DÉ­BAT An­toine Griez­mann absent du 11 FI­FA, est-ce nor­mal ?

Planète Foot - - ÉDITO - Ma­thieu De­lattre

Mes­si, Ro­nal­do, Mbap­pé : deux monstres qu'il cha­touille de­puis trois ans en Es­pagne, un pe­tit qu'il couve de­puis quelques mois en bleu.

L'ab­sence d'An­toine Griez­mann du onze type de l'an­née de la FI­FA a pro­vo­qué un branle-bas de com­bat à la ré­dac' de Pla­nète où il n'y a peut-être pas soixante mil­lions de sé­lec­tion­neurs, mais quand même!! * Le 11 FI­FA : De Gea - Dani Alves, Va­rane, Ser­gio Ra­mos, Mar­ce­lo - Kan­té, Mo­dric - Mbap­pé, Mes­si, Ha­zard - Cris­tia­no Ro­nal­do. OUI

Quelque part, c'est la ran­çon de sa gloire. De­puis tout pe­tit dé­jà, le nu­mé­ro 7 de l'At­lé­ti­co Ma­drid et des Bleus s'est co­gné sur des dé­cep­tions in­di­vi­duelles pour mieux re­bon­dir. À Mâ­con, c'était The Best mais Mâ­con, c'était loin des ef­fluves de la FI­FA et de ces soi­rées guin­dées qui dé­versent leurs Awards! en se pre­nant pour NRJ ou l'Aca­dé­mie des Os­cars, puis­qu'il faut bien faire du chiffre. Le voir absent, ou plu­tôt ne pas le voir du tout, dans le onze de l'an­née de la FI­FA peut s'ap­pa­ren­ter à un ca­mou­flet, une in­jus­tice. C'est le propre de tous les clas­se­ments in­di­vi­duels dans un sport col­lec­tif. Or, ce­lui-là n'obéit à au­cune sé­lec­tion puis­qu'il s'agit d'une... élec­tion. Il faut bien ar­ti­cu­ler, mais voir le “s” absent (ou ne pas le voir du tout, vous au­rez com­pris), ça change tout. Griez­mann soigne ses stats, il est le meilleur bu­teur de l'At­lé­ti­co Ma­drid et ce­lui qui dé­clenche, par ses ap­pels, ses avant­der­nières ou ses der­nières passes, le plus de si­tua­tions de buts chez les Col­cho­ne­ros. Mais Griez­mann est un at­ta­quant fé­lin qui sent aus­si, sur­tout, les coups pour les autres. Il joue pour les autres. De­puis tout môme, il s'est co­gné dans les portes de tous les clubs chez qui il était al­lé frap­per (re­fu­sé parce qu'il était trop pe­tit), il sait qu'il n'a pas le coup qui tue dans son jeu. Le coup droit de Del Po­tro ou de Fe­de­rer, le re­vers à deux mains de Djo­ko ou à une main de Fe­de­rer, la pre­mière balle, la deuxième balle ou les vo­lées de Fe­de­rer. De­puis tout pe­tit, il le sait, ce qui ne l'em­pêche pas, de­puis tout pe­tit, de puer le foot. Re­pre­nons le fil de l'an­née. Ou plu­tôt de ce qui a comp­té dans l'an­née.

Il est mon­té en puis­sance au fil de la Coupe du monde. Il n'a man­qué au­cun pe­nal­ty et s'est mon­tré dé­ci­sif sur les coups de pied ar­rê­tés tout au long de la cam­pagne de Rus­sie. Il a por­té

l'At­lé­ti­co Ma­drid jus­qu'à la vic­toire fi­nale en Ligue Eu­ro­pa, au­teur d'un dou­blé en fi­nale contre l'OM. Oui, mais dans le 11 de la FI­FA, en at­taque, fi­gurent Lio­nel Mes­si, Cris­tia­no Ro­nal­do et Ky­lian Mbap­pé. Les deux monstres qu'il cha­touille de­puis trois ans en Es­pagne et un pe­tit qu'il couve de­puis quelques mois en bleu. C'est aus­si parce qu'il pue à ce point le foot qu'il a mo­di­fié son jeu, lors de la Coupe du monde, pour se mettre au ser­vice de la fu­sée Mbap­pé. Bien lui en a pris, en­semble, tous en­semble, ils ont dé­cro­ché les étoiles. En­fin, la deuxième. Mes­si et Ro­nal­do fi­gurent dans le 11 FI­FA de l'an­née!? On est très content pour eux. Gri­zou, lui, après qu'il en ait fait la de­mande, va bien­tôt re­ce­voir sa bague of­fi­cielle de cham­pion du monde, à l'image des cham­pions NBA. La ran­çon de sa gloire. Des dé­cep­tions, il en vi­vra d'autres. Il le sait. Mais il avance, avec l'am­bi­tion d'en­fi­ler les bagues. Avec un “s” à bagues.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.