NAPLES Dan­sez sur le cra­tère !

Planète Foot - - ZOOM CLUB - Par Ma­thieu De­lattre

Le Pa­ris Saint-Ger­main, qui s'ap­prête à croi­ser deux fois de suite les Na­po­li­tains en Cham­pions League, sait à quoi s'at­tendre.

Au pied du Vé­suve, Naples la vol­ca­nique est tou­jours l'une des places les plus chaudes du foot mon­dial. Dé­cou­verte.

Ici, les fan­tômes ne sont ja­mais loin. Ils se croisent sans se toi­ser. Il y a ceux d'un pas­sé ré­cent qui trim­ballent sou­vent une sil­houette de gau­cher. Mars ou Bui­to­ni s'af­fichent alors en plein sur la poi­trine, ça dépend du coin de la rue, quand il reste as­sez d'encre sur les murs dé­cré­pis. En plein coeur des an­nées 80, il faut dire que Naples a vu Dieu en short. Il s'ap­pe­lait Ma­ra­do­na. Il y a des che­veux longs aus­si, très noirs et très longs. Une sil­houette pâle, élan­cée et une es­pèce de foi éter­nelle dans cet at­ta­quant aux ac­cents de Ce­leste!: Edin­son Ca­va­ni. Et puis, il y a ceux d'un pas­sé bien plus éloi­gné, les fan­tômes de l'Antiquité, tel­le­ment pré­sents en­core qu'on res­sent comme un poids dès que l'on pose un pied dans la ci­té. Naples est l'une des plus an­ciennes villes du monde. Ci­té an­tique et Vé­suve meur­trier, là-bas juste der­rière la baie, quand les cendres ont en­glou­ti Pom­péi et ses alen­tours. Il fal­lait s'ap­pe­ler Da­vid Gil­mour pour oser s'y pro­duire (en 2016), et ra­me­ner du pu­blic pour la pre­mière fois dans l'am­phi­théâtre, vingt siècles après les com­bats des gla­dia­teurs. Naples res­pire l'his­toire, le Na­po­li pue le foot. Nous en­trons ici sur les terres des Par­te­no­pei (les Bleus, en la­tin).

C'est là, le 4 no­vembre, que Pa­ris a ren­dez-vous pour en­ta­mer les matchs re­tour de la phase de groupes de Cham­pions League. Deux se­maines après la ve­nue des Ita­liens au Parc, qui mar­que­ra le se­cond re­tour de Car­lo An­ce­lot­ti sur le banc d'en face de­puis son dé­part de la ca­pi­tale. L'an pas­sé, ça n'avait pas vrai­ment ri­go­lé pour Car­let­to, dé­fait le soir au Parc puis li­mo­gé le len­de­main ma­tin, à Mu­nich. Mais Naples, c'est autre chose qu'un “Bayern du Sud”. Une cha­leur en­ivrante. Un club qui pousse cer­tains joueurs à ne ja­mais en par­tir. Ils sont rares (les clubs), Naples en fait par­tie et ce n'est pas Ma­rek Ham­sik, la star du San Pao­lo, qui dit le contraire (voir par ailleurs). Le PSG va se co­gner contre un re­dou­table col­lec­tif, rô­dé de­puis plu­sieurs sai­sons main­te­nant, sur le­quel Mau­ri­zio Sar­ri a po­sé sa patte au cours des der­nières an­nées. Le Mis­ter est par­ti à Chel­sea (avec Jor­gin­ho dans ses ba­gages) mais An­ce­lot­ti a as­sez d'ex­pé­rience et d'ex­per­tise pour suivre le che­min.

Le Na­po­li ver­sion 2018-2019 reste une équipe qui joue pour avoir le bal­lon et qui joue vers l'avant. Mais An­ce­lot­ti y a mis son em­preinte, for­cé­ment. La pre­mière nou­veau­té ré­side sur­tout dans le re­pla­ce­ment de Ma­rek Ham­sik en pis­ton de­vant la dé­fense. Le me­neur de jeu a re­cu­lé d'un cran de­puis l'ar­ri­vée d'An­ce­lot­ti, qui a fait de lui sa pointe basse du tri­angle du mi­lieu, dans son 4-3-3 prio­ri­taire. L'autre “nou­veau­té” se niche aux avant-postes, où la grande car­casse de Mi­lik est de re­tour aux af­faires.

Vic­time d'une rup­ture des

li­ga­ments croi­sés, l'avant-centre po­lo­nais a qua­si­ment connu une an­née blanche et, pour pal­lier son ab­sence, Sar­ri avait eu une idée de gé­nie! : pla­cer Dries Mer­tens en po­si­tion de nu­mé­ro 9. Ré­sul­tat! : 18 buts et 6 passes dé­ci­sives en cham­pion­nat pour le feu-fol­let belge. Le pe­tit Diable a dé­mar­ré un peu en re­trait ce coup-ci, ce qui est somme toute lo­gique lors d'une re­prise post-Coupe du monde, mais An­ce­lot­ti n'est pas fou. En re­lan­çant Mi­lik, il élar­git son champ des pos­sibles dans la consti­tu­tion de son sem­pi­ter­nel 4-3-3. Sur le pa­pier, on peut s'at­tendre à un trio d'at­taque for­mé d'In­signe à gauche et Mer­tens à droite, avec Mi­lik dans l'axe. Mais les so­lu­tions sont mul­tiples avec Ver­di, Jo­sé Cal­le­jon et même Adam Ou­nas, qui est en­tré en jeu à la mi-temps contre la Samp­do­ria lors de la 3e jour­née de cham­pion­nat et qui peut avoir sa chance cette sai­son. La prio­ri­té contre eux se si­tue­ra donc dans la ba­taille de la pos­ses­sion de balle. Quand ils n'en sont pas maîtres, les Na­po­li­tains ont plus de mal et ont une fâ­cheuse ten­dance à en­cais­ser des buts de­puis le dé­but de la sai­son. Mais le Vé­suve, ja­mais loin, le rap­pelle!: face à eux, une érup­tion est tou­jours pos­sible.

Lo­ren­zo In­signe, pe­tit mais cos­taud !

Car­lo An­ce­lot­ti au Na­po­li, ça va­lait un beau billet. Le Pré­sident De Lau­ren­tiis a su se mon­trer convain­cant.

Al­lan (ici face à l'AC Mi­lan) n'est pas le plus mé­dia­tique des Na­po­li­tains, mais le Bré­si­lien abat un tra­vail consi­dé­rable au mi­lieu de ter­rain.

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