. Champoussin, la re­lève

Planète Cyclisme - - ÉDITO - SOMMAIRE -

« Je me suis mis au vé­lo, parce que mon père en fai­sait pas mal. C'était du vé­lo loi­sir, mais ça m'a bien plu. J'en avais un peu marre de faire du ju­do. 6 ans de ju­do, ça fi­nit par saou­ler. J'étais cein­ture verte, mais j'en avais ras-le-bol de tom­ber sur la tête ! J'ai eu en­vie de pas­ser à autre chose. Le vé­lo a été une belle dé­cou­verte, d'abord grâce au VTT puis en­suite sur la route. J'ai été au Pôle Es­poirs Don Bos­co à Nice pen­dant 2 ans. C'est là que j'ai fait mes pre­mières gammes en Ju­niors. Quand je suis sor­ti de là, j'avais eu de bons ba­gages grâce à mon en­trai­neur. »

« Je suis Ni­çois et pas Nis­sart (Il r igole). Mais je suis bien né à Nice comme mes parents d'ailleurs. J'aime bien la Pro­vence et les Al­pilles. C'est très beau. Je me suis tou­jours ré­ga­lé dans mes sor­ties VTT. Sur la route, c'est un peu dif­fé­rent, mais il y a de quoi faire pour avoir des par­cours dif­fé­rents. On ar­rive très vite sur la mon­tagne. »

« J'aime bien des cou­reurs qui ont la classe, comme Ju­lian Ala­phi­lippe et Pe­ter Sa­gan. Ce sont des win­ners, on sent qu'ils ont une per­son­na­li­té. Ils ont beau­coup de pa­nache. Ils at­taquent sou­vent là où on ne les at­tend pas. On ne s'en­dort pas de­vant la té­lé quand ils sont ac­teurs de la course. Si­non, je m'en­dors de­vant les re­trans­mis­sions quand je re­garde des courses. Je re­garde un quart d'heure, vingt mi­nutes et puis j'ai en­vie de dor­mir. Ça veut dire que ça n'est pas très pas­sion­nant quand ça roule tem­po pen­dant 150 km. Mais je com­prends aus­si les cou­reurs, ils ne peuvent pas être à l'at­taque toute la jour­née sur le Tour de France par exemple. Par contre, je suis fan des grandes clas­siques. Je mâte tou­jours les Mi­lan-san Re­mo, Liège-bas­togne-liège,tour de Lom­bar­die. Ce sont des courses fa­bu­leuses. Là, je ne m'en­dors pas de­vant la té­lé. »

« Étant à Cham­bé­ry Cyclisme For­ma­tion, j'ai cou­ru en Ita­lie avec Ro­main Bar­det avant les cham­pion­nats du monde. J'ai fait la Cop­pa Agos­to­ni et la Cop­pa Ber­noc­chi. C'était une chouette ex­pé­rience d'être avec un cham­pion comme Bar­det. Bon ! Il y avait Benoit Cos­ne­froy que je connais bien et on par­ta­geait la même chambre. Alors ça m'a dé­ten­du. J'ai mieux ap­pré­hen­dé la se­maine ita­lienne grâce à lui. Il m'a ras­su­ré en m'ex­pli­quant com­ment ça se pas­sait avec les pros. En­fin, j'ai vu ce que c'était un gros coup d'ac­cé­lé­ra­tion dans les bosses après 140 km ! Whaaaooowww.

Le Ni­çois Clé­ment Champoussin était le pe­tit nou­veau cette sai­son en équipe de France Es­poirs. Il a réa­li­sé une en­trée sé­dui­sante avec un top 5 au Tour de l'ave­nir et une 12e place sur la course en ligne au Cham­pion­nat du monde à Inns­bruck. Dans un pro­fil de grim­peur, Champoussin est en for­ma­tion à Cham­bé­ry, l'an­ti­chambre des ag2r La Mon­diale. Il nous ra­conte 10 choses es­sen­tielles, his­toire de faire connais­sance.

J'étais lar­gué et j'ai bâ­ché fi­na­le­ment. Je n'étais pas le seul, ça m'a ras­su­ré. Par contre, j'ai re­te­nu la le­çon et j'ai fi­ni la Cop­pa Ber­noc­chi (64e). »

