le cyclisme. Pour le plus grand bon­heur d'une na­tion au­jourd'hui.

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