« Ma meilleure perf pour le mo­ment, c'est ma 5e place au Tour de l'ave­nir. Dom­mage que je chute le 5e jour, si­non je pou­vais ac­cro­cher le po­dium. J'ai été ré­gu­lier en mon­tagne sans connaître de dé­faillance. Ça a été une bonne ex­pé­rience pour ma pre­mière par ti­ci­pa­tion. Après cette épreuve, j'ai été constant en en­chai­nant de bons ré­sul­tats sur la Coupe de France. J'ai sû­re­ment em­ma­ga­si­né de la confiance avec cette pre­mière sé­lec­tion cet été en équipe de France. En Élite et classe 2, j'ai fait des po­diums, c'est plu­tôt bon signe. Je sais que je dois m'amé­lio­rer au sprint, car à chaque fois que j'ar­rive pour la gagne, je suis bat­tu en fait. Je manque sur­tout d'ex­plo­si­vi­té. Je reste un peu die­sel. Il va fal­loir tra­vailler les sprints. Après, je pense que le sprint c'est beau­coup gé­né­tique et un peu psy­cho­lo­gique. Je peux m'amé­lio­rer, mais ce se­ra tou­jours plus com­pli­qué pour moi. Il faut que je puisse com­bler quelques la­cunes pour me don­ner de meilleures chances quand on ar­rive dans un p'tit groupe pour la gagne. »

« Mon pre­mier vé­lo, je m'en sou­viens très bien. C'était un Giant, un VTT. J'en fais tou­jours et je suis re­tour­né au Roc d'azur cette an­née. J'aime bien l'at­mo­sphère. Ça me rap­pelle le bon temps où je fai­sais des com­pé­ti­tions avec des co­pains. Je me suis ar­rê­té en Ju­niors et même si je mar­chais bien (il a été cham­pion de France en 2016), il ne faut pas avoir de re­gret. Je ne sais pas trop ce que ça don­ne­rait en Es­poirs. Mais bon, j'étais fier de por­ter un maillot de cham­pion de France. Ça reste un grand sou­ve­nir.

« J'avais fait les c ham­pion­nats du monde de VTT en Ju­niors et j'étais heu­reux de faire la même chose sur la route avec la sé­lec­tion Es­poirs. J'ai eu beau­coup de chance cette sai­son avec deux sé­lec­tions en Équipe de France pour le Tour de l'ave­nir et les cham­pion­nats du monde. Je me consi­dère comme quel­qu'un de neuf en Équipe de France, même si j'ai dé­jà 20 ans.tout s'est pas­sé très vite pour moi cette an­née. Le par­cours des cham­pion­nats du monde était usant. Tout s'est joué dans la der­nière as­cen­sion, mais je pense qu'avec Au­ré­lien (Pa­ret-peintre), on était à notre place. Je n'étais pas à la rue, mais c'était dif­fi­cile de faire le jump pour al­ler avec les meilleurs. Si j'avais pu, j'y se­rais al­lé. Mais c'était im­pos­sible. Au fi­nal, ma place de 12e (pre­mier Fran­çais) est lo­gique, car c'était dur quand même. »

« Quand on est en Équipe de France, c'est im­por­tant de com­prendre qu'il y a un tra­vail col­lec­tif à ef­fec­tuer pour se don­ner les meilleures chances de ga­gner un titre. Au Mon­dial, on jouait d'abord la carte Va­len­tin Ma­douas, car il a énor­mé­ment d'ex­pé­rience grâce au Worldtour. Au Tour de l'ave­nir, c'était plus pour moi en mon­tagne. Le sé­lec­tion­neur (Pierre-yves Cha­te­lon) im­pulse un es­prit en Équipe de France. C'est va­lo­ri­sant pour tout le monde d'être dans ce groupe. On fait des stages en Mau­rienne ré­gu­liè­re­ment par exemple. On est vrai­ment mis dans les meilleures dis­po­si­tions pour al­ler cher­cher des ré­sul­tats. En sep­tembre, on avait bien pré­pa­ré le mon­dial à Val Ce­nis. Je trouve que c'est im­por­tant pour la co­hé­sion de groupe. »

« Quand on est cou­reur Es­poirs, il faut dé­jà mettre toutes les chances de son cô­té et la dié­té­tique fait par­tie des dé­tails que je ne né­glige pas. Les courses de 2e par­tie de sai­son me cor­res­pon­daient mieux, alors j'ai fait plus at­ten­tion à mon ali­men­ta­tion à ce mo­ment-là. J'aime bien les fro­mages et les glaces, mais il ne faut pas al­ler à l'ex­cès. Ça fait par­tie du mé­tier, même si c'est dur par­fois de ré­sis­ter. Mon poids de forme est à 60 kg (il me­sure 1,80 m) pour bien pas­ser en mon­tagne. »

« Entre les études et le cyclisme, mes jour­nées sont bien char­gées au Cham­bé­ry Cyclisme For­ma­tion. Il me reste tou­jours du temps pour re­gar­der mes sé­ries pré­fé­rées sur Net­flix. Ma ta­blette me suit par­tout, comme mon vé­lo. Ac­tuel­le­ment, je suis à fond Pri­son Break par exemple. Les Mar­seillais aus­si, nor­mal pour un Ni­çois (il se marre). Nar­cos aus­si, la sai­son der­nière. Ça bas­ton­nait pas mal. Ça me dé­tend toutes ces sér ies. Comme je suis va­che­ment sé­ries, je n'ai pas d'ac­teur ou ac­trice pré­fé­rée. »

